Je ne vois pas bien où est le problème ? Qu’est-ce qui interdit de critiquer les start-up et en même temps de dénoncer les méga-fusions ? Y’a de la place sur le Web, non ?
Quand on voit que s’est formé un site pour les regarder couler, on ne peut qu’être saisi d’étonnement, et, pour tout dire, d’un certain dégoût.
Si, par l’expression regarder couler, tu évoques le site Vakooler, franchement je ne pige pas le dégoût. Critiquer tant que « ça marchait », c’était peut-être une activité plus noble, mais peu convaincante : c’était critiquer des activités qui créaient des emplois, de la richesse, de l’innovation et tout et tout... Alors maintenant qu’on a des exemples concrets, il est très sain que des sites comme Vakooler décortiquent ces exemples, exposent (jusqu’à saturation, parce que oui, c’est répétitif) les pratiques sociales innovantes, les arnaques...
D’autant qu’il a été démontré depuis bien longtemps (depuis le début en effet), que leur business-plans étaient ineptes et que ces entreprises étaient destinées à sombrer.
N’est-ce pas dans cette phrase qu’on trouve le fond de ton argumentation ? Tu regrette qu’on puisse encore exposer, maintenant que les start-up sombrent, ce que, en gros, « tout le monde savait depuis le début ». C’est là que je ne suis pas du tout d’accord : « tout le monde » ne le savait pas, loin de là, « tout le monde » ne le sait toujours pas. À l’époque c’était rien moins qu’évident, et la critique du principe des start-up était totalement souterrainne. Aujourd’hui on nous gave de « réajustement », « assainissement », bref : y’a eu un ch’ti pépin boursier, mais au fond les bons vont continuer.
Que tu le saches, tant mieux ! (Et bravo...) En revanche, encore beaucoup de monde n’est pas du tout au courant. Et justement, la période actuelle est propice à l’explication : parce que beaucoup de gens se demandent ce qu’il s’est passé, et c’est le moment où jamais pour faire passer d’autres explications que celles des « assainissements » mensongers. (Et raconter au jour le jour, comme le fait Vakooler, que ça continue à se casser la gueule, ce qui est loin d’être inutile.)
Il faut aussi parler des enjeux plus larges. Bien entendu.
Mais tout angle d’attaque est intéressant. Encore une fois, on peut espérer que « tout le monde » se passionne pour les grands enjeux économiques, et est attentif aux critiques du libéralisme économique, que tout le monde lit le Monde diplomatique depuis des années. Tu peux aussi tenter d’autres approches (ce qui n’exclut pas la démarche type Diplo, bien au contraire). En l’occurence : tu peux partir de la critique des start-up, parce que c’est l’échec le plus exemplaire et médiatisé du système, afin d’introduire une critique plus globale. De la même façon que les OGM sont un aspect parmi tant d’autres de la maltraitance du monde par l’économie et que c’est cet aspect qui permet de « faire passer » un discours plus global sur les nuisances du néolibéralisme, tu peux très efficacement « intéresser » par l’explication des start-up et arriver à une critique plus large de la globalisation.
Tu dis que les start-up ne sont qu’un symptôme. Justement : on ne va chez le médecin que lorsqu’on s’inquiète des symptômes qui sont apparus. De fait : puisqu’une partie des gens sont désormais sensibilisés aux symptômes que sont les start-up, c’est un excellent point de départ pour expliquer la cause.
Bref : justement en tant que symptôme, l’échec des start-up est une excellente introduction pour une explication plus profonde de l’évolution ultra-libérale : mensonge organisé, médias manipulés par les annonceurs, « spécialistes » incompétents, recul social (encore la semaine dernière sur France Inter, un type se vantait : « dans la nouvelle économie, on aime tellement les 35 heures qu’on les fait deux fois par semaine »)... Ca mène tout naturellement aux stratégies des grandes boîtes. Pourquoi se priver d’un point d’accroche aussi exemplaire pour expliquer le mensonge néolibéral ?
Je ne vois pas bien où est le problème ? Qu’est-ce qui interdit de critiquer les start-up et en même temps de dénoncer les méga-fusions ? Y’a de la place sur le Web, non ?
Quand on voit que s’est formé un site pour les regarder couler, on ne peut qu’être saisi d’étonnement, et, pour tout dire, d’un certain dégoût.
Si, par l’expression regarder couler, tu évoques le site Vakooler, franchement je ne pige pas le dégoût. Critiquer tant que « ça marchait », c’était peut-être une activité plus noble, mais peu convaincante : c’était critiquer des activités qui créaient des emplois, de la richesse, de l’innovation et tout et tout... Alors maintenant qu’on a des exemples concrets, il est très sain que des sites comme Vakooler décortiquent ces exemples, exposent (jusqu’à saturation, parce que oui, c’est répétitif) les pratiques sociales innovantes, les arnaques...
D’autant qu’il a été démontré depuis bien longtemps (depuis le début en effet), que leur business-plans étaient ineptes et que ces entreprises étaient destinées à sombrer.
N’est-ce pas dans cette phrase qu’on trouve le fond de ton argumentation ? Tu regrette qu’on puisse encore exposer, maintenant que les start-up sombrent, ce que, en gros, « tout le monde savait depuis le début ». C’est là que je ne suis pas du tout d’accord : « tout le monde » ne le savait pas, loin de là, « tout le monde » ne le sait toujours pas. À l’époque c’était rien moins qu’évident, et la critique du principe des start-up était totalement souterrainne. Aujourd’hui on nous gave de « réajustement », « assainissement », bref : y’a eu un ch’ti pépin boursier, mais au fond les bons vont continuer.
Que tu le saches, tant mieux ! (Et bravo...) En revanche, encore beaucoup de monde n’est pas du tout au courant. Et justement, la période actuelle est propice à l’explication : parce que beaucoup de gens se demandent ce qu’il s’est passé, et c’est le moment où jamais pour faire passer d’autres explications que celles des « assainissements » mensongers. (Et raconter au jour le jour, comme le fait Vakooler, que ça continue à se casser la gueule, ce qui est loin d’être inutile.)
Il faut aussi parler des enjeux plus larges. Bien entendu.
Mais tout angle d’attaque est intéressant. Encore une fois, on peut espérer que « tout le monde » se passionne pour les grands enjeux économiques, et est attentif aux critiques du libéralisme économique, que tout le monde lit le Monde diplomatique depuis des années. Tu peux aussi tenter d’autres approches (ce qui n’exclut pas la démarche type Diplo, bien au contraire). En l’occurence : tu peux partir de la critique des start-up, parce que c’est l’échec le plus exemplaire et médiatisé du système, afin d’introduire une critique plus globale. De la même façon que les OGM sont un aspect parmi tant d’autres de la maltraitance du monde par l’économie et que c’est cet aspect qui permet de « faire passer » un discours plus global sur les nuisances du néolibéralisme, tu peux très efficacement « intéresser » par l’explication des start-up et arriver à une critique plus large de la globalisation.
Tu dis que les start-up ne sont qu’un symptôme. Justement : on ne va chez le médecin que lorsqu’on s’inquiète des symptômes qui sont apparus. De fait : puisqu’une partie des gens sont désormais sensibilisés aux symptômes que sont les start-up, c’est un excellent point de départ pour expliquer la cause.
Bref : justement en tant que symptôme, l’échec des start-up est une excellente introduction pour une explication plus profonde de l’évolution ultra-libérale : mensonge organisé, médias manipulés par les annonceurs, « spécialistes » incompétents, recul social (encore la semaine dernière sur France Inter, un type se vantait : « dans la nouvelle économie, on aime tellement les 35 heures qu’on les fait deux fois par semaine »)... Ca mène tout naturellement aux stratégies des grandes boîtes. Pourquoi se priver d’un point d’accroche aussi exemplaire pour expliquer le mensonge néolibéral ?