Sans entrer dans le détail des technologies utilisées, (publicités par e-mail, « customer relationship management » ou « CRM »), il n’en demeure pas moins que se constituent de fantastiques bases de données, extrêmement personnalisées, que peuvent acheter ou revendre tous les acteurs du secteur. Cette activité, en croissance exponentielle, ressortit de plusieurs métiers spécifiques : « data-mining », « datawarehouse », « profiling », « géoéconomie »..."
Houlala le mélange. Bon, je pense qu’il est utile de t’expliquer simplement deux ou trois trucs. Simplement, on a dit. S’il y a des éditeurs connectés, n’hésitez pas à ajouter votre grain de sel, je sais que mes explications valent seulement ce qu’elle valent.
D’bord, il ne s’agit pas de technologies. Désolé pour l’attaque sur la forme, mais ça m’agace : c’est tout sauf de la techno. C’est du logiciel, tout simplement. Pas la peine d’en faire des tartines sur la techno, le mot n’impressionne plus grand monde.
Pour ta gouverne, on classe généralement sous le vocable CRM trois types d’outils : le SFA, ou automatisation des forces de ventes (les commerciaux ont accès aux comptes client, à leurs bases de prospects, à leurs carnets de rendez-vous, aux tarifs, aux stocks, etc), le décisionnel (analyse multidimensionnelle de données, j’y reviens) et les centres d’appels et logiciels associés (avec justement remontée d’informations quand tu dis je suis monsieur machin, ce qui permet de gagner du temps, et de limiter les bourdes côté opérateurs quand on a un gros client en ligne).
CRM, ou gestion de la relation client, est cette série d’outils logiciels utilisés à la base pour connaître un historique client. Pour t’éviter d’avoir à dire, je suis monsieur machin, j’ai acheté tel et tel produit, et je souhaite ceci ou cela. Tu dis juste je suis monsieur machin, et l’opérateur que tu as en ligne sait exactement ce que tu as acheté et quand. Pas forcément nécessaire en grande consommation, mais fondamental en entreprise, on a pas de temps à perdre. On donne un numéro de dossier, et l’historique achat, intervention maintenance, achat de pièces détachées, apparaît automatiquement (si le soft est bien foutu, s’entend). Ne diabolise pas trop vite le CRM.
Mélanger data mining et profiling est encore une erreur. Le data mining consiste à analyser d’une certaine manière une base de donnée (généralement conséquente) pour en retirer des informations. Ce sont des outils destinés initialement aux directeurs financiers, afin de leur permettre d’isoler des gisements de croissance (comme je déteste employer un tel vocabulaire), bref voir où ça ne va pas. Analyse difficile à faire quand on a sous les yeux des listings comptables. Si tu veux une définition plus orthodoxe, va voir les gars de Cognos ou de Business Objects (par exemple). Un datawarehouse est, bêtement, un entrepôt de données, désignation pompeuse d’un serveur couplé à de gros disques durs. Ce n’est dont pas un métier. Désolé.
Sous le vocable profiling, pris dans son sens Internet, on entend généralement des outils qui permettent de déduire depuis le chaminement d’une internaute sur un site, quels sont ses centres d’intérêt. Concept à mon sens un peu fumeux, mais il paraît que ça marche (du moins quand on écoute les éditeurs qui vendent de tels logiciels).
Géoéconomie ? On a pas attendu Internet pour en faire. Demande au gars d’Ipsos ou de la Sofres.
Hormis les sites de medias disposant antérieurement d’une forte notoriété sur le papier ou sur écran - qui n’hésitent d’ailleurs pas à établir des liens directs entre leurs rubriques d’information, à priori exemptes de toute « pollution » publicitaire, et des offres d’achat de livres, de voyages, de réservation à des spectacles, voire de pizzas..., l’une des difficultés à apprécier l’emprise de la publicité sur l’information offerte à l’internaute réside dans le flou absolu entourant le concept même « d’information » ou « d’éditorial », tels que l’affichent des dizaines de milliers de sites.
Heu... qui sont les inventeurs du publi-reportage ? Les petits gars du Journal du Net ? J’ai comme un doute, là.
Mais qui définit cette notion même d’information ? Personne. Ou plutôt quiconque souhaite s’en revendiquer... Un individu, une association, un groupe d’intérêt, une entreprise, une collectivité locale, un lobby, une agence de publicité...
Tiens, au fait, l’ADN, ça ne serait de l’information, à la base ? Non, je pinaille, désolé. Là on est clairement dans ce que j’essaye d’expliquer à mes proches, la subtile différence entre communication et information. Pas facile.
Finalement, c’est décourageant, un papier comme celui-là. Comment peut-on continuer jusqu’à la conclusion, alors que le premier tiers de ton papier est un douteux mélange de parti-pris et d’interprétations erronées ? Tu as évidemment plus de bouteille que moi en matière de journalisme, mais là, tu as salement caramélisé. Sauf ton respect. Faudrait-il alors que j’en écrive un autre, en reprenant ton argumentaire, mais expurgé de ses erreurs ?
Si je l’écris, je le résumerai à ceci : "vous en avez marre de vous faire fliquer, pister et filmer dans vos centres commerciaux ? Venez sur Internet, on a encore amélioré le système !". Boutade simpliste ? Peut-être, mais ça a le mérite d’être clair.
Sans entrer dans le détail des technologies utilisées, (publicités par e-mail, « customer relationship management » ou « CRM »), il n’en demeure pas moins que se constituent de fantastiques bases de données, extrêmement personnalisées, que peuvent acheter ou revendre tous les acteurs du secteur. Cette activité, en croissance exponentielle, ressortit de plusieurs métiers spécifiques : « data-mining », « datawarehouse », « profiling », « géoéconomie »..."
Houlala le mélange. Bon, je pense qu’il est utile de t’expliquer simplement deux ou trois trucs. Simplement, on a dit. S’il y a des éditeurs connectés, n’hésitez pas à ajouter votre grain de sel, je sais que mes explications valent seulement ce qu’elle valent.
D’bord, il ne s’agit pas de technologies. Désolé pour l’attaque sur la forme, mais ça m’agace : c’est tout sauf de la techno. C’est du logiciel, tout simplement. Pas la peine d’en faire des tartines sur la techno, le mot n’impressionne plus grand monde.
Pour ta gouverne, on classe généralement sous le vocable CRM trois types d’outils : le SFA, ou automatisation des forces de ventes (les commerciaux ont accès aux comptes client, à leurs bases de prospects, à leurs carnets de rendez-vous, aux tarifs, aux stocks, etc), le décisionnel (analyse multidimensionnelle de données, j’y reviens) et les centres d’appels et logiciels associés (avec justement remontée d’informations quand tu dis je suis monsieur machin, ce qui permet de gagner du temps, et de limiter les bourdes côté opérateurs quand on a un gros client en ligne).
CRM, ou gestion de la relation client, est cette série d’outils logiciels utilisés à la base pour connaître un historique client. Pour t’éviter d’avoir à dire, je suis monsieur machin, j’ai acheté tel et tel produit, et je souhaite ceci ou cela. Tu dis juste je suis monsieur machin, et l’opérateur que tu as en ligne sait exactement ce que tu as acheté et quand. Pas forcément nécessaire en grande consommation, mais fondamental en entreprise, on a pas de temps à perdre. On donne un numéro de dossier, et l’historique achat, intervention maintenance, achat de pièces détachées, apparaît automatiquement (si le soft est bien foutu, s’entend). Ne diabolise pas trop vite le CRM.
Mélanger data mining et profiling est encore une erreur. Le data mining consiste à analyser d’une certaine manière une base de donnée (généralement conséquente) pour en retirer des informations. Ce sont des outils destinés initialement aux directeurs financiers, afin de leur permettre d’isoler des gisements de croissance (comme je déteste employer un tel vocabulaire), bref voir où ça ne va pas. Analyse difficile à faire quand on a sous les yeux des listings comptables. Si tu veux une définition plus orthodoxe, va voir les gars de Cognos ou de Business Objects (par exemple). Un datawarehouse est, bêtement, un entrepôt de données, désignation pompeuse d’un serveur couplé à de gros disques durs. Ce n’est dont pas un métier. Désolé.
Sous le vocable profiling, pris dans son sens Internet, on entend généralement des outils qui permettent de déduire depuis le chaminement d’une internaute sur un site, quels sont ses centres d’intérêt. Concept à mon sens un peu fumeux, mais il paraît que ça marche (du moins quand on écoute les éditeurs qui vendent de tels logiciels).
Géoéconomie ? On a pas attendu Internet pour en faire. Demande au gars d’Ipsos ou de la Sofres.
Hormis les sites de medias disposant antérieurement d’une forte notoriété sur le papier ou sur écran - qui n’hésitent d’ailleurs pas à établir des liens directs entre leurs rubriques d’information, à priori exemptes de toute « pollution » publicitaire, et des offres d’achat de livres, de voyages, de réservation à des spectacles, voire de pizzas..., l’une des difficultés à apprécier l’emprise de la publicité sur l’information offerte à l’internaute réside dans le flou absolu entourant le concept même « d’information » ou « d’éditorial », tels que l’affichent des dizaines de milliers de sites.
Heu... qui sont les inventeurs du publi-reportage ? Les petits gars du Journal du Net ? J’ai comme un doute, là.
Mais qui définit cette notion même d’information ? Personne. Ou plutôt quiconque souhaite s’en revendiquer... Un individu, une association, un groupe d’intérêt, une entreprise, une collectivité locale, un lobby, une agence de publicité...
Tiens, au fait, l’ADN, ça ne serait de l’information, à la base ? Non, je pinaille, désolé. Là on est clairement dans ce que j’essaye d’expliquer à mes proches, la subtile différence entre communication et information. Pas facile.
Finalement, c’est décourageant, un papier comme celui-là. Comment peut-on continuer jusqu’à la conclusion, alors que le premier tiers de ton papier est un douteux mélange de parti-pris et d’interprétations erronées ? Tu as évidemment plus de bouteille que moi en matière de journalisme, mais là, tu as salement caramélisé. Sauf ton respect. Faudrait-il alors que j’en écrive un autre, en reprenant ton argumentaire, mais expurgé de ses erreurs ?
Si je l’écris, je le résumerai à ceci : "vous en avez marre de vous faire fliquer, pister et filmer dans vos centres commerciaux ? Venez sur Internet, on a encore amélioré le système !". Boutade simpliste ? Peut-être, mais ça a le mérite d’être clair.