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> L’affaire Frédéric Beigbeder

7 octobre 2004, 17:33, par Alain

Monsieur Laimé, à ton égard (comme Prévert je dis tu) mon cœur balance entre agacement et admiration.

Agacement pour amener des esprits simples à comparer Beigbeder et Marx.

Admiration pour démasquer l’histrion : un lâche doublé d’une petite frappe arriviste qui peine à se dissimuler sous un vernis de rébellion au risque calculé.

En littérature comme en toute chose j’aime le dépassement de soi, l’exigence, le talent, la grâce et le vrai (à comprendre le sincère). Je suis ainsi, je suis naïf, je m’en excuse. Bref, j’admire ce que je suis si peu pour mieux mépriser la facilité.

Avec Beigbeder, la littérature tient sa télé réalité. Avec la télé poubelle, les livres poubelles. Avec la télé qui rend con, la littérature qui rend con. Deux scènes différentes pour un même acteur : l’arrivisme.
Mêmes ficelles, même néant, même consommation de masse. Je sais, cette comparaison est facile (trop ?).

Publicitaire médiocre, écrivain raté, directeur de campagne affligeant, comble de l’ironie le triste personnage ne parvient même pas à s’imposer au petit écran. Condamné sans appel sur une chaîne payante (comme c’est étonnant !) par la si célèbre ménagère de moins de cinquante ans (elle n’aime pas sa trogne, grâce lui en soit rendue), l’homme sans talent s’entête à hanter les tubes cathodiques, aidé, il est vrai, par une clique d’amis peu charitables. Quel âne ! Faut-il être bête à manger du foin !!?? Quand comprendra-t-il, le petit morveux hystérique, que sa seule place l’attend, là-haut, quelque part dans les arcanes si mornes de la finance ?

Ton papier date un peu, j’arrive après la bataille. Aussi je prends mon parti de rire devant cette pathétique succession d’échecs.
Ton attaque est brutale, trop grossière. Elle aurait mérité un peu plus de finesse, enfin je veux dire un peu plus de mesquine subtilité. Mais tu es pardonné, la sournoiserie est un don, elle ne s’apprend pas. Voici sûrement le seul domaine dans lequel l’homme qui ne réussissait rien t’est supérieur.

Excuse ces quelques lignes fielleuses exemptes de jalousie, elles ne sont que le fruit de l’amertume face au mépris de cette hypocrisie.

Porte toi bien l’ami !