uZine 3

Accueil > ... > Forum 725

> Campagne Stop la pub dans Charlie

12 janvier 2001, 15:22, par P’tit Ben

Sans parler de la différenciation entre publicité et annonceurs (n’est-ce point ceux-ci qui font celle-là ?), il me parait étrange de ne voir un problème quasiment que dans la publicité étatique ou para publique.
Tout d’abord, il n’y a pas 1000 personnes qui bossent à l’élysée. D’après mes souvenirs, le nombre de résiliations était d’une soixantaine. Soit environ 100 000F, à peine ce que coute un stagiaire.
Ensuite, la publicité d’administrations ou d’entreprises para publiques est quantité négligeable par rapport aux mastodontes que sont vivendi (ex CGE), PSA ou l’oréal (plusieurs centaines de millions, tous médias confondus).
Enfin, un pdg peut décider de rompre un contrat publicitaire pour cause d’article acerbe, il est maitre en son domaine. Alors qu’un plénipotentiaire qui ferait de même peut se voir éjecté par une chose : Les citoyens que nous sommes. Car l’état est démocratique (si, si, un peu) ce que ne sont absolument pas les entreprises.
On peut toujours parler du rôle du con-sommateur, qui pourra boycotter les produits des sociétés qui entravent la liberté de ton d’un journal. Mais vu qu’il est mis au courrant par le biais des informations distribuées par des journaux vivant largement des subsides de ces mêmes sociétés...

Pour ce qui est de la pub dans les médias en général, oui elle pose problème, oui elle restreint la liberté d’expression. Ce n’est pas pour rien que Charlie et auparavant le Canard, avaient choisi de ne pas en héberger et que le Monde Diplo la limite (5%du CA ?). La pub donne un pouvoir aux annonceurs d’autant plus important que celle-ci représente une forte part du chiffre d’affaire d’un journal. Qui, parmis les médias de masse, aurait osé critiquer la fusion vivendi-universal, et perdre ainsi des millions de francs de recette publicitaire ? Peuvent-ils critiquer librement une nouvelle voiture lors de sa sortie ; l’action commerciale d’un grand magasin qui paie une pleine page de pub, dans tous les quotidiens, tous les jours et ce pendant plus d’un mois ?
La réponse me parait évidente : C’est non.
Et donc, un journal qui se veux pleinement indépendant se doit de restreindre la publicité au minimum, voir de la bannir.

Pour en revenir à Charlie, vous m’excuserez, mais ça fait longtemps que j’en ai divorcé. J’en avait plc de leur moralisme. Je l’achetais pour rire, pour entendre un gueulante de temps en temps. Pour pleurer, j’avais déjà le Monde Diplo. Mais là, l’esprit de dérision en chute libre, le monopole des édito grandiloquents qui n’apprennent pas grand chose d’autre que l’on ne sait déjà..., bref, j’ai décrocher.
Ainsi, bizarrement, d’une réponse d’un adjoint au maire (fn) de toulon, qui, à la demande de charlie d’assurer la sécurité des membres de la rédaction devant se rendre à un salon du livre de cette ville (ouf !), avait répondu par un laconnique : "pas de mon ressort, voir le service des ordures ménagères" ; la rédaction c’était fendu d’un billet outragé de vierge éffarouchée. Ca m’avait laissé pantois.
Le pire étant le coup de la censure du dessin de Lefred Thouron, lors de l’affaire Font.
Et la dernière fois que j’ai acheté Charlie, je suis tombé sur le "débat" Val-Messier. Même pas eu le courrage de le lire.
Ce qui est sûr, c’est que celà fait un bon bout de temps que Val aimerait être reconnu comme un grand penseur (je n’ose dire philosophe). Et, d’un certain côté, cette alliance Libé-Charlie n’est pas sans rappeller le tournant à droite pris par Libé après 81.
Val, un nouveau S. July ?

Plus d’infos sur Charlie avec le liens ci-dessous :

Voir en ligne : Dossier sur Charlie dans Presse Libre (reprises de Zoo et de la Vache Folle)