Cher Antoine. Ca vire à l’AG lycéenne et il serait temps de resituer un peu les choses. D’abord le social, c’est l’ensemble des qualités emergentes. Autrement dit, si on met un certain nombre de personnes ensemble, apparaissent nombre de phénomènes qui ne sont pas portés par les individus pris un par un. Le grégarisme, l’esprit de meute, celui de clocher etc ... C’est le phénomène des foules, entre autres. A priori, individuellement chaque individu n’est pas bien méchant (sauf exceptions) ; tu les regroupes : on se retrouve avec un troupeau de connards, volontiers haineux vis à vis de ce qu’ils considèrent comme n’étant pas eux (et notons bien que ce eux n’est pas la définition que chaque individu se fait de lui-même). D’ailleurs, ne pas croire à ces qualités émergentes c’est se placer sous l’horizon de l’individualisme méthodologique, ce qui est tout de même assez savoureux quand on y songe. En bref, le social, c’est toute la chiennerie du groupe.
Et si je disais ne pas croire au social, c’etait ne pas croire à la représentation que s’en font les sociologues (et par vulgarisation tout un chacun au final). En particulier, la représentation du social comme ontologiquement bon, désirable et insurpassable comme mode existenciel obligatoire des individus.
En plus le culte de l’argent ne peut être inculqué que dans un système social. L’argent ne sert qu’à acquérir des items sociaux valorisants (BMW, femme à gros seins, etc ...). Une communauté de personnes qui ne seraient pas liées, mais livrées à leur purs désirs n’auraient que faire de ces colifichets, et dans une telle utopie, le culte de l’argent serait déjà mort avant d’être né. Le culte de l’argent n’est qu’un symptôme de l’esprit de meute. Point barre.
Je remarque aussi que tu réponds systématiquement à coté de la plaque : oui ou non, la contrainte exercée au sein d’une entreprise est-elle plus ou moins forte que celle exercée par une société, quelle qu’elle soit ? Point barre. A mon avis, comme une entreprise demande finalement un engagement minimal quant au respect de ses valeurs à elle (seul le pognon compte), la contrainte est plus faible et surtout elle ne s’exerce que dans un seul champ (la productivité en gros). C’est tout ce que je voulais dire. Et à mon avis c’est beaucoup.
Et tu ne réponds pas non plus à la question : oui ou non, une société, celle où on est né, est-elle plus ou moins obligatoire qu’une entreprise ? A mon avis oui. Ne fusse que parce qu’on peut en changer ou devenir gigolo ou que sais-je ...
Et surtout, surtout : en l’absence de capacités sociales, n’est-il pas préférable qu’il y ait un maximum de compétences sociales à acquérir, pour éviter l’exclusion définitive ? Quand on a peu de gout pour les rapports avec les gens, quand les contraintes sociales font vomir, quand l’esprit de troupeau file des boutons, n’est-ce pas bien qu’il y ait une alternative : à savoir les compétences techniques monayables pour éviter d’avoir à faire la manche dans le métro ? Et dire qu’acquérir des compétences sociales est aussi facile qu’acquérir des compétences techniques est une imposture, car ces dernières engagent l’être intime, reclament une déformation de sa personnalité. Et puisque tu es informaticien, tu dois savoir combien l’informatique est une technique nulle ne demandant pour ainsi dire pas de qualité particuliere, et est virtuellement ouverte à tout un chacun. Alors qui donne des chances aux rejetés ? La bonne conscience de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent (gérer le social, en l’occurence) dans la bouche ou la technique et ses compétences à acquérir (même si elles sont très bourrines - et justement parce qu’elles le sont) ? Evidemment, je suis bien d’accord que pour l’instant, les possibilités d’autonomisation de la façon que j’ai dite ne concernent que 1 à 5% de la population. Mais c’est justement sur ce chemin qu’il faut travailler.
Enfin, il n’y a pas de libération du travail en entreprise ; je dis simplement que la contrainte est bien moins forte qu’un pathos obligé voudrait le faire croire. Quant aux nouvelles technologies et la nouvelle économie, leur besoin de toujours plus de compétences techniques peuvent permettre d’accroitre l’autonomie (relative bien sur) de tout un chacun.
Une dernière chose : l’attaque ad hominem n’est pas ce qui se fait de plus élégant ; je suis peut-etre un fight clubber de gauche, mais je ne t’ai pas traité, je sais pas moi, de para-socialo mal branlé. Dont acte.
Cher Antoine. Ca vire à l’AG lycéenne et il serait temps de resituer un peu les choses. D’abord le social, c’est l’ensemble des qualités emergentes. Autrement dit, si on met un certain nombre de personnes ensemble, apparaissent nombre de phénomènes qui ne sont pas portés par les individus pris un par un. Le grégarisme, l’esprit de meute, celui de clocher etc ... C’est le phénomène des foules, entre autres. A priori, individuellement chaque individu n’est pas bien méchant (sauf exceptions) ; tu les regroupes : on se retrouve avec un troupeau de connards, volontiers haineux vis à vis de ce qu’ils considèrent comme n’étant pas eux (et notons bien que ce eux n’est pas la définition que chaque individu se fait de lui-même). D’ailleurs, ne pas croire à ces qualités émergentes c’est se placer sous l’horizon de l’individualisme méthodologique, ce qui est tout de même assez savoureux quand on y songe. En bref, le social, c’est toute la chiennerie du groupe.
Et si je disais ne pas croire au social, c’etait ne pas croire à la représentation que s’en font les sociologues (et par vulgarisation tout un chacun au final). En particulier, la représentation du social comme ontologiquement bon, désirable et insurpassable comme mode existenciel obligatoire des individus.
En plus le culte de l’argent ne peut être inculqué que dans un système social. L’argent ne sert qu’à acquérir des items sociaux valorisants (BMW, femme à gros seins, etc ...). Une communauté de personnes qui ne seraient pas liées, mais livrées à leur purs désirs n’auraient que faire de ces colifichets, et dans une telle utopie, le culte de l’argent serait déjà mort avant d’être né. Le culte de l’argent n’est qu’un symptôme de l’esprit de meute. Point barre.
Je remarque aussi que tu réponds systématiquement à coté de la plaque : oui ou non, la contrainte exercée au sein d’une entreprise est-elle plus ou moins forte que celle exercée par une société, quelle qu’elle soit ? Point barre. A mon avis, comme une entreprise demande finalement un engagement minimal quant au respect de ses valeurs à elle (seul le pognon compte), la contrainte est plus faible et surtout elle ne s’exerce que dans un seul champ (la productivité en gros). C’est tout ce que je voulais dire. Et à mon avis c’est beaucoup.
Et tu ne réponds pas non plus à la question : oui ou non, une société, celle où on est né, est-elle plus ou moins obligatoire qu’une entreprise ? A mon avis oui. Ne fusse que parce qu’on peut en changer ou devenir gigolo ou que sais-je ...
Et surtout, surtout : en l’absence de capacités sociales, n’est-il pas préférable qu’il y ait un maximum de compétences sociales à acquérir, pour éviter l’exclusion définitive ? Quand on a peu de gout pour les rapports avec les gens, quand les contraintes sociales font vomir, quand l’esprit de troupeau file des boutons, n’est-ce pas bien qu’il y ait une alternative : à savoir les compétences techniques monayables pour éviter d’avoir à faire la manche dans le métro ? Et dire qu’acquérir des compétences sociales est aussi facile qu’acquérir des compétences techniques est une imposture, car ces dernières engagent l’être intime, reclament une déformation de sa personnalité. Et puisque tu es informaticien, tu dois savoir combien l’informatique est une technique nulle ne demandant pour ainsi dire pas de qualité particuliere, et est virtuellement ouverte à tout un chacun. Alors qui donne des chances aux rejetés ? La bonne conscience de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent (gérer le social, en l’occurence) dans la bouche ou la technique et ses compétences à acquérir (même si elles sont très bourrines - et justement parce qu’elles le sont) ? Evidemment, je suis bien d’accord que pour l’instant, les possibilités d’autonomisation de la façon que j’ai dite ne concernent que 1 à 5% de la population. Mais c’est justement sur ce chemin qu’il faut travailler.
Enfin, il n’y a pas de libération du travail en entreprise ; je dis simplement que la contrainte est bien moins forte qu’un pathos obligé voudrait le faire croire. Quant aux nouvelles technologies et la nouvelle économie, leur besoin de toujours plus de compétences techniques peuvent permettre d’accroitre l’autonomie (relative bien sur) de tout un chacun.
Une dernière chose : l’attaque ad hominem n’est pas ce qui se fait de plus élégant ; je suis peut-etre un fight clubber de gauche, mais je ne t’ai pas traité, je sais pas moi, de para-socialo mal branlé. Dont acte.