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> Complément modérateur

21 juillet 2003, 23:03, par pRn

Bon c’est pas tout ça de critiquer les critiques, mais je vois que vous êtes torturé et je vous torture encore. Alors qu’en fait, j’étais simplement déçu et fâché la première fois que j’avais lu cet article, ma déception s’étant ajoutée singulièrement à ma mauvaise humeur.

Quant à votre réaction par rapport à mon premier message, je ne peux tolérer la déformation de sens que vous en avez faite.

Passés ces mouvements d’humeur, je ne crois pas que vous soyiez un mauvais bougre, ni même que vos écrits soient tous aussi médiocres que j’ai bien voulu l’affirmer cette fois-ci.

Je voudrais simplement vous soumettre cette réflexion : ne peut-il être craint que, abordant des sujets aussi graves que les restrictions de liberté croissantes et la déformation des faits par certains médiateurs, le fait de recourir à l’artifice de langage disproportionné sur des exemples
bénins ne provoque une certaine lassitude de la part de nombreux lecteurs ?

D’aucuns pourraient dire "ce qu’il dit n’est pas sérieux" et généraliser abondamment jusqu’à prendre faits et causes pour ceux qui ont une image de sérieux, en l’occurrence ceux qui maîtrisent les processus de communication et évaluent leurs plans avec un retour sur investissement.

Quelque part, ma propre réaction en réponse à la vôtre vient illustrer ce propos, soulignant nos deux erreurs respectives, lesquelles je crois ne sont pas si éloignées en ce qu’elles décrédibilisent nos interventions.

Pour me reprendre,
"les restrictions de liberté croissantes et la déformation des faits par certains médiateurs" ,
je voudrais quand même signaler que selon moi ces tendances ne sont pas toujours reliées entre elles de façon aussi directe. Les journalistes sont avant tout des hommes, faillibles par essence. Quelques-uns essaient de faire de leur mieux, d’autres non. Journaliste, c’est un vrai métier qui s’apprend.

Evidemment, les Weblogs sont un moyen d’expression. Certains font oeuvre d’information, mais la plupart ne sont d’abord que cela : des moyens d’expression.

D’accord, ce n’est déjà pas si mal que cela dans un monde où chacun s’inquiète pour ses libertés. Mais aussi, cela favorise de nombreuses dérives, qu’il faut combattre.

Le vrai sens politique me semble donc résider dans la proposition d’intégrer à l’outil éducatif, que vous devez bien connaître si je ne m’abuse, des programmes sur l’information, la désinformation, qu’est-ce que l’image ?, comment l’interpréter ?, etc.

Bref, parler aux gens des règles journalistiques telles que le "mort-kilomètre", évoquer la métaphore de l’entonnoir à la radio, dédramatiser sur les "trucs" des présentateurs TV, expliquer le rôle des institutions (CSA, OJD...), partager des études de cas sur la communication en temps de guerre, etc.

Mais aussi, et surtout, enseigner quelle est la responsabilité du médiateur. Cette responsabilité, capitale vis-à-vis du destinataire pour éviter sa confusion, incombe naturellement aux médiateurs officiels.

En même temps, elle incombe aussi aux officieux, lesquels de plus en plus nombreux se lancent à corps perdu dans le mélange information-commentaire, chacun se croyant aujourd’hui (à tort) capable de "faire" de l’information en faisant passer pour telle leurs opinions.

Donc, à mon sens, il faut enseigner l’information ET à ceux qui la diffusent qu’ils soient professionnels ou non, ET à ceux qui en prennent connaissance.

Et encore, tout cela est insuffisant. L’éducation passe aussi (et d’abord ?) par toutes sortes d’autres lectures qui n’ont a priori aucun rapport avec l’information telle que nous la présentons ici. La culture générale, la compréhension des modèles et des systèmes qui en découlent, le respect des différences qu’il faut déjà intégrer, et de la diversité... sont autant d’atouts pour être capable d’apprécier du mieux possible le sens des réalités.

J’abonde par conséquent dans le sens du cadre que vous avez mis en place pour que ce débat puisse avoir lieu, et que chacun se pose des questions essentielles.

Voir en ligne : RSF - Codes de déontologie