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> Pleurs sélectifs

15 janvier 2001, 19:55, par Yan Marchal

Désolé Greg, mais je suis consterné de lire des propos aussi radicaux et irréfléchis. A moins que ce ne soit un subtil mélange de premier et de second degré dont la teneur m’échappe ? ...

Certes, on peut légitimement dénoncer certains dysfonctionnements dans la police : manque de compétence et de formation des agents, partialité dans l’exercice de leurs fonctions, idées nationalistes et racistes beaucoup trop largement répandues, et surtout inaptitude de l’administration policière à reconnaitre publiquement les bavures et à prendre des sanctions contre les agents incriminés. Je suis le premier à déplorer tout ça.

Dans une société idéale, chaque citoyen serait responsable et respectueux des autres, si bien qu’aucune forme de répression ne serait nécessaire. Il est sain d’essayer de tendre vers ce modèle, et de ramener la répression à la portion congrue.
Mais l’absence totale de répression reste encore un mythe. Pour l’expérience que j’en ai, quand je prends le métro à 23 heures, j’apprécie davantage la présence de policiers, malgré les désagréments que que ça amène, que la seule présence d’individus mal intentionnés (j’ai déjà été agressé). La liberté n’a de sens que si le monde dans lequel on vit nous garantit un minimum de sécurité.
Et sur ce point, la contribution des flics reste nécessaire. En dépit des actes ou propos inacceptables de certains flics, en dépit des dysfonctionnement de l’administration policière, il arrive aussi que certains flics fassent bien leur boulot et contribuent dans leur modeste mesure à rendre le monde vivable.
Et que leur sert-on en remerciement ? Parfois des médailles et des distinctions ridicules comme la légion d’honneur. Mais plus souvent, de la haine anti-flic systématique. On comprend, dans ces conditions, que ce ne soit pas un boulot motivant.

Dire que certains flics font mal leur boulot, soit. Se plaindre de l’impunité relative dont ils abusent parfois, soit. Regretter, ou tout au moins nuancer la gloire et l’héroïsme que la classe politico-médiatique leur offre, soit.
Mais dire "il est mort, je ne le plains pas", ou encore "les flics ne sont pas des êtres humains", ça n’est pas plus acceptable que de dire "les juifs ne sont pas des êtres humains", ou "les pédés ne sont pas des êtres humains".

Yan.