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> Mai 68, révolution néo-fasciste.

26 février 2001, 15:24

mais dans l’autre camp - celui de ce qui se veut résistance au capitalisme - on y voit la force qui a "encouragé" ledit capitalisme et on en fait l’origine de la catastrophe néolibérale actuelle sur le plan humain, économique, moral, etc

Petite précision : pour M. Clouscard, la lecture est plus radicale et dialectique (normal !), 68 n’est pas une force extérieure à l’origine du néolibéralisme, mais un moment du capitalisme, nécessaire à la survie du capitalisme, qu conduit au néo-fascisme. (68 identifié comme idéologie freudo-marxiste : Marcuse, Deleuze, Reich). Extraits :

« Cette stratégie du capitalisme s’appuie actuellement sur le freudo-marxisme, qui a double mission idéologique : apporter le modèle de la consommation autorisée par le néo-capitalisme et préparer le passage du libéralisme radical au néo-fascisme (selon tout un camouflage idéologique) » (introduction)

« Mai 68 annonce aussi le partage du gâteau entre les trois pouvoirs constitutifs de l’actuel consensus : libéral, social-démocrate, libertaire. Au premier est dévolue la gestion économique, au second la gestion administrative, au troisième celle des moeurs devenues nécessaires au marché du désir. [...]

Le néo-fascisme sera l’ultime expression du libéralisme social libertaire, de l’ensemble qui commence en mai 68. Sa spécificité tient dans cette formule : tout est permis, mais rien n’est possible. A la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation absolue. Ces deux composantes historiques fusionnent dans les têtes, dans les esprits, créant ainsi les conditions subjectives du néo-fascime. De Cohn-Bendit à Le Pen, la boucle est bouclée : voici venu le temps des frustrés revanchards. » (post-scriptum)

Michel Clouscard, Néo-fascisme et idéologie du désir, « Les pourfendeurs », Le castor Astral, 1999