>
> Ce que je constate c’est que des groupes quelqu’ils soient sont en train de
> s’offrir une partie des archives photographiques mondiales. Avant d’être un
> produit commercial, le photo-journalisme et la photographie d’actualité sont
> une part de l’information mise a disposition des habitants de ce pays, de
> cette planéte. Sa libre production et circulation un outil de connaissance,
> d’appréhension, quelquefois de compréhension du monde et donc d’évolution des
> mentalités, de propagation de "valeurs", d’idéal etc.
Entièrement d’accord mais il me semble que vous écartez d’office toute notion commerciale du photojournalisme... On tombe alors dans un autre excès, celui de la subvention et des agences d’informations soutenues par des états et donc par des politiques. N’est ce pas utopique ?
> Car je ne crois pas les industriels
> capables d’exigence et de rigueur intellectuelle en terme d’information
> (notamment). Ils vont à terme réduire les coûts, donner des consignes pour que
> ne soit produit et distribué que ce qui a une valeur marchande nette et
> précise. Autrement dit tout ce qui ne correspond pas à un marché potentiel
> clairement rentable et identifié va disparaitre.
N’est ce déjà pas le cas ?
Toute agence photo digne de ce nom essaye de compenser cette disproportion entre les coûts pour certains reportages et la valeur marchande d’autres productions plus faciles en diversifiant sa production. Pour résumer, Magnum fait du prestigieux pour se "valoriser", et des corporates dans les entreprises pour "rapporter". De la même manière, les agences en "A" font du news ou du magazine pour la valorisation, et du people pour équilibrer les comptes... C’est sur ce savant mélange que repose une agence photo viable.
> Si l’inspection du travail et
> l’Ursaff faisaient leur travail, les trois quart des agences de photo auraient
> eus des redressements et des pénalités.
C’est VRAI ! Personnellement ce qui m’a motivé de rentrer à GAMMA était ce côté "râleur" et le respect de la dimension sociale (cf les grèves,...). Tout n’y est certes pas parfait car l’agence a un énorme passif mais du moins nous avons un actionnaire qui joue pleinement le jeu, voir même parfois plus. Trop ?
> Les aides de l’etat aux agences de
> presse ont profités a tout le monde sauf aux employés de ces agences.
C’est vrai... Ceux qui se sont le plus rempli les poches sont ceux justement qui ont revendu aux grands groupes financiers !
Cependant il y a une autre problématique que les agences rencontrent depuis plusieurs années et qui englouti une bonne partie des subventions : le virage du numérique.
En effet, les clients de magazines français restent encore trop attachés à l’argentique et réclament la vitesse du numérique. Les agences se voient donc obligées de jouer sur les deux tableaux, et ça, ça coûte cher. Ne pas le faire coûte encore plus (cas de SYGMA est flagrant).
> Encore
> une fois l’etat a financé des entreprises ou plutot des patrons et les
> actionnaires de ces entreprises avec les deniers publics.
C’est exactement ça.
> Quand à la synergie
> ou aux économies d’échelles si elles visent à être mieux armés face à la
> concurrence elles intégrent trés, trés rarement la finalité en terme de
> qualité informative, de rigueur intellectuelle.
Ce ne sont pas les économies d’échelles qui empiètent sur la rigueur, mais la vitesse.
>
> Hachette n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe de "référence". Il
> fabrique des produits de qualité trés diverses dont une large part ne
> s’adresse pas vraiment au coté le plus "brillant" de nos cerveaux et l’argent
> gagné à produire des journaux au contenus souvent racoleurs, faciles n’est pas
> vraiment réinvestis dans la rigueur,
Hachette n’a pas plus de titres racoleurs que les agences des reportages people. Cela fait longtemps que les agences (encore une fois en "A") ce sont adaptées.
> Ceci dit merci d’avoir écris. Le jour ou tu auras un peu de temps libre suite
> a un "remaniement" ou au lancement d’une nouvelle phase de restructuration, tu
> auras peut être plein de choses à nous raconter même sous un pseudo. Et du
> "qui sommes nous", tu passeras peut être à "qui je suis" ou "qui j’étais".
Je vous ai qualifié d’utopique... Je le suis peut-être tout autant. Cependant je continue à y croire et j’espère pouvoir tout de même écrire tout en ayant peu de temps non pas à cause d’une restructuration, mais d’un travail aussi réel que prenant. :) AMHA le photojournalisme à la française a surtout souffert d’un laisser aller, d’un manque d’anticipation ainsi que de la mauvaise gestion des changements technologiques. Mais aussi, vous l’avez dit, d’une mauvaise redistribution de biens et de la "gestion de croissance". Or ces grands groupes qui nous gèrent savent justement gérer ce genre de problématique.
Il y a certainement un compromis à trouver entre gestion rigoureuse et esprit photo journalistique.
>
> Ce que je constate c’est que des groupes quelqu’ils soient sont en train de
> s’offrir une partie des archives photographiques mondiales. Avant d’être un
> produit commercial, le photo-journalisme et la photographie d’actualité sont
> une part de l’information mise a disposition des habitants de ce pays, de
> cette planéte. Sa libre production et circulation un outil de connaissance,
> d’appréhension, quelquefois de compréhension du monde et donc d’évolution des
> mentalités, de propagation de "valeurs", d’idéal etc.
Entièrement d’accord mais il me semble que vous écartez d’office toute notion commerciale du photojournalisme... On tombe alors dans un autre excès, celui de la subvention et des agences d’informations soutenues par des états et donc par des politiques. N’est ce pas utopique ?
> Car je ne crois pas les industriels
> capables d’exigence et de rigueur intellectuelle en terme d’information
> (notamment). Ils vont à terme réduire les coûts, donner des consignes pour que
> ne soit produit et distribué que ce qui a une valeur marchande nette et
> précise. Autrement dit tout ce qui ne correspond pas à un marché potentiel
> clairement rentable et identifié va disparaitre.
N’est ce déjà pas le cas ?
Toute agence photo digne de ce nom essaye de compenser cette disproportion entre les coûts pour certains reportages et la valeur marchande d’autres productions plus faciles en diversifiant sa production. Pour résumer, Magnum fait du prestigieux pour se "valoriser", et des corporates dans les entreprises pour "rapporter". De la même manière, les agences en "A" font du news ou du magazine pour la valorisation, et du people pour équilibrer les comptes... C’est sur ce savant mélange que repose une agence photo viable.
> Si l’inspection du travail et
> l’Ursaff faisaient leur travail, les trois quart des agences de photo auraient
> eus des redressements et des pénalités.
C’est VRAI ! Personnellement ce qui m’a motivé de rentrer à GAMMA était ce côté "râleur" et le respect de la dimension sociale (cf les grèves,...). Tout n’y est certes pas parfait car l’agence a un énorme passif mais du moins nous avons un actionnaire qui joue pleinement le jeu, voir même parfois plus. Trop ?
> Les aides de l’etat aux agences de
> presse ont profités a tout le monde sauf aux employés de ces agences.
C’est vrai... Ceux qui se sont le plus rempli les poches sont ceux justement qui ont revendu aux grands groupes financiers !
Cependant il y a une autre problématique que les agences rencontrent depuis plusieurs années et qui englouti une bonne partie des subventions : le virage du numérique.
En effet, les clients de magazines français restent encore trop attachés à l’argentique et réclament la vitesse du numérique. Les agences se voient donc obligées de jouer sur les deux tableaux, et ça, ça coûte cher. Ne pas le faire coûte encore plus (cas de SYGMA est flagrant).
> Encore
> une fois l’etat a financé des entreprises ou plutot des patrons et les
> actionnaires de ces entreprises avec les deniers publics.
C’est exactement ça.
> Quand à la synergie
> ou aux économies d’échelles si elles visent à être mieux armés face à la
> concurrence elles intégrent trés, trés rarement la finalité en terme de
> qualité informative, de rigueur intellectuelle.
Ce ne sont pas les économies d’échelles qui empiètent sur la rigueur, mais la vitesse.
>
> Hachette n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe de "référence". Il
> fabrique des produits de qualité trés diverses dont une large part ne
> s’adresse pas vraiment au coté le plus "brillant" de nos cerveaux et l’argent
> gagné à produire des journaux au contenus souvent racoleurs, faciles n’est pas
> vraiment réinvestis dans la rigueur,
Hachette n’a pas plus de titres racoleurs que les agences des reportages people. Cela fait longtemps que les agences (encore une fois en "A") ce sont adaptées.
> Ceci dit merci d’avoir écris. Le jour ou tu auras un peu de temps libre suite
> a un "remaniement" ou au lancement d’une nouvelle phase de restructuration, tu
> auras peut être plein de choses à nous raconter même sous un pseudo. Et du
> "qui sommes nous", tu passeras peut être à "qui je suis" ou "qui j’étais".
Je vous ai qualifié d’utopique... Je le suis peut-être tout autant. Cependant je continue à y croire et j’espère pouvoir tout de même écrire tout en ayant peu de temps non pas à cause d’une restructuration, mais d’un travail aussi réel que prenant. :) AMHA le photojournalisme à la française a surtout souffert d’un laisser aller, d’un manque d’anticipation ainsi que de la mauvaise gestion des changements technologiques. Mais aussi, vous l’avez dit, d’une mauvaise redistribution de biens et de la "gestion de croissance". Or ces grands groupes qui nous gèrent savent justement gérer ce genre de problématique.
Il y a certainement un compromis à trouver entre gestion rigoureuse et esprit photo journalistique.