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Artisanat ou industrie ?

4 février 2002, 00:28, par Pierre Madrid

> Entièrement d’accord mais il me semble que vous écartez d’office toute
> notion commerciale du photojournalisme... On tombe alors dans un autre
> excès, celui de la subvention et des agences d’informations soutenues par
> des états et donc par des politiques. N’est ce pas utopique ?

La doctrine actuelle de l’économie est une logique de joueur et de compétiteur, de saltimbanques flambeurs. Les photographes sont des cons d’avoir vendus ce qui leur appartenait : les agences.
Ma logique personnelle est celle de l’équilibre : c’est une logique d’épicier, on pourrait appeler ça "le développement à visage humain" (je plaisante dans la formulation mais c’est a ça que je pense. Quand ce qu’on produit est artisanal, on adapte sa distribution, la croissante de sa PME de façon artisanale en évitant d’avoir la grosse tête et de se prendre pour un "géant", en étant suffisamment modeste pour être a l’écoute des innovations techniques et en essayant de ne pas rater le métro. Note de frais et routine, mégalomanie et forfanterie conduit au dépot de bilan ou au rachat, voir au partenariat. Dans un secteur en voie d’appauvrissement, on n joue pas aux riches.
>
> N’est ce déjà pas le cas ? Toute agence photo digne de ce nom essaye de
> compenser cette disproportion entre les coûts pour certains reportages et
> la valeur marchande d’autres productions plus faciles en diversifiant sa
> production. Pour résumer, Magnum fait du prestigieux pour se "valoriser",
> et des corporates dans les entreprises pour "rapporter". De la même
> manière, les agences en "A" font du news ou du magazine pour la
> valorisation, et du people pour équilibrer les comptes... C’est sur ce
> savant mélange que repose une agence photo viable.

Les coûts des reportages c’est aux supports de les payer sinon on marche sur la tête, ou bien il faut être suffisamment fin journaliste pour "spéculer", ce qui n’est que rarissime.Quand à la diversification elle est aussi un risque de "dilution", Gamma, sipa, sygma au niveau des publications je ne vois pas la différence. Pour le reste tu as raison, people etc..., corporate etc... pour les journalistes rédacteurs ça s’appelle faire des "ménages". Le journalisme me parait être un métier de "pauvres" ou de menteurs c’est navrant, j’ai choisis mon camp, les agences ont surtout donnés l’habitude aux journaux de ne pas produire grand chose, de tout voir sans payer et de faire un tri dicté par le mimétisme avec la TV
>

>> Les aides de l’etat aux agences de > presse ont profités a tout le monde
> sauf aux employés de ces agences.
>
> C’est vrai... Ceux qui se sont le plus rempli les poches sont ceux
> justement qui ont revendu aux grands groupes financiers ! Cependant il y a
> une autre problématique que les agences rencontrent depuis plusieurs années
> et qui englouti une bonne partie des subventions : le virage du numérique.
>
Si les identités des 3 grosses avaient été plus marquées ce n’est pas la technique qui les auraient départagées, quand une entreprise devient une administration tout y devient compliqué, le gigantisme c’est le début de la fin, le virage numérique aurait dû avoir lieu plus tôt, son financement impliquer plus le "client"

>> Quand à la synergie > ou aux économies d’échelles si elles visent à être
> mieux armés face à la > concurrence elles intégrent trés, trés rarement la
> finalité en terme de > qualité informative, de rigueur intellectuelle.
>
> Ce ne sont pas les économies d’échelles qui empiètent sur la rigueur, mais
> la vitesse.

OK, c’est aussi un des plantage des agences : être a la remorque des équipes TV, toujours plus vite etc...

> Je vous ai qualifié d’utopique... Je le suis peut-être tout autant.
> Cependant je continue à y croire et j’espère pouvoir tout de même écrire
> tout en ayant peu de temps non pas à cause d’une restructuration, mais d’un
> travail aussi réel que prenant. AMHA le photojournalisme à la française
> a surtout souffert d’un laisser aller, d’un manque d’anticipation ainsi que
> de la mauvaise gestion des changements technologiques. Mais aussi, vous
> l’avez dit, d’une mauvaise redistribution de biens et de la "gestion de
> croissance". Or ces grands groupes qui nous gèrent savent justement gérer
> ce genre de problématique.

Oui mais pas forcément avec un grand soucis pour l’information (dont les agences n’est qu’un maillon puisque c’est la presse et la TV qui ménent la danse)
>
> Il y a certainement un compromis à trouver entre gestion rigoureuse et
> esprit photo journalistique.

Certainement mais pour être cohérent, c’est aussi aux journaux de réaliser ce qui va se passer si ils sont incapables de préserver les photojournalistes des grandes manoeuvres spéculatrices des industriels carnassiers. Mais a regarder qui sont leurs actionnaires, ça semble mal parti. La presse redevient un joujou, une danseuse pour industriels, retour à la case départ il y a un siécle et quelques.

P.M