Dans cette réflexion sur le web "non commercial" des notions passent systématiquement à la trappe : la prise de risque dans la critique et la "légitimité de la parole".
Un site "indépendant" ne dispose pas des ressources nécessaires à sa défense. Or la critique, la contestation, bref l’expression publique expose inévitablement les auteurs.
Les magazines comme le canard enchaîné ou charlie-hebdo disposent de ressources leur permettant d’assumer ce risque.
Les journalistes encartés sont donc (doublement) chanceux : leur expression est économiquement justifiée ("je m’exprime parce que c’est mon métier") et protégée (la prise de risque est limitée).
La "gratuité" (dans les 2 sens du terme) dans la contestation individuelle contient ses propres limites. Le seul moyen d’y parvenir est d’abandonner le modèle individuel (à un ou à plusieurs) pour basculer dans un modèle associatif permettant d’assumer les risques et de légitimer son expression (qui devient "politique", ouf).
Ces limites condamnent l’esprit du web "non commercial" (contestataire ou non) qui se contente de regrouper des expressions individuelles.
Ce type d’arguments ne figure pas dans le réquisitoire haineux de Val. C’est pourtant à mon avis celui qui fixe le mieux les limites de la parole sur le net. D’où le débat sur l’anonymat, qui se greffe parfaitement sur cette problématique : la force de la parole réside dans la capacité à l’assumer. Si juridiquement, par manque de moyens, il est difficile de le faire, la seule solution reste la dissimulation. Et une parole anonyme est a priori discréditée (cf article de Val).
Comme dans le web indépendant cette parole est de plus gratuite, elle ne bénéficie d’aucune légitimité économique et devient par là suspecte (les "tarés" de Val).
Le problème de Val (ou "le problème Val") réside dans ce jugement simpliste : l’expression qui procéde du seul désir est fatalement perverse. Le web est aujourd’hui le seul instrument efficace pour assouvir ce désir, donc le web est pervers.
Au fond l’unique message de l’article de Val est celui-là : toute expression individuelle non rétribuée est suspecte.
Après tout, de la part de quelqu’un qui vit de ses mots, ce point de vue se comprend.
Dans cette réflexion sur le web "non commercial" des notions passent systématiquement à la trappe : la prise de risque dans la critique et la "légitimité de la parole".
Un site "indépendant" ne dispose pas des ressources nécessaires à sa défense. Or la critique, la contestation, bref l’expression publique expose inévitablement les auteurs.
Les magazines comme le canard enchaîné ou charlie-hebdo disposent de ressources leur permettant d’assumer ce risque.
Les journalistes encartés sont donc (doublement) chanceux : leur expression est économiquement justifiée ("je m’exprime parce que c’est mon métier") et protégée (la prise de risque est limitée).
La "gratuité" (dans les 2 sens du terme) dans la contestation individuelle contient ses propres limites. Le seul moyen d’y parvenir est d’abandonner le modèle individuel (à un ou à plusieurs) pour basculer dans un modèle associatif permettant d’assumer les risques et de légitimer son expression (qui devient "politique", ouf).
Ces limites condamnent l’esprit du web "non commercial" (contestataire ou non) qui se contente de regrouper des expressions individuelles.
Ce type d’arguments ne figure pas dans le réquisitoire haineux de Val. C’est pourtant à mon avis celui qui fixe le mieux les limites de la parole sur le net. D’où le débat sur l’anonymat, qui se greffe parfaitement sur cette problématique : la force de la parole réside dans la capacité à l’assumer. Si juridiquement, par manque de moyens, il est difficile de le faire, la seule solution reste la dissimulation. Et une parole anonyme est a priori discréditée (cf article de Val).
Comme dans le web indépendant cette parole est de plus gratuite, elle ne bénéficie d’aucune légitimité économique et devient par là suspecte (les "tarés" de Val).
Le problème de Val (ou "le problème Val") réside dans ce jugement simpliste : l’expression qui procéde du seul désir est fatalement perverse. Le web est aujourd’hui le seul instrument efficace pour assouvir ce désir, donc le web est pervers.
Au fond l’unique message de l’article de Val est celui-là : toute expression individuelle non rétribuée est suspecte.
Après tout, de la part de quelqu’un qui vit de ses mots, ce point de vue se comprend.