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> Le premier amendement dans toute son horreur

15 septembre 2000, 10:22

Vous écrivez, à la fin de votre article : « Le racisme et la haine raciale, s’ils restent au niveau des opinions, ne sont pas réprimés par la loi. [...] En revanche, si l’on attaque d’une manière manichéenne et violente en dénonçant directement ce que les Américains considèrent de bonne foi comme un pilier de leur démocratie, il n’y a pas de risque de voir évoluer la situation. »

C’est là le coeur de la problématique : aux Etats-Unis, la discrimination raciale était encore établie il y a quelques dizaines d’années, c’était alors un pilier (une valeur ?) de leur société. S’ils l’ont éliminé dans les faits, ils ne l’ont pas encore éliminé dans de nombreuses mentalités, et ne considèrent pas l’égalité comme pilier de leur démocratie, du moins pas au même titre que la liberté.

Si l’article premier de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 commence par énoncer que "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits", si le premier article de la constitution de 1958 spécifie "La France [...] assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.",
ce n’est pas le cas de la constitution américaine (de 1789, elle aussi), qui ne parle pas directement de l’individu et de ses droits, mais principalement des corps constitués.

Leurs divers amendements sont venus ultérieurement rajouter des libertés (celle de constituter des milices, par exemple... celle de l’abolition de l’esclavage), mais où trouve-t-on une déclaration de l’égalité des citoyens - hors critère (sexe mais pas couleur, couleur mais pas religion, religion mais pas préférence sexuelle...) et hors terrain d’application (quelques ammendements tardifs reconnaissent l’égalité du droit au vote) ?

Il me semble que c’est là la différence fondamentale entre les législations française et américaine au regard de la protection du citoyen contre les expressions de racisme.