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> Le bourrage des crânes au quotidien (2)

30 janvier 2001, 10:30, par Pierre Lecoi

Les réserves de Vandale me paraissent procéder d’un sens critique assez valable.
Néanmoins, je rejoins les interrogations de notre Vykinge sur l’utilisation du mot
en question par les politiques et les médias. Bravo pour avoir soulevé cette
question pertinente, discrète mais représentative de l’indolence occidentale.

On peut parler du terme "régime" au sens neutre et institutionnel, en tant que
mode de fonctionnement d’une organisation : dans ce cas tout système est
effectivement un régime. Mais le texte de Vykinge sous-tendait aussi l’autre
sens du mot : toute mesure ou tout processus qui est subi, et qui contraint le
sujet à adapter une partie de ses comportements (les méthodes d’amaigrissement
sont un exemple, mais notons aussi qu’un régime totalitaire vise à "amaigrir"
toute consistance critique... encore que la cible de ce processus soit désignée
du terme de "massse").

Le croisement des deux acceptions revêt une charge idéologique, et c’est cet
hybride qui est, volontairement ou non, assez bien répandu dans le discours du
sens commun. En Europe occidentale il n’existe de "régime" que l’Ancien.
On ne parle jamais des "régimes modernes". C’est là une pudeur quand
même significative. A mon sens elle témoigne bien de l’étanchéité orwellienne
qui nous isole de la dialectique du monde historique, réel, meurtri des
tragédies que la "modernité" lui inflige.

Par ailleurs, si vous dites, Vandale, que le régime français est théoriquement
démocratique en ce qu’il reposerait sur le principe de souveraineté du peuple,
donc de la prééminence de l’Assemblée nationale, il faut rappeler une énorme
contradiction. Notre gouvernement n’a pas eu besoin d’une décision du
Parlement pour engager ses forces navales et aériennes dans un conflit où
des populations civiles ont été massacrées au nom de l’Occident. De la part
d’une démocratie, c’est très fort.

Pour le coup, j’avancerai la thèse du "régime Jospin", où centrisme
malthusiano-libéral se conjugue avec autocratie brutale mais déguisée. (Et de
grâce ne me faites pas rire avec Chirac.)

Bien à vous deux,

Pierre Lecoi,
Citoyen et lecteur sous pseudonymat