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démontage

8 juin 2002, 17:21, par valentin lacambre

le canevas du discours du lutin est repetitif ; une tête de chapitre généraliste,"le fichage, une utilité", est suivi d’un paragraphe parlant exclusivement des cookies.

tout au long de l’article, le lecteur aura accepté l’élément moteur du discours alors qu’il n’aura jamais été discute ;
le fichage = les cookies.

or le fichage c’est aussi et surtout les log de connexion et les dispositifs d’ecoutes exploratoires à la echelon.
Mais si le discours du lutin avait intégré toutes les facettes du fichage, il devenait intenable.

il y a aussi dans ce discours un éléments de facade récurrent ; "pourquoi se cacher si on a rien à cacher".
il y a à ça une réponse facile ; "c’est quand je n’ai plus le droit de rien cacher, que j’ai plein de choses à cacher"

cet argument ne tient pas la pratique, et notamment la pratique d’internet, les membres d’uzine utilisent des pseudonyme, ils sauront vous expliquer pourquoi, et puis le lutin aurait sans doute préféré que son travail pour le SCSSI reste caché, du moins ici.

Derrière cet argument de facade il faut en chercher un autre que le lutin exprime en filigrane,
à l’affirmation "je ne veux pas que l’etat ou le fournisseur puisse voir ce que je lis sur internet", l’auteur réponds "certes, et si cela se savait, et si il n’y avait pas de conspiration contre vous".

la est le veritable argumentaire de l’article ;
"dormez ’petites gens’, l’etat veille sur vous", "si nous vous surveillons c’est pour votre bien", "faites nous confiance".

ce qui me turlupine la dedans c’est que autant j’accorderais ma confiance à quelqu’un qui ne cherche pas à me surveiller, autant je me mefierais par principe de celui qui voudrais tout savoir sur moi, et le contexte actuel tends vers une surveillance généralisée plutot qu’a faire confiance aux citoyens.

L’argument n’est pas celui des ’petites gens’ dont l’auteur parle si complaisament, c’est un argument de maintien de l’ordre tenu par quelqu’un qui baigne visiblement dans une ambiance de travail militarisée, le SCSSI, depuis trop longtemps.

mais, lutin, si par malheur tu n’avais plus le droit de rien cacher, tu en serais victime, tout autant que nous.

valentin lacambre.

Voir en ligne : un résumé du contexte dans lequel nous parlons