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soyons sérieux

25 janvier 2001, 11:28

A propos d’« ethnique », article de Vikinge. Un titre" M’Bokolosien" qui nous distille une touche de sensationnalisme façon presse écrite, et un article dont la teneur devrait se rencontrer beaucoup plus souvent.

L’ethnie est aujourd’hui vide de sens bien sûr, parce que le commun s’en empare pour justifier ses centrismes et ses racismes ordinaires ; parce que les médias la déclinent " sur tous les tons et sur toutes les bottes" ( échappant ainsi aux travaux rebutants et ingrats de la recherche d’info, de l’enquête, de la lecture même, et je ne parle pas de l’analyse), parce que le politique se meurt et que l’économique ethnicise ses parts de marché (celui de la guerre, du pétrole, ou des soap TV...), nouveau concept, excellent, très vendeur...

Mais il semble évident aujourd’hui que l’ethnie n’a jamais eu de sens autre que celui que nos anthropologues ont bien voulu donner aux "peuplades primitives" qu’ils connaissaient parfois si bien, mais dont ils auraient bien été incapables de dire en quoi elles pouvaient être qualifiées d’ethnies. Ainsi, mon Elikia M’Bokolo (ethnologue éclairé) de début d’article écrivait-il y a 15 ans déjà qu’une ethnie, état-nation à caractère territorial au rabais, voyait le jour quand un ethnologue désirait se faire connaître et reconnaître auprès de ses pairs ; et que ce blanc et bel aventurier s’échinait à y consacrer un ouvrage.

Autant dire qu’aujourd’hui, en cette période de crise identitaire (quasi ethnique, c’est à dire fratricide, irraisonnée, génocidaire et fascinante d’exotisme) que vit l’ethnologie, le reste du monde, les profanes de l’ethnicité, évoquent un sujet qui n’est que du vent, un relent de désillusion, un rot de biologiste nazi ivre de hiérarchies pangermaniques.

Pour ma part, c’est la mondialisation (ou impérialisme, ou néo-colonialisme ou occidentalisation, ou extension du grand capital, comme vous voudrez) et son cortège d ’acculturation que je voudrais évoquer. Je ne suis pas folkloriste, je ne crois plus au mythe du bon sauvage, mais quand une population perd les fondements de sa culture, et bien elle meurt. Au sens propre, physiquement. Qu’en dire ?

Enfin et j’en aurai terminé avec ma première et très agréable visite de Minirézo, je voudrais poser la question si simple et fondamentale que pose l’ethnie et l’histoire de ce concept tronqué et castrateur (à tous niveau y compris celui de la machette) La question de notre rapport à l’altérité, quelles façons de voir l’Autre, pourquoi vivre avec, ne pas lui taper sur la gueule, pourquoi le supporter, c’est quoi l’étrangeté…

Non, je ne vous embrasse pas avec la langue, et d’ailleurs je ne vous connais même pas.

Goulven, Nantes.