« Ce grand savoir qu’est la médecine, sous la conduite des nouveaux prêtres, est allé depuis lors de succès en succès, permettant désormais de soigner plus de 70% des maladies... créées par ce même savoir. »
Il me semble qu’il y une muflerie intellectuelle à écrire que c’est la médecine, ou plutôt le savoir qui crée la maladie. Qu’une certaine prétention à l’exactitude absolue, au scientisme le plus radical soit exagérée en la matière, cela ne fait nul doute, mais bien peu de médecins en sont adeptes… la recherche médicale étant là pour rappeler à tous, que l’on ne sait pas tout et que justement on cherche à mieux connaître et mieux combattre ce qui fait souffrir l’humain.
Le savoir des médecins n’est qu’un outil au service de l’identification et de la lutte contre cela : ce qui nous fait souffrir, mourir. C’est aussi un outil fabuleux au service de la compréhension de ce qu’est la vie. Une réponse culturelle sans doute, mais une réponse essentielle à notre humanité souffrante. Que les médecins occidentaux ne puissent traiter dans le secret de leur cabinet l’ensemble des maux de la planête, pathologies et maux sociaux divers c’est sans doute regrettable, mais qui peut donc le faire ? Et à qui est-ce donc à le faire ? Sont-ils des surhommes mal employés ?
Allons bon ! Ceci est assez risible.
« Il ne faudrait en effet pas oublier que l’immense majorité des Occidentaux meurent de maladies dégénératives, c’est-à-dire qu’ils vivent tout simplement trop vieux, en raison de l’acharnement thérapeutique généralisé et de la médicalisation de la vie engendrés par la nouvelle religion. »
Dis donc c’est pas un peu eugéniste, ça dans le fond ? Faudrait-il renoncer à soigner les gens parce qu’il sont âgés ? Y-a-t-il selon toi une date de péremption chez l’humain ?
C’est du jeunisme mâtiné à la sauce douteuse de l’exhortation de la philosophie nietszchéenne du surhomme« Quand aux débile aux malvenus, qu’ils périssent « … débiles étant pris ici au sens étymologique de « faible ».
Je trouve ce discours assez équivoque.
Vivre n’est-ce pas vieillir de la naissance à la mort ?
Quelle est la marge entre jeune, vieux, et ce délirant « trop vieux » ?
Qui donc est apte à juger que l’autre est « trop » vieux ? ( car il s’agit toujours de l’autre, et à part certains suicidaires et encore, le désir d’arrêter de vivre est assez peu répandu pour soi-même ).
N’y a-t-il pas un mépris fondamentale dans l’emploi de l’adjectif « dégénérative » , dans ton propos ? Je ne peux m’empêcher d’y lire, malgré l’aspect très convenu de l’expression appliqué à une pathologie détruisant irrémédiablement certaines facultés du patient, encore une idée de norme et de dépassement de cette norme ?
Qu’est-ce qu’être en bonne santé , qu’être jeune, qu’est-ce qu’être souffrant et vieux ?
Quand à la « religion » de la médecine, c’est un sujet à débattre plus amplement certainement.
En disant « la médecine », tu joue sur les représentations au préalable que chacun à de cette activité et de ceux qui la pratique. Tu joues sur nos expériences personnelles et nos préjugés, notre méconnaissance ou notre connaissance partielle de ce domaine de l’activité et de la cognition humaine.
Si l’on prend le terme au sens étymologique, du latin religio, c’est ce qui relie, ce qui fait le lien entre les choses, les faits, les gens. La médecine ferait-elle effectivement le lien entre des signes de souffrance du corps, ou de dysfonctionnement de certaines fonctions de l’organisme, et ses causes, afin que l’humain qui en est affecté puisse être délivré de cette aliénation qu’est toute souffrance ?
Si , oui, cela pourrait effectivement donner un côté « religieux » au truc.
En fait, si c’est un système d’interprétation des signes, une exégèse des symptôme, là encore, et par métaphore, le terme ne semble pas idiot. Mais une religion, prétend souvent à délivrer un sens à la vie, et de résoudre par l’acte de foi les questionnements métaphysiques des humains mortels, la médecine, du moins celle que tu stigmatises, ne semble pas encore avoir franchi ce pas.
Tu simplifie en généralisant et le propos est délibérément caricatural.
M’enfin, parler de la médecine comme d’une religion relève surtout d’une métaphore fonctionnelle et idéologique, qui permet de circonscrire hâtivement, sans le définir un ensemble de pratiques et de connaissances, une branche très complexe de l’activité humaine, un héritage empirique et cognitif très difficile à circonscrire en quelques mots ( ou même quelques livres… ) .
Bref, la métaphore me semble un peu rapide et oiseuse, et voir dans les individus médecins le clergé d’une organisation, d’une institution hiérarchique au service de soi-même, et de ses dogmes… ouaip… c’est peut-être un peu gros…
Et à tout prendre, à titre personnel, si la médecine a pour but de faire cesser la souffrance et de reculer les frontières qui bornent dans l’avenir le cours de la vie, et bien c’est peut-être la religion la moins sectaire dans ses enjeux et la moins culpabilisatrice qui soit.
« Quant à faire reculer les frontières de la mort (le grand rêve de la nouvelle religion), le bilan est des plus mitigés : nos recordmen (qui sont le plus souvent des recordwomen) de vieillesse n’ont pas une année de plus que ceux/celles du passé ; pour ne rien dire des fléaux iatrogènes qui ravagent hôpitaux et foyers... »
Et alors ? Y’a un concours de longévité auquel ces vieillards chenus et ces grands-mères increvables se devraient de participer à titre individuel pour mériter ton estime , le droit de vivre et/ ou celui d’être soignés ?
Je ne réponds pas sur le reste pour l’instant ( je voudrais pas monopoliser l’espace du forum ), mais j’ai l’impression que pour ce qui est des premiers paragraphes, effectivement , tu t’opposes certainement à l’idée de « se déguiser sous des objectifs déclarés tous plus louables les uns que les autres « . Il y a de ces transparences dans tes axiomes de départs… qui ont de quoi laisser rêveurs…et qui laisse ensuite un drpole de goût à cette analyse paranoïaque d’un soit disant complot des médecins ou plutôt de la médecine ainsi caractérisée au prétendu service de l’occident et de ses vieux « indignement » tenaces…
Il me semble qu’il y une muflerie intellectuelle à écrire que c’est la médecine, ou plutôt le savoir qui crée la maladie. Qu’une certaine prétention à l’exactitude absolue, au scientisme le plus radical soit exagérée en la matière, cela ne fait nul doute, mais bien peu de médecins en sont adeptes… la recherche médicale étant là pour rappeler à tous, que l’on ne sait pas tout et que justement on cherche à mieux connaître et mieux combattre ce qui fait souffrir l’humain.
Le savoir des médecins n’est qu’un outil au service de l’identification et de la lutte contre cela : ce qui nous fait souffrir, mourir. C’est aussi un outil fabuleux au service de la compréhension de ce qu’est la vie. Une réponse culturelle sans doute, mais une réponse essentielle à notre humanité souffrante. Que les médecins occidentaux ne puissent traiter dans le secret de leur cabinet l’ensemble des maux de la planête, pathologies et maux sociaux divers c’est sans doute regrettable, mais qui peut donc le faire ? Et à qui est-ce donc à le faire ? Sont-ils des surhommes mal employés ?
Allons bon ! Ceci est assez risible.
Dis donc c’est pas un peu eugéniste, ça dans le fond ? Faudrait-il renoncer à soigner les gens parce qu’il sont âgés ? Y-a-t-il selon toi une date de péremption chez l’humain ?
C’est du jeunisme mâtiné à la sauce douteuse de l’exhortation de la philosophie nietszchéenne du surhomme« Quand aux débile aux malvenus, qu’ils périssent « … débiles étant pris ici au sens étymologique de « faible ».
Je trouve ce discours assez équivoque.
Vivre n’est-ce pas vieillir de la naissance à la mort ?
Quelle est la marge entre jeune, vieux, et ce délirant « trop vieux » ?
Qui donc est apte à juger que l’autre est « trop » vieux ? ( car il s’agit toujours de l’autre, et à part certains suicidaires et encore, le désir d’arrêter de vivre est assez peu répandu pour soi-même ).
N’y a-t-il pas un mépris fondamentale dans l’emploi de l’adjectif « dégénérative » , dans ton propos ? Je ne peux m’empêcher d’y lire, malgré l’aspect très convenu de l’expression appliqué à une pathologie détruisant irrémédiablement certaines facultés du patient, encore une idée de norme et de dépassement de cette norme ?
Qu’est-ce qu’être en bonne santé , qu’être jeune, qu’est-ce qu’être souffrant et vieux ?
En disant « la médecine », tu joue sur les représentations au préalable que chacun à de cette activité et de ceux qui la pratique. Tu joues sur nos expériences personnelles et nos préjugés, notre méconnaissance ou notre connaissance partielle de ce domaine de l’activité et de la cognition humaine.
Si l’on prend le terme au sens étymologique, du latin religio, c’est ce qui relie, ce qui fait le lien entre les choses, les faits, les gens. La médecine ferait-elle effectivement le lien entre des signes de souffrance du corps, ou de dysfonctionnement de certaines fonctions de l’organisme, et ses causes, afin que l’humain qui en est affecté puisse être délivré de cette aliénation qu’est toute souffrance ?
Si , oui, cela pourrait effectivement donner un côté « religieux » au truc.
En fait, si c’est un système d’interprétation des signes, une exégèse des symptôme, là encore, et par métaphore, le terme ne semble pas idiot. Mais une religion, prétend souvent à délivrer un sens à la vie, et de résoudre par l’acte de foi les questionnements métaphysiques des humains mortels, la médecine, du moins celle que tu stigmatises, ne semble pas encore avoir franchi ce pas.
Tu simplifie en généralisant et le propos est délibérément caricatural.
M’enfin, parler de la médecine comme d’une religion relève surtout d’une métaphore fonctionnelle et idéologique, qui permet de circonscrire hâtivement, sans le définir un ensemble de pratiques et de connaissances, une branche très complexe de l’activité humaine, un héritage empirique et cognitif très difficile à circonscrire en quelques mots ( ou même quelques livres… ) .
Bref, la métaphore me semble un peu rapide et oiseuse, et voir dans les individus médecins le clergé d’une organisation, d’une institution hiérarchique au service de soi-même, et de ses dogmes… ouaip… c’est peut-être un peu gros…
Et à tout prendre, à titre personnel, si la médecine a pour but de faire cesser la souffrance et de reculer les frontières qui bornent dans l’avenir le cours de la vie, et bien c’est peut-être la religion la moins sectaire dans ses enjeux et la moins culpabilisatrice qui soit.
Et alors ? Y’a un concours de longévité auquel ces vieillards chenus et ces grands-mères increvables se devraient de participer à titre individuel pour mériter ton estime , le droit de vivre et/ ou celui d’être soignés ?
Je ne réponds pas sur le reste pour l’instant ( je voudrais pas monopoliser l’espace du forum ), mais j’ai l’impression que pour ce qui est des premiers paragraphes, effectivement , tu t’opposes certainement à l’idée de « se déguiser sous des objectifs déclarés tous plus louables les uns que les autres « . Il y a de ces transparences dans tes axiomes de départs… qui ont de quoi laisser rêveurs…et qui laisse ensuite un drpole de goût à cette analyse paranoïaque d’un soit disant complot des médecins ou plutôt de la médecine ainsi caractérisée au prétendu service de l’occident et de ses vieux « indignement » tenaces…
Cordialement
Pascale