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> Merci Lefayot !

17 janvier 2001, 12:55, par Alex

"Peut-on rire d’une start-up qui se viande avant son introduction en bourse ?"

Recadrons ce pauvre débat (la dialectique petit prof est contagieuse).

Qu’est-ce qu’une start-up ?
une start-up est une entreprise constituée en vue d’une "opération de sortie" rapide permettant à ses créateurs et premiers investisseurs de réaliser une multiplication importante de leur investissement initial.
Cette activité est somme toute dans l’esprit relativement proche de celle d’un turfiste ou d’un joueur de loto sportif.

Les options de sortie sont au nombre de deux : le rachat ou l’IPO.

Afin d’être présentable dans le cadre d’une de ces opérations, la start-up utilise les capitaux initiaux (puis ceux de son deuxième voire troisième tour de table) à :

1) se faire connaître (publicités diverses, passage dans capital, article dans le journal du net)

2) embaucher du personnel afin de constituer un visage d’entreprise présentable

3) développer une activité quelconque (très quelconque en général) pour occuper le personnel et appâter les futurs repreneurs ou actionnaires

Le chiffre d’affaire étant une composante absente de l’équation, les employés de start-up bénéficient généralement de conditions de travail agréables (cf supra chez caféïne). L’essentiel étant d’avoir l’air occupé.

Quel est l’avenir d’une start-up ?

1) cas défavorable : plus de cash, tour de table foiré.
au revoir tout le monde, prochain tirage dimanche prochain, 100 % des gagnants ont tenté leur chance, 100 % des perdants aussi. Pour les employés : ah bon, vous ne saviez pas ? Vous devriez lire la presse, une start-up, on gagne pas à tous les coups, mais ça a été une aventure hyper cool de vivre tout ça avec vous, vous êtes jeunes, nous aussi, on va se refaire, the show must go on...

2) cas favorable : on se fait racheter ou on s’introduit
Les créateurs et les investisseurs touchent le Quinté plus dans l’ordre. Syndrome "couilles en or avant 30 balais".
Pour les employés : bande de petits veinards ! Vos stocks-options vous rapporteront 100 000 francs imposés à 56 % = 44 000 F. Alors, ça fait quoi d’être riche ? Merci qui ? Merci le fabuleux monde de la nouvelle économie.

C’est vrai tout ça n’est pas drôle... mais moi ça me fait rire.
Et je travaille dans une start-up.
Et Lefayot... (cette fois-ci, ça franchit mes lèvres) je t’emmerde.

Alex