Arrêtez-moi, si je me trompe, dans mes explications foireuses !
Le mot Nihilisme commence à être utilisé au début du 19° siècle par les romantiques allemands pour désigner "ceux qui ne croient en rien" (on doit pouvoir ranger, par exemple, le "Woyzeck" de Büchner dans cette catégorie).
Politiquement, il s’agit d’un mouvement contestataire, né en Russie vers 1855-60, qui remet en question les bases même de la société et qui conteste le pouvoir du tsar Alexandre II. Au début, il rassemble des économistes, des critiques, des scientifiques, des philosophes et prône l’individualisme le plus absolu, un certain idéal du progrès, et bien évidemment le refus de l’ajutissement aux dogmes sociaux (famille, gouvernement, morale, etc...). Influencé par le positivisme d’A. Comte, il sera confondu plus tard avec le mouvement anarchiste (plus proche cependant de Stirner que de Proudhon) et évoluera de plus en plus vers l’action violente à partir de 1870.
Nietzsche réutilisera ces idées, tout en leur donnant une véritable fondement philosophique : le fameux "Dieu est mort" en découle, ainsi que l’idée que rien n’est vrai dans ce qui nous était couramment enseigné, ni Platon ni Jésus... Dans "Ainsi parlait Zarathoustra", il parle de cette mort, de ce meurtre plutôt, car ce sont les hommes qui l’ont tué, avec toutes leurs autres "valeurs". D’après Friedrich, arrive alors la période du Dernier Homme, qui se réjouit de cette disparition sans en saisir toutes les implications (il faut dire aussi qu’il ne lui est pas donné de connaître autre chose, surtout aujourd’hui) : adepte du nihilisme "passif", il se complaît dans sa petite vie et dans ses nouvelles valeurs (dont une bonne part se retrouve dans les premières "Déclarations des Droits...").
Le nihilisme "actif" lui, c’est autre chose : c’est le dépassement du pessimisme pour se consacrer à la destruction préméditée, c’est une "violence nouvelle" en lieu et place du désespoir et du "à quoi bon ?". En fait, comme dans la "Volonté de Puissance" : "une pensée et une doctrine pessimistes, un nihilisme extatique peuvent, en certains cas, être indispensables au philosophe, à titre de pression puissante, de marteau pour briser les races décadentes et expirantes, pour leur écarter un chemin et frayer la voie à un nouvel ordre de vie, ou pour inspirer aux êtres dégénérés et languissants le désir de mourir." Puis pour enfin dépasser même ce nihilisme, avec une volonté de reconstruction, il reste à effectuer la "transvaluation des valeurs" et l’invention d’une nouvelle éthique (et ce n’est évidemment point parce que Niet... rejette la métaphysique qu’il accepte l’objectivité scientifique et l’idéal du progrès, cher aux premiers nihilistes).
Alors d’accord, il semble que nos contemporains (et on va dire les intervenants de ce forum, pour faire plaisir à MgD) soient des exemples parfaits de "Dernier Homme", soit... Mais l’idéal du progrès poussé à son paroxysme, et l’individualisme extrême, d’ou viennent-ils ? Du simple quidam, ou de ceux qui le dirigent : en gros, vers qui faut-il VRAIMENT tourner son mépris ? Il faut aussi rappeller qu’à l’époque de Nietzsche, toutes les images qui ont marqué les esprits du XX° siècle en pulsions de mort n’existaient pas : Hiroshima, Auschwitz, etc... En gros, tous les symboles d’un nihilisme "actif" : il serait intéressant de chercher dans cette voie la victoire du "passif", dans le sens du "tant qu’on est vivant, c’est déjà pas mal...".
Je voudrais enfin rappeller que, tout comme pour Debord et sa réversabilité, s’inspirer de Nietzsche et/ou l’interpréter est on ne peut plus difficile, et même dangereux (cf "La Volonté De Puissance"), car de qui donc est cette phrase "la nouveauté de notre position philosophique est une conviction inconnue de tous les siècles antérieurs : celle de ne pas posséder la vérité", sinon de lui ? Evidemment, je fais confiance aux membres du MLC pour leur talent d’artificiers (cf "TNT"), mais un accident est si vite arrivé...
Quant à monsieur Dantec, il ne semble pas qu’il ait réussi à effectuer la "transvaluation des valeurs" nécessaires pour sortir du nihilisme "actif" dans lequel il se complaît : je vois mal Zarathoustra passer son temps à défendre son égo sur des forums internet, mais enfin bon...
Je ne vous en veux pas, Miss, de ne pas m’avoir répondu sur ce si joli sujet : c’est simplement parce que MgD n’avais pas voulu donner de plus amples précisions que je vous avais appellée au secours, that’s all. Pour le "COMMUNISME DIGITAL" si cher à votre collègue médiatisé, laissons tomber : ce n’est effectivement pas à vous de faire son boulot. Merci quand même pour l’extrait du "Retour de la Colonne Durutti", encore un truc que je ne connaissais pas.
Je vous remercie de votre participation et du temps que vous m’avez accordé.
A bientôt sous le soleil de ce monde, ou d’un autre.
Bonsoir QWERTY (et à toute votre gang),
Arrêtez-moi, si je me trompe, dans mes explications foireuses !
Le mot Nihilisme commence à être utilisé au début du 19° siècle par les romantiques allemands pour désigner "ceux qui ne croient en rien" (on doit pouvoir ranger, par exemple, le "Woyzeck" de Büchner dans cette catégorie).
Politiquement, il s’agit d’un mouvement contestataire, né en Russie vers 1855-60, qui remet en question les bases même de la société et qui conteste le pouvoir du tsar Alexandre II. Au début, il rassemble des économistes, des critiques, des scientifiques, des philosophes et prône l’individualisme le plus absolu, un certain idéal du progrès, et bien évidemment le refus de l’ajutissement aux dogmes sociaux (famille, gouvernement, morale, etc...). Influencé par le positivisme d’A. Comte, il sera confondu plus tard avec le mouvement anarchiste (plus proche cependant de Stirner que de Proudhon) et évoluera de plus en plus vers l’action violente à partir de 1870.
Nietzsche réutilisera ces idées, tout en leur donnant une véritable fondement philosophique : le fameux "Dieu est mort" en découle, ainsi que l’idée que rien n’est vrai dans ce qui nous était couramment enseigné, ni Platon ni Jésus... Dans "Ainsi parlait Zarathoustra", il parle de cette mort, de ce meurtre plutôt, car ce sont les hommes qui l’ont tué, avec toutes leurs autres "valeurs". D’après Friedrich, arrive alors la période du Dernier Homme, qui se réjouit de cette disparition sans en saisir toutes les implications (il faut dire aussi qu’il ne lui est pas donné de connaître autre chose, surtout aujourd’hui) : adepte du nihilisme "passif", il se complaît dans sa petite vie et dans ses nouvelles valeurs (dont une bonne part se retrouve dans les premières "Déclarations des Droits...").
Le nihilisme "actif" lui, c’est autre chose : c’est le dépassement du pessimisme pour se consacrer à la destruction préméditée, c’est une "violence nouvelle" en lieu et place du désespoir et du "à quoi bon ?". En fait, comme dans la "Volonté de Puissance" : "une pensée et une doctrine pessimistes, un nihilisme extatique peuvent, en certains cas, être indispensables au philosophe, à titre de pression puissante, de marteau pour briser les races décadentes et expirantes, pour leur écarter un chemin et frayer la voie à un nouvel ordre de vie, ou pour inspirer aux êtres dégénérés et languissants le désir de mourir." Puis pour enfin dépasser même ce nihilisme, avec une volonté de reconstruction, il reste à effectuer la "transvaluation des valeurs" et l’invention d’une nouvelle éthique (et ce n’est évidemment point parce que Niet... rejette la métaphysique qu’il accepte l’objectivité scientifique et l’idéal du progrès, cher aux premiers nihilistes).
Alors d’accord, il semble que nos contemporains (et on va dire les intervenants de ce forum, pour faire plaisir à MgD) soient des exemples parfaits de "Dernier Homme", soit... Mais l’idéal du progrès poussé à son paroxysme, et l’individualisme extrême, d’ou viennent-ils ? Du simple quidam, ou de ceux qui le dirigent : en gros, vers qui faut-il VRAIMENT tourner son mépris ? Il faut aussi rappeller qu’à l’époque de Nietzsche, toutes les images qui ont marqué les esprits du XX° siècle en pulsions de mort n’existaient pas : Hiroshima, Auschwitz, etc... En gros, tous les symboles d’un nihilisme "actif" : il serait intéressant de chercher dans cette voie la victoire du "passif", dans le sens du "tant qu’on est vivant, c’est déjà pas mal...".
Je voudrais enfin rappeller que, tout comme pour Debord et sa réversabilité, s’inspirer de Nietzsche et/ou l’interpréter est on ne peut plus difficile, et même dangereux (cf "La Volonté De Puissance"), car de qui donc est cette phrase "la nouveauté de notre position philosophique est une conviction inconnue de tous les siècles antérieurs : celle de ne pas posséder la vérité", sinon de lui ? Evidemment, je fais confiance aux membres du MLC pour leur talent d’artificiers (cf "TNT"), mais un accident est si vite arrivé...
Quant à monsieur Dantec, il ne semble pas qu’il ait réussi à effectuer la "transvaluation des valeurs" nécessaires pour sortir du nihilisme "actif" dans lequel il se complaît : je vois mal Zarathoustra passer son temps à défendre son égo sur des forums internet, mais enfin bon...
Je ne vous en veux pas, Miss, de ne pas m’avoir répondu sur ce si joli sujet : c’est simplement parce que MgD n’avais pas voulu donner de plus amples précisions que je vous avais appellée au secours, that’s all. Pour le "COMMUNISME DIGITAL" si cher à votre collègue médiatisé, laissons tomber : ce n’est effectivement pas à vous de faire son boulot. Merci quand même pour l’extrait du "Retour de la Colonne Durutti", encore un truc que je ne connaissais pas.
Je vous remercie de votre participation et du temps que vous m’avez accordé.
A bientôt sous le soleil de ce monde, ou d’un autre.