> Un petit cours de grammaire allemande, sur le thème "C’est pas mieux ailleurs"
23 février 2001, 10:49, par Geoffroy
Merci pour cet excellent article. Habitant en Allemagne, je n’ai évidemment pas vu cette campagne, mais ce n’est pas la 1ere fois qu’on nous fait le coup ...
Je voudrais ici en raconter une autre qui m’a choqué, dans le doux pays de Goethe. Il y a un journal qui s’appelle "BILD Zeitung". Zeitung veut dire "journal" et Bild veut dire "image".
Mais "Bild" est aussi - presque - l’impératif du verbe "bilden", construire. D’ailleurs, le fait de faire une entorse à la conjugaison (le véritable impératif est "Bilde") n’est à mon avis pas totalement innocent non plus.
Et ça donne la campagne de pub suivante :
"BILD Dir Deine Meinung"
qui signifie à la fois :
construit ton opinion
BILD forge ton opinion
Il est absolument évident que ce côté ambigüe est voulu, et je tiens à dire que ce journal est l’un des plus mauvais d’Europe (du style seins nus à la fin, titre qui fait la moitié de la page pour 3 mots, ...). A ma connaissance, seuls les tabloïds anglais sont pires. Et voici donc que ce papier, à côté duquel Paris Match rejoint la Revue des Deux Mondes, affirme haut et fort faire du bourrage de crâne à ces lecteurs. Ces derniers se chiffrent d’ailleurs en millions (entre 2 et 6 selon les jours).
Et ce journal fait aussi du populisme hallucinant, et a une influence considérable. Pour ceux qui l’ont lu (ou vu le film), je rappelle que "L’Honneur Perdu de Katharina Blum" de Heinrich Böll est très fortement inspiré par BILD Zeitung...
Tout n’est cependant pas perdu : les bibliothèques municipales allemandes ont elles aussi fait une campagne de pub avec pour slogan :
Bilde Dir Deine Meinung !
Avec une image presque identique à celle du BILD, et en utilisant le véritable impératif du verbe bilden !
J’avoue que cette contre-campagne m’a parue excellente. C’est d’ailleurs un domaine où nous pourrions peut-être apprendre de nos voisins dont les campagnes anti-racistes sont à mon avis parmis les meilleures d’Europe.
Enfin bon. Tout ça pour dire que ce mépris total du libre-arbitre de chacun est une tare internationalement répandue dans les professions communiquantes. C’est choquant, mais il est toujours possible de ne pas acheter BILD et d’eller dans les bibliothèques municipales !
Merci pour cet excellent article. Habitant en Allemagne, je n’ai évidemment pas vu cette campagne, mais ce n’est pas la 1ere fois qu’on nous fait le coup ...
Je voudrais ici en raconter une autre qui m’a choqué, dans le doux pays de Goethe. Il y a un journal qui s’appelle "BILD Zeitung". Zeitung veut dire "journal" et Bild veut dire "image".
Mais "Bild" est aussi - presque - l’impératif du verbe "bilden", construire. D’ailleurs, le fait de faire une entorse à la conjugaison (le véritable impératif est "Bilde") n’est à mon avis pas totalement innocent non plus.
Et ça donne la campagne de pub suivante :
"BILD Dir Deine Meinung"
qui signifie à la fois :
construit ton opinion
BILD forge ton opinion
Il est absolument évident que ce côté ambigüe est voulu, et je tiens à dire que ce journal est l’un des plus mauvais d’Europe (du style seins nus à la fin, titre qui fait la moitié de la page pour 3 mots, ...). A ma connaissance, seuls les tabloïds anglais sont pires. Et voici donc que ce papier, à côté duquel Paris Match rejoint la Revue des Deux Mondes, affirme haut et fort faire du bourrage de crâne à ces lecteurs. Ces derniers se chiffrent d’ailleurs en millions (entre 2 et 6 selon les jours).
Et ce journal fait aussi du populisme hallucinant, et a une influence considérable. Pour ceux qui l’ont lu (ou vu le film), je rappelle que "L’Honneur Perdu de Katharina Blum" de Heinrich Böll est très fortement inspiré par BILD Zeitung...
Tout n’est cependant pas perdu : les bibliothèques municipales allemandes ont elles aussi fait une campagne de pub avec pour slogan :
Bilde Dir Deine Meinung !
Avec une image presque identique à celle du BILD, et en utilisant le véritable impératif du verbe bilden !
J’avoue que cette contre-campagne m’a parue excellente. C’est d’ailleurs un domaine où nous pourrions peut-être apprendre de nos voisins dont les campagnes anti-racistes sont à mon avis parmis les meilleures d’Europe.
Enfin bon. Tout ça pour dire que ce mépris total du libre-arbitre de chacun est une tare internationalement répandue dans les professions communiquantes. C’est choquant, mais il est toujours possible de ne pas acheter BILD et d’eller dans les bibliothèques municipales !