[Ne parvenant pas à poster une réponse à Calvz dans le forum, après moult tentatives - je tente une dernière fois ma chance en cliquant sur "Participer au forum".]
Bonjour
Je ne crois pas, sincèrement, que l’on puisse de nos jours trouver un quelconque défenseur de l’ère Ceausescu. Les tortures, l’acculturation, les restrictions énergétiques et alimentaires, la censure, la pollution... qui ignore ce bilan désastreux ? A moins d’être un irrécupérable nostalgique stalinien, non - les choses sont claires, et le suivi médiatique de la "révolution" a remis tout cela en mémoire, si besoin.
Est-ce une raison de fermer les yeux sur la situation actuelle ? La chute d’une dictature est toujours un événement dont il faut se réjouir. Mais aujourd’hui c’est un peuple qui vit dans la douleur. On ne le dit pas assez. La faim, la misère, le départ de toute une élite à l’étranger, les filières de prostitution - est-ce le prix à payer pour vivre en démocratie ? "je faisais 3 heures de queue pour des patates il y a 15 ans, et maintenant je crève de faim dans une démocratie libérale". La belle affaire ! Fermer les yeux sur un constat alarmant, voilà ce qui serait de la malhonnêteté. Refuser de voir les dégâts du capitalisme en raison de l’héritage de la dictature communiste, voilà qui serait malhonnête. Non, des hommes et des femmes souffrent, de la faim, du froid, du manque de soins, aujourd’hui, dix ans après la mort de Ceausescu, voilà la vérité. Personne ne dit que c’est facile de remédier à cela. Mais une société se juge à la façon dont elle traite les plus faible des siens, a dit Kundera, je crois. Y a-t-il, aujourd’hui en Roumanie, une implication de l’état en faveur de l’éducation, des soins, de l’accès à la culture, du combat contre le racisme ? La télévision ne participe-t-elle pas, à sa manière, à cette entreprise de débilisation populaire à force de télénovelas abêtissantes et de jeux consternants ?
J’ai discuté, là-bas, à Severin, Caracal ou Bucarest, avec des retraités. Il m’ont dit qu’ils ne voulaient plus se battre. C’est terrible de s’entendre dire ça par des gens qui ont l’âge de mes parents... Toute leur vie ils ont attendu, ils ont résisté. Et maintenant ? Quoi leur dire ? comment les réconforter, eux qui malgré leurs difficultés et leur retraite ridicule parviennent à faire honneur, si dignement, à leurs invités ? Comment leur redonner foi, tout simplement, en la démocratie ?
Sylvain dit, très justement, qu’il faut aussi se battre là-bas pour inventer un autre monde. Merci, cela fait du bien de lire de telles choses...
Ijon Tichy
Quant à la forme du Mall, elle est anecdotique. Simplement intrigante pour un Français moyen qui n’a jamais mis les pieds chez les Etazuniens et qui n’a pas l’habitude d’acheter ses caleçons aux Galeries Lafayette ou à Bruxelles...
[Ne parvenant pas à poster une réponse à Calvz dans le forum, après moult tentatives - je tente une dernière fois ma chance en cliquant sur "Participer au forum".]
Bonjour
Je ne crois pas, sincèrement, que l’on puisse de nos jours trouver un quelconque défenseur de l’ère Ceausescu. Les tortures, l’acculturation, les restrictions énergétiques et alimentaires, la censure, la pollution... qui ignore ce bilan désastreux ? A moins d’être un irrécupérable nostalgique stalinien, non - les choses sont claires, et le suivi médiatique de la "révolution" a remis tout cela en mémoire, si besoin.
Est-ce une raison de fermer les yeux sur la situation actuelle ? La chute d’une dictature est toujours un événement dont il faut se réjouir. Mais aujourd’hui c’est un peuple qui vit dans la douleur. On ne le dit pas assez. La faim, la misère, le départ de toute une élite à l’étranger, les filières de prostitution - est-ce le prix à payer pour vivre en démocratie ? "je faisais 3 heures de queue pour des patates il y a 15 ans, et maintenant je crève de faim dans une démocratie libérale". La belle affaire ! Fermer les yeux sur un constat alarmant, voilà ce qui serait de la malhonnêteté. Refuser de voir les dégâts du capitalisme en raison de l’héritage de la dictature communiste, voilà qui serait malhonnête. Non, des hommes et des femmes souffrent, de la faim, du froid, du manque de soins, aujourd’hui, dix ans après la mort de Ceausescu, voilà la vérité. Personne ne dit que c’est facile de remédier à cela. Mais une société se juge à la façon dont elle traite les plus faible des siens, a dit Kundera, je crois. Y a-t-il, aujourd’hui en Roumanie, une implication de l’état en faveur de l’éducation, des soins, de l’accès à la culture, du combat contre le racisme ? La télévision ne participe-t-elle pas, à sa manière, à cette entreprise de débilisation populaire à force de télénovelas abêtissantes et de jeux consternants ?
J’ai discuté, là-bas, à Severin, Caracal ou Bucarest, avec des retraités. Il m’ont dit qu’ils ne voulaient plus se battre. C’est terrible de s’entendre dire ça par des gens qui ont l’âge de mes parents... Toute leur vie ils ont attendu, ils ont résisté. Et maintenant ? Quoi leur dire ? comment les réconforter, eux qui malgré leurs difficultés et leur retraite ridicule parviennent à faire honneur, si dignement, à leurs invités ? Comment leur redonner foi, tout simplement, en la démocratie ?
Sylvain dit, très justement, qu’il faut aussi se battre là-bas pour inventer un autre monde. Merci, cela fait du bien de lire de telles choses...
Ijon Tichy
Quant à la forme du Mall, elle est anecdotique. Simplement intrigante pour un Français moyen qui n’a jamais mis les pieds chez les Etazuniens et qui n’a pas l’habitude d’acheter ses caleçons aux Galeries Lafayette ou à Bruxelles...
Voir en ligne : Quelques photos des "Cirques"...