> L’esprit sécuritaire ne me sécurise pas...bien au contraire
9 juin 2002, 18:30
Bonsoir,
Quand cet article a été proposé à la publication, j’ai personnellement marqué mon désaccord absolu avec son contenu. Il a été publié sur uzine, selon les règles collégiales de publication. Du coup, je vais redire, très brièvement certaines choses ici.
Si la publication d’un tel article sur uZine est utile c’est que ça provoque justement le débat contradictoire et qu’au final on apprendra peut-être qqch qu’on ignorait sur tout cela.
La conservation des données de connexion des internautes au boulot ou par l’intermédiaire de prestataires techniques pris en otage par les amendements "LSI" de la loi sur la sécurité quotidienne passée sans difficulté à l’Assemblée et votée à l’automne dernier (dans une période de fureur sécuritaire liée au 11 septembre), constitue selon moi une atteinte aux libertés des citoyens.
Ce fichage systématique n’est certes pas exploité pour chacun mais il peut l’être potentiellement pour tous, et permet le flicage consciencieux d’un nombre important de gens. Cela facilite ainsi le travail des RG et aliment l’idée d’un réseau internet foncièrement connoté du côté sombre... hein !
Il faut savoir que les Rg ouvrent un petit dossier sur vous(la fameuse fiche) à partir du moment où vous avez une expression publique. On peut supposer que la consultation des données de connexion des mêmes sur internet, entreposée pendant un an via la LSQ, doit alimenter aussi ces petites fiches...
Déjà , dans le boulot, Votre administrateur réseau, qui est censé ne pas pouvoir utiliser les renseignements conservés, peut déjà au boulot à peur près tout savoir de vos surfs, et le levier puissant de la parano, de l’épée de Damoclès que constitue le chantage ou la rumeur, peuvent être des armes suffisament destablisante pour un employé dont les données de connexions sont consultées.
L’idée n’est pas de savoir si l’on a ou non un surf à cacher, qqch à se reprocher (raisonnement idiot et poujado qu’on entend parfois) mais d’affirmer le droit à ne subier aucune pression d’aucune sorte sur un terrain qui peut facilement s’articuler à celui de la vie privée.
Comment concilier celle-ci avec un un fichage ample de vos mouvements et échanges via Internet ? Je ne vois pas s’il est légal de conserver vos logs pendant un an, sans garantie de ce qui en est fait...
Dan sune période où l’hystérie sécuritaire devient presque banale, l’individu et son droit à vivre en dehors du regard des autres (et à ne divulguer que ce qu’il veut bien divulguer à un tiers éventuel ) de ses faits, gestes, pensées, ou mouvements, semblent bien mal barrés...
Bien évidemment, on ne peut être réduit à un ensemble de logs ou même à une IP, mais à partir du moment où une personne physique est identifiée et qu’on peut rapporter à celle-ci sur le terrain social, politique ou simplement professionnel, un ensemble de données dont elle n’a pas la maîtrise, ou dont elle ne peut contrôler elle-même l’usage, il me semble que la possibilité de pression des structures ayant accès à ces informations sur la personne concernée, peut être grande et foncièrement dangereuse.
Se savoir fliqué n’y change rien... l’atteinte à la liberté est tout autant dans le fait (l’utilisation a postériori de connaissances plus ou moins fragmentaires et interprétée sur la personne, à des vues de coercition ou de contrôle plus ou moins pervers de cette personne), que dans la possibilité de faire...
Les arguments de pseudo-confort (arf !) liés à la société mercantile qui s’imagine que le bonheur ets dans le profilage de l’offre et de la demande, ne tiennent pas face aux danger que constitue la possibilité de broyer subtilemnt qqn par la flicage, les tensions et pressions opérées par des opérateurs collectifs et kafkaïens, où l’individu qui vous flique croit le faire sinon, pour votre bien, du moins pour le sien, au nom d’une société normée, bien-pensante qui dénature l’idée mêm de sécurité...
Personnellement, je ne me sens pas en sécurité dans une société hyper fliquée ( et encore, je crois qu’on arien vu...), ou quand je pense que mon patron peut avoir accès à des données me concernant (internet ou autre).
Imaginons deux minutes qu’on rende légales pour toute la population ce que l’on appelle les écoutes tournantes, ces écoutes téléphoniques assurées par les Rg ou la DSt, et qui font qu’une personne (exemple, un haut fonctionnaire, ou le chauffeur d’un député, une secrétaire ou un balayeur de l’Elysée) est potentiellement susceptible d’être écouté selon le bon plaisir ou la volonté de commanditaires qui n’ont aucun compte à lui rendre sur ce fait, hein ? Trouveriez-vous rassurant pour les citoyens dans ce soi-disant pays des libertés, qu’un tel dispositif soit généralisé ?
Pour moi, le flicage via internet par le fichage et l’entrepot ( en vue de quel usage, à nouveau) de nos données relève de connexion, relève de ce type de généralisation...C’est dangereux tout simplement.
Bonsoir,
Quand cet article a été proposé à la publication, j’ai personnellement marqué mon désaccord absolu avec son contenu. Il a été publié sur uzine, selon les règles collégiales de publication. Du coup, je vais redire, très brièvement certaines choses ici.
Si la publication d’un tel article sur uZine est utile c’est que ça provoque justement le débat contradictoire et qu’au final on apprendra peut-être qqch qu’on ignorait sur tout cela.
La conservation des données de connexion des internautes au boulot ou par l’intermédiaire de prestataires techniques pris en otage par les amendements "LSI" de la loi sur la sécurité quotidienne passée sans difficulté à l’Assemblée et votée à l’automne dernier (dans une période de fureur sécuritaire liée au 11 septembre), constitue selon moi une atteinte aux libertés des citoyens.
Ce fichage systématique n’est certes pas exploité pour chacun mais il peut l’être potentiellement pour tous, et permet le flicage consciencieux d’un nombre important de gens. Cela facilite ainsi le travail des RG et aliment l’idée d’un réseau internet foncièrement connoté du côté sombre... hein !
Il faut savoir que les Rg ouvrent un petit dossier sur vous(la fameuse fiche) à partir du moment où vous avez une expression publique. On peut supposer que la consultation des données de connexion des mêmes sur internet, entreposée pendant un an via la LSQ, doit alimenter aussi ces petites fiches...
Déjà , dans le boulot, Votre administrateur réseau, qui est censé ne pas pouvoir utiliser les renseignements conservés, peut déjà au boulot à peur près tout savoir de vos surfs, et le levier puissant de la parano, de l’épée de Damoclès que constitue le chantage ou la rumeur, peuvent être des armes suffisament destablisante pour un employé dont les données de connexions sont consultées.
L’idée n’est pas de savoir si l’on a ou non un surf à cacher, qqch à se reprocher (raisonnement idiot et poujado qu’on entend parfois) mais d’affirmer le droit à ne subier aucune pression d’aucune sorte sur un terrain qui peut facilement s’articuler à celui de la vie privée.
Comment concilier celle-ci avec un un fichage ample de vos mouvements et échanges via Internet ? Je ne vois pas s’il est légal de conserver vos logs pendant un an, sans garantie de ce qui en est fait...
Dan sune période où l’hystérie sécuritaire devient presque banale, l’individu et son droit à vivre en dehors du regard des autres (et à ne divulguer que ce qu’il veut bien divulguer à un tiers éventuel ) de ses faits, gestes, pensées, ou mouvements, semblent bien mal barrés...
Bien évidemment, on ne peut être réduit à un ensemble de logs ou même à une IP, mais à partir du moment où une personne physique est identifiée et qu’on peut rapporter à celle-ci sur le terrain social, politique ou simplement professionnel, un ensemble de données dont elle n’a pas la maîtrise, ou dont elle ne peut contrôler elle-même l’usage, il me semble que la possibilité de pression des structures ayant accès à ces informations sur la personne concernée, peut être grande et foncièrement dangereuse.
Se savoir fliqué n’y change rien... l’atteinte à la liberté est tout autant dans le fait (l’utilisation a postériori de connaissances plus ou moins fragmentaires et interprétée sur la personne, à des vues de coercition ou de contrôle plus ou moins pervers de cette personne), que dans la possibilité de faire...
Les arguments de pseudo-confort (arf !) liés à la société mercantile qui s’imagine que le bonheur ets dans le profilage de l’offre et de la demande, ne tiennent pas face aux danger que constitue la possibilité de broyer subtilemnt qqn par la flicage, les tensions et pressions opérées par des opérateurs collectifs et kafkaïens, où l’individu qui vous flique croit le faire sinon, pour votre bien, du moins pour le sien, au nom d’une société normée, bien-pensante qui dénature l’idée mêm de sécurité...
Personnellement, je ne me sens pas en sécurité dans une société hyper fliquée ( et encore, je crois qu’on arien vu...), ou quand je pense que mon patron peut avoir accès à des données me concernant (internet ou autre).
Imaginons deux minutes qu’on rende légales pour toute la population ce que l’on appelle les écoutes tournantes, ces écoutes téléphoniques assurées par les Rg ou la DSt, et qui font qu’une personne (exemple, un haut fonctionnaire, ou le chauffeur d’un député, une secrétaire ou un balayeur de l’Elysée) est potentiellement susceptible d’être écouté selon le bon plaisir ou la volonté de commanditaires qui n’ont aucun compte à lui rendre sur ce fait, hein ? Trouveriez-vous rassurant pour les citoyens dans ce soi-disant pays des libertés, qu’un tel dispositif soit généralisé ?
Pour moi, le flicage via internet par le fichage et l’entrepot ( en vue de quel usage, à nouveau) de nos données relève de connexion, relève de ce type de généralisation...C’est dangereux tout simplement.
Cordialement
Pascale Louédec