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> Et pourtant, je suis pour la paresse...

5 mai 2001, 17:25, par severino

C’est économiquement faisable : en commençant progressivement on évite l’inflation et on reste réaliste sur les coûts. Quand à l’incitation à travailler, un revenu d’existence universel, inconditionnel, cumulable, est très incitatif puisque même un mi-temps permet d’améliorer l’ordinaire. Alors qu’avec le rmi (je témoigne en connaisseur :-), c’est cumulé dans un premier temps, mais ensuite déduit quand on se retrouve sans travail (et que l’on a n’a pas encore atteint les droits au chômage), et l’on se retrouve dans la merde. c’est la fameuse trappe.

Un autre argument sur les coûts : il faut compter qu’un tel revenu permet de se substituer à d’autre, très couteux et mal utilisé (sans même compter les coûts de bureaucratie :-). Par ailleurs cela permet d’assurer des gains plus important aux entreprises, puisqu’il s’agit en parallèle de permettre une gestion du personnel plus souple (licenciement sans contrainte). C’est un projet qui ne peut se faire qu’en alliance stratégique avec certains libéraux (donnant-donnant) : soit on en termine avec la flexibilité (attac, lcr, pcf...), mais on n’a pas le rapport de force... soit si on est obligé de subir cette flexibilité soit disant pour le bien de la société, et bien soit, mais pas sans filet de sécurité... On veut bien prendre des risques, mais pas stresser comme des malades. Mais il faut voir également la possibilité pour celui qui subit un boulot qu’il ne supporte pas, la possibilité de faire une pause sans être stigmatisé, de trouver plus facilement un autre boulot, de créer une activité sympatique ou de pur buisness à moindre risque...

Le problème est qu’un tel projet a besoin d’être connu et qu’il est rejeté par la vrai gauche, coincé dans des problématiques anachroniques, et que le ps et la droite n’ont pas envie que les individus puissent s’émanciper puisque leur pouvoir économique et politique est basé sur ce contrôle social. Bref, une bonne idée, mais qui faute de soutien n’aboutira pas avant un bout de temps. Alors, je n’ai pas envie de geuler dans le désert pendant 20 ans, avec pour seul satisfaction de pouvoir alors enfin dire "vous voyez j’avais raison. Je préfère pratiquer dès aujourd’hui le dimanchisme, en bon punk que je suis (on s’refait pas), continuer à toucher mon rmi, à vivre avec 3 franc 6 sous en marge, à m’investir à fond dans les projets qui me tienne vraiment à coeur...

Pour ce qui est de la théorie, on a besoin d’urgence d’un nouveau projet qui puisse redonner l’espoir. Il y a moyen d’articuler plusieurs problématiques :

- la dissociation partiel du revenu et du travail sans contrôle sociale, en échange de la flexibilité.
- la réforme du droit d’auteur pour couper les pieds d’argil des multinationales et encourager le travail collaboratif dans tous les domaines d’activité, ainsi que le transfert de savoir vers le tiers-monde.
- La critique d’une certaine publicité qui nous pousse à consommer plutôt qu’à mieux vivre.
- La contestation de la mondialisation capitaliste "inhumaine" afin d’imposer des réglementations sociales et écologiques au marché (zpatistes, contre-sommet, porto allegre).
- L’urgence écologique qui nous oblige à développer le partenariat international.
- [Mettez ici votre lutte préférée]

Vous remuez, vous trouvez un plan chic, plein de citations qui accrochent, et ça fait une belle théorie intello de plus :-) Bref, si vous êtes aussi démotivé que moi, je vous conseille (rien à voir) "contre-pouvoir" de Michel Benasayag et d’un collègue à lui dont j’ai oublié le nom (ça vaut mieux que de le lui écorcher). Enfoiré, quel spleen je me tiens today (yo) !

Voir en ligne : Arguments pour un revenu d’existence