Aux yeux de Michael Moore, Bush n’est pas un "dirigeant légitime", son élection serait douteuse, truquée. Incapacité, incompétence, malhonnêteté, collusion avec des intérêts privés, les accusations sont gravissimes. Si elles sont avérées on dépasse le cadre d’un simple documentaire. Elles ne sont certes pas toutes nouvelles, on est en plein dans l’héritage de Nixon et de Reagan. Les accusés protestent d’ailleurs mollement. Les arguments de M. Moore dans son ouvrage « Mike contre-attaque » sont assez convaincants. Les faits qu’ils dénonce sont-il suffisamment établis ? Etait-ce une erreur d’un point de vue diplomatique de donner la palme à un documentaire fortement polémique ? Peut-être, mais le jury du festival de Cannes est souverain, et n’est pas une institution représentative de l’Etat Français comme semble le croire le journaliste du Figaro : ses décisions n’engagent pas l’honorabilité de ce pays.
le Figaro ne se gêne d’ailleurs pas pour cracher sur l’oncle Sam quand ça arrange M. Chirac (mais pas le jour de son anniversaire, ça non).
Non, ce qui doit ennuyer davantage notre quotidien national, c’est que M. Moore donne une leçon de politique aux électeurs français. Celle du gouvernement actuel engage de plus en plus le pays sur la pente glissante du culte de l’ « effort » (sans augmentations de salaire), du « vrai travail » (celui qui dégage des profits pour les actionnaires), des « créations d’emplois » (peu ou pas rémunérés : « travail contre assistance » aux Etats-Unis ou futur "RMA…")
Sur la voie du capitalisme sans freins, la réduction des impôts profite aux plus riches et entraîne la réduction des services publics préparée par la mise au pilori médiatique des fonctionnaires, métèques, artistes, chômeurs, syndicalistes, acteurs sociaux et autres fainéants marginaux. Cela a mené et mène encore, aux Etats-Unis mais aussi dans l’Angleterre post-Thatcher et peu ou prou dans le monde entier à l’enrichissement des riches, à l’appauvrissement des classes moyennes et à l’emprisonnement final des plus démunis voire à terme leur anéantissement. Accessoirement cela peut mener à l’abrutissement généralisé par insuffisance des moyens d’enseignement. Il est urgent d’être attentif à ce que Michael Moore et d’autres comme Naomi Klein ou Viviane Forester disent à ce sujet, on ne saurait trop conseiller aussi la lecture, moins distrayante certes, de Jean Zigler.
PS. Un petit « hors sujet » perso : selon M. Moore un enseignant américain gagnerait en moyenne 40 000 dollars annuels. Si tel est vraiment le cas, les enseignants sont encore bien mieux considérés outre atlantique que chez nous.
Aux yeux de Michael Moore, Bush n’est pas un "dirigeant légitime", son élection serait douteuse, truquée. Incapacité, incompétence, malhonnêteté, collusion avec des intérêts privés, les accusations sont gravissimes. Si elles sont avérées on dépasse le cadre d’un simple documentaire. Elles ne sont certes pas toutes nouvelles, on est en plein dans l’héritage de Nixon et de Reagan. Les accusés protestent d’ailleurs mollement. Les arguments de M. Moore dans son ouvrage « Mike contre-attaque » sont assez convaincants. Les faits qu’ils dénonce sont-il suffisamment établis ? Etait-ce une erreur d’un point de vue diplomatique de donner la palme à un documentaire fortement polémique ? Peut-être, mais le jury du festival de Cannes est souverain, et n’est pas une institution représentative de l’Etat Français comme semble le croire le journaliste du Figaro : ses décisions n’engagent pas l’honorabilité de ce pays.
le Figaro ne se gêne d’ailleurs pas pour cracher sur l’oncle Sam quand ça arrange M. Chirac (mais pas le jour de son anniversaire, ça non).
Non, ce qui doit ennuyer davantage notre quotidien national, c’est que M. Moore donne une leçon de politique aux électeurs français. Celle du gouvernement actuel engage de plus en plus le pays sur la pente glissante du culte de l’ « effort » (sans augmentations de salaire), du « vrai travail » (celui qui dégage des profits pour les actionnaires), des « créations d’emplois » (peu ou pas rémunérés : « travail contre assistance » aux Etats-Unis ou futur "RMA…")
Sur la voie du capitalisme sans freins, la réduction des impôts profite aux plus riches et entraîne la réduction des services publics préparée par la mise au pilori médiatique des fonctionnaires, métèques, artistes, chômeurs, syndicalistes, acteurs sociaux et autres fainéants marginaux. Cela a mené et mène encore, aux Etats-Unis mais aussi dans l’Angleterre post-Thatcher et peu ou prou dans le monde entier à l’enrichissement des riches, à l’appauvrissement des classes moyennes et à l’emprisonnement final des plus démunis voire à terme leur anéantissement. Accessoirement cela peut mener à l’abrutissement généralisé par insuffisance des moyens d’enseignement. Il est urgent d’être attentif à ce que Michael Moore et d’autres comme Naomi Klein ou Viviane Forester disent à ce sujet, on ne saurait trop conseiller aussi la lecture, moins distrayante certes, de Jean Zigler.
PS. Un petit « hors sujet » perso : selon M. Moore un enseignant américain gagnerait en moyenne 40 000 dollars annuels. Si tel est vraiment le cas, les enseignants sont encore bien mieux considérés outre atlantique que chez nous.