Je n’ai pas l’habitude d’attacher à mes opinions une valeur aussi absolue que celles affirmées autant par les "pro-startups" que les "anti-startups". Voici, entre gris clair et gris foncé, une petite histoire, sur le sujet des syndicats, qui j’espère rappelera à tous que, au-delà des concepts abstraits, le pouvoir est dans les mains d’individus.
> où sont les syndicats dans les start-up...
> Réponse : nulle part... Ben oui, c’est dommage...
Mon père travaillait à Nice-Matin. Peut-être connaissez vous ce modèle de la presse indépendante ? Il y a toujours eu des syndicats, tous les syndicats même. Mon père distribuait les journaux la nuit, un autre "rolling stone", Sisyphe, mais moins résigné... Son travail, c’était 7 jours sur 7, 365 jours par an et il devait lui-même se trouver et payer son remplaçant pour s’offrir 2, 3 semaines de vacances.
Ca c’était avant qu’il se bouge le cul et c’était absolument illégal, même dans les années 60, 70.
A force d’entrer et sortir 400 fois de sa voiture, il s’est ravagé les genoux. Et après 20 ans, il se retrouve donc petit chef des autres vendeurs. Au lieu de prendre le pouvoir, il a pris ses responsabilités. Il a créé un syndicat autonome à lui tout seul... parmi les tonnes d’autres pauvres petits employés victimes des méchants patrons.
Son premier combat : se défendre en justice, attaqué par l’ensemble des autres "vrais" syndicats qui, pour une fois, avait réussi à s’entendre pour le juger non-représentatif ( en france, il faut, entre autre, avoir fait l’armée pour être représentatif, vous le saviez ça ? (c : ). Il gagne le procès, il gagne les élections.
Je passe sur les 10 ans de combats qu’il a mené strictement tout seul... parmis les pauvres petits employés victimes des méchants patrons. Vous pourrez imaginer ce que ça représente, ça n’atteindra que 10% de la réalité probablement.
Maintenant, toute l’entreprise de distribution est strictement en phase avec le droit du travail. C’est la moindre des choses, pourtant ça a pris 10 ans d’une lutte acharnée autant contre les méchants patrons, que contre les employés soumis que contre les syndicats opportunistes.
Ok, c’est un exemple, ok c’est mon père, il vous sera facile de réduire mon discours en mettant mon objectivité en doute. Mais rien n’empêchera cette histoire d’être la réalité, témoin qu’un mec tout seul quand il agit, il change le monde.
Un jeune patron requin avant d’être le symbole d’un concept abstrait, startupien ou pas, c’est un individu qui ne se comporte pas avec respect. Il faut peu d’imagination finalement pour comprendre que le problème vient tout bêtement de là et que donc les solutions tiennent tout bêtement à faire pression ( et y’a de nombreux moyens ) pour changer ça.
Il faut peu d’imagination finalement ( un enfant en serait capable ) pour comprendre que lorsqu’on dit "moi, je suis bien dans ma boite, c’est pire ailleurs et de toute façon je peux rien y faire" ou lorsqu’on dit "une boite c’est pour gagner du fric et de toute façon les stats prouvent que y’a pas d’humanité là-dedans", on va tout à fait dans le même sens : accepter et donc poser de plus en plus fort dans la réalité l’individualisme.
Je constate tous les jours que la conscience collective représente une force plus puissante que la Loi. Il y a tant de Loi non suivies, tant de pressions collectives qui soumettent.
Donc, si je ne me trompe pas, seules deux solutions découlent : contraindre la conscience collective par la force ( la Loi ne faisant pas son oeuvre ) pour l’obliger à "bien se comporter" ou, avec persistance, montrer l’exemple, influencer, communiquer agir pour changer la conscience collective et ceci en commençant par soi.
La prochaine fois, je vous raconte les syndicats d’IBM, toujours en accord avec Monsieur IBM ! (c ;
" Le capitalisme c’est l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Le syndicalisme, c’est le contraire. " Coluche
Bonjour ! (c ;
Je n’ai pas l’habitude d’attacher à mes opinions une valeur aussi absolue que celles affirmées autant par les "pro-startups" que les "anti-startups". Voici, entre gris clair et gris foncé, une petite histoire, sur le sujet des syndicats, qui j’espère rappelera à tous que, au-delà des concepts abstraits, le pouvoir est dans les mains d’individus.
> où sont les syndicats dans les start-up...
> Réponse : nulle part... Ben oui, c’est dommage...
Mon père travaillait à Nice-Matin. Peut-être connaissez vous ce modèle de la presse indépendante ? Il y a toujours eu des syndicats, tous les syndicats même. Mon père distribuait les journaux la nuit, un autre "rolling stone", Sisyphe, mais moins résigné... Son travail, c’était 7 jours sur 7, 365 jours par an et il devait lui-même se trouver et payer son remplaçant pour s’offrir 2, 3 semaines de vacances.
Ca c’était avant qu’il se bouge le cul et c’était absolument illégal, même dans les années 60, 70.
A force d’entrer et sortir 400 fois de sa voiture, il s’est ravagé les genoux. Et après 20 ans, il se retrouve donc petit chef des autres vendeurs. Au lieu de prendre le pouvoir, il a pris ses responsabilités. Il a créé un syndicat autonome à lui tout seul... parmi les tonnes d’autres pauvres petits employés victimes des méchants patrons.
Son premier combat : se défendre en justice, attaqué par l’ensemble des autres "vrais" syndicats qui, pour une fois, avait réussi à s’entendre pour le juger non-représentatif ( en france, il faut, entre autre, avoir fait l’armée pour être représentatif, vous le saviez ça ? (c : ). Il gagne le procès, il gagne les élections.
Je passe sur les 10 ans de combats qu’il a mené strictement tout seul... parmis les pauvres petits employés victimes des méchants patrons. Vous pourrez imaginer ce que ça représente, ça n’atteindra que 10% de la réalité probablement.
Maintenant, toute l’entreprise de distribution est strictement en phase avec le droit du travail. C’est la moindre des choses, pourtant ça a pris 10 ans d’une lutte acharnée autant contre les méchants patrons, que contre les employés soumis que contre les syndicats opportunistes.
Ok, c’est un exemple, ok c’est mon père, il vous sera facile de réduire mon discours en mettant mon objectivité en doute. Mais rien n’empêchera cette histoire d’être la réalité, témoin qu’un mec tout seul quand il agit, il change le monde.
Un jeune patron requin avant d’être le symbole d’un concept abstrait, startupien ou pas, c’est un individu qui ne se comporte pas avec respect. Il faut peu d’imagination finalement pour comprendre que le problème vient tout bêtement de là et que donc les solutions tiennent tout bêtement à faire pression ( et y’a de nombreux moyens ) pour changer ça.
Il faut peu d’imagination finalement ( un enfant en serait capable ) pour comprendre que lorsqu’on dit "moi, je suis bien dans ma boite, c’est pire ailleurs et de toute façon je peux rien y faire" ou lorsqu’on dit "une boite c’est pour gagner du fric et de toute façon les stats prouvent que y’a pas d’humanité là-dedans", on va tout à fait dans le même sens : accepter et donc poser de plus en plus fort dans la réalité l’individualisme.
Je constate tous les jours que la conscience collective représente une force plus puissante que la Loi. Il y a tant de Loi non suivies, tant de pressions collectives qui soumettent.
Donc, si je ne me trompe pas, seules deux solutions découlent : contraindre la conscience collective par la force ( la Loi ne faisant pas son oeuvre ) pour l’obliger à "bien se comporter" ou, avec persistance, montrer l’exemple, influencer, communiquer agir pour changer la conscience collective et ceci en commençant par soi.
La prochaine fois, je vous raconte les syndicats d’IBM, toujours en accord avec Monsieur IBM ! (c ;
" Le capitalisme c’est l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Le syndicalisme, c’est le contraire. " Coluche