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copyright ou copyleft : Respecter l’intention de l’auteur.

25 novembre 2000, 18:38, par Séverin

Puisque tout le monde donne son avis, et que le mien n’a encore été exprimé par personne, je suis bien forcé d’intervenir :-)

Personnellement JE RÊVE PARFOIS qu’internet devienne, entre autre, une bibliothèque universelle où on puisse trouver dans toutes les langues tous les romans, tous les essais, tous les articles de journaux, tous les morceaux de musique, toutes les bandes dessinées, toutes les émissions de radios, tous les films, tous les romans de SF en version audio, tous les logiciels, tous les documentaires, tous les manuels, tous les cours en version texte et audio, toutes les thèses, tout l’art, et même pourquoi pas, tous les brevets industriels histoire de remettre un peu les compteurs à zéro entre les pays riches et les pays pauvres. Quand je dis "tous" c’est une façon de parler pour dire "au moins tous ce qu’il y a d’intéressant". C’est dès aujourd’hui techniquement possible à moindre coût.

Cela étant dit, IL EST INDISPENSABLE DE RESPECTER L’INTENTION DE L’AUTEUR pour des raison d’éthique ou de commerce. Un auteur qui publie sur un site en accord avec ses idées n’aura pas forcément envie de voir son texte repris (récupéré) par un groupuscule sectaire. Un auteur qui est payé pour être publié sur un site qui comporte des bandeaux publicitaire peut considérer qu’en reproduisant un texte de lui sur un autre site on détruit le modèle économique de son employeur et que le met à terme et indirectement sur la paille.

LE COPYLEFT : UNE SOLUTION ALTERNATIVE

Pour ma part je conseille aux auteurs d’adopter une licence "copyleft" en ajoutant à la fin de leur texte "copyright [nom de l’auteur] [date]. Reproduction conforme et inrégrale autorisée à condition de conserver cette notice". Chaque auteur peut également personnaliser son intention : "autorisé dans un but non commercial", "autorisé uniquement sur le net", "autorisé uniquement sur les sites sans publicité", "autorisé uniquement sur les sites ne publiant que des documents copyleftés", "autorisé à condition d’indiquer l’url de la page original et du site d’origine"... Ainsi les auteurs peuvent faire connaître largement leur oeuvre, soutenir les médias indépendants et enrichir le fond mondial d’oeuvres libres en tout genre. Leurs oeuvres sont alors libérés des contraintes classiques de diffusion imposés par des éditeurs aux mains de multinational ou indépendant mais trop pauvre pour s’intéresser à vous.

EN COPIANT LES LOGICIELS PROPRIETAIRES LES PLUS POPULAIRES, on ne fait que préserver leur audience et leur quasi-monopôle. Indirectement les entreprises publics ou privés vont utiliser les mêmes logiciels mais en les payant très cher. Il est plus souhaitable d’un point de vue éthique d’essayer de migrer progressivement vers des solutions utilisant des logiciels libres. De la même façon copier de la musique en téléchargeant des MP3 n’est pas une solution efficace pour concurrencer les éditeurs. Certe Gnutella et les autres logiciels de partage de fichiers contribuent à déstabiliser Universal Vivendi et les autres, et quand on les connait, on ne peut que s’en réjouir. Mais on aurait tort de penser que cela suffira à modifier l’organisation actuelle de la diffusion de la culture. Pour les concurrencer, la meilleure solution me semble là encore de promouvoir de la musique libre, c’est à dire copyleftée et donc irrécupérable par les grandes majors. Et pour l’instant les échanges illégales de MP3 ont plutôt tendance à favoriser les musiciens déjà ultra-médiatique.

EN CE QUI CONCERNE LE CAS DES TEXTES DE MICHAEL MOORE :

Il est évident qu’il ne les pas écrit en espérant gagner de l’argent mais plutôt parcequ’il avait un besoin urgent de s’exprimer. Il est également évident qu’il doit être plutôt heureux d’avoir été publié dans Charlie Hebdo et de présenter aux français une autre image des Etats-Unis. Mais en respectant strictement l’intention de l’auteur, c’est à dire copyright classique ici, il n’est pas correct de reproduire un texte sans son autorisation. Et Charlie Hebdo a donc droit à un blam. Mais cette affaire illustre qu’il aurait été plus pertinent pour Michael Moore de publier ses textes en utilisant une licence "copyleft". Parceque son intérêts dans cette histoire est bien de faire connaître le plus largement ses idées et ses textes. Il est à mon avis beaucoup trop contraignant de demander, à chaque fois que l’on veut reproduire un texte, l’autorisation de son auteur. Alors SVP publiez vos textes en copyleft, même vos textes sans prétention, et en toute modestie.

EN CONCLUSION :

- Ne copiez pas une oeuvre contre l’intention de son auteur.
- Encouragez et créez des oeuvres libres, c’est à dire copyleftés.
- Quelque soit la raison pour laquelle vous êtes contre la copie d’oeuvres protégés, n’utiliser pas le terme "piratage" qui est de toute évidence un terme de propagande. Dites plutôt simplement "copie illégal" (ou "partage illégal de culture" si vous ne pouvez vous empécher de voir quelque chose de positif dans l’échange gratuit d’oeuvres culturels :-)

Merci de m’avoir lu jusqu’ici. A+
Séverin


Copyright Séverin Tagliante Novembre 2000. Commentaire posté sur www.minirezo.net. Reproduction conforme autorisée sur tout support sans publicité commerciale et à condition de conserver cette notice.