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9 mars 2002, 18:21

Il me semble que l’argument développé dans le message précédent mélange plusieurs choses, en particulier la lutte contre une force d’opression et la reconaissance des mérites apportés par ailleurs. Puis-je rappeller à son auteur que quelqu’un d’aussi attaché à l’indépendance de son pays que Léopold Sedar Senghor a toujours reconnu sa dette à l’égard de l’enseignement qu’il avait reçun en France (agrégé de grammaire), qui lui a permis d’éviter pour son pays le destin de tant de pays africains où la lutte pour l’indépendance s’est accompagnée d’un refus des apports de la colonisation.

Peut-être. Mais je pense que tu tombes dans le travers soulevé dans le message auquel tu réponds. A savoir que dire "les libertarians utilisent l’infrastructure de l’Etat" n’est en rien un argument disqualifiant l’idéologie des libertarians. C’est effectivement une protestation de morale et d’"honnêteté intellectuelle", que je comprends, mais qui ne change rien en soi à l’argumentaire pour/contre les libertarians (pour faire simple, et à défaut d’avoir plus d’infos dans l’article).

Ton exemple va en fait dans le même sens :

Prenons un anti-capitaliste comme Marx : il ne refusait pas les progrès technologiques induits par le capitalisme, au contraire, il proposait de s’en servir contre le capitalisme lui-même, puisque dans sa théorie, après avoir été une force de progrès, le capitalisme était devenu un obstacle.

Il serait donc fallacieux, de dire de même que Flichy
(ou de ce qu’il en est rapporté par Fortin) : "En fait, estime Flichy, une « contradiction clé » de la position des libertariens remet en cause sa légitimité". La contradiction clé en question ne me semble pas plus évidente chez les libertariens que chez Marx, et elle n’appelle aucune mise en cause de la "légitimité" de l’un ni de l’autre (et d’abord, qu’est-ce que la "légitimité" quand on discute une idéologie ? Est-ce s’attacher au comportement effectif d’une personne, contraint de toute façon par le contexte social et politique, pour prétendre démonter ses idées ?).

Pour finir :

Ma petite expérience des logiciels libres (Latex, mutt, et autres) m’a fait souvent constater que l’auteur de ces programmes était un universitaire. À ce titre, je me sens une dette à l’égard de l’État qui autorise ses seviteurs à distribuer librement le produit du travail pour lequel il les paye.

Je suis bien d’accord sur le principe. Mais je ne sais pas si 1) il s’agit d’un droit explicite ou d’une tolérance et 2) s’il y a clivage public/privé sur ce point, ou plutôt entre professions de type "recherche" (qu’elle soit institutionnelle ou d’entreprise, donc), et des professions plus dirigées (ouvriers, employés, cadres, du public comme du privé).

Amicalement