Le titre de ton post était marrant mais très loin de la vérité, vérité que voici : "La maman de Bernard fait une tarte de 8 parts qui coute 15 balles pour sa famille, le petit bernard qui est un sacré renard veut la garder pour lui tout seul, mais il sait que s’il fait ça il devra rembourser le fric à sa m’man. Alors il pique la tarte (ho !), la coupe en 10 parts et va la montrer à ses copains (quel renard !) ; puis leur dit qu’il faut raquer pour en avoir et qu’il n’y en aura pas pour tout le monde vu que lui aussi veut en croquer. Il fait monter les enchères jusqu’au prix de 4 francs la part, que seulement 5 de ses copains peuvent payer. Il empoche les 20 boules et il lui reste 5 parts qu’il engloutit comme un goinfre. Le lendemain, sa maman gueule parce que tarte il y a plus, alors il lui rembourse la somme et il lui reste 5 francs pour s’acheter des carambars(TM). Dis Bernard, qu’est-ce tu veux faire plus tard ? Arnault, je veux être, Bernard Arnault (quel renard) !".
Tout ça pour dire que, si on veut faire fortune en bourse :
1) dans un mouvement haussier, faut acheter à 1 pour revendre à 2, mais le top du top, c’est d’empocher l’argent de la vente avant de payer celui de l’achat (ou tout du moins faire que le crédit/débit intervienne au même moment).
2) dans un mouvement baissier, faut vendre à 2 pour acheter à 1, mais le top du top c’est encore le même.
3)il faut profiter des effets "pénurie" (y’en a pas beaucoup/c’est de la balle atomique) et "abondance" (y’en a trop/c’est une grosse daube) pour acheter et vendre.
4) il n’y a pas de secret, il faut avoir la possibilité de manipuler les 3 points précédants, fait les choses par toi-même CoCo, it’s better.
5) y’a encore d’autres choses à savoir, mais je ne les sais pas sinon je serais riche !
Par contre le petit Bernard n’est pas si futé que ça car il n’a aucun effet de levier : il devrait s’associer avec son copain François, usurier de son état. Bernouille file en gage à Francouille son ours en peluche préféré qui coute 10 balles, en échange F prête à B quelques 30 balles à taux faible pour commettre ses forfaitures. Avec ce blé, notre héros fait 2 fois la petite opération du début dont une tarte qu’il vend entièrement, il empoche donc 15 prs*4 frs = 60 frs. Après remboursement à moman, il lui en reste 30, donc effet de levier positif 3 (200 % de gain) comparé au prix de son ours en peluche. Vu qu’il a un taux d’intérêt faible auprès de son pote, tout baigne, c’est le début de la fortune. Si il réussit à vendre ses tartes bien sûr, sinon ça peut être le début des ennuis : admettons que le marché des parts de tartes s’affondre (!) et que B. soit obligé de vendre ses 20 parts à 1frs pièce, il va devoir 10 francs à sa maman. Donc après sa paire de gifles, il aura un effet de levier négatif 1 comparé à son ours (100 % de perte) !
Sinon, mister Dillies a tout faux concernant le bourrin de Point Com, car les premiers "future" (produit dérivé permettant d’acheter n’importe quel produit dans le futur, mais à un prix négocié aujourd’hui, un simple contrat en fait) firent leur apparition lors de la guerre de Sécession américaine : les Nordistes avaient besoin de beaucoup d’avoine pour leurs canassons. Lorsque les prix grimpaient, les coffres des militaires se vidaient, et y’avait pu rien pour les armes. Ils ont été voir les financiers du Chicago Board Of Trade (création en 1848) qui, grâce a ces "future", garantissaient le même prix à l’avoine aujourd’hui et dans 6 mois. Risque financier nul donc, pour les militaires mais aussi pour les fermiers, ces derniers ayant ainsi l’assurance de vendre l’avoine au prix convenu, même si la guerre se termine ! Et tout bénèf’ pour les commissions des banquiers, bien sûr ...
Le problème intervient dans ce schéma lorqu’un spéculateur arrive : il va par exemple s’engager avec l’armée dans un "future" à la place du fermier, en espérant bien pouvoir acheter pendant ce temps de l’avoine moins cher que le prix fixé. Premièrement, il est malin donc il fait un emprunt (effet de levier) : s’il gagne, la banque aussi, s’il perd, la banque aussi ... Et plus, il y a de banques impliquées et plus celles-ci sont importantes, et plus le risque généré pour l’économie est important : on peut passer d’une crise locale à une crise mondiale. C’est ce qui faillit arriver en 98 avec LTCM (Long Term Capitalism Management) et nous revient dans les pattes today avec les faillites de business-angels et autres capital-risqueurs, et ne parlons surtout pas du UMTS. Secondement, le spéculateur va tenter de se placer en position dominante sur son marché, afin de pouvoir l’orienter comme qu’y veut, faire des paris gagnés d’avance ainsi que des ye-cou en platine : d’où instabilité des cours, structures pyramidales, et j’en passe ...
2 points à ne pas oublier pour LTCM (NB : un "hedge fund" ou fond de performance est uniquement spéculatif, au contraire d’un fond de pension qui a une gestion plus "pépère"), c’est qu’il investissait en majorité, ainsi que quelques banques, sur les GKO (bons du Trésor russes à court terme, libellés en roubles) qui atteignaient alors des taux de 240 % (!) : donc lorsque Eltsine annonça le 17 août 98 qu’il en gelait le remboursement pour à peu près 40 milliards US $, avec un effet de levier 28, ça a fait mal (le 23 septembre 98, LTCM avait un levier de 167, avec des fonds propres qui fondaient comme neige au soleil !). Dans ce cas de figure, le fond américain représentait le spéculateur qui entraine dans sa chute toutes les banques qui lui ont prêté de l’argent, tandis que les banques russes (Fimaco, Oneximbank, SBS-Agro, et la Banque Centrale Russe !) jouaient le rôle de maître(sse)s du jeu qui engloutissent l’argent perdu. Il est toujours intéressant de constater que les gogos ne sont pas seulement des "petits épargnants", il y a aussi des Prix Nobels d’économie ...
Bon allez, à plus : j’arrête là, ça me fatigue et puis je suis en train de me faire peur tout seul !
Salut Clavz,
Le titre de ton post était marrant mais très loin de la vérité, vérité que voici : "La maman de Bernard fait une tarte de 8 parts qui coute 15 balles pour sa famille, le petit bernard qui est un sacré renard veut la garder pour lui tout seul, mais il sait que s’il fait ça il devra rembourser le fric à sa m’man. Alors il pique la tarte (ho !), la coupe en 10 parts et va la montrer à ses copains (quel renard !) ; puis leur dit qu’il faut raquer pour en avoir et qu’il n’y en aura pas pour tout le monde vu que lui aussi veut en croquer. Il fait monter les enchères jusqu’au prix de 4 francs la part, que seulement 5 de ses copains peuvent payer. Il empoche les 20 boules et il lui reste 5 parts qu’il engloutit comme un goinfre. Le lendemain, sa maman gueule parce que tarte il y a plus, alors il lui rembourse la somme et il lui reste 5 francs pour s’acheter des carambars(TM). Dis Bernard, qu’est-ce tu veux faire plus tard ? Arnault, je veux être, Bernard Arnault (quel renard) !".
Tout ça pour dire que, si on veut faire fortune en bourse :
1) dans un mouvement haussier, faut acheter à 1 pour revendre à 2, mais le top du top, c’est d’empocher l’argent de la vente avant de payer celui de l’achat (ou tout du moins faire que le crédit/débit intervienne au même moment).
2) dans un mouvement baissier, faut vendre à 2 pour acheter à 1, mais le top du top c’est encore le même.
3)il faut profiter des effets "pénurie" (y’en a pas beaucoup/c’est de la balle atomique) et "abondance" (y’en a trop/c’est une grosse daube) pour acheter et vendre.
4) il n’y a pas de secret, il faut avoir la possibilité de manipuler les 3 points précédants, fait les choses par toi-même CoCo, it’s better.
5) y’a encore d’autres choses à savoir, mais je ne les sais pas sinon je serais riche !
Par contre le petit Bernard n’est pas si futé que ça car il n’a aucun effet de levier : il devrait s’associer avec son copain François, usurier de son état. Bernouille file en gage à Francouille son ours en peluche préféré qui coute 10 balles, en échange F prête à B quelques 30 balles à taux faible pour commettre ses forfaitures. Avec ce blé, notre héros fait 2 fois la petite opération du début dont une tarte qu’il vend entièrement, il empoche donc 15 prs*4 frs = 60 frs. Après remboursement à moman, il lui en reste 30, donc effet de levier positif 3 (200 % de gain) comparé au prix de son ours en peluche. Vu qu’il a un taux d’intérêt faible auprès de son pote, tout baigne, c’est le début de la fortune. Si il réussit à vendre ses tartes bien sûr, sinon ça peut être le début des ennuis : admettons que le marché des parts de tartes s’affondre (!) et que B. soit obligé de vendre ses 20 parts à 1frs pièce, il va devoir 10 francs à sa maman. Donc après sa paire de gifles, il aura un effet de levier négatif 1 comparé à son ours (100 % de perte) !
Sinon, mister Dillies a tout faux concernant le bourrin de Point Com, car les premiers "future" (produit dérivé permettant d’acheter n’importe quel produit dans le futur, mais à un prix négocié aujourd’hui, un simple contrat en fait) firent leur apparition lors de la guerre de Sécession américaine : les Nordistes avaient besoin de beaucoup d’avoine pour leurs canassons. Lorsque les prix grimpaient, les coffres des militaires se vidaient, et y’avait pu rien pour les armes. Ils ont été voir les financiers du Chicago Board Of Trade (création en 1848) qui, grâce a ces "future", garantissaient le même prix à l’avoine aujourd’hui et dans 6 mois. Risque financier nul donc, pour les militaires mais aussi pour les fermiers, ces derniers ayant ainsi l’assurance de vendre l’avoine au prix convenu, même si la guerre se termine ! Et tout bénèf’ pour les commissions des banquiers, bien sûr ...
Le problème intervient dans ce schéma lorqu’un spéculateur arrive : il va par exemple s’engager avec l’armée dans un "future" à la place du fermier, en espérant bien pouvoir acheter pendant ce temps de l’avoine moins cher que le prix fixé. Premièrement, il est malin donc il fait un emprunt (effet de levier) : s’il gagne, la banque aussi, s’il perd, la banque aussi ... Et plus, il y a de banques impliquées et plus celles-ci sont importantes, et plus le risque généré pour l’économie est important : on peut passer d’une crise locale à une crise mondiale. C’est ce qui faillit arriver en 98 avec LTCM (Long Term Capitalism Management) et nous revient dans les pattes today avec les faillites de business-angels et autres capital-risqueurs, et ne parlons surtout pas du UMTS. Secondement, le spéculateur va tenter de se placer en position dominante sur son marché, afin de pouvoir l’orienter comme qu’y veut, faire des paris gagnés d’avance ainsi que des ye-cou en platine : d’où instabilité des cours, structures pyramidales, et j’en passe ...
2 points à ne pas oublier pour LTCM (NB : un "hedge fund" ou fond de performance est uniquement spéculatif, au contraire d’un fond de pension qui a une gestion plus "pépère"), c’est qu’il investissait en majorité, ainsi que quelques banques, sur les GKO (bons du Trésor russes à court terme, libellés en roubles) qui atteignaient alors des taux de 240 % (!) : donc lorsque Eltsine annonça le 17 août 98 qu’il en gelait le remboursement pour à peu près 40 milliards US $, avec un effet de levier 28, ça a fait mal (le 23 septembre 98, LTCM avait un levier de 167, avec des fonds propres qui fondaient comme neige au soleil !). Dans ce cas de figure, le fond américain représentait le spéculateur qui entraine dans sa chute toutes les banques qui lui ont prêté de l’argent, tandis que les banques russes (Fimaco, Oneximbank, SBS-Agro, et la Banque Centrale Russe !) jouaient le rôle de maître(sse)s du jeu qui engloutissent l’argent perdu. Il est toujours intéressant de constater que les gogos ne sont pas seulement des "petits épargnants", il y a aussi des Prix Nobels d’économie ...
Bon allez, à plus : j’arrête là, ça me fatigue et puis je suis en train de me faire peur tout seul !
A bientôt, Calvz-Héros ...