Bonjour, André et Nico, permettez-moi de m’immiscer dans votre conversation un court instant, avant qu’elle ne dégénère.
André, si tu crois que travailler plus est le seul moyen d’accèder à plus de richesses, comment expliques-tu que la France, qui n’a jamais moins travaillé, n’a paradoxalement jamais été aussi riche (je parle bien sûr en termes de PNB, et non de niveau de vie moyen) ? Notre productivité a atteint des niveaux jamais égalées à la bonne vieille époque des journées de 16 heures, alors que nous ne travaillons plus que la moitié de ce temps...
La réponse est simple : lorsque l’esclavage salarial est empêché par des une législation du travail plus sociale et plus humaine, on cherche des moyens plus efficaces d’effectuer le travail.
Ainsi, la France est devenue un leader européen en matière d’automatisation (distributeurs, guichets de la SNCF, machines-outils, etc.) car il devenait trop cher d’employer des salariés pour ces tâches répétitives et peu gratifiantes.
Le problème, c’est que ces gains de productivité, qui furent un effet secondaires des luttes sociales du siècle dernier, ont été en majorité accaparés par le capital, au détriment du peuple. Ajoute à cela l’évasion fiscale, l’intense lobbying du patronat pour accroître ses profits aux dépends des salariés (la part de la masse salariale dans l’entreprise n’a cessée de baisser au cours de ces trentes dernières années), la pression des actionnaires pour des taux de rendements à deux chiffres alors que la croissance stagne, et tu comprendras que les problèmes sociaux de la France ne viennent pas de la "fainéantise" des Français, mais bien plutôt de la rapacité du patronat. Le problème ne vient pas d’une sous-production de richesses, mais de la distribution de la richesse créée.
Cela dit, je ne crois pas qu’il existe une solution à ce problème. La rapacité est trop ancrée dans la psyché humaine pour imaginer qu’un revenu mimimum garanti, ou qu’une législation plus contraignante amènerait autre chose qu’une fuite massive des capitaux vers des pays plus "accueillants". Le seul espoir est de pouvoir un jour appliquer ce genre de programme à l’échelle de l’Europe, mais soyons réalistes : ça n’en prend pas le chemin.
Accrochez-vous pour les trois prochaines décennies, mes amis, parce que je sens que ça va tanguer...
Bonjour, André et Nico, permettez-moi de m’immiscer dans votre conversation un court instant, avant qu’elle ne dégénère.
André, si tu crois que travailler plus est le seul moyen d’accèder à plus de richesses, comment expliques-tu que la France, qui n’a jamais moins travaillé, n’a paradoxalement jamais été aussi riche (je parle bien sûr en termes de PNB, et non de niveau de vie moyen) ? Notre productivité a atteint des niveaux jamais égalées à la bonne vieille époque des journées de 16 heures, alors que nous ne travaillons plus que la moitié de ce temps...
La réponse est simple : lorsque l’esclavage salarial est empêché par des une législation du travail plus sociale et plus humaine, on cherche des moyens plus efficaces d’effectuer le travail.
Ainsi, la France est devenue un leader européen en matière d’automatisation (distributeurs, guichets de la SNCF, machines-outils, etc.) car il devenait trop cher d’employer des salariés pour ces tâches répétitives et peu gratifiantes.
Le problème, c’est que ces gains de productivité, qui furent un effet secondaires des luttes sociales du siècle dernier, ont été en majorité accaparés par le capital, au détriment du peuple. Ajoute à cela l’évasion fiscale, l’intense lobbying du patronat pour accroître ses profits aux dépends des salariés (la part de la masse salariale dans l’entreprise n’a cessée de baisser au cours de ces trentes dernières années), la pression des actionnaires pour des taux de rendements à deux chiffres alors que la croissance stagne, et tu comprendras que les problèmes sociaux de la France ne viennent pas de la "fainéantise" des Français, mais bien plutôt de la rapacité du patronat. Le problème ne vient pas d’une sous-production de richesses, mais de la distribution de la richesse créée.
Cela dit, je ne crois pas qu’il existe une solution à ce problème. La rapacité est trop ancrée dans la psyché humaine pour imaginer qu’un revenu mimimum garanti, ou qu’une législation plus contraignante amènerait autre chose qu’une fuite massive des capitaux vers des pays plus "accueillants". Le seul espoir est de pouvoir un jour appliquer ce genre de programme à l’échelle de l’Europe, mais soyons réalistes : ça n’en prend pas le chemin.
Accrochez-vous pour les trois prochaines décennies, mes amis, parce que je sens que ça va tanguer...