uZine 3

Accueil > ... > Forum 1510

> Excommunications comminatoires

2 février 2001, 16:21, par Orthie

Je le reconnais, j’ai été un peu excessif sur le pourcentage de médiocrité et de nullité que l’on trouve sur internet. Je le ramène donc à la baisse, soit 9 points de moins, et je dois, à mon avis, ne pas être loin de la réalité.

Cette médiocrité n’est pas le propre d’internet, elle est répandue dans tous les médias comme je l’ai dit, et le web n’échappe pas à la règle de la société marchande où tout ne devient qu’un produit, et qu’un bouquin ou une toile de maître se vendent et s’échangent comme un paquet de lessive.

Ce processus n’est pas nouveau, mais il tend à s’aggraver.

Quant à l’anonymat, j’ai bien conscience qu’il est relatif sur le web comme il peut l’être d’ailleurs sur tous les autres organes de communication où s’exerce un contrôle et une censure renforcée. Notre ordinateur est un véritable espion qui peut servir à tous moments aux R.G., car la moindre opération que l’on effectue est mis en mémoire. Et j’en viendrais à prendre pour mien cet aphorisme : "Pour vivre heureux, vivons cachés."

Dans le monde orwellien où nous sommes, mieux vaut se protéger et donner la moindre prise à la surveillance audio-vidéo et informatique. Je suis tombé l’autre jour sur une émission de jacques Chancel sur France-Inter, lequel recevait, pour parler de son nouveau roman, l’écrivain Pierre Assouline que je n’ai jamais lu, mais il a dit quelque chose que j’ai trouvé très juste au sujet, justement, de cette surveillance qui quadrille notre vie : " Jamais l’homme ne s’est senti aussi libre alors que, paradoxalement, il n’a jamais été autant asservi. (...) Il n’y a plus que deux sortes d’individus : les surveillants et les surveillés." Sur le web, l’individu peut, effectivement, se sentir libre, mais c’est une liberté où il est seul et atomisé, et en plus espionné à tous moments. Tout cela ne remplacera jamais ni l’échange, ni le partage, ni la solidarité, ni la coopération, ni l’amour. Les luttes et les actions concrètes ne peuvent se faire qu’ensemble et sur le terrain.

Par contre, et pour en revenir à l’anonymat, quand on s’adresse à quelqu’un ou à un journal, il me paraît normal de dévoiler son identité. C’est une question d’honnêteté. Il faut avoir le courage de ses idées comme de ses actes.

Pour finir, un reproche à te faire, cher Calvz :
Comment peux-tu mesurer l’intelligence de quelqu’un ? Je serais bien curieux de l’apprendre. Cela dénote en tout cas une certaine suffisance et prétention de ta part.

En toute amitié.