> Quelques bonnes raisons pour (ne pas) faire un sit
25 août 2001, 18:56, par lemesle
Avec quelques semaines de retard (au retour de vacances) j’ai pris connaissance de l’article très provocateur d’Arno ... qui n’a pas tout fait tort ... et pas tout à fait raison, non plus (je suis d’origine normande, ceci expliqant celà).
J’avais soumis un article à un journal très connu du web et laudateur de la nouvelle économie, qui l’vais refusé au prétexte qu’il était négatif et trop pessimiste.
Je le soumets à votre sagacité :
On veut aujourd’hui en usant du terme de Nouvelle Economie, parler le plus souvent de ces entreprises de nouvelles technologies, (biotech et NTIC) qui fleurissent aux détours de l’internet ou des colonnes des journaux financiers
Mais IBM, ce blue chip né dans le premier quart du XXème siècle, peut-elle être assimilée aux startups ? En quoi Alcatel, cette vieille dame de la téléphonie française, peut-elle être aujourd’hui regroupée dans les valeurs de la Nouvelle Economie ?
Ce ne sont que des entreprises de technologies dont l’économie utilise maintenant des ressources financières qui étaient hors de portée il n’y a encore qu’une trentaine d’années et les consacrent à de nouvelles formes de gestion.
Les thuriféraires médiatiques de la Nouvelle Economie ne qualifient pas explicitement ce vocable tant ils sont incapables d’exprimer véritablement ce que cette Economie a de neuf.
Ils ne sont que les relais des institutionnels, des investisseurs de tous poils et des créateurs de startups qui n’ont que le souci d’un profit rapide au mépris, des règles de gestion créatrice de valeurs et de profits pour les actionnaires.
Un peu de bon sens !
Cette spéculation outrancière hypothèquera l’avenir à court terme en réduisant de manière drastique les capacités d’investissement et de financement des entreprises quand la bulle éponyme éclatera.
Comment est-on arrivé à cette situation quasi-explosive ?
Tout d’abord sous l’effet du mirage collectif d’un eldorado prometteur de nouvelles
" trente glorieuses ", tout un chacun s’est précité, tête baissée, dans un gold rush en oubliant que les chercheurs ne sont pas toujours des trouveurs. Ramené à notre époque, les entreprises qui firent fortunes -les vendeurs de pelles et de pioches, de tentes et de jeans- sont aujourd’hui les agences de publicité, les web agencies, les éditeurs de logiciels, les fabricants de serveurs et les maîtres des tuyaux de télécommunication qui ont tous intérêts à entretenir la béatitude. Ce sont eux qui tireront d’abord les bénéfices de l’engouement.
Les opérateurs financiers, " zinzins ", capital-risqueurs, sociétés de capital développement et groupes industriels en mal d’inspiration (et/ou de diversification) et bien sûr la cohorte des petits épargnants placent des sommes astronomiques dans des projets sans queues ni têtes.
Des entrepreneurs en herbe ficèlent à la vite des business plans de 5/6 pages sans véritable contenu original, bâtis sur des hypothèses d’évolution des marchés dans des calendriers fantaisistes avec des retours sur investissement qui reflètent leur incompétence ou leur malhonnêteté.
La position des investisseurs qui interviennent au démarrage en constituant les premiers tours de financements révèle leur âpreté aux gains qu’ils comptent réaliser par leurs opérations de portage, au moment de l’introduction en bourse de leurs
" protégés ".
Ce monde du web fonctionne en circuit fermé : on est tour à tour client et fournisseur à la fois. C’est une sphère de trocs où s’épuisent les plus fragiles faute de clients véritables ( ceux qui apportent du vrai argent ) ou de fonds propres suffisants et qui seront rachetés à coups de papiers en tête -c’est à dire, sous forme d’échanges d’actions- dans des termes maintenant très proches pour nombre d’entre eux.
Aux premiers doutes qui s’installent en cet été pourraient bien succéder l’automne pluvieux d’un désarroi général et l’hivers rigoureux du premier repli des marchés boursiers. L’année de l’entrée du millénaire verrait alors la sortie d’intérêt des investisseurs pour les valeurs technologiques au profit des belles endormies de l’ " ancienne économie ".
Dans ce schéma l’assèchement des capacités d’investissements des pourvoyeurs de fonds bloquera le financement de nouveaux projets. Dans cette situation où l’avenir immédiat est noyé dans un épais brouillard et que d’autre part, il faut quand même encaisser ses pertes, la tendance sera de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Les effets de bord peuvent avoir des conséquences lourdes pour l’économie mondiale. En effet par ricochet, les acteurs financiers ne disposeront plus d’assez de fonds pour financer l’investissement productif des entreprises. Les épargnants, à leurs tours, devront " encaisser " leurs pertes sur les marchés boursiers et le corollaire pourrait alors s’afficher dans une baisse de la consommation des ménages. La conjugaison de ces facteurs, un moral en berne et une sourde inquiétude sur l’avenir pèsera alors sur la croissance.
En outre, si l’on regarde certains facteurs macro-économiques, la financiarisation économique mondiale qui conduit solidairement les nations pourrait donner une impulsion négative au premier domino. La récession dans laquelle s’introduit l’Amérique du Sud et où le Japon n’en finit plus de s’enfoncer pourrait annoncer une purge sévère pour l’économie mondiale.
Le capitalisme, et ce qui suit n’a rien de politique, devra alors affronter une crise de surproduction, de suraccumulation des stocks, de créances douteuses et de plans de restructuration coûteux visant aux rééquilibres économiques. La résorption de la crise passera donc par une destruction de valeurs dans une logique propre au capitalisme qui ne sait que constituer les conditions de son essor qu’en détruisant ce qu’il a créé pour ainsi relancer un nouveau cycle.
Mais alors en quoi peut-on parler d’une Nouvelle Economie ?
L’économie est l’économie.
Elle se mesure dans le rapport de la production à la capacité de production. L’attitude actuelle des investisseurs qui visent le profit à court terme en soufflant et s’essoufflant aujourd’hui dans la bulle de la spéculation, évoque la parabole du fermier qui, découvrant qu’une de ses poules pond chaque jour un oeuf d’or lui ouvre le ventre par cupidité pour tous les obtenir et détruit ainsi la poule qui lui aurait permis d’être riche. Plutôt que s’intéresser à la poule de se centrer sur le oeufs le fermier se retrouve sans unité de production.
Dans ce désir de bénéfices rapides d’aucuns négligent l’élément essentiel de l’économique qui établit ce rapport de la production à la capacité de production pour l’exprimer en terme de rentabilité. Des entreprises de tous secteurs ne déconsidèrent pas, et c’est heureux, cette règle universelle, mais conçoivent à travers l’apport des N.T.IC. (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), de l’évolution des marchés, des globalisations financière et économique, de nouvelles approches dans la conduite générale de leur économie.
Il n’y a dons pas de secteur de la Nouvelle Economie mais des entreprises qui observent des formes nouvelles dans leur gestion.
1> Le bien financier le plus précieux est la capacité à gagner de l’argent.
Partant de postulat, l’entreprise doit consacrer ses capacités d’investissement sur des éléments directement productifs et se libérer de charges ou d’investissements qui constituent autant d’obstacles à sa capacité de développement.
Ce n’est pas un phénomène nouveau mais la sous-traitance de certaines activités de l’entreprise connaît depuis une vingtaine d’années, un essor considérable.
Dans tous les secteurs, les entreprises s’empressent de déléguer leurs activités qui ne sont pas strictement liées à leur objet économique. La sous-traitance décharge l’entreprise de fonctions ou de services assurés précédemment à l’intérieur même de l’entreprise.
Grâce à la sous-traitance l’entreprise n’a pas besoin de se procurer des équipements coûteux et de se doter en interne des compétences généralement chères, pour pouvoir exécuter des tâches en marge de son activité rémunératrice.
Ainsi l’entreprise n’immobilise pas sa capacité d’investissement en intégrant ces services aux postes de charge.
Outre ses aspects, la sous-traitance offre plus de souplesse et de réactivité face aux mouvances technologiques et aux nouveaux comportements des marchés plus concurrentiels caractérisés aussi par une clientèle plus volatile et des cycles de vie des produits de plus en plus courts.
D’autre part, la sous-traitance permet à l’entreprise d’avoir accès à des prestataires qui peuvent, grâce à leurs expertises spécifiques, offrir des services de qualité à des coûts faibles.
Dans cette perspective, l’entreprise n’est plus isolée : elle devient un point d’intersection dans un réseau constitué de fournisseurs, de clients, d’experts et de prestataires industriels ou de services. Dans la convergence des intérêts du réseau naîtront ces entreprise co-traitantes.
2> La dématérialisation des biens commerciaux et la disparition des vendeurs.
Dans la nouvelle économie des entreprises, ces co-traitants partagent donc des informations et bâtissent des relations inter-personnelles pour développer une politique de services plutôt que de vendre un produit dans un échange où le vendeur et l’acheteur ont des intérêts divergents.
C’est ainsi que sont nées des entreprises -que l’on pourrait qualifier de virtuelles- qui ne possèdent pas d’usines, qui ne vendent plus aucun produit mais des images et des idées véhiculées par des chaussures comme dans le cas de Nike. D’autres ne vendent plus des " machins " électroniques ou des voitures, mais des styles de vies.
Dans l’univers des N.T.IC., les constructeurs de PCs, les éditeurs de logiciels ne sont plus des vendeurs d’outils qui vantent les mérites comparés de leurs produits mais des sociétés de services qui produisent une expertise verticale axée sur la satisfaction par le client de l’usage du produit.
Dans ce schéma il ne s’agit pas de gagner à tout prix de la part de marché en consacrant ses efforts pour vendre à un maximum de clients le maximum de produits mais plutôt d’offrir à un nombre restreint de clients un service complet de conseils dans l’usage des produits.
A ce stade intervient la notion de la durée de la relation avec le client, c’est à dire le taux de fidélité qui repose sur la volonté de une relation à long terme avec un client plutôt que de faire des " coups " avec un grand nombre.
3> C’est ce que vise la troisième objectif : le développement du rapport relationnel.
Les N.T.IC. sont autant d’outils pour rendre plus ténus les relations avec les clients existants et en recruter de nouveaux. Dans la cas du B to C, ceux-ci visent à travers les renseignements collectés et stockés dans les bases de données à vendre aux consommateurs des produits qui correspondent à leurs goûts, à leurs habitudes et à leurs modes de vies.
Le marketing relationnel ou de bases de données, ou encore dit One to One, recommandé au début des années 90, n’a pris son envol que depuis la généralisation de l’accès à l’internet de ces 3 dernières années.
L’internet c’est l’interconnexion de PCs et de serveurs dont le Web n’est que la partie émergée qui focalise l’attention du plus large public par la mise en forme du contenu des sites et sa profondeur qui permet d’y puiser des informations inaccessibles auparavant. Les mouchards stockées à l’insu de votre plein gré sur votre PC quand vous naviguez sur le Web renseignent ces base de données. Chaque formulaire de jeu, chaque abonnement à une newsletter les enrichissent à leur tour.
Grâce à ces mécanismes de renseignements les entreprises peuvent anticiper et satisfaire les besoins des consommateurs avec plus d’acuité. Ainsi ces technologies ne sont plus seulement des outils dédiés à la gestion de l’information mais des vecteurs du développement des mondes marchands à travers les réseaux du cyberespace.
Les entreprises de cette nouvelle économie mobilisent donc leur ressources pour le développement commercial à travers des réseaux où elles deviennent interdépendantes.
Les fabricants de ces nouvelles technologies sont les nouveaux bâtisseurs de ces infrastuctures, ces fameuses autoroutes de l’information sur lesquelles vont bientôt se mettre en place des barrières de péage. Car il faudra bien enfin gagner de l’argent.
Avec quelques semaines de retard (au retour de vacances) j’ai pris connaissance de l’article très provocateur d’Arno ... qui n’a pas tout fait tort ... et pas tout à fait raison, non plus (je suis d’origine normande, ceci expliqant celà).
J’avais soumis un article à un journal très connu du web et laudateur de la nouvelle économie, qui l’vais refusé au prétexte qu’il était négatif et trop pessimiste.
Je le soumets à votre sagacité :
On veut aujourd’hui en usant du terme de Nouvelle Economie, parler le plus souvent de ces entreprises de nouvelles technologies, (biotech et NTIC) qui fleurissent aux détours de l’internet ou des colonnes des journaux financiers
Mais IBM, ce blue chip né dans le premier quart du XXème siècle, peut-elle être assimilée aux startups ? En quoi Alcatel, cette vieille dame de la téléphonie française, peut-elle être aujourd’hui regroupée dans les valeurs de la Nouvelle Economie ?
Ce ne sont que des entreprises de technologies dont l’économie utilise maintenant des ressources financières qui étaient hors de portée il n’y a encore qu’une trentaine d’années et les consacrent à de nouvelles formes de gestion.
Les thuriféraires médiatiques de la Nouvelle Economie ne qualifient pas explicitement ce vocable tant ils sont incapables d’exprimer véritablement ce que cette Economie a de neuf.
Ils ne sont que les relais des institutionnels, des investisseurs de tous poils et des créateurs de startups qui n’ont que le souci d’un profit rapide au mépris, des règles de gestion créatrice de valeurs et de profits pour les actionnaires.
Un peu de bon sens !
Cette spéculation outrancière hypothèquera l’avenir à court terme en réduisant de manière drastique les capacités d’investissement et de financement des entreprises quand la bulle éponyme éclatera.
Comment est-on arrivé à cette situation quasi-explosive ?
Tout d’abord sous l’effet du mirage collectif d’un eldorado prometteur de nouvelles
" trente glorieuses ", tout un chacun s’est précité, tête baissée, dans un gold rush en oubliant que les chercheurs ne sont pas toujours des trouveurs. Ramené à notre époque, les entreprises qui firent fortunes -les vendeurs de pelles et de pioches, de tentes et de jeans- sont aujourd’hui les agences de publicité, les web agencies, les éditeurs de logiciels, les fabricants de serveurs et les maîtres des tuyaux de télécommunication qui ont tous intérêts à entretenir la béatitude. Ce sont eux qui tireront d’abord les bénéfices de l’engouement.
" protégés ".
Aux premiers doutes qui s’installent en cet été pourraient bien succéder l’automne pluvieux d’un désarroi général et l’hivers rigoureux du premier repli des marchés boursiers. L’année de l’entrée du millénaire verrait alors la sortie d’intérêt des investisseurs pour les valeurs technologiques au profit des belles endormies de l’ " ancienne économie ".
Dans ce schéma l’assèchement des capacités d’investissements des pourvoyeurs de fonds bloquera le financement de nouveaux projets. Dans cette situation où l’avenir immédiat est noyé dans un épais brouillard et que d’autre part, il faut quand même encaisser ses pertes, la tendance sera de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Les effets de bord peuvent avoir des conséquences lourdes pour l’économie mondiale. En effet par ricochet, les acteurs financiers ne disposeront plus d’assez de fonds pour financer l’investissement productif des entreprises. Les épargnants, à leurs tours, devront " encaisser " leurs pertes sur les marchés boursiers et le corollaire pourrait alors s’afficher dans une baisse de la consommation des ménages. La conjugaison de ces facteurs, un moral en berne et une sourde inquiétude sur l’avenir pèsera alors sur la croissance.
En outre, si l’on regarde certains facteurs macro-économiques, la financiarisation économique mondiale qui conduit solidairement les nations pourrait donner une impulsion négative au premier domino. La récession dans laquelle s’introduit l’Amérique du Sud et où le Japon n’en finit plus de s’enfoncer pourrait annoncer une purge sévère pour l’économie mondiale.
Le capitalisme, et ce qui suit n’a rien de politique, devra alors affronter une crise de surproduction, de suraccumulation des stocks, de créances douteuses et de plans de restructuration coûteux visant aux rééquilibres économiques. La résorption de la crise passera donc par une destruction de valeurs dans une logique propre au capitalisme qui ne sait que constituer les conditions de son essor qu’en détruisant ce qu’il a créé pour ainsi relancer un nouveau cycle.
Mais alors en quoi peut-on parler d’une Nouvelle Economie ?
L’économie est l’économie.
Elle se mesure dans le rapport de la production à la capacité de production. L’attitude actuelle des investisseurs qui visent le profit à court terme en soufflant et s’essoufflant aujourd’hui dans la bulle de la spéculation, évoque la parabole du fermier qui, découvrant qu’une de ses poules pond chaque jour un oeuf d’or lui ouvre le ventre par cupidité pour tous les obtenir et détruit ainsi la poule qui lui aurait permis d’être riche. Plutôt que s’intéresser à la poule de se centrer sur le oeufs le fermier se retrouve sans unité de production.
Dans ce désir de bénéfices rapides d’aucuns négligent l’élément essentiel de l’économique qui établit ce rapport de la production à la capacité de production pour l’exprimer en terme de rentabilité. Des entreprises de tous secteurs ne déconsidèrent pas, et c’est heureux, cette règle universelle, mais conçoivent à travers l’apport des N.T.IC. (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), de l’évolution des marchés, des globalisations financière et économique, de nouvelles approches dans la conduite générale de leur économie.
Il n’y a dons pas de secteur de la Nouvelle Economie mais des entreprises qui observent des formes nouvelles dans leur gestion.
1> Le bien financier le plus précieux est la capacité à gagner de l’argent.
Partant de postulat, l’entreprise doit consacrer ses capacités d’investissement sur des éléments directement productifs et se libérer de charges ou d’investissements qui constituent autant d’obstacles à sa capacité de développement.
Ce n’est pas un phénomène nouveau mais la sous-traitance de certaines activités de l’entreprise connaît depuis une vingtaine d’années, un essor considérable.
Dans tous les secteurs, les entreprises s’empressent de déléguer leurs activités qui ne sont pas strictement liées à leur objet économique. La sous-traitance décharge l’entreprise de fonctions ou de services assurés précédemment à l’intérieur même de l’entreprise.
Grâce à la sous-traitance l’entreprise n’a pas besoin de se procurer des équipements coûteux et de se doter en interne des compétences généralement chères, pour pouvoir exécuter des tâches en marge de son activité rémunératrice.
Ainsi l’entreprise n’immobilise pas sa capacité d’investissement en intégrant ces services aux postes de charge.
Outre ses aspects, la sous-traitance offre plus de souplesse et de réactivité face aux mouvances technologiques et aux nouveaux comportements des marchés plus concurrentiels caractérisés aussi par une clientèle plus volatile et des cycles de vie des produits de plus en plus courts.
D’autre part, la sous-traitance permet à l’entreprise d’avoir accès à des prestataires qui peuvent, grâce à leurs expertises spécifiques, offrir des services de qualité à des coûts faibles.
Dans cette perspective, l’entreprise n’est plus isolée : elle devient un point d’intersection dans un réseau constitué de fournisseurs, de clients, d’experts et de prestataires industriels ou de services. Dans la convergence des intérêts du réseau naîtront ces entreprise co-traitantes.
2> La dématérialisation des biens commerciaux et la disparition des vendeurs.
Dans la nouvelle économie des entreprises, ces co-traitants partagent donc des informations et bâtissent des relations inter-personnelles pour développer une politique de services plutôt que de vendre un produit dans un échange où le vendeur et l’acheteur ont des intérêts divergents.
C’est ainsi que sont nées des entreprises -que l’on pourrait qualifier de virtuelles- qui ne possèdent pas d’usines, qui ne vendent plus aucun produit mais des images et des idées véhiculées par des chaussures comme dans le cas de Nike. D’autres ne vendent plus des " machins " électroniques ou des voitures, mais des styles de vies.
Dans l’univers des N.T.IC., les constructeurs de PCs, les éditeurs de logiciels ne sont plus des vendeurs d’outils qui vantent les mérites comparés de leurs produits mais des sociétés de services qui produisent une expertise verticale axée sur la satisfaction par le client de l’usage du produit.
Dans ce schéma il ne s’agit pas de gagner à tout prix de la part de marché en consacrant ses efforts pour vendre à un maximum de clients le maximum de produits mais plutôt d’offrir à un nombre restreint de clients un service complet de conseils dans l’usage des produits.
A ce stade intervient la notion de la durée de la relation avec le client, c’est à dire le taux de fidélité qui repose sur la volonté de une relation à long terme avec un client plutôt que de faire des " coups " avec un grand nombre.
3> C’est ce que vise la troisième objectif : le développement du rapport relationnel.
Les N.T.IC. sont autant d’outils pour rendre plus ténus les relations avec les clients existants et en recruter de nouveaux. Dans la cas du B to C, ceux-ci visent à travers les renseignements collectés et stockés dans les bases de données à vendre aux consommateurs des produits qui correspondent à leurs goûts, à leurs habitudes et à leurs modes de vies.
Le marketing relationnel ou de bases de données, ou encore dit One to One, recommandé au début des années 90, n’a pris son envol que depuis la généralisation de l’accès à l’internet de ces 3 dernières années.
L’internet c’est l’interconnexion de PCs et de serveurs dont le Web n’est que la partie émergée qui focalise l’attention du plus large public par la mise en forme du contenu des sites et sa profondeur qui permet d’y puiser des informations inaccessibles auparavant. Les mouchards stockées à l’insu de votre plein gré sur votre PC quand vous naviguez sur le Web renseignent ces base de données. Chaque formulaire de jeu, chaque abonnement à une newsletter les enrichissent à leur tour.
Grâce à ces mécanismes de renseignements les entreprises peuvent anticiper et satisfaire les besoins des consommateurs avec plus d’acuité. Ainsi ces technologies ne sont plus seulement des outils dédiés à la gestion de l’information mais des vecteurs du développement des mondes marchands à travers les réseaux du cyberespace.
Les entreprises de cette nouvelle économie mobilisent donc leur ressources pour le développement commercial à travers des réseaux où elles deviennent interdépendantes.
Les fabricants de ces nouvelles technologies sont les nouveaux bâtisseurs de ces infrastuctures, ces fameuses autoroutes de l’information sur lesquelles vont bientôt se mettre en place des barrières de péage. Car il faudra bien enfin gagner de l’argent.
Philippe Lemesle
Voir en ligne : nomasis