Ce qu’il faut, c’est convaincre tous les autres, vautrés devant TF1 ou TF1.fr et ça il n’y a que l’action politique pour le faire, et je suis désolé, un webzine, même s’il parle politique et remise en cause du système, ne "fait" pas de politique.
Bon sans vouloir trop anticiper les développements à venir et reprendre des réflexions déjà en ligne par exemple ici, je ne partage pas ce diagnostic : l’expression publique est apolitique, ou la segmentation de l’audience en ligne la rend inutile parce redondante et sans issue. (et je crois d’ailleurs que le terme "vautré" n’est pas tip-top friendly :))
Au contraire, qu’est-ce qu’on fait là ? A un premier niveau de lecture, on discute « l’bout d’gras », et d’un article léger sur un article de presse, on en arrive à discuter des modalités d’organisation, d’objectifs, du rôle de la médiation, de la représentation, des limites, etc. Notamment de la pertinence du lieu d’action et du discours (le public, le support), ce qui pour une action politique est assez déterminant ;)
Il est bien évident (et personne n’a d’ailleurs sérieusement prétendu le contraire, sauf peut-être aux States dans les 90’s) que cette activité ne va pas changer radicalement et d’un coup les rapports de production, c’est-à-dire pour suivre ton exemple que :
les spectateurs du Bigdil vont subitement se dire par magie sympathique ou télépathie : "bon arrêtons de regarder cette connerie, éteignons la télé, allons surfer sur les webzines et réalisons les nôtres !"
les producteurs de l’émission par grandeur d’âme : "bon aujourd’hui pas d’émission, on a trop honte, allez surfer sur le web pour lire le Diplo, et pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un ordi mais seulement, les pauvres, une 16/9 + un lecteur de DVD + un abonnement au cable/satellite TPS, on vous fait une spéciale : la liberté de l’information à l’heure des multinationales"
les employeurs des spectateurs touchés par la grâce citoyenne et l’équité (tm) : "aujourd’hui, au lieu de venir bosser, vous pouvez rester chez vous pour réaliser votre webzine sans retenu sur salaire, ouais ouais pas de problème".
L’impératif : « Ce qu’il faut, c’est convaincre tous les autres » soulève plusieurs questions basiques : au nom de quoi (d’où vient cette mission ? Légitimité, droit, etc. ?), comment, quels autres, à quel prix, etc. ?
Les principaux reproches à l’encontre des webzines dans la bouche des détenteurs de la parole autorisée (i.e. avec numéro de CCPAP, dans le circuit marchand, et avec annonceurs) sont justement : celui d’autisme (sectaire, groupuscule, déviant, méchant, jaloux, etc.) et de non représentativité, d’où est déduite une prétendue illégitimité ; non seulement de telle revue (ce qui n’est pas grave, on vit très bien avec :)), mais aussi du support (Internet = vecteur de désinformation, rumeur, pédonazis, etc.) et finalement de l’expression publique en général.
Evidemment ce n’est pas dit explicitement de cette façon, sauf quand l’un d’eux pique une petite crise. Les garants du statu quo et les rois de l’autoproclamation (nous sommes les médias légitimes) ne sont pas vraiment les webzines à qui l’on fait de manière traditionnelle ce reproche ;))
Si tu partages l’opinion ou le questionnement de PLPL, puisque tu le mentionnes, sans pour autant nécessairement adopter sa formulation léniniste (voire ses solutions*), tu n’auras pas de mal à déduire tout l’intérêt du web pour interroger cet impératif !
*« Il incombe à chacun d’entre nous de construire la mobilisation au sein d’organisations radicales autour de revendications d’abord minimalistes : durcissement et application des ordonnances de 1944 sur la presse ; expropriation sans indemnité des groupes multimédia ; non-reconduction des concessions hertziennes aux chaînes et aux radios privées ; réorganisation du capital des sociétés audiovisuelles (y compris publiques) sous forme de coopératives ou de mutuelles autogérées ; expulsion du Temple, à coup de fouet, des boutiquiers moustachus ivres de pouvoir et de téléachat ; suppression de toutes les aides publiques (tarifs postaux spéciaux, abattement d’impôt pour les journalistes) aux entreprises de presse dont le capital n’est pas intégralement détenu par ses personnels, etc. »
Tiens, j’ai peut-être une idée d’article là...
Fonce ! On te couvre :))
Ce qu’il faut, c’est convaincre tous les autres, vautrés devant TF1 ou TF1.fr et ça il n’y a que l’action politique pour le faire, et je suis désolé, un webzine, même s’il parle politique et remise en cause du système, ne "fait" pas de politique.
Bon sans vouloir trop anticiper les développements à venir et reprendre des réflexions déjà en ligne par exemple ici, je ne partage pas ce diagnostic : l’expression publique est apolitique, ou la segmentation de l’audience en ligne la rend inutile parce redondante et sans issue. (et je crois d’ailleurs que le terme "vautré" n’est pas tip-top friendly :))
Au contraire, qu’est-ce qu’on fait là ? A un premier niveau de lecture, on discute « l’bout d’gras », et d’un article léger sur un article de presse, on en arrive à discuter des modalités d’organisation, d’objectifs, du rôle de la médiation, de la représentation, des limites, etc. Notamment de la pertinence du lieu d’action et du discours (le public, le support), ce qui pour une action politique est assez déterminant ;)
Il est bien évident (et personne n’a d’ailleurs sérieusement prétendu le contraire, sauf peut-être aux States dans les 90’s) que cette activité ne va pas changer radicalement et d’un coup les rapports de production, c’est-à-dire pour suivre ton exemple que :
L’impératif : « Ce qu’il faut, c’est convaincre tous les autres » soulève plusieurs questions basiques : au nom de quoi (d’où vient cette mission ? Légitimité, droit, etc. ?), comment, quels autres, à quel prix, etc. ?
Les principaux reproches à l’encontre des webzines dans la bouche des détenteurs de la parole autorisée (i.e. avec numéro de CCPAP, dans le circuit marchand, et avec annonceurs) sont justement : celui d’autisme (sectaire, groupuscule, déviant, méchant, jaloux, etc.) et de non représentativité, d’où est déduite une prétendue illégitimité ; non seulement de telle revue (ce qui n’est pas grave, on vit très bien avec :)), mais aussi du support (Internet = vecteur de désinformation, rumeur, pédonazis, etc.) et finalement de l’expression publique en général.
Evidemment ce n’est pas dit explicitement de cette façon, sauf quand l’un d’eux pique une petite crise. Les garants du statu quo et les rois de l’autoproclamation (nous sommes les médias légitimes) ne sont pas vraiment les webzines à qui l’on fait de manière traditionnelle ce reproche ;))
Si tu partages l’opinion ou le questionnement de PLPL, puisque tu le mentionnes, sans pour autant nécessairement adopter sa formulation léniniste (voire ses solutions*), tu n’auras pas de mal à déduire tout l’intérêt du web pour interroger cet impératif !
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