> Les start up n’existent pas, le libéralisme non plus
15 janvier 2001, 21:41, par lefayot
Cher Fab.
Ton intervention est certes judicieuse, mais je ne vois pas très bien où tu veux en venir.
Je disais assez simplement :
Le lien social, tel que nous ne connaissons, est en voie de disparition.
Le seul symbole de reconnaissance qui demeure est l’argent.
L’économie de marché présuppose le libéralisme politique ou l’individualisme en tant qu’idéologie partagée.
De tous ces éléments, on peut en déduire que dans ces conditions, l’économique du « chacun pour soi » a de beaux jours devant lui (exemple typique : les start-ups).
Le vrai problème c’est que personne (à commencer par moi) ne tient à mettre à bas le libéralisme politique. Et d’ailleurs par quoi le remplacer ?
Effectivement la rhétorique utilisée (par moi-même) peut sembler un peu « rude », mais il faut parfois appeler un chat un chat. Le profit par exemple, c’est simplement le bénéfice que l’on fait en produisant et vendant un objet ou un service. Il n’y a rien de magique là dessous. Simplement, à priori rien ne s’oppose à ce quelqu’un décide de maximiser ce bénéfice. C’est d’ailleurs le but de l’opération, non ? Pourtant jusqu’à preuve du contraire, cette maximisation a tendance à se faire au détriment d’autrui, malgré les phénomènes de trickdown effect.
C’est relativement nouveau. Dans les années 30, l’industriel américain JP Morgan (qui était loin d’être un bolchevique) estimait qu’un patron ne pouvait pas gagner plus de 10 fois le salaire d’un ouvrier au plus bas niveau de la hiérarchie.
Actuellement, une telle limitation, serait considérée comme une atteinte intolérable à la liberté individuelle, et à une immixtion tout aussi intolérable de l’état ou tout autre représentant du peuple(des gens, disons).
Dans les années 80/90, des sociologues du MAUSS avaient proposé d’instaurer un salaire maximal tout comme il y a un salaire minimal. En dehors des problèmes pratiques évidents, cette proposition serait-elle bien reçue, même dans les couches relativement modestes de la population ? On peut en douter ; structurellement, le libéralisme politique ne connaît pas la notion de limite, de contrainte.
Alors quoi ? On ne doit pas jeter le bébé avec l’eau du bain ? On pourrait peut-être décider de ne garder que l’eau du bain. Pour une fois.
Je n’ai pas spécialement de solution. Je me suis contenté de pointer une contradiction fondamentale. Et la réponse démagogique (et bien adaptée au libéralisme) qui consiste à dire qu’il vaut mieux accompagner le mouvement en essayant de l’aménager au mieux, ne me convainc pas le moins du monde.
Quant aux actions pratiques, elles ne manquent pas (salaire maximal, taxe Tobin, ...). Le tout est de les appliquer ; et de faire preuve de coercition ...
Fonder un nouveau parti politique ? Notre monde est déjà bien assez saturé de médiateurs de tout poil de plus en plus parasitaires dont la légitimité va décroissant. Quand on voit ce que sont devenus les verts depuis leur entrée au gouvernement, on ne peut être que dubitatif (d’ailleurs les verts sont les alliés objectifs des nouvelles classes montantes, mais c’est un autre débat).
L’important est peut-être de ne plus accorder sa voix à n’importe qui, n’importe comment, en cédant au chantage d’un fascisme à venir. D’un autre coté, comment ne pas songer à La Boetie ?
Tout cela n’est guère optimiste, ni positif, je le concède, mais n’ayant rien à vendre à qui que ce soit, je peux me le permettre.
Cher Fab.
Ton intervention est certes judicieuse, mais je ne vois pas très bien où tu veux en venir.
Je disais assez simplement :
Le vrai problème c’est que personne (à commencer par moi) ne tient à mettre à bas le libéralisme politique. Et d’ailleurs par quoi le remplacer ?
Effectivement la rhétorique utilisée (par moi-même) peut sembler un peu « rude », mais il faut parfois appeler un chat un chat. Le profit par exemple, c’est simplement le bénéfice que l’on fait en produisant et vendant un objet ou un service. Il n’y a rien de magique là dessous. Simplement, à priori rien ne s’oppose à ce quelqu’un décide de maximiser ce bénéfice. C’est d’ailleurs le but de l’opération, non ? Pourtant jusqu’à preuve du contraire, cette maximisation a tendance à se faire au détriment d’autrui, malgré les phénomènes de trickdown effect.
C’est relativement nouveau. Dans les années 30, l’industriel américain JP Morgan (qui était loin d’être un bolchevique) estimait qu’un patron ne pouvait pas gagner plus de 10 fois le salaire d’un ouvrier au plus bas niveau de la hiérarchie.
Actuellement, une telle limitation, serait considérée comme une atteinte intolérable à la liberté individuelle, et à une immixtion tout aussi intolérable de l’état ou tout autre représentant du peuple(des gens, disons).
Dans les années 80/90, des sociologues du MAUSS avaient proposé d’instaurer un salaire maximal tout comme il y a un salaire minimal. En dehors des problèmes pratiques évidents, cette proposition serait-elle bien reçue, même dans les couches relativement modestes de la population ? On peut en douter ; structurellement, le libéralisme politique ne connaît pas la notion de limite, de contrainte.
Alors quoi ? On ne doit pas jeter le bébé avec l’eau du bain ? On pourrait peut-être décider de ne garder que l’eau du bain. Pour une fois.
Je n’ai pas spécialement de solution. Je me suis contenté de pointer une contradiction fondamentale. Et la réponse démagogique (et bien adaptée au libéralisme) qui consiste à dire qu’il vaut mieux accompagner le mouvement en essayant de l’aménager au mieux, ne me convainc pas le moins du monde.
Quant aux actions pratiques, elles ne manquent pas (salaire maximal, taxe Tobin, ...). Le tout est de les appliquer ; et de faire preuve de coercition ...
Fonder un nouveau parti politique ? Notre monde est déjà bien assez saturé de médiateurs de tout poil de plus en plus parasitaires dont la légitimité va décroissant. Quand on voit ce que sont devenus les verts depuis leur entrée au gouvernement, on ne peut être que dubitatif (d’ailleurs les verts sont les alliés objectifs des nouvelles classes montantes, mais c’est un autre débat).
L’important est peut-être de ne plus accorder sa voix à n’importe qui, n’importe comment, en cédant au chantage d’un fascisme à venir. D’un autre coté, comment ne pas songer à La Boetie ?
Tout cela n’est guère optimiste, ni positif, je le concède, mais n’ayant rien à vendre à qui que ce soit, je peux me le permettre.