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> Mickeys de tous les pays

20 décembre 2000, 17:57, par Paul Maret

N’étant pas prophète, je n’ai pas de réponse toute faite ni de recette sûre pour changer les choses. Ce dont je suis certain, c’est que cent, mille, des millions de termites, arrachant chacune sa bouchée, obstinément, aux charpentes aux poutres et aux cloisons, finissent par abattre les forteresses qu’on croyait invincibles.La citadelle imprenable du libéralisme mondial incontrôlé, nous en viendrons à bout en disant non !

Modestement, chacun à son niveau, par un simple geste de refus. Et comme on ne nous demande pour ainsi dire jamais notre avis pour les choses qui nous concernent vraiment, moi, c’est avec mon porte-monnaie que je vais voter. Non, je n’achèterai plus de boeuf, tant que tout ne sera pas clair du côté des farines frelatées.

Non, je ne m’arrêterai plus chez Total, tant qu’ils n’auront pas réparé jusqu’au dernier centime les dégâts de l’Erika.

Non, je ne trouverai plus ni Nike, ni Adidas à mon pied, tant qu’ils payeront deux francs par journée les Indonésiens pour les fabriquer.

Non, je n’avalerai jamais des organismes gonflés aux hormones ou génétiquement modifiés. Il suffit d’ouvrir les yeux, pour trouver mille choses à refuser.

On pourra dire que ce n’est pas ma dissidence qui va changer quoi que ce soit à l’économie mondiale et que ce geste est ridicule.. Pas si sûr ! D’abord ce refus va changer mon destin à moi, parce que je me sentirai moins con-consommateur surl’indifférence duquel on peut toujours compter pour perpétrer les pires infamies contre la vie et l’humanité.

Ensuite, avec les saloperies qu’on nous fait ingurgiter, ça va me faire du bien d’un peu changer de régime.

Et enfin, on peut toujours miser sur le ras-le-bol général qui se fait jour et qu’on pressent : les fourmis du refus, peut-être encore peu nombreuses aujourd’hui, vont se multiplier à grande vitesse, avec les éhontés excès du mercantilisme et du pognon sacré.

Et des centaines, des milliers, des dizaines de millions de fourmis, ajoutant la brindille à la brindille, finiront par construire un monde plus juste et plus fraternel dont nous sommes orphelins.
Si le monde est destiné à devenir un village planétaire, il faudra bien qu’un jour on finisse par se soucier un peu du sort de chacun des habitants et pas seulement de celui des favorisés, des yankees et des nantis.

"On peut, sans révolution violente, changer les choses, car chaque homme dépose son poids, si minime soit-il dans le plateau de la balance et par conséquent nos pensées et nos actes ne sont pas dépourvus d’importance." C’est une citation de Van Gogh.

Pourquoi ne pas se fier à un homme qui sans en tirer le moindre dollar, mais en y mettant toute sa volonté, son talent et son énergie a changé notre vision du monde et de la vie d’une façon beaucoup plus intime et décisive que ne le feront jamais les milliardaires prêts à payer des millions ses tableaux aujourd’hui pour les cacher dans des coffres de fer comme des marchandises.

Tiens, bonne idée ça... Peut-être qu’en économisant sur les cochonneries mondialisées, je vais pouvoir m’acheter un tableau d’un Van Gogh d’aujourd’hui !

Et salut à tous les Mickeys niqués du monde.
Paul Maret