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	<title>uZine 3</title>
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		<title>Le HTML dans le potage</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2143.html</link>
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		<dc:date>2005-05-23T00:01:58Z</dc:date>
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		<dc:creator>ARNO*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un constat : un petit tour sur le site Cool Homepages, qui s&#233;lectionne depuis des ann&#233;es des sites selon la beaut&#233; et l'originalit&#233; de leur graphisme et/ou de leur navigation (cela &#233;tant &#233;videmment subjectif), devrait terrifier les amateurs de standards ouverts : quasiment tous les sites s&#233;lectionn&#233;s sont d&#233;sormais r&#233;alis&#233;s en Flash. Le choix du graphiste serait donc, pour la r&#233;alisation d'un beau site, un format propri&#233;taire, alors m&#234;me qu'on nous vante un XHTML arriv&#233; &#224; maturit&#233; ? Cela (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique163.html" rel="directory"&gt;Logiciels libres, standards ouverts&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Commen&#231;ons par un constat : un petit tour sur le site &lt;a href=&#034;http://www.coolhomepages.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Cool Homepages&lt;/a&gt;, qui s&#233;lectionne depuis des ann&#233;es des sites selon la beaut&#233; et l'originalit&#233; de leur graphisme et/ou de leur navigation (cela &#233;tant &#233;videmment subjectif), devrait terrifier les amateurs de standards ouverts : quasiment tous les sites s&#233;lectionn&#233;s sont d&#233;sormais r&#233;alis&#233;s en Flash. Le choix du graphiste serait donc, pour la r&#233;alisation d'un beau site, un format propri&#233;taire, alors m&#234;me qu'on nous vante un XHTML arriv&#233; &#224; maturit&#233; ? Cela devrait tout de m&#234;me inqui&#233;ter... Le m&#234;me constat peut &#234;tre fait sur toutes les pages de s&#233;lection de &#171; beaux &#187; sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est tr&#232;s paradoxal : depuis l'ann&#233;e 2000, les recommandations pour les nouvelles normes sont publi&#233;es et les navigateurs grand public ont largement eu le temps de les int&#233;grer. Pourtant, le HTML semble plant&#233; en rase campagne, utilis&#233; pour faire du Web &#224; papa, les navigations rigolotes &#233;tant d&#233;sormais r&#233;alis&#233;es avec Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un discours s'est d&#233;velopp&#233; autour des nouvelles normes, bas&#233; sur des dogmes pinailleurs et t&#226;tillons, introduisant une rupture avec l'ancien HTML ; et pourtant, on se retrouve aujourd'hui &#224; attendre d&#233;sesp&#233;remment des &#171; innovations &#187; qui viendront r&#233;compenser nos efforts vers la &#171; compliance &#187;. Il serait bon, en effet, qu'on s'amuse autant avec le XHTML bien propret du docteur W3C qu'avec le HTML tout pourri dont nous gratifiaient les versions successives de Netscape 2, 3 et 4...&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1005 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH602/ANIMX062-37a38.gif?1581558833' width='400' height='602' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Des effets &#233;tonnants sur l'&#233;cosyst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;La normlisation programm&#233;e des Css a co&#239;ncid&#233; avec l'apparition d'une nouvelle esp&#232;ce d'&#233;cureuil mutant (du d&#233;sert), pris ici sur le vif en Arizona.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CSS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par la technique qui a le plus apport&#233; au HTML, pour en dire du bien, mais aussi pour pointer les limites et les aberrations de choix dogmatiques dans la d&#233;finition des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les styles (regroup&#233;s en feuilles de styles : CSS) ont &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/Style/CSS/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;normalis&#233;s d&#232;s 1998&lt;/a&gt; : il s'agit de s&#233;parer d'un c&#244;t&#233; le contenu structur&#233; de l'information (indiquer que ceci est un titre, ceci est le texte principal du document, ceci est une liste de liens de navigation...) et, d'un autre c&#244;t&#233;, dans les feuilles de style, la pr&#233;sentation graphique de cette information (je veux pr&#233;senter les titres de telle mani&#232;re, dans telle taille, avec tel espacement au-dessus et en dessous, je veux que mon texte apparaisse &#224; tel endroit de telle fa&#231;on, je veux que les liens s'affichent de telle mani&#232;re...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, pour l'essentiel, une belle r&#233;ussite. Non seulement parce que l'on peut faire tout ce que l'on faisait auparavant avec un code plus lisible (donc plus facile &#224; modifier par le webmestre), plus rapide &#224; charger (les styles sont des fichiers communs &#224; plusieurs pages, donc ne sont pas t&#233;l&#233;charg&#233;s pour chaque page), mais aussi parce que, de plus, on peut faire ce qui &#233;tait difficile ou impossible auparavant (contr&#244;le typographique beaucoup plus fin, interface diff&#233;rente pour la m&#234;me page selon le support &#8212; principalement, selon que l'on voit la page sur l'&#233;cran d'un ordinateur ou qu'on l'imprime...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pour peu que les CSS soient pr&#233;sent&#233;es sans dogmatisme (comme confondre l'utilisation des CSS et le passage &#224; un XHTML ultra-compliant), elles s'int&#233;grent dans la courbe d'apprentissage normale d'un webmestre sans trop de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bienfaits des CSS sont largement d&#233;taill&#233;s par ailleurs, inutile de trop d&#233;velopper ici. Consacrons-nous &#224; une t&#226;che un peu plus originale : en dire du mal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CSS souffrent d'un dogme originel : les CSS ne doivent pas devenir un langage de programmation. Cette volont&#233; est tr&#232;s discutable (ce que nous allons faire imm&#233;diatement), et fait appara&#238;tre des limites dans leur utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des s&#233;lecteurs et des pseudo-classes qui permettent d'appliquer (au moins sous Mozilla-Firefox) &lt;a href=&#034;http://www.quirksmode.org/css/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;des styles de mani&#232;re int&#233;ressante&lt;/a&gt;. Cependant, on obtient des syntaxes tr&#232;s complexes pour des possibilit&#233;s tr&#232;s limit&#233;es. Par exemple, on peut d&#233;finir le style de la premi&#232;re lettre du premier paragraphe qui suit la fermeture d'un intertitre, ainsi que la premi&#232;re lettre du premier paragraphe d'un texte. C'est assez amusant &#224; faire, d'autant que la d&#233;finition du style est interminable (ici pour une page g&#233;n&#233;r&#233;e avec SPIP) :&lt;/p&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;div.principal&gt;p.spip:first-child:first-letter { ... } h3.spip+p.spip:first-letter { ... }&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;En revanche, vous n'avez pas acc&#232;s &#224; la seconde lettre du paragraphe, vous ne pouvez pas d&#233;finir un style qui s'appliquerait &#224; une ligne de tableau sur deux, vous ne pouvez pas tester si la premi&#232;re lettre est un guillemet ouvrant, auquel cas vous souhaitez appliquer le style, &#233;galement, &#224; la deuxi&#232;me lettre (pour faire une belle lettrine), vous ne pouvez pas r&#233;duire la taille du texte en fonction du nombre de caract&#232;res, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le but d'&#233;viter que les CSS ne deviennent un langage de programmation, leurs concepteurs se sont visiblement astreints &#224; des limitations tr&#232;s importantes. &lt;br /&gt;&#8212; Il n'y a pas de syntaxe pour des alternances, ou de positions relatives dans la structure (une occurence sur deux, la seconde occurence sur trois, l'avant-derni&#232;re occurence...).
&lt;br /&gt;&#8212; Il n'est pas possible d'appeler une d&#233;finition depuis une autre d&#233;finition, ce qui oblige &#224; des doublons dans les d&#233;finitions : par exemple, on d&#233;finirait un style &#171; police-helvetica &#187;, un style &#171; taille-10 &#187;, et dans une autre d&#233;finition on pourrait indiquer qu'on int&#232;gre les styles &#171; police-helvetica &#187; et &#171; taille-10 &#187;, que l'on panacherait avec un fond color&#233;, etc. &lt;br /&gt;&#8212; On manipule sans cesse des nombres et des dimensions dans les CSS (taille des caract&#232;res, espacements, couleurs RVB...), mais il n'existe aucun outil pour les manipuler ; il n'existe en particulier pas de &#171; variables &#187; r&#233;utilisables &#224; diff&#233;rents endroits.
&lt;br /&gt;&#8212; Les choix conditionnels sont quasiment inexistants (limit&#233;s &#224; quelques pseudo-classes &#224; la syntaxe tr&#232;s limit&#233;e ; les conditions ne se trouvent d'ailleurs pas &#224; l'int&#233;rieur des d&#233;finitions elles-m&#234;mes). On ne peut pas, par exemple, utiliser telle couleur si l'environnement du style est dans telle taille de caract&#232;re, et telle autre couleur si le fond sur lequel il s'applique est de telle couleur. Voici un automatisme que l'on se condamne &#224; r&#233;aliser &#171; &#224; la main &#187;, alors qu'il pourrait &#234;tre pris en charge par les CSS : pla&#231;ons une image au d&#233;but d'un paragraphe ; si cette image est de petite taille, il sera graphiquement avantageux de la faire &#171; habiller &#187; par le texte (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;float&lt;/code&gt;) ; si elle est d'une grande largeur, il faut la sortir du paragraphe et ne pas l'habiller avec le texte, sinon on aurait des lignes trop courtes pour que le texte soit &#233;l&#233;gant (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;display:block&lt;/code&gt;).
&lt;br /&gt;&#8212; Et aucune de ces limitations ne peut &#234;tre r&#233;solue par le recours &#224; Javascript dans les d&#233;finitions des styles, puisqu'il n'est pas pr&#233;vu de d&#233;clencher du javascript depuis les feuilles de style.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est pire : il existe une solution partielle mais puissante. Ce sont les &lt;a href=&#034;http://msdn.microsoft.com/workshop/author/dhtml/reference/properties/behavior_1.asp&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; comportements &#187;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;behaviors&lt;/i&gt;), et les &#171; expressions &#187; de Microsoft Explorer. Les comportements ne semblent pas avoir d&#233;pass&#233; le stade de &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/TR/1999/WD-becss-19990804&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; working draft &#187; du c&#244;t&#233; du W3C&lt;/a&gt; (ao&#251;t 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces particularit&#233;s de Microsoft Explorer sont tr&#232;s utilis&#233;es, bien que peu connues : elles sont habituellement utilis&#233;es pour combler les manquements de ce logiciel &#224; la norme (les webmestres les consid&#232;rent quasiment comme des &#171; hacks &#187; pour faire &#171; salement &#187; ce que Mozilla ferait &#171; proprement &#187;) ! On les utilise pour lui faire accepter un &#171; max-width &#187; ou utiliser la transparence alpha d'une image au format PNG 24. Leur utilisation ne peut malheureusement que se limiter &#224; cela puisque, ces &#233;l&#233;ments n'&#233;tant pas d&#233;finis par une norme (encore une fois : il s'agit visiblement d'&#233;viter &#224; tout prix que les CSS ne ressemblent &#224; un langage de programmation), il ne sont pas int&#233;gr&#233;s et il n'en existe pas d'&#233;quivalent dans les autres navigateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ce propos, il est int&#233;ressant de consulter &lt;a href=&#034;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;une page du CSS Zen Garden&lt;/a&gt;. Je vous invite &#224; afficher de code source de cette page.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pour permettre aux graphistes de d&#233;finir des rendus graphiques diff&#233;rents pour le premier, le second et le troisi&#232;me paragraphe d'un groupe de paragraphes, chaque paragraphe utilise une classe diff&#233;rente (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;class=&#034;p1&#034;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&#034;p2&#034;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&#034;p3&#034;&lt;/code&gt;). Cela parce qu'il n'est pas possible, dans les feuilles de style, d'appeler &#171; le deuxi&#232;me paragraphe par le groupe &#187;, ou bien &#171; le dernier paragraphe &#187;. On a donc une page cod&#233;e pour un usage sp&#233;cifique, usage non g&#233;n&#233;ralisable (que se passe-t-il s'il y a une classe &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&#034;p7&#034;&lt;/code&gt; non pr&#233;vue par le graphiste ?), destin&#233; &#224; contourner une limitation des CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Chaque grande partie du document b&#233;n&#233;ficie d'un identifiant (&#171; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;id&lt;/code&gt; &#187;) unique. Ce qui permet de traiter diff&#233;remment chaque bloc, mais en m&#234;me temps rend les possibilit&#233;s de g&#233;n&#233;ralisation et d'automatisation impossibles. Si CSS Zen Garden change le contenu de ses pages, ou veut ajouter une deuxi&#232;me page d'exemple, tous les CSS doivent &#234;tre red&#233;finis (ce qui n'est vraiment pas l'id&#233;e derri&#232;re les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le code de &lt;a href=&#034;http://csszengarden.com/162/162.css&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la feuille de style&lt;/a&gt; contient d'innombrables doublons, que ce soit pour des d&#233;finitions de marges, mais aussi pour des d&#233;finitions de couleurs. Certes cela aurait pu &#234;tre cod&#233; diff&#233;remment mais, comme indiqu&#233;, la norme pousse assez facilement les webmestres &#224; d&#233;finir diff&#233;rentes classes avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments. Si le code HTML est, lui, tr&#232;s lisible et assez facile &#224; &#171; maintenir &#187;, la feuille de style ne l'est pas (c'est, dans la pratique, une cons&#233;quence tr&#232;s fr&#233;quente de la syntaxe des CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les intertitres, tr&#232;s jolis par ailleurs, sont r&#233;alis&#233;s avec des images (par exemple : &#171; &lt;a href=&#034;http://csszengarden.com/162/req-title.jpg&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Requirements&lt;/a&gt; &#187;. Ces images sont appel&#233;es par les feuilles de style, ce qui permet d'en changer en fonction de chaque feuille de style (les images ne sont pas cod&#233;es directement dans le HTML). Cependant, leur appel est d&#233;fini &#171; &#224; la main &#187; dans la classe de chacun des intertitres. Cette m&#233;thode ne peut absolument pas &#234;tre automatis&#233;e. Or, on pourrait imaginer que la d&#233;finition g&#233;n&#233;rale des intertitres contienne l'appel &#224; un script fabriquant lui-m&#234;me cette image &#224; partir du texte contenu dans l'intertitre (pour &#171; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h3&gt;Requirements&lt;/h3&gt;&lt;/code&gt; &#187;, la d&#233;finition de &#171; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h3&gt;&lt;/code&gt; &#187; pourrait sp&#233;cifier que le fond est une image fabriqu&#233;e par un script transformant le texte en image typographique, &#224; partir du texte compris entre ces balises, c'est-&#224;-dire &#171; Requirements &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces limitations font que, dans la pratique, il est tr&#232;s difficile de r&#233;ellement s&#233;parer le fond et la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Comme le code source de CSS Zen Garden le montre, c'est une d&#233;monstration non g&#233;n&#233;ralisable (pas &#171; exportable &#187;), parce que &lt;i&gt;l'encodage est directement li&#233; &#224; l'effet recherch&#233;&lt;/i&gt;. On a &#224; la fois des lourdeurs (un classe diff&#233;rente pour chaque paragraphe) et des d&#233;finitions compl&#232;tement li&#233;es au contenu de la page (on d&#233;finit le style de tel intertitre ; ce qui, ici, donne l'effet tr&#232;s paradoxal suivant : on peut changer la feuille de style de la page de d&#233;monstration, mais on ne peut pas changer la page de d&#233;monstration elle-m&#234;me ; le syst&#232;me tel qu'il est ainsi con&#231;u, pour un vrai site (au sens : un site avec des contenus diff&#233;rents dans diff&#233;rentes pages), exigerait de d&#233;finir une feuille de style diff&#233;rente pour chaque page du site Web !). On se retrouve souvent face &#224; cette difficult&#233; : il faut r&#233;ellement coder ses pages d'une certaine fa&#231;on pour parvenir &#224; les contr&#244;ler finement avec des CSS ; une page Web vraiment tr&#232;s simple, avec une utilisation tr&#232;s logique et tr&#232;s simple (on pourrait dire &#171; saine &#187;) des classes, sera, justement, difficile &#224; contr&#244;ler tr&#232;s finement avec les CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'utilisation principale de Javascript est le contr&#244;le de l'interactivit&#233;, c'est donc une utilisation graphique. Javascript permet d'ailleurs, d&#233;sormais, d'acc&#233;der simplement et de fa&#231;on tr&#232;s standardis&#233;e, aux &#233;l&#233;ments contenus dans une page (DOM/Javascript). Or, en refusant par principe de lier les CSS et Javascript, on condamne les webmestres &#224; des solutions bancales.
&lt;br /&gt;&#8212; La plupart des effets &#171; de survol &#187; sont cod&#233;s dans les pages HTML par des &#171; onMouseOver &#187; et des &#171; onMouseOut &#187; qui d&#233;clenchent des fonctions Javascript nomm&#233;es dans la page Web ; de fait, on se retrouve une fois de plus &#224; devoir encoder directement l'interactivit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la page Web, plut&#244;t que de faire g&#233;rer cela par les CSS (selon la m&#234;me logique que les &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;:hover&lt;/code&gt; des CSS). Ainsi on constatera que les CSS Zen Garden sont tr&#232;s statiques, puisqu'il n'est pas possible de d&#233;finir des comportements Javascript &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rentes feuilles de style.
&lt;br /&gt;&#8212; Pour &#233;viter l'insertion de code &#224; chaque balise du code, on peut tenter d'&#171; atteindre &#187; en Javascript certaines balises (par exemple, remplacer automatiquement des intertitres &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h3&gt;&lt;/code&gt; par leur image typographique, on se trouve contraint &#224; utiliser &lt;a href=&#034;http://www.shauninman.com/mentary/past/ifr_revisited_and_revised.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;des scripts tr&#232;s lourds&lt;/a&gt; (et, surtout, complexes). &lt;br /&gt;&#8212; Beaucoup d'&#233;l&#233;ments de mise en page peuvent avantageusement profiter de calculs, les dimensions, positions et espacements se d&#233;finissant en fonction des dimensions d'autres &#233;l&#233;ments de la page. L&#224; encore, on est condamn&#233; &#224; des scripts tr&#232;s lourds et inutilement complexes. Voici un exemple de tels &#171; calculs &#187; de mise en pages :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1003 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/lorem-2.html' title='HTML - 15.5 ko' type=&#034;text/html&#034;&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L52xH52/html-c4f78.png?1581558833' width='52' height='52' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Avec Javascript, multicolonnage et multipage&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;(On trouvera une version nettement plus tarabiscot&#233;e de cet effet sur le site de l'&lt;a href=&#034;http://www.iht.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;International Herald Tribune&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette longue explication essaie d'attirer l'attention sur une caract&#233;ristique de la &#171; norme W3C &#187; : une id&#233;e int&#233;ressante, qui r&#233;pond &#224; un besoin certain, mais limit&#233;e par une vision dogmatique de l'informatique. L'id&#233;e que l'on va s&#233;parer tr&#232;s strictement la structuration de l'information (la page Web elle-m&#234;me), le graphisme (la feuille de style CSS) et l'interactivit&#233; (Javascript). S&#233;paration qui ne correspond pas aux besoins r&#233;els du webmestre :
&lt;br /&gt;&#8212; le graphisme ne peut se faire r&#233;ellement sans un minimum de test conditionnels et de calculs ; &lt;br /&gt;&#8212; l'interactivit&#233; et le graphisme sont intimement li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, dans la r&#233;alit&#233; des pages Web, se traduit par des solutions contraires &#224; l'id&#233;e d'origine :
&lt;br /&gt;&#8212; les pages sont encod&#233;es en fonction des besoins des CSS, et non le contraire ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'interactivit&#233; est &#233;galement encod&#233;e &#224; l'int&#233;rieur des pages (l'ergonomie n'est donc pas plus transposable que le graphisme) ;
&lt;br /&gt;&#8212; les CSS sont raremement un mod&#232;le d'&#233;l&#233;gance informatique, avec force redondances et lourdeurs ;
&lt;br /&gt;&#8212; les &#233;ventuels calculs de mise en pages se font &#171; par l'ext&#233;rieur &#187; avec des scripts inutilement lourds, lents et compliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1006 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH266/ALIM019-1cb8d.gif?1581558833' width='400' height='266' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; compliance &#187;sauvage&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Les recommandations s'&#233;tendent m&#234;me &#224; la taille des hotdogs, et l'usage restritif de la balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt; &lt;moutarde&gt; &lt;/code&gt;
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DOM/Javascript, la faute aux webmestres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;voquons maintenant une technologie qui existe, qui est impl&#233;ment&#233;e, qui donne d'excellents r&#233;sultats, mais qui n'est pas tr&#232;s exploit&#233;e... Il s'agit d'exposer non un manque technique ou une limitation dogmatique de la norme, mais un &#233;tat d'esprit assez sid&#233;rant : &#224; force de se focaliser sur le XHTML et le code &#171; compliant &#187;, on perd de vue les possibilit&#233;s int&#233;ressantes du HTML, au profit de Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOM/Javascript est la combinaison de deux techniques : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/DOM/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;DOM&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Document Object Model&lt;/i&gt;, standardise l'acc&#232;s &#224; la structure d'un document ; proche de l'usine &#224; gaz, mais certaines utilisations assez simples sont valables sous tous les butineurs, ce qui permet de &#171; manipuler &#187; les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments d'une page Web sans trop de difficult&#233; ; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Javascript est ce vieux langage ins&#233;r&#233; &#224; l'int&#233;rieur du HTML, et qui s'ex&#233;cute chez le client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;norm&#233;ment de choses r&#233;alis&#233;es aujourd'hui en Flash peuvent &#234;tre faites en HTML gr&#226;ce &#224; cela. Rappelons l'exemple de plusieurs colonnes sur plusieurs pages. On peut aussi r&#233;aliser &lt;a href=&#034;http://vuibert.com/livre1103.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;de petites animations&lt;/a&gt;, ou des animations de grands blocs :&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1004 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/ccs.html' title='HTML - 19.3 ko' type=&#034;text/html&#034;&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L52xH52/html-c4f78.png?1581558833' width='52' height='52' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Animations de grands blocs&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;Une version finalis&#233;e est &lt;a href=&#034;http://www.ccs.sn/-Plumbing-&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;en ligne&lt;/a&gt;.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Une trifouill&#233;e de possibilit&#233;s, qui devraient exciter le graphiste, mais qui se perdent dans des consid&#233;rations techno-centr&#233;es et tristounettes. Alors que le DHTML (Dynamic HTML) avait provoqu&#233; &#233;norm&#233;ment d'exp&#233;rimentations (notamment au niveau des interfaces de navigation) de la part des webmestres, tout en se heurtant &#224; l'&#233;poque &#224; d'impossibles probl&#232;mes de compatibilit&#233;, la g&#233;n&#233;ralisation de DOM/Javascript permet de manipuler directement les styles et, pour les plus courageux, les n&#339;uds de la structure, avec une compatibilit&#233; entre navigateurs assez simple &#224; assurer ; pourtant, hormis un nombre sid&#233;rant de menus d&#233;roulants, le choix premier du graphiste pour animer ses pages et r&#233;aliser des navigations un tant soit peu rigolotes reste Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il voir l&#224; un des dommages collat&#233;raux des interminables pinaillages autour d'une utilisation fadasse du XHTML, les webmestres se retrouvant embringu&#233;s dans des consid&#233;rations interminables sur la &#171; compliance &#187;, plut&#244;t que sur une utilisation ludique et originale de ce qui se fait d&#233;j&#224; ? (La consultation des forums est souvent dramatique : le webmestre qui vient demander un conseil pour ses animations se voit trop souvent imposer un &#171; t'as qu'&#224; faire &#231;a avec CSS et &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;:hover&lt;/code&gt;, tu peux me croire c'est vachement mieux &#8212; le tout tournant g&#233;n&#233;ralement aux consid&#233;rations vaseuses sur MSIE qu'il est pas compliant et des conseils foireux pour des &#171; hacks CSS &#187; pour MSIE 5.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut rapprocher cette partie des limites, &#233;voqu&#233;es ci-dessus, des CSS : ne pouvant g&#233;rer les &#171; &#233;v&#233;nements &#187; (tels que les survols) directement depuis les feuilles de style, le recours intensif aux possibilit&#233;s de DOM/Javascript impose soit de &#171; salir &#187; le code HTML avec une foultitude de &#171; onMouseOver &#187; et autres &#171; onMouseOut &#187; &#8212; ce qui rend la page difficile &#224; maintenir &#8212; ou d'&#171; attaquer &#187; les balises depuis l'ext&#233;rieur de la page &#224; l'aide de scripts tr&#232;s lourds &#8212; &#233;galement difficiles &#224; maintenir, parce que quelques mois plus tard on ne sait plus trop comment ils fonctionnent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons, pour le plaisir du paradoxe, que les possibilit&#233;s de DOM/Javascript, associ&#233;es &#224; certaines caract&#233;ristiques des CSS, telles que les positionnements absolus et les possibilit&#233;s de masquages (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;display: none&lt;/code&gt;), embringuent tr&#232;s facilement les webmestres dans des constructions, impossibles avec les versions pr&#233;c&#233;dentes du HTML, et qui, pour le coup, d&#233;truisent compl&#232;tement l'accessibilit&#233; : informations redondantes (puisqu'affich&#233;es ou masqu&#233;es au besoin), structure non logique (puisque positionnement absolu)... Il y a un aspect pousse-au-crime de DOM/Javascript !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le XHTML n'existe pas...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'erreur la plus courante consiste &#224; confondre, purement et simplement, le XHTML avec l'utilisation des feuilles de style (CSS). Fr&#233;quemment, les arguments en faveur du XHTML se r&#233;sument &#224; pr&#233;senter la souplesse, la puissance, l'accessibilit&#233;... li&#233;es &#224; l'utilisation de styles, en lieu et place des interminables balises qui pr&#233;dominaient auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, et ce point est particuli&#232;rement important ici : les CSS ne d&#233;finissent pas le XHTML. Les CSS s'utilisent parfaitement avec le HTML ; il n'y a rigoureusement aucune innovation en mati&#232;re de CSS li&#233;e &#224; l'adoption du XHTML. Oui, les CSS sont absolument formidables, souples, puissantes... elles rendent des services &#233;patants (je ne d&#233;taille pas) ; mais, non, elles ne sont en rien l'apanage du XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;finit le XHTML par rapport au HTML, c'est l'extensibilit&#233; (&#171; X &#187;=&#171; eXtensible &#187;), ainsi que le d&#233;finit le W3C dans sa &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/TR/xhtml1/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;recommandation de janvier 2000&lt;/a&gt; (oui, &#231;a commence &#224; dater...) : &#171; &lt;i&gt;XHTML 1.0 : The Extensible HyperText Markup Language. A Reformulation of HTML 4 in XML 1.0&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est justement l'inexistence de ces &#171; eXtensions &#187; qui pose aujourd'hui probl&#232;me pour vanter l'int&#233;r&#234;t du XHTML. Aujourd'hui, ce qui existe, c'est du XHTML sans extensions - autrement dit du HTML &#171; reformul&#233; &#187;. Et si l'on se limite &#224; cela, on ne fera que confirmer la tendance de Cool Homepages : pour faire du Web sympa, passage par Flash - ce qui serait particuli&#232;rement dommageable, Flash pr&#233;sentant nombre de d&#233;fauts r&#233;dhibitoires pour assurer une &#233;volution saine du Web (Flash ne faisant pas &#233;voluer le Web vers des habitudes &#171; saines &#187;, telles que : automatismes simples, ouverture aux d&#233;butants, facilit&#233; d'interfa&#231;age avec des logiciels libres, accessibilit&#233; et portabilit&#233;, &#233;changes entre sites, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; CSS Zen Garden. Certes, tout cela est tr&#232;s joli ; mais il faut &#234;tre clair : c'est une tr&#232;s mauvaise (si ce n'est une des pires) fa&#231;on de &#171; vendre &#187; le XHTML : on se contente d'y r&#233;aliser, en XHTML 1.0 Strict, des choses qui sont tout aussi r&#233;alisables en HTML 4 (avec un code quasiment identique, puisque les CSS sont parfaitement utilisables en HTML 4). Le site milite donc pour un HTML propre et simple utilisant les CSS (elles, pas forc&#233;ment propres et simples), mais en aucune mani&#232;re pour un XHTML original (le site n'&#233;voque d'ailleurs pas lui-m&#234;me le XHTML : il met en avant les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En consultant le code source, on fera un constat suppl&#233;mentaire, constat g&#233;n&#233;ralisable &#224; quasiment toutes les pages qui adoptent un &#171; DOCTYPE XHTML 1.0 Strict &#187; : le &#171; content-type &#187; (le type de contenu) est d&#233;fini comme &#233;tant &#171; text/html &#187;. Et non comme du &#171; application/xhtml+xml &#187;, qui est la d&#233;finition d'un contenu XHTML &#171; extensible &#187;. Cela n'est pas interdit, mais comme la &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/TR/xhtml-media-types/xhtml-media-types.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;recommandation du W3C&lt;/a&gt; l'indique, cela limite grandement l'originalit&#233; de ces pages : &#171; &lt;i&gt;The use of &#8220;text/html&#8221; for XHTML SHOULD be limited for the purpose of rendering on existing HTML user agents, and SHOULD be limited to [XHTML1] documents which follow the HTML Compatibility Guidelines.&lt;/i&gt; &#187; Pour qu'une page exploite les extensions du XHTML, elle doit &#234;tre en &#171; application/xhtml+xml &#187; (c'est le cas, d&#233;j&#224;, pour afficher du MathML dans Firefox). De fait, si la syntaxe est bien du XHTML, dans la pratique l'utilisation se limite &#224; une utilisable compatible avec le HTML. C'est donc une utilisation extr&#234;mement limit&#233;e du XHTML, dont les effets, le rendu et les possibilit&#233;s sont parfaitement r&#233;alisables en HTML (avec, d'ailleurs, un code quasiment identique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu perspective plus enthousiasmante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, de plus, semble lourdement influer sur l'&#233;volution des butineurs. Comme nous allons le voir, les d&#233;veloppeurs de butineurs n'ont, pour l'instant, propos&#233; aucune solution utilisable des eXtensions propres au XHTML, et la r&#233;f&#233;rence permanente au CSS Zen Garden pousse &#224; l'adoption quasi exclusive d'une norme d&#233;finie en janvier 2000 (pour le visiteur, du Web &#224; papa, mais avec des feuilles de style). C'est un principe assez habituel des d&#233;veloppements du Web : une norme n'est utilis&#233;e que si les outils existent, et les outils ne se d&#233;veloppement que si la norme est utilis&#233;e ; tant que la r&#233;f&#233;rence est CSS Zen Garden, alors les codeurs d&#233;veloppent en pensant &#171; selon &#187; les besoins de CSS Zen Garden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, sur Cool HomePages, c'est une d&#233;ferlante de sites sous Flash, personne n'imaginant plus qu'on puisse faire des choses sympatoches avec du HTML (et c'est un tort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur les difficult&#233;s du XHTML &#224; s'imposer, revenons un instant sur l'accessibilit&#233;, un des &#233;l&#233;ments les plus importants en sa faveur. Je l'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; &lt;a href='http://www.uzine.net/article1979.html' class='spip_in'&gt;dans un article pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt;, je pense que cela a &#233;t&#233; &#171; vendu &#187; de la pire fa&#231;on possible, sur la base d'une vision dogmatique des normes. La plupart des arguments &#171; contre &#187; le vieux HTML &#233;taient assez syst&#233;matiquement retournables (parce qu'on peut faire du HTML crado mais accessible et du XHTML tr&#232;s compliant et pas du tout accessible). On peut ainsi reprocher au W3C, dans sa &#171; promotion &#187; des normes, d'avoir livr&#233; des &lt;a href=&#034;http://validator.w3.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;validateurs&lt;/a&gt; indignes d'adresser la parole &#224; un &#234;tre humain. Jargoneux et abscons, ces outils ne valident que l'imposition d'une norme dogmatique, sans &#234;tre ce qu'ils devraient &#234;tre : des outils d'aide et de p&#233;dagogie. Pour s'en convaincre, on pourra visiter un &lt;a href=&#034;http://validateur-accessibilite.apinc.org/index.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;validateur d'accessibilit&#233;&lt;/a&gt;, et constater la diff&#233;rence d'&#233;tat d'esprit : conseils, indication du niveau des interventions, ton poli, description des probl&#232;mes pratiques que va rencontrer un mal-voyants... Les masochistes du code peuvent pr&#233;f&#233;rer se faire interpeller par un exp&#233;ditif &#171; This page is not Valid HTML 4.01 Transitional ! &#187; (avec un point d'exclamation).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le son, port&#233; disparu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les grands absents du HTML (et du XHTML) : le son. Faire jouer un fichier musical sur un site Web oblige &#224; utiliser des techniques sp&#233;cifiques et, pour garantir la compatibilit&#233; entre les butineurs, &#224; ne respecter aucune norme connue... Finalement, le simple fait de vouloir diffuser de la musique ou de la radio condamne le webmestre &#224; (pour faire simple) installer une animation Flash dans sa page.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; r&#233;aliser une chose aussi triviale que sonoriser les survols (&#171; bip &#187; quand on survole un bouton), cela n'est r&#233;alisable ni avec les feuilles de style, ni simplement avec DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela va sembler un peu compliqu&#233;, mais le W3C propose une solution : &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/AudioVideo/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;la norme SMIL&lt;/a&gt; (Synchronized Multimedia Integration Language). Voil&#224; qui est int&#233;ressant, d'autant qu'un navigateur grand public est signal&#233; comme capable de comprendre SMIL &#8212; tenez-vous bien &#8212; : Microsoft Explorer ! C&#244;t&#233; Firefox, on ignore si SMIL sera int&#233;gr&#233; avec SVG (la &lt;a href=&#034;http://www.mozilla.org/projects/svg/faq.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;FAQ de Mozilla&lt;/a&gt; semble indiquer que non).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne trouvera donc pas, avant un moment, de sites reposant sur XHTML+SMIL pour produire du son (surtout si Firefox int&#232;gre cela avec autant d'intransigeance que pour MathML &#8212; obligeant &#224; passer en &#171; application/xhtml &#187; &#8212;, ou si Firefox impl&#233;mente SVG sans SMIL, alors que le plug-in Adobe le permettait, ce qui ajouterait encore au difficult&#233;s de d&#233;tection des versions de butineurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut voir dans cette situation un autre volet de la red&#233;finition de la norme (passage &#224; XHTML). Plut&#244;t que de privil&#233;gier la continuit&#233;, la rupture a amen&#233; les d&#233;veloppeurs de butineurs &#224; se lancer dans des d&#233;veloppements &#233;normes, selon des concepts tr&#232;s lourds. Jouer de la musique simplement, chose finalement assez simple si l'on utilise du HTML pas compliant pour deux sous, oblige en XHTML &#224; recourir &#224; des extensions lourdes : lourdes &#224; la fois pour le webmestre, mais surtout pour le d&#233;veloppeur de navigateur qui doit int&#233;grer le fait de jouer un son dans le d&#233;veloppement d'une norme compl&#232;te (SMIL). On peut se r&#233;jouir, en th&#233;orie, de la naissance d'une norme qui permettra des choses tr&#232;s puissantes (pas uniquement faire bip quand on survole un bouton...), mais dans la pratique, il n'est pas possible de faire une chose aussi simple, et la nouvelle orientation privil&#233;gie l'entreprise qui peut aligner une &#233;quipe compl&#232;te d'ing&#233;nieurs &#224; temps plein pour impl&#233;menter la nouvelle norme (devinez...). Ce qui, par rapport au discours habituel autour du XHTML, est assez paradoxal.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vectoriel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les graphismes vectoriels sont une id&#233;e absolument &#233;patante pour le Web. D&#233;finir des graphismes par des coordonn&#233;es offre de nombreux avantages :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; ils sont, &#224; priori, l&#233;gers ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; on peut zoomer ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; surtout : ils sont faciles &#224; fabriquer avec des scripts, ce qui permet de pr&#233;senter, par exemple, des informations techniques (courbes, etc.) &#224; partir d'une base de donn&#233;e ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; tr&#232;s int&#233;ressant &#233;galement : on peut y placer du texte facilement ; de fait, des graphismes vectoriels deviennent des &#233;l&#233;ments de navigation et d'interface ; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; puisque les objets graphiques sont d&#233;finis par des coordonn&#233;es, on peut modifier ces coordonn&#233;es par DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Flash est d'ailleurs, &#224; l'origine, un logiciel d'animation &lt;i&gt;vectorielle&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe justement une norme pour cela : &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/Graphics/SVG/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;SVG, Scalable Vector Graphics&lt;/a&gt;, et elle est absolument enthousiasmante. Quand on a jou&#233; avec SVG, on n'est pas loin de penser que c'est l&#224; tout l'int&#233;r&#234;t du XHTML, et que c'est l&#224; que se trouve l'&#233;volution principale du Web (d'autant que, dans la logique d'Adobe et son SVG Viewer, SVG et SMIL sont li&#233;s). SVG est r&#233;ellement excitant : facile &#224; coder, facile &#224; produire automatiquement (en PHP notamment), dans la logique du HTML (ou, &#233;videmment, du XHTML), contr&#244;lable facilement par Javascript, utilisant intensivement les CSS...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lui seul SVG justifie de passer &#224; XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_1007 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH262/BIZNS090-96f66.gif?1581558833' width='400' height='262' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Des webmestres d&#233;boussol&#233;s !&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Kevin l'avoue lui-m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;avant j'avais deux passions le curling et le XHTML orient&#233; objet, mais &#224; pr&#233;sent, j'ai plut&#244;t envie de trouver une meuf en fait...&lt;/i&gt; &#187;
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais les choses ne sont jamais aussi simples...
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le principal outil Wysiwyg permettant de fabriquer du SVG &#233;tant Adobe Illustrator, SVG est largement per&#231;u comme un fa&#231;on d'ins&#233;rer des images vectorielles dans des pages Web, et non comme un grand &#171; conteneur &#187; multim&#233;dia fabriqu&#233; gr&#226;ce &#224; des automatismes. Ce qui donne des pages d'exemples g&#233;n&#233;ralement assez enquiquinantes &#224; consulter...
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Certaines d&#233;monstrations prouvant que SVG peut produire des animations &#171; fa&#231;on Flash &#187;, l'autre utilisation attendue du SVG est le &#171; Flash killer &#187; (un rempla&#231;ant complet de Flash), ce qui signifie que les graphistes attendent encore un &#233;diteur Wysiwyg, &#224; la fa&#231;on de Flash, avant de s'y mettre. (Macromedia, cr&#233;ateur de Flash, et Adobe, cr&#233;ateur de SVG, venant de fusionner, &#231;a n'est pas demain la veille.) &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; De fait, puisque cela n'a pas l'air bien excitant pour un graphiste (des images vectorielles peu anim&#233;es, ou des animations moins faciles &#224; r&#233;aliser qu'avec Flash), les d&#233;veloppeurs de butineurs ne se sont pas empress&#233;s d'impl&#233;menter cette norme, alors m&#234;me qu'elle est, &#224; mon avis, la principale raison de &#171; passer &#187; &#224; XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous promet pour tr&#232;s bient&#244;t une version de Mozilla Firefox qui int&#232;grerait SVG en standard (et non plus sous forme d'extension que l'utilisateur s'installerait lui-m&#234;me). Tant que, au minimum, Firefox n'aura pas impos&#233; cette utilisation standardis&#233;e de SVG, cette norme restera inexploitable par les webmestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant que SVG est quasiment &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/Graphics/SVG/Roadmap&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;aussi vieux que XHTML&lt;/a&gt; &#8212; septembre 2001 pour la premi&#232;re recommandation officielle du W3C &#8212; il serait peut-&#234;tre temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dingue de maths&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La seule autre eXtension existente qui d&#233;pend de la normalisation XHTML est &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/Math/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;MathML&lt;/a&gt;. Cette norme doit permettre d'afficher des formules math&#233;matiques dans une page Web. C'est une norme tellement ancienne qu'elle est, sauf erreur, ant&#233;rieure au XHTML. Sa derni&#232;re version, &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/TR/MathML2/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;MathML 2.0&lt;/a&gt;, date de f&#233;vrier 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, l&#224; encore, il n'existe pas d'impl&#233;mentation standard de MathML dans les butineurs. Pas m&#234;me Mozilla Firefox. MathML n'est utilisable qu'avec des extensions, &#224; charge pour le visiteur de s'installer les logiciels n&#233;cessaires, ainsi que les polices de caract&#232;res math&#233;matiques. Ce qui n'a rigoureusement rien &#233;vident (ces plug-ins de brouteurs ne permettant pas, d'ailleurs, au webmestre, d'&#234;tre certain que son visiteur pourra ou ne pourra pas afficher les formules de math&#233;matiques, et donc lui proposer une alternative automatiquement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici le principe du serpent XHTML qui se mord la queue : il n'existe pas de butineur grand public permettant d'afficher du MathML &#224; coup s&#251;r, du coup :
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne publie r&#233;ellement des pages contenant du MathML,
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne d&#233;veloppe r&#233;ellement les outils permettant de cr&#233;er du MathML (notamment des traducteurs TeX vers MathML, ceux existants &#233;tant encore tr&#232;s insuffisants pour une utilisation r&#233;elle),
&lt;br /&gt;&#8212; et ainsi les d&#233;veloppeurs de butineurs ne placent pas l'int&#233;gration de MathML dans leurs priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Voici une anecdote qui illustrera mon propos, et qui permettra de faire le lien entre le pr&#233;sent article et l'article &#171; &lt;a href='http://www.uzine.net/article1979.html' class='spip_in'&gt;W3C Go Home&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du d&#233;veloppement de la version 1.8 de SPIP, nous avons introduit un convertisseur de code LaTeX (une fa&#231;on plus r&#233;pandue et plus &#171; humaine &#187; de coder les math&#233;matiques que la syntaxe de MathML) en image : SPIP extrait les formules en LaTeX et les transforme en une image de la formule math&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sireux de rentre le truc plus &#171; Web &#187;, on a tent&#233; de compl&#233;ter cette m&#233;thode par transformation de code LaTeX en MathML, de fa&#231;on &#224; ce que les formules s'ins&#232;rent dans le texte en tant que texte MathML, et non plus en tant qu'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier obstacle : convertir du code LaTeX en MathML. Il existe un grand nombre d'outils, mais tous (absolument tous) sont inachev&#233;s. Cela est assez symptomatique : cela fait des ann&#233;es que MathML est d&#233;fini, mais il n'est pas possible de l'afficher simplement ; ceux qui ont d&#233;velopp&#233; des convertisseurs se sont &#233;reint&#233;s sur des d&#233;veloppements inutilisables dans la pratique. Que ce soit en PHP ou en script sur un serveur, tous les outils ont donn&#233; des r&#233;sultats tr&#232;s incomplets (on trouve m&#234;me un convertisseur en javascript, mais l&#224; c'est encore pire). C'est le serpent qui se mord la queue d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; : pas d'outils pour fabriquer le format donc pas d'impl&#233;mentation dans les navigateurs, pas d'impl&#233;mentation donc pas d'outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, parvenir &#224; afficher, dans un butineur sur lequel on a install&#233; un plug-in MathML, du MathML. C'est l&#224; qu'on constate l'int&#233;grisme des impl&#233;mentations. Sous Mozilla, l'affichage de MathML n'est accept&#233; qu'avec un &#171; content-type &#187; (&#233;voqu&#233; ci-dessus) de type &#171; application/xhtml+xml &#187; ; or, avec ces content-type, Mozilla suit la recommandation aberrante du W3C qui consiste &#224; refuser une page &#224; la moindre erreur de syntaxe HTML (ou plut&#244;t : XHTML) &#8212; merci les enfants. Par ailleurs, ces &#171; content-type &#187; ne sont pas forc&#233;ment accept&#233;s par tous les butineurs grand public ; ces butineurs vous proposent de t&#233;l&#233;charger une telle page Web, et vous demandent avec quelle application l'ouvrir. Le probl&#232;me est contourn&#233; en installant un javascript (un peu lourd par ailleurs) qui analyse la page Web, &#171; isole &#187; les parties en MathML, et permet de tout de m&#234;me les afficher, quel que soit le content-type. Le choix de limiter l'affichage de MathML &#224; un content-type intol&#233;rant n'est donc pas pratique, mais rel&#232;ve d'un choix quasi-id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait (en notant qu'&#224; chacune des &#233;tapes pr&#233;c&#233;dentes, cela fonctionne d&#233;j&#224; couci-cou&#231;a avec des solutions bancales), il faudrait encore pouvoir d&#233;terminer, pour chaque visiteur, s'il a MathML install&#233; sur son butineur (dans ce cas on lui envoie la version en MathML) ou non (dans ce cas on lui envoie la version &#171; image &#187;). Mission impossible : de toute fa&#231;on les installations de MathML sont tellement probl&#233;matiques qu'on a m&#234;me des plug-in install&#233;s dans le butineur, mais sans les polices de caract&#232;res math&#233;matiques, donc un affichage totalement illisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres loufoqueries li&#233;es au charset, mais &#224; la longue, le truc est d&#233;j&#224; b&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc :
&lt;br /&gt;&#8212; une syntaxe qui n&#233;cessite l'utilisation d'outils sp&#233;cifiques pour la cr&#233;er (parce que, contrairement &#224; la syntaxe de LaTeX, la syntaxe de MathML ne permet pas qu'on code une formule de math&#233;matiques &#171; &#224; la main &#187;) ; ces outils sont incomplets, puisque les navigateurs ne permettent pas facilement un affichage (m&#234;me pas un affichage conditionnel : il n'est pas possible de d&#233;terminer si MathML sera affich&#233; correctement ou non) ; &lt;br /&gt;&#8212; la rupture totale d'avec le HTML, pour adopter une version extr&#234;mement restrictive du XHTML strict (l'impl&#233;mentation suit la recommandation du W3C : &#224; la moindre erreur, la page ne s'affiche pas) ; or, puisqu'il est possible de &#171; ruser &#187; avec un peu de javascript, le choix d'un comportement intol&#233;rant aux erreurs n'a rien d'une obligation technique ;
&lt;br /&gt;&#8212; devant autant de limitations, l'impl&#233;mentation de cette norme dans d'autres outils (comme SPIP) est report&#233;e &#224; des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose alors la question suivante : pourquoi a-t-on une telle rupture dans la norme pr&#233;c&#233;dente (c'est le sujet du pr&#233;c&#233;dent article), avec obsolescence programm&#233;e et pinailleuse des tags HTML, alors m&#234;me que les impl&#233;mentations de la nouvelle norme sont soit inexistantes, soit inapplicables en pratique ? La rupture ne concerne donc pas que la &#171; courbe d'apprentissage &#187; &#233;voqu&#233;e dans l'article &#233;voqu&#233;, elle est aussi dans le d&#233;veloppement des outils : l&#224; o&#249; des outils existent pour afficher du MathML &#224; l'int&#233;rieur du vieux HTML (y compris pas tr&#232;s compliant &#8212; MathML est r&#233;ellement un langage de description tr&#232;s ancien), tel que le plugin MathPlayer, les nouvelles impl&#233;mentations respectueuses de la norme limitent l'utilisation &#224; un type de document tr&#232;s intol&#233;rant (nous l'avons signal&#233; : m&#234;me CSS Zen Garden passe un &#171; content-type &#187; qui interdit d'afficher du MathML).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : pas de MathML. (C'est m&#234;me pire : ces traquasseries donnent le r&#233;sultat suivant : la solution la plus simple consiste, en pratique, &#224; d&#233;velopper son site pour Microsoft Explorer sous Windows, en demandant &#224; ses visiteurs d'installer le plug-in MathPlayer. Sauf erreur, c'est exactement l'inverse de ce pourquoi le W3C existe.)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Reprenons. Les recommandations du W3C qui, r&#233;ellement, utilisent l'eXtensibilit&#233; de XHTML et qui repr&#233;sentent un r&#233;el int&#233;r&#234;t pour les webmestres, sont presque aussi anciennes que XHTML ; pourtant, elles ne sont impl&#233;ment&#233;es en standard dans presque aucun des navigateurs de nouvelle g&#233;n&#233;ration (le moins &#224; jour &#233;tant Firefox, qui sert de r&#233;f&#233;rence aux webmestres). Ce qui fait que, dans la pratique, &lt;i&gt;il n'existe pas d'extension du XHTML&lt;/i&gt;, et l'utilisation du XHTML se limite aujourd'hui &#224; ce qu'on peut tout aussi bien r&#233;aliser en HTML.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; pleurer sur les limites des feuilles de style de Microsoft Explorer, c'est passer &#224; c&#244;t&#233; du probl&#232;me. Les butineurs pr&#233;sent&#233;s comme super-compliants (en gros : tous sauf MSIE) n'int&#232;grent pas plus qu'Explorer les normes justifiant le passage au XHTML, normes pourtant d&#233;finies il y a quatre ans. Pour vraiment &#234;tre clair, faire la promotion de XHTML uniquement autour des CSS, c'est nuire &#224; cette norme, qui ne deviendra r&#233;ellement int&#233;ressante pour les webmestres qu'avec SVG, SMIL et MathML. Nuisible, car on d&#233;motive les webmestres avec des consid&#233;rations pinailleuses, dans le but de leur faire coder &#171; proprement &#187; des pages qui, visuellement, peinent &#224; d&#233;passer ce qui se faisait d&#233;j&#224; en 1998 ; nuisible car les d&#233;veloppements de navigateurs (Firefox, Opera, Konqueror/Safari...) tardent franchement &#224; impl&#233;menter ces normes vieilles de plusieurs ann&#233;es ; nuisible enfin parce que le grand public ne se voit jamais exposer l'int&#233;r&#234;t r&#233;el de ces normes pour lui (quel magazine de presse informatique grand public a signal&#233; &#224; ses lecteurs que Opera 8 int&#233;grait SVG en standard).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les polices de caract&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Continuons avec nos lamentations de webmestre malheureux (malheureux puisque, vous l'avez compris, je ne peux pas me r&#233;soudre &#224; faire avec Flash ce que je devrais pouvoir faire en HTML depuis belle lurette). L'autre sujet qui f&#226;che dans le HTML (et, encore une fois, dans le XHTML), c'est qu'il n'existe pas de m&#233;thode normalis&#233;e pour y int&#233;grer des polices de caract&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour un graphiste, le choix de la police de caract&#232;res est l'une des premi&#232;res m&#233;thodes pour cr&#233;er l'ambiance de son site Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, on trouvera des puristes pour assurer que (blah blah blah) le HTML n'est pas fait pour cela. Pour se convaincre du contraire, il suffit de constater que la moiti&#233; des exemples du fameux CSS Zen Garden utilisent des images pour r&#233;aliser les titres et les intertitres (voici &lt;a href=&#034;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un exemple parmi tant d'autres&lt;/a&gt;. L'utilisation d'un style CSS un peu particulier permet de ne pas afficher un &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;img src=...&gt;&lt;/code&gt; dans le code source, mais ce sont bien des fichiers graphiques qui sont utilis&#233;s pour effectuer le rendu typographique si particulier (rien &#224; voir, en tout cas, avec une &#171; beaut&#233; &#187; intrins&#232;que aux CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rayon HTML/XHTML, on ne trouvera aucune norme ni recommandation. Il n'existe, c&#244;t&#233; &#171; fontes embarqu&#233;es &#187;, que des m&#233;thodes tordues &#224; peu pr&#232;s inutilisables et totalement propri&#233;taires. SVG, format vectoriel, permettra-t-il de contourner l'obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas encore un de ces aspects &#233;tonnants des d&#233;veloppements du Web, ax&#233; sur des consid&#233;rations techniques qui &#233;chappent au commun des mortels, au d&#233;triment des besoins simples des webmestres et des graphistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VRML, RIP&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re mise &#224; jour de la page du W3C consacr&#233;e au &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/MarkUp/VRML/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;VRML, Virtual Reality Modeling Language&lt;/a&gt; semble remonter &#224;... avril 1995. Voil&#224; un langage purement et simplement enterr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est tr&#232;s paradoxal : le VRML a &#233;t&#233; tr&#232;s &#224; la mode &#224; une &#233;poque o&#249; les ordinateurs n'&#233;taient pas capables d'afficher avec souplesse et &#233;l&#233;gance des mod&#232;les 3D en temps r&#233;el (c'&#233;tait au si&#232;cle dernier) et o&#249;, surtout, les modems ne permettaient pas de t&#233;l&#233;charger rapidement le moindre fichier VRML (une centaine de kilo-octets, c'&#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;dhibitoire). Aujourd'hui les machines se d&#233;brouillent parfaitement avec des mod&#232;les 3D de fola&#239;e et le haut d&#233;bit rend le t&#233;l&#233;chargement des m&#233;ga-octets une partie de plaisir, pourtant la r&#233;alit&#233; virtuelle ne figure pas du rayon des normalisations prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les mod&#232;les 3D complexes, il existe un besoin plus &#171; automatisable &#187; : les interfaces graphiques. On trouve ainsi, souvent, des animations Flash en fausse 3D (les possibilit&#233;s 3D de Shockwave ont, en revanche, fait long feu) ; et on simule souvent un effet de relief (3D) pour pr&#233;senter une information 2D. Techniques utilisables sur un site Web sans investir dans le d&#233;veloppement d'un concurrent &#224; Doom 3...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dispose d'une norme XML, donc &#224; priori promise &#224; &#234;tre utilisable en XHTML : &lt;a href=&#034;http://www.web3d.org/x3d/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;X3D&lt;/a&gt;. Quant &#224; l'impl&#233;mentation en standard dans un navigateur grand public, &#224; vue de nez vous pouvez attendre la derni&#232;re trilogie Star Wars (&#233;pisodes 7 &#224; 9) pour plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Flash versus XHTML&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai signal&#233; en introduction, Flash est omnipr&#233;sent dans les s&#233;lections de sites &#171; beaux &#187;, et les graphistes y recourent d&#232;s qu'ils veulent r&#233;aliser une ergonomie un tantinet originale. Et la stagnation du HTML depuis quelques ann&#233;es, l'attente interminable de techniques qui n'arrivent toujours pas, devraient encore plus inqui&#233;ter de l'avenir d'une norme ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me en ne se reposant pas sur la promesse de techniques promises mais pas encore exploitables, certains points sauvent le HTML du naufrage. Comprenez bien : le but du pr&#233;sent article n'est pas de comparer le XHTML et Flash (si vous &#234;tes arriv&#233; jusqu'ici, vous avez constat&#233; qu'il n'est pas du tout consacr&#233; aux caract&#233;ristiques de Flash) mais, avant de conclure, de se demander pourquoi Flash n'a pas encore &lt;i&gt;totalement&lt;/i&gt; supplant&#233; un HTML qui peine &#224; &#233;voluer depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'&#233;viter, co&#251;te que co&#251;te, le basculement complet vers Flash. Flash, en effet, n'est pas &#224; m&#234;me d'assurer une &#233;volution du Web vers des habitudes &#171; saines &#187; : les pages sont &#171; ferm&#233;es &#187; (les visiteurs ne peuvent pas apprendre en consultant le fonctionnement intrins&#232;que des autres sites, comme on le fait en consultant le code source du HTML), Flash n'est pas du tout accessible aux mal-voyants et aux non-voyants, Flash est tr&#232;s difficile &#224; interfacer avec des logiciels libres, Flash ne promeut pas les &#233;changes entre les sites, un site r&#233;alis&#233; comme une grosse animation Flash n'est pas indexable et ne propose pas de &#171; portes d'entr&#233;es &#187; permettant de linker de l'ext&#233;rieur des articles sp&#233;cifiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne sont pas ces consid&#233;rations qui, dans la pratique, limitent le d&#233;veloppement de Flash (ce genre d'arguments n'a d'impact que sur un nombre limit&#233; de webmestres &#224; l'&#233;thique jans&#233;niste s&#233;v&#232;re !). Plus prosa&#239;quement :
&lt;br /&gt;&#8212; HTML reste infiniment plus simple que Flash pour publier vite et bien des documents textuels ; et cela, m&#234;me, avec un contr&#244;le typographique plut&#244;t puissant gr&#226;ce aux feuilles de style ; une chose aussi simple que mettre son CV en ligne, avec Flash, est long (pour une entreprise : cher) ; &lt;br /&gt;&#8212; il est beaucoup plus simple de cr&#233;er un site HTML avec des outils de gestion de sites qu'un site Flash ; interfacer Flash &#224; une base de donn&#233;es n'est pas &#224; la port&#233;e de la premi&#232;re bourse venue ; &lt;br /&gt;&#8212; si cela peut para&#238;tre paradoxal, de part ses limitations, HTML tol&#232;re, visuellement, beaucoup mieux les petites approximations graphiques (images mal trait&#233;es, petites erreurs typographiques, placements pas toujours &#233;l&#233;gants des images...) qu'une page Flash o&#249; la &#171; perfection &#187; graphique qu'autorise le format rend les m&#234;mes d&#233;fauts graphiques impardonnables ; dit autrement : l'exigence visuelle que l'on a d'une page Flash fait que l'int&#233;gralit&#233; du site doit, quasiment, &#234;tre r&#233;alis&#233;e par un professionnel, l&#224; o&#249; le HTML r&#233;alis&#233; par des amateurs pourra tout &#224; fait sembler &#171; professionnel &#187;. Cette exigence graphique allourdit encore les co&#251;ts d'un site en Flash ;
&lt;br /&gt;&#8212; un site en Flash repose toujours sur du HTML, du XHTML et/ou du XML pour s'interfacer avec une base de donn&#233;es, fournir un feed RSS, etc. ; de fait, alors qu'on peut parfaitement r&#233;aliser un site tr&#232;s pointu avec le HTML sans d&#233;velopper la moindre comp&#233;tence en Flash ; &#224; l'inverse, un site tr&#232;s pointu en Flash impose d'excellentes comp&#233;tences dans les autres formats. Dans tous les cas, l'apprentissage passe par les formats &#171; texte &#187; ; &lt;br /&gt;&#8212; tout de m&#234;me, l'accessibilit&#233; est un point important pour nombre de webmestres h&#233;r&#233;tiques, ne serait-ce que pour les associations, les administrations et les services publics, qui repr&#233;sentent un volume important des publications en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux autres &#233;l&#233;ments ont beaucoup jou&#233;, &#233;galement, pour continuer &#224; promouvoir un HTML devenu assez plan-plan :
&lt;br /&gt;&#8212; la g&#233;n&#233;ralisation de PHP sur les h&#233;bergements grand public ; une bonne partie de ce que les normes ne font pas (ou pas encore) du c&#244;t&#233; des navigateurs, est r&#233;alis&#233; gr&#226;ce &#224; PHP du c&#244;t&#233; du serveur ; des choses anodines comme le redimensionnement et le placement des images, la cr&#233;ation d'images typographiques, enrichissent consid&#233;rablement les mises en page (permettant d'automatiser ce qu'on faisait &#171; &#224; la main &#187; pr&#233;c&#233;demment, et qui &#233;tait peu viable sur un site aux mises &#224; jour r&#233;guli&#232;res) ; le contr&#244;le des logiciels clients permettent d'affiner ce qui est envoy&#233; au visiteur ; citons aussi les feuilles de style modifi&#233;es avec PHP, pour palier les manques des CSS (changer automatique toutes les couleurs dans une feuille de style, inverser &#171; right &#187; et &#171; left &#187; pour faire fonctionner une m&#234;me feuille de style en affichage &#171; Droite &#224; gauche &#187; comme en arabe...) ;
&lt;br /&gt;&#8212; le d&#233;veloppement des CMS libres a mis &#224; disposition du grand public ces automatismes, permettant le d&#233;veloppement de &#171; gros &#187; sites, enti&#232;rement bas&#233;es sur le HTML (et non sur Flash, le d&#233;veloppeur d'un logiciel libre n'allant pas, par d&#233;finition, privil&#233;gier un format propri&#233;taire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup d'entre nous, c'est de ce c&#244;t&#233; que se sont d&#233;roul&#233;es les &#233;volutions &#171; rigolotes &#187; et excitantes, que l'on peut attendre d'un m&#233;dia jeune comme l'internet, alors que le HTML, lui, n'a pas &#233;volu&#233; dans le m&#234;me temps. Il serait temps que le plaisir de &#171; faire &#187; de l'internet passe aussi par le HTML, comme ce fut si longtemps le cas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nos concitoyens sur internet</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2134.html</link>
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		<dc:date>2005-04-15T08:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que la plupart des m&#233;dias vantaient le oui, alors que la radio publique, avant d'&#234;tre en gr&#232;ve, nous pr&#233;venait du d&#233;luge qui s'abattrait sur les villes et les campagnes en refusant cette merveilleuse Europe que l'on nous pr&#233;pare, alors que le grand manipulateur en chef va, sous l'oeil tendre de sa fille, tenter un dernier saut &#224; l'&#233;lastique tenu en cela par des animateurs n'ayant jamais lu ni Marx ni Tocqueville (au hasard), alors que l'on d&#233;sesp&#232;re des moutons, alors que tout semblait foutu pour (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique160.html" rel="directory"&gt;M&#233;dias alternatifs, information ind&#233;pendante et contre-information&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la plupart des m&#233;dias vantaient le oui, alors que la radio publique, avant d'&#234;tre en gr&#232;ve, nous pr&#233;venait du d&#233;luge qui s'abattrait sur les villes et les campagnes en refusant cette merveilleuse Europe que l'on nous pr&#233;pare, alors que le grand manipulateur en chef va, sous l'oeil tendre de sa fille, tenter un dernier saut &#224; l'&#233;lastique tenu en cela par des animateurs n'ayant jamais lu ni Marx ni Tocqueville (au hasard), alors que l'on d&#233;sesp&#232;re des moutons, alors que tout semblait foutu pour le quidam critique &#224; qui on ne la fait pas, alors que la droite et la gauche faisait la une main dans la main sur la couverture du dernier papier-chiotte, voil&#224; que le grand d&#233;bat qui n'a pas eu lieu sur le petit &#233;cran (TNT ou non), a trouv&#233; refuge sur le web...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'ose y croire et pourtant. On assiste sans doute &#224; une premi&#232;re, en France : oui, on peut supposer que le d&#233;bat qui n'a pas eu lieu sur la Constitution Europ&#233;enne dans l'ar&#232;ne habituelle de l'&#233;cran cathodique, opposant autrefois deux mastodontes cens&#233;s repr&#233;senter deux courants de pens&#233;e, oui, ce d&#233;bat a lieu ailleurs, et sous une forme particuli&#232;rement originale. Figurez-vous que le citoyen connect&#233; &#224; haut-d&#233;bit se permet d'envoyer &#224; son beau-fr&#232;re et par la poste, les arguments glan&#233;s &#231;a et l&#224; sur le net. Le beau-fr&#232;re en question n'a pas d'ordinateur, mais un photocopieur au bureau (ou &#224; la ferme ?) qui lui permet d'en faire autant, non pas de renvoyer la chose au m&#234;me beau-fr&#232;re mais, imaginons un peu, &#224; son cousin, &#224; sa tante. On me l'a dit, j'y crois. Et d'ailleurs, &#224; mon immense surprise, je le vois tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;bat existe, dans la France d'en bas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, la richesse est telle sur le web, l'&#233;change si intense, et la demande grandissante que si l'&#233;conomie nationale avait la m&#234;me dynamique, les Chinois pourraient aller se rhabiller, malgr&#233; les prix du textile et la directive de leur espion infiltr&#233; des Pays-Bas, le fumeux Bolkenstein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le web est devenu, assez soudainement, le meilleur moyen d'&#233;change de points de vue sur un objet politique extr&#234;mement compliqu&#233; et dont on a voulu nous simplifier la compr&#233;hension &#224; travers une absence de d&#233;bat aussi binaire que la techno : oui - non. Dire que l'on prend le citoyen pour un con, c'est manquer de vocabulaire face &#224; un Jack Lang qui croit encore que trois chanteurs aphones et deux acteurs feront l'affaire face au petit peuple de cr&#233;tins qui dit non, comme la poup&#233;e de Polnareff. C'est un peu fort. Le pire, c'est que les m&#233;dias, qui n'ont toujours rien compris, vont chercher ailleurs que dans ce d&#233;bat quotidien et les lectures terriblement ennuyeuses que l'on se voit oblig&#233; de faire, la raison du non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;trait en effet que l'on dit non pour dire non &#224; Chirac et Raffarrin. Oui, bien s&#251;r. Il para&#238;trait que l'on dit non pour dire non &#224; la Turquie. La belle affaire. On dit non pour dire non &#224; la Chine. (je viens d'acheter 10 paires de chaussettes made in France, les derni&#232;res....). On dit non parce que l'on n'a pas compris, oui je le r&#233;p&#232;te : parce qu'on est un peu con. Et pourtant, cette constitution est limpide : n'y voyez-vous pas le bonheur poindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben vraiment, vous &#234;tes des imb&#233;ciles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un prof de droit marseillais vient d'avoir un succ&#232;s extraordinaire : en quelques pages, il nous explique pourquoi le non. C'est limpide, c'est riche, &#231;a &#034;fait sens&#034;. Qu'on nous prive de d&#233;bat sur un m&#233;dia de masse, et l'on ira ailleurs le chercher. La diffusion &#034;virale&#034; qui plaisait tant aux ingurgiteurs du marketing sert dor&#233;navant &#224; ceux qui, loin d'&#234;tre une minorit&#233;, refusent d'&#234;tre embrigad&#233;s dans un combat douteux, o&#249; l'issue serait trop certaine. Ceux qui doutent fouillent ici encore, les partisans du oui affutent d'autres arguments que la menace du d&#233;luge, et ceux du non, enfin, vous savez bien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parier que la r&#233;ponse du grand show m&#233;diatique chiraquien va intensifier le d&#233;bat ailleurs, et que les politiques n'ont pas bien compris que c'est le m&#233;dia-web qui permet, de pair &#224; pair ou d'expert &#224; n&#233;ophyte, de donner des r&#233;ponses &#224; des questions que l'on se pose vraiment. Que l'on continue &#224; croire qu'il est n&#233;cessaire de rabaisser le niveau du d&#233;bat &#224; celui de la t&#233;l&#233;-poubelle, et le niveau montera ailleurs, sur le web. (le web, c'est aussi du papier, qu'on se le dise...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi garder espoir pour la suite des &#233;v&#233;nements...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le portail des copains</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2105.html</link>
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		<dc:date>2004-11-18T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'imagine que les types dans les fanzines des ann&#233;es soixante sont maintenant repus et bedonnants. Ils ont fait fortune dans la presse, en se revendant &#224; des marchands d'armes ou &#224; des pharmaciens. Leurs journaux autrefois tout plein d'une id&#233;ologie libertaire en noir et blanc ou, au mieux, en technicolor bleu ciel 1968, sont maintenant, 3 pages sur 4, peinturlur&#233;es aux jours meilleurs du racolage publicitaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'imagine que les tripatouilleurs des potards oxyd&#233;s des tables de mixages analogiques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique53.html" rel="directory"&gt; Web ind&#233;pendant, Web citoyen&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'imagine que les types dans les fanzines des ann&#233;es soixante sont maintenant repus et bedonnants. Ils ont fait fortune dans la presse, en se revendant &#224; des marchands d'armes ou &#224; des pharmaciens. Leurs journaux autrefois tout plein d'une id&#233;ologie libertaire en noir et blanc ou, au mieux, en technicolor bleu ciel 1968, sont maintenant, 3 pages sur 4, peinturlur&#233;es aux jours meilleurs du racolage publicitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'imagine que les tripatouilleurs des potards oxyd&#233;s des tables de mixages analogiques des ann&#233;es quatre-vingts et des radios-pirates se la coulent douce dans les Cara&#239;bes aujourd'hui m&#234;me en novembre, en regardant leurs portefeuilles boursiers gonfler comme la douce brise qui pousse leurs cata(pas)marans le soir, de retour au lagon. Ces types-l&#224; sont arriv&#233;s au bon moment, avec toujours ce discours que l'on a tous les vingt ans et qui permet, en vendant un peu de r&#233;volution, un peu de r&#234;ve, un peu de technologie ou juste la libert&#233; d'expression, de faire fortune. Et l'&#233;conomie fait le reste, concentration, cession d'actions, participations crois&#233;es, disparition des pas rentables et vogue la gal&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai imagin&#233; il y a quatre ou cinq ans que les premiers &#224; l'ouvrir sur le web auraient un jour leur nom en haut de l'affiche, et que, moi aussi hypocrite, je vivrais avec trois femmes qui n'en sauraient rien, de la vente de mon site, ou d'un autre, peu importe. J'imaginais la gloire, apr&#232;s tout, &#224; la vision de ce qu'avaient fait d'autres imb&#233;ciles &#224; 20 ann&#233;es d'&#233;cart, et en mesurant la faiblesse de leurs technologie par rapport &#224; la n&#244;tre ; le WEB (putain, le WEB !) ; il &#233;tait &#233;vident que l'on allait refaire le monde, et qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne savais pas encore qu'effectivement, on me lirait dans le monde entier, et pas seulement moi, mais des types que je n'ai - pour la plupart - toujours pas rencontr&#233;s mais qui sont, pour certains, des amis. Oui, Lazuly, oui, Guillermito, ah, Troudair, oui, vous &#234;tes des amis. Toi aussi Arno, et ceux qui le voudront aussi. Y'a qu'&#224; faire comme &#224; la t&#233;l&#233;, on est tous des potes. Les disparus du web sont mes amis, les subsistants aussi, on est une bande, un groupe de copains. Bizarrement, les nouveaux venus et leurs blogs &#224; mourir, la mode qui va avec, la vente d'espace de services pr&#233;-dig&#233;r&#233;s et de mise en page pr&#233;cuite me laissent froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rezo caract&#233;risait cette &#233;trange chaleur humaine du net. Quand Laz m'a accueilli le clavier grand ouvert, je vous jure que j'&#233;tais tr&#232;s heureux, m&#234;me si les fen&#234;tres de mon bureau de l'&#233;poque donnaient sur une caserne et qu'on avait tout fait pour me mettre l&#224; en esp&#233;rant que je me barre de moi-m&#234;me disons, sans indemnit&#233;. Alors je r&#234;vais d'un succ&#232;s virtuel, d'un monde de copains qui le referaient comme d'autres dans la radio, d'autres dans la presse. Le portail des copains, c'&#233;tait ma bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne, mon opium du peuple, mon Am&#233;rique &#224; moi, je sais qu'il est trop bien pour moi, comme dit son cousin Gaspard... ? J'imaginais qu'on en ferait quelque chose. J'imaginais, je l'avoue honteux, qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est con, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis l&#224;, 4 ans, 5 ans, 20 ans apr&#232;s. Le portail est toujours l&#224;. Les sites tournent et les b&#233;n&#233;voles pour la plupart font de leur mieux, et le font dr&#244;lement bien. Et puis quoi ? Ben, justement : contrairement aux deux g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes sans compter celle de la radio dans les ann&#233;es trente, contrairement &#224; tous les pronostics, on n'a toujours pas de secr&#233;taire, pas de bureau, un logo central, c'est syndiqu&#233; mais automatiquement. &lt;br class='autobr' /&gt;
On n'a pas fait fortune. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous avoue que souvent je trouve &#231;a pas si mal. On a perdu la partie. On n'a remplac&#233; personne. Les m&#233;gacons sont &#224; la t&#234;te des m&#233;gat&#233;l&#233;s, des m&#233;gajournaux, du m&#233;gapognon. Les m&#233;gacons tiennent internet en vendant du t&#233;l&#233;phone et de la t&#233;l&#233;vision en ligne &#224; haut-d&#233;bit, (imaginez le non-sens de &#231;a, la t&#233;l&#233; sur le net....). Et puis au milieu, ou &#224; c&#244;t&#233;, l&#224;, sur le m&#234;me m&#233;dia, un truc dont on ne voit aucune pub dans le m&#233;tro, la presse, les abribus, le papier-chiotte, T&#233;l&#233;rama ou France-Dimanche, non, personne n'en parle et pourtant, c'est le troisi&#232;me journal de France &#224; &#234;tre ind&#233;pendant apr&#232;s Le Canard et Charlie. On n'a pas fait fortune mais &#231;a tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pas si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : vous noterez bien une pointe d'amertume, oui, c'est par nature mais aussi par d&#233;pit. &#199;a m&#233;riterait qu'on en parle, &#231;a m&#233;riterait de d&#233;border, d'envahir l' &#034;espace public&#034; comme disent les cons. Allez comprendre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apologie du Don &#224; l'&#233;talage</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2086.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.uzine.net/article2086.html</guid>
		<dc:date>2004-07-30T10:34:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>babybrul</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt; (D.A.E) est une pratique de piratage du syst&#232;me marchand qui consiste &#224; d&#233;poser des objets gratuits dans les rayons des commerces, sans autorisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut ainsi, comme le fait la fondation Babybrul, mettre des CD grav&#233;s gratuits dans les bacs des grands disquaires, des brochures photocopi&#233;es gratuites dans les rayons &#171; nouveaut&#233;s litt&#233;raires &#187;, des DVD grav&#233;s ou des K7 vid&#233;os dans les rayons blockbusters, etc. &lt;span style=&#034;position: absolute;left: -43123px;&#034;&gt;&lt;a href = &#034;https://www.uzine.net/IMG/html/espace/&#034;&gt;https://www.uzine.net/IMG/html/espace/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique159.html" rel="directory"&gt;Contenus libres, m&#233;dias alternatifs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L150xH94/arton2086-376cb.jpg?1707112351' width='150' height='94' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt; (D.A.E) est une pratique de piratage du syst&#232;me marchand qui consiste &#224; d&#233;poser des objets gratuits dans les rayons des commerces, sans autorisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut ainsi, comme le fait la fondation Babybrul, mettre des CD grav&#233;s gratuits dans les bacs des grands disquaires, des brochures photocopi&#233;es gratuites dans les rayons &#171; nouveaut&#233;s litt&#233;raires &#187;, des DVD grav&#233;s ou des K7 vid&#233;os dans les rayons blockbusters, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;autoproduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans l'optique de gratuit&#233; du D.A.E, on met de cot&#233; l'aspect rentabilit&#233; &#233;conomique d'une activit&#233; pour envisager plut&#244;t de mani&#232;re critique la circulation du produit de cette activit&#233;. Critique parce qu'on remet en question la distribution commerciale et son efficacit&#233; en posant comme but l'acc&#232;s libre de chacun-e &#224; ce qui est distribu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la musique, cette fa&#231;on non-conventionnelle de distribuer un disque va de pair avec des proc&#233;d&#233;s d'autoproduction favorisant un co&#251;t de prodution plus ou moins &#233;gal &#224; z&#233;ro :&lt;br class='autobr' /&gt;
home studio, gravage de CDR ou copies de K7, pochettes artisanales etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cela s'applique &#233;galement &#224; d'autres domaines comme l'auto-&#233;dition de brochures, de films sur K7 vid&#233;os, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;copyright / copyleft&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt; n'est pas une marque d&#233;pos&#233;e ou une pratique exclusive de la Fondation Babybrul qui la d&#233;veloppe en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le copyright n'a plus lieu d'&#234;tre dans la mesure o&#249; c'est la circulation sans restrictions qui importe, et non l'&#233;change valoris&#233; par l'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce point et sur la question des droits d'auteur, l'alternative permettant de revendiquer une &#339;uvre tout en n'interdisant pas sa reproduction, son utilisation, sa modification, sa propagation est la license libre, dite &lt;i&gt;copyleft&lt;/i&gt;, qui donne aux utilisateurs les m&#234;mes libert&#233;s que celles dont le copyright les privait pour n'en faire b&#233;n&#233;ficier que l'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir, sur les licenses libres, Copyright et Copyleft, par Anne-Laure (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion adapt&#233;e des licenses de logiciels libres est &#233;galement appliqu&#233;e dans les domaines de la cr&#233;ation mat&#233;rielle, la musique, l'image, la vid&#233;o.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en th&#233;orie dans le copyleft il n'est pas exclu de pouvoir distribuer commercialement une &#339;uvre sous cette license.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et parfois cette &#171; philosophie &#187; du libre peut n'&#234;tre appliqu&#233;e qu'en ce qui concerne une circulation immat&#233;rielle et prendre fin d&#232;s qu'il s'agit d'en faire un support physique, de graver un CD ou de publier sur papier quand l'auteur le sp&#233;cifie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;pirates interstitiel-le-s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt; il ne s'agit m&#234;me plus de parler de droits, mais de piratage, un piratage interstitiel. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interstice ici, c'est l'espace-temps des bacs de disquaires, ou des rayons litt&#233;raires quand personne ne les surveille, quand personne n'imagine qu'on peut perdre du temps et de l'argent pour fabriquer des choses gratuites et les d&#233;poser l&#224; sans le demander &#224; personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e du D.A.E est bonne parce qu'elle est interstitielle ; bien que n'&#233;tant pas dans l'int&#233;r&#234;t du capitalisme puisqu'elle exploite le temps et l'espace marchand d'un commerce sans compensation mon&#233;taire, elle n'est pas pr&#233;vue, elle surprend, et elle peut faire exister ce qui jusque l&#224; n'&#233;tait pas imaginable, simplement en inversant et en d&#233;passant la r&#232;gle de base qui fait en sorte que les marchandises sont &#224; leur place dans les rayons comme par magie et que personne n'ose les prendre sans s'acquitter d'un droit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;exp&#233;rimentation et limites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt;, c'est le d&#233;passement du r&#234;ve des &#233;changes marchands et de la circulation des marchandises par leur r&#233;alisation pirate : voir son objet, un peu de soi, son disque, sa b&#233;d&#233;, son texte, son livre dans les rayons des grands magasins accessibles &#224; tous gratuitement comme le dernier des produits convoit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sentiment de jouer &#224; quelque chose de nouveau, d'avoir encore un temps d'avance sur l'&#233;poque, la Culture et la l&#233;gislation [...], de prendre dans le syt&#232;me une place qu'il ne nous a pas donn&#233;, sans rien lui devoir en contre-partie, profiter de son d&#233;veloppement obsc&#232;ne en montrant les limites de ses propres illusions, les limites de la l&#233;galit&#233;, les limites de l'hypocrisie d&#233;mocratique et sa &#8220;libre expression&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je place mon disque dans les bacs de la FNAC c'est comme si je d&#233;tournais l'histoire dans les manuels scolaires. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Extrait de l' Appel &#224; cr&#233;ation de centres de Don &#224; l'&#233;talage &#187;.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi la pratique du D.A.E n'offre pas une alternative absolument efficace &#224; la circulation marchande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a toujours le risque que des vendeur-euse-s enl&#232;vent les objets d&#233;pos&#233;s. Et puis, &#224; moins d'une organisation collective de grande ampleur, cela reste &#224; une &#233;chelle locale. Mais l'int&#233;r&#234;t est dans le cot&#233; &lt;i&gt;Do It Yourself&lt;/i&gt; de la pratique, les petites s&#233;ries de disques, les pochettes artisanales. L'activit&#233; est g&#233;r&#233;e du d&#233;but &#224; la fin, chose dont le capitalisme nous a priv&#233; en nous &#244;tant purement et simplement toutes sortes de moyens de productions pour en faire des industries, avec des machines, des savoirs, des cons&#233;quences s&#233;par&#233;es de notre quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour la Fondation Babybrul les diff&#233;rents &#233;pisodes concernant les op&#233;rations de D.A.E du disque de Fuzzkhan relat&#233;s sur &lt;a href=&#034;http://www.fondation-babybrul.org/dae.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;le site internet&lt;/a&gt; sont aussi &#224; titre d'argumentation d'une critique th&#233;orique et pratique des valeurs pourries qui animent les diff&#233;rents corps institutionnels et priv&#233;s de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela il vaut mieux porter et appliquer directement des principes qui ne posent pas les m&#234;mes barri&#232;res que le capitalisme, barri&#232;res qui sont
&lt;br /&gt;&#8212; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, qui r&#233;duit les choses (et les &#234;tres) non plus &#224; &#234;tre utilis&#233;s mais &#224; &#234;tre poss&#233;d&#233;s, (&#224; remplacer par la propri&#233;t&#233; d'usage qui d&#233;signe un-e propri&#233;taire en fonction de l'utilit&#233; personnelle qu'il/elle a d'un bien)
&lt;br /&gt;&#8212; le m&#233;rite, qui soutient l'id&#233;e de l'appropriation pour le seul profit, et le commerce, qui serait le seul v&#233;ritable lien social qui unit tous les peuples,( annul&#233;s par le don gratuit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi par souci de coh&#233;rence et par peur d'&#234;tre in&#233;vitablement r&#233;cup&#233;r&#233; par une Culture qui se donne trop facilement des airs alternatifs, et qui tol&#232;re la transgression et la critique seulement si elle est int&#233;gr&#233;e aux circuits marchands, que la musique de Fuzzkhan reste gratuite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;ne pas &#171; vivre de son art &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le D.A.E, donc, il n'est pas question de vivre de sa musique, de ses images ou de ses &#233;crits, devenus des objets exploit&#233;s commercialement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela appara&#238;t &#224; certain-e-s comme une des limites de cette pratique qui r&#233;duit par l&#224; une grande partie des &#171; producteurs &#187; &#224; ne jamais esp&#233;rer gagner une ind&#233;pendance dans la cr&#233;ation en r&#233;coltant des fonds ou simplement en revenant sur investissements d'autoproduction m&#234;me minimes pour &#233;voluer mat&#233;riellement, tourner en concert, se d&#233;placer pour exposer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une revendication assum&#233;e par la Fondation Babyrul qui distribue avec cette technique un CD de &lt;a href=&#034;http://www.fondation-babybrul.org/music.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Fuzzkhan&lt;/a&gt; (musique &#233;lectronique - 150 CDR gratuits distribu&#233;s, par D.A.E, mais aussi de main &#224; main, depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2003) et des brochures dont &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fondation-babybrul.org/manifeste_contre_la_culture.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Manifeste contre la Culture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (tir&#233; &#224; 450 exemplaire gratuits pas encore &#233;puis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fuzzkhan le fait de ne pas pouvoir &#171; vivre de son art &#187; n'est pas un probl&#232;me, mais c'est un choix qui va pour lui avec un mode de vie et une &#171; &#233;thique de pirate &#187;, o&#249; la musique n'est pas d&#233;plac&#233;e ou utilis&#233;e hors d'un contexte social, sacralis&#233;e et/ou marchandis&#233;e par le monde de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode de vie assum&#233; c'est une pr&#233;carit&#233; consciencieuse qui lui permet de vivre &#171; sur les poubelles de ce monde &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'habite en squat depuis 3 ans, et je ne travaille plus depuis un peu plus longtemps. Comme j'ai besoin de tr&#232;s peu de moyens financiers pour vivre puisque je ne paye pas de loyer et que je peux me nourrir &#224; moindre frais en faisant des r&#233;cup de march&#233;s et de supermarch&#233;s dans les grandes villes o&#249; je vis, et bien j'arrive toujours &#224; me d&#233;brouiller pour r&#233;aliser mes projets comme je l'entends, sans patrons et sans imp&#233;ratifs autres que ceux que je me fixe librement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faire des CD gratuits ne me revient pas cher, puisque je vole les CDR et que je fais les pochettes avec du mat&#233;riel de r&#233;cup, des boite de cornflakes ou du plastique autocollant orange fluo. Et de toute fa&#231;on faire les d&#233;marches pour trouver un label ou participer &#224; des projets culturels, trouver des subventions et sortir un disque dans le commerce me prendrait plus d'&#233;nergie et d'argent que ce que je met &#224; faire les choses moi-m&#234;me, gratuitement et pour le plaisir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ca me ferait trop chier maintenant de gagner de l'argent avec ce que je fais, d'avoir la contrainte &#8220;professionnelle&#8221;, et tout ce qui va avec, un-e manageur-euse, des dates dans des salles avec des entr&#233;es payantes, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; je n'ai pas de contraintes particuli&#232;res qui pourraient faire de ma vie un enfer entre l'usine et les factures et me pousser &#224; chercher un peu d'oxyg&#232;ne et une vie d'artiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, vraiment, sans avoir de parents qui m'aident financi&#232;rement ni d'aides de l'&#201;tat je vis bien, je m'amuse bien, et j'essaie d'en faire profiter gratuitement les autres, voila. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;l&#233;gislation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue l&#233;gal, il n'y a pas encore de dispositions particuli&#232;res contre le d&#233;p&#244;t d'objets gratuits dans les commerces. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voici un avertissement du responsable s&#233;curit&#233; de la Fnac de Marseille re&#231;ut par Fuzzkhan apr&#232;s des op&#233;rations de &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt; de son disque le 17 octobre 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madame, Monsieur, Nous avons retouv&#233; dans notre magasin Fnac de Marseille au centre Bourse, des disques comportant l'adresse &#224; laquelle je vous &#233;crit. Ces disques, grav&#233;s pour certains d'entre eux, ne nous appartiennent pas. Ils comportent l'&#233;tiquette &#8220;gratuit&#8221; invitant, je suppose, nos clients &#224; emporter ces disques. Vous comprendrez que pour des raisons l&#233;gales concernant le droit de la consommation et impliquant notre responsabilit&#233;, nous ne pouvons en aucune mani&#232;re accepter cette pratique. Ainsi je vous prie de rappeler aux auteurs de ces d&#233;p&#244;ts que cette pratique, malgr&#233; sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, est interdite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre serivce de s&#233;curit&#233; pourra &#224; l'avenir proc&#233;der &#224; l'interpellation des personnes qui s'en rendent coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salutations, M. X, Responsable S&#233;curit&#233; Fnac Marseille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;l'historique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;poser des objets parasites dans les espaces strictement marchands n'est pas une id&#233;e originale de tel ou tel collectif, cela s'est surement d&#233;j&#224; pratiqu&#233; auparavant, m&#234;me si les personnes qui l'ont fait ne l'ont jamais revendiqu&#233; ou n'ont jamais communiqu&#233; leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juilllet 2000 aux &#201;tats-Unis le projet &lt;a href=&#034;http://www.droplift.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Droplift&lt;/a&gt; propose sur internet de t&#233;l&#233;charger un disque du m&#234;me nom, gratuit et sans copyright, avec sa pochette, et de le d&#233;poser chez les disquaires &#224; la lettre &#171; D &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans en avoir connaissance en 2002, Babybrul d&#233;posait des fanzines gratuits dans les bacs &#224; publicit&#233; dans la rue et dans les kiosques &#224; magazines dans le m&#233;tro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Diff&#233;rentes personnes que j'ai rencontr&#233;es m'ont parl&#233; d'id&#233;es qu'elles avaient eut et/ou r&#233;alis&#233;es - sans connaitre le D.A.E - de mettre des choses dans les rayons des supermarch&#233;s ou autres commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel est que cette id&#233;e se r&#233;pande encore, et que tout le monde puisse se l'approprier, pour que le r&#232;gne du commercial perde de sa magie (voir avec beaucoup d'acharnement de son efficacit&#233;) et surtout qu'on arr&#234;te de croire en lui pour donner du sens &#224; tout ce que l'on peut produire/faire/cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Don &#224; l'&#233;talage&lt;/i&gt;, ou peu importe comment on l'appelera d'ailleurs, peut donner du sens &#224; des pratiques en les faisant circuler autrement et d'une mani&#232;re directe, qui n'attend pas d'autorisation d'une quelconque autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien plus excitant comme &#231;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, sur les licenses libres, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://barthes.ens.fr/scpo/Presentations00-01/Dalloz_CopyR_Left.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Copyright et Copyleft&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Anne-Laure Dalloz.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de l' &lt;a href=&#034;http://www.fondation-babybrul.org/#appel&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Appel &#224; cr&#233;ation de centres de Don &#224; l'&#233;talage&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers un monde meilleur ou le &#171; meilleur des mondes &#187; ?</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2022.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.uzine.net/article2022.html</guid>
		<dc:date>2003-11-15T11:28:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Fortin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2001, l'Organisation des Nations unies (ONU) a pris la d&#233;cision d'organiser un Sommet mondial sur la soci&#233;t&#233; de l'information (SMSI). Organis&#233; en deux &#233;tapes, le SMSI doit aboutir lors de sa premi&#232;re phase &#224; l'adoption d'une D&#233;claration de principe et d'un Plan d'action &#224; Gen&#232;ve en d&#233;cembre 2003 qui fera l'objet d'une premi&#232;re &#233;valuation lors de la seconde phase &#224; Tunis en 2005. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif du SMSI est double : organiser un sommet d'un genre nouveau, suppos&#233; pr&#233;figurer la &#171; nouvelle gouvernance mondiale du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique166.html" rel="directory"&gt;Engagement et communaut&#233;s alternatives&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2022-55d07.png?1707112352' width='150' height='100' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2001, l'Organisation des Nations unies (ONU) a pris la d&#233;cision d'organiser un &lt;a href=&#034;http://http://www.itu.int/wsis/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Sommet mondial sur la soci&#233;t&#233; de l'information (SMSI)&lt;/a&gt;. Organis&#233; en deux &#233;tapes, le SMSI doit aboutir lors de sa premi&#232;re phase &#224; l'adoption d'une D&#233;claration de principe et d'un Plan d'action &#224; Gen&#232;ve en d&#233;cembre 2003 qui fera l'objet d'une premi&#232;re &#233;valuation lors de la seconde phase &#224; Tunis en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du SMSI est double :
&lt;br /&gt;&#8212; organiser un sommet d'un genre nouveau, suppos&#233; pr&#233;figurer la &#171; nouvelle gouvernance mondiale du XXIe si&#232;cle &#187; en associant les acteurs politiques, du secteur priv&#233; et de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; dans la prise de d&#233;cision ;
&lt;br /&gt;&#8212; mettre les TIC au service du d&#233;veloppement et, au-del&#224;, d&#233;finir les contours de la &#171; soci&#233;t&#233; de l'information que nous voulons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la premi&#232;re phase du Sommet de Gen&#232;ve, il s'agit ici de proposer &lt;strong&gt;un premier bilan&lt;/strong&gt; du SMSI au regard de ces deux objectifs en insistant plus particuli&#232;rement sur les contours de &#171; la soci&#233;t&#233; de l'information que l'on nous promet &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sommet intergouvernemental m&#226;tin&#233; d'un renforcement des r&#232;gles de participation du secteur priv&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, contrairement &#224; l'ambition affich&#233;e d'un sommet r&#233;ellement tripartite associant tous les &#171; partenaires &#187; sur un &#171; pied d'&#233;galit&#233; &#187;, le caract&#232;re intergouvernemental du SMSI est devenu manifeste d&#232;s son premier comit&#233; de pr&#233;paration (Prepcom1) durant lequel le r&#232;glement du Sommet fut n&#233;goci&#233; &#224; huis clos entre les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la principale innovation du SMSI est d'accorder un r&#244;le in&#233;dit aux entreprises priv&#233;es qui b&#233;n&#233;ficient pour la premi&#232;re fois de la possibilit&#233; de participer en leur nom au sein d'un segment attitr&#233;, celui du &#171; secteur priv&#233; &#187;, tout en &#233;tant repr&#233;sent&#233;es par les organisations non gouvernementales (ONG) qui d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts dans celui de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, les autres ONG, en particulier les ONG militantes et contestataires, sont les moins bien loties. En effet, elles sont noy&#233;es au sein d'un segment &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; fourre-tout, aux contours &#224; la fois mouvants et incertains, en compagnie d'entit&#233;s telles que les officines de production de l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale (autrement appel&#233;es &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;) ou encore des &#233;lus locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cet &#233;chec patent d'une d&#233;mocratisation de la prise de d&#233;cision dans les sommets de l'ONU, c'est avant tout la vision litt&#233;ralement effrayante de la soci&#233;t&#233; de l'information telle qu'elle appara&#238;t dans les projets de r&#233;solutions du SMSI qui doit attirer notre attention.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une vision &#233;triqu&#233;e, partielle et &#233;th&#233;r&#233;e de la Soci&#233;t&#233; de l'information&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En effet, la vision des n&#233;gociateurs du SMSI de la soci&#233;t&#233; de l'information est en premier lieu partielle, &#233;triqu&#233;e et &#233;th&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision partielle parce que de nombreuses questions sont &#224; peine mentionn&#233;es dans les projets de r&#233;solution, &#224; commencer par celles de la concentration des m&#233;dias et plus g&#233;n&#233;ralement de la &lt;i&gt;constitution d'oligopoles priv&#233;s&lt;/i&gt; dans les secteurs de l'information, de la communication, des t&#233;l&#233;communications, de l'informatique, de l'&#233;lectronique grand public et des industries culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision partielle parce que les &lt;i&gt;menaces sur les libert&#233;s individuelles et collectives&lt;/i&gt;, illustr&#233;es de mani&#232;re particuli&#232;rement &#233;loquente par l'exemple du r&#233;seau &#201;chelon, ne sont m&#234;me pas &#233;voqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision &#233;triqu&#233;e parce que c'est au prix d'un engagement sans failles que les ONG militant pour les &lt;i&gt;droits de l'Homme&lt;/i&gt; ont r&#233;ussi &#224; introduire dans l'article premier du projet de d&#233;claration le principe d'une soci&#233;t&#233; de l'information fond&#233;e sur l'universalit&#233; et l'indivisibilit&#233; de tous les droits de l'Homme, civils, politiques, &#233;conomiques, sociaux et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision &#233;triqu&#233;e parce que, plus de vingt ans apr&#232;s les premiers d&#233;bats sur le &#171; &lt;i&gt;droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187; au sein de l'UNESCO, les &#201;tats refusent toujours obstin&#233;ment &#224; reconna&#238;tre un tel droit pourtant consubstantiel au principe d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision &#233;triqu&#233;e parce que les &#201;tats ont longtemps rechign&#233; &#224; mentionner explicitement la D&#233;claration de l'UNESCO sur la &#171; &lt;i&gt;diversit&#233; culturelle&lt;/i&gt; &#187; qu'ils ont pourtant d&#233;j&#224; sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une vision &#233;th&#233;r&#233;e particuli&#232;rement illustr&#233;e par l'absence de pr&#233;occupation r&#233;elle de l'&#233;volution des &lt;i&gt;conditions de travail&lt;/i&gt; dans le contexte du d&#233;veloppement des nouveaux dispositifs de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le d&#233;roulement des n&#233;gociations procure une impression &#224; la fois &#233;trange et particuli&#232;rement d&#233;sagr&#233;able de l'absence de prise en compte de la r&#233;alit&#233; quotidienne des gens dans la d&#233;finition des contours d'une soci&#233;t&#233; de l'information d&#233;sincarn&#233;e qui ne semblent pas avoir grand chose en commun avec le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soci&#233;t&#233; de l'information lib&#233;rale-s&#233;curitaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre fond&#233;e sur les droits de l'Homme et la solidarit&#233;, la soci&#233;t&#233; de l'information promue dans le cadre du SMSI est en r&#233;alit&#233; n&#233;o-lib&#233;rale et s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension s&#233;curitaire appara&#238;t notamment dans le projet d'inculcation d'une &#171; &lt;i&gt;cyberculture de la s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187; aux motifs d'assurer la &#171; s&#233;curit&#233; de l'information &#187; &#8212; mais de quelle &#171; information &#187; parle-t-on ? &#8212;, et de pr&#233;venir des utilisations abusives, criminelles ou terroristes, des r&#233;seaux de communication. Si les pr&#233;occupations de lutte contre de tels &#171; abus &#187; peuvent sembler &#224; premi&#232;re vue l&#233;gitimes, l'instrumentalisation des attentats du 11 septembre &#224; des fins s&#233;curitaires prouve qu'elles sont avant tout des pr&#233;textes pour renforcer la &#171; soci&#233;t&#233; de contr&#244;le &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension n&#233;o-lib&#233;rale de la soci&#233;t&#233; de l'information appara&#238;t &#233;galement de mani&#232;re flagrante dans les n&#233;gociations avec : &lt;br /&gt;&#8212; le refus de soutenir le mod&#232;le des &lt;i&gt;logiciels &#171; libres &#187;&lt;/i&gt; ou &#224; &#171; code source ouvert &#187; d&#233;velopp&#233; dans un esprit de partage et de coop&#233;ration face au mod&#232;le monopolistique de d&#233;veloppement des logiciels propri&#233;taires illustr&#233; par la mainmise de Microsoft sur le march&#233; des logiciels ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'introduction &#224; l'initiative des &#201;tats-Unis d'un article selon lequel la &#171; &lt;i&gt;propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;/i&gt; est essentielle &#224; la soci&#233;t&#233; de l'information &#187;. Cet article insiste &#233;galement sur la n&#233;cessit&#233; de faire appliquer le r&#233;gime actuel des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle tels que d&#233;finis au sein d'instances fortement influenc&#233;es par les groupes de pression industriels comme l'Organisation mondiale de la propri&#233;t&#233; intellectuelle (OMPI) au d&#233;triment de la libre circulation du savoir ;
&lt;br /&gt;&#8212; la promotion r&#233;currente d'une vision de la soci&#233;t&#233; de l'information fond&#233;e sur la &lt;i&gt;trilogie de la r&#233;gulation, du march&#233; et du volontariat&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique : &lt;br /&gt;&#8212; les &lt;i&gt;&#201;tats&lt;/i&gt; sont ainsi convi&#233; &#224; &#171; promouvoir la concurrence &#187; et &#224; &#171; favoriser les investissements du secteur priv&#233; &#187; ;
&lt;br /&gt;&#8212; le &lt;i&gt;secteur priv&#233;&lt;/i&gt; est invit&#233; &#224; &#171; d&#233;velopper les infrastructures, les contenus et les applications dans de bonnes conditions et de fa&#231;on durable &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; la &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;/i&gt; est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le capital pour &#171; l'acceptation de la soci&#233;t&#233; de l'information &#187; et le renforcement du &#171; triangle r&#233;glementation - march&#233;s - valeurs &#187;. Sa mission consistant principalement &#224; lutter pour assurer la survie des &#171; laiss&#233;s-pour-compte &#187; de ladite soci&#233;t&#233; de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soci&#233;t&#233; de l'information in&#233;galitaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du caract&#232;re fondamentalement lib&#233;ral-s&#233;curitaire de la soci&#233;t&#233; de l'information que l'on nous promet, les &#201;tats n'ont pas, du moins officiellement, abandonn&#233; l'ambition de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s et d'appropriation des TIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le projet de Plan d'action comporte &lt;i&gt;des objectifs pr&#233;cis&lt;/i&gt; tels que l'&#233;tablissement d'une connexion dans tous les h&#244;pitaux, dans tous les villages et dans toutes les &#233;coles primaires d'ici 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, loin de r&#233;pondre &#224; l'ambition affich&#233;e de r&#233;duction de la &#171; fracture num&#233;rique &#187;, le mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral de soci&#233;t&#233; de l'information promu dans le cadre du SMSI ne peut au contraire que d&#233;boucher sur l'aggravation des in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s et d'appropriation des TIC. En effet, la cons&#233;quence logique d'un tel mod&#232;le est de concentrer le d&#233;veloppement des infrastructures et des services dans les r&#233;gions les plus industrialis&#233;es, riches et dens&#233;ment peupl&#233;es, au d&#233;triment des zones rurales et pauvres condamn&#233;es &#224; rester &#224; l'&#233;cart sans la mise en ouvre de politiques volontaristes telles que la p&#233;r&#233;quation tarifaire ou encore les obligations de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de proposer des alternatives &#224; un mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral auquel il souscrit largement, le pr&#233;sident de la r&#233;publique du S&#233;n&#233;gal, Abdoulaye Wade, a propos&#233; un &#171; &lt;i&gt;fonds de solidarit&#233; num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187; aliment&#233; par le versement volontaire de la part des acheteurs de mat&#233;riels informatiques (&lt;i&gt;hardware&lt;/i&gt;) d'une contribution allant de un &#224; cinq dollars. Or, ce projet n'est pas satisfaisant pour deux raisons principales : d'abord parce que ce n'est qu'un empl&#226;tre sur une jambe bois en raison des sommes d&#233;risoires qui seraient ainsi r&#233;colt&#233;es comparativement &#224; l'estimation des besoins, surtout parce qu'il confine les pays pauvres dans une position de qu&#233;mandeur dont l'horizon d'attente est strictement born&#233; par leur situation de d&#233;pendance envers la charit&#233; de pays riches toujours plus r&#233;ticents &#224; sortir leur porte-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si le concept de &#171; solidarit&#233; num&#233;rique &#187; pla&#238;t aux pays riches, ces derniers sont n&#233;anmoins hostiles &#224; la cr&#233;ation du nouveau m&#233;canisme de financement propos&#233; par le pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais au motif que ceux d&#233;j&#224; existants sont suffisants et doivent simplement &#234;tre structur&#233;s de mani&#232;re &#224; r&#233;pondre plus efficacement &#224; leur fonction. Plus grave, ces m&#234;mes pays riches sont &#233;galement tr&#232;s r&#233;ticents &#224; toute mention d'objectifs pr&#233;cis et chiffr&#233;s en termes d'aide publique au d&#233;veloppement (APD) ainsi que de r&#233;duction du fardeau de la dette qui &#233;trangle pourtant les pays pauvres et les condamnent &#224; rester dans l'orni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, les r&#233;actions &#224; ce projet de &#171; fonds de solidarit&#233; num&#233;rique &#187; oscille entre un soutien aveugle exprim&#233; par de nombreuses ONG africaines (qui n'ont bien souvent de &#171; non gouvernementales &#187; que le nom) et un profond scepticisme de la part des ONG du secteur des t&#233;l&#233;communications et du d&#233;veloppement face &#224; ce projet dont les contours sont encore tr&#232;s impr&#233;cis au niveau de ses modalit&#233;s de financement et de ses m&#233;canismes de gestion et d'attribution des ressources. Pleinement conscientes des nombreuses lacunes de ce projet de &#171; fonds de solidarit&#233; num&#233;rique &#187;, ces m&#234;mes ONG rappellent par ailleurs que la r&#233;duction de la &#171; fracture num&#233;rique &#187; doit passer par d'autres solutions, &#224; commencer par une r&#233;&#233;valuation du syst&#232;me de r&#233;partition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La taxe de r&#233;partition repr&#233;sente le co&#251;t total d'un appel international entre (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des taxes sur les communications t&#233;l&#233;phoniques au profit des pays pauvres afin de leur permettre de d&#233;gager les moyens n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de leurs infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, conscients du caract&#232;re irr&#233;aliste des ambitions affich&#233;es en mati&#232;re de r&#233;duction de la &#171; fracture num&#233;rique &#187; au regard des solutions pr&#233;conis&#233;es pour les atteindre, les &#201;tats ont jug&#233; plus prudent de pr&#233;ciser que, au motif du caract&#232;re &#171; &#233;volutif &#187; de la soci&#233;t&#233; de l'information, les objectifs ainsi d&#233;finis n'ont qu'&#171; une valeur indicative &#187; et qu'il revient avant tout &#224; chaque pays de d&#233;finir sa propre &#171; strat&#233;gie nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soci&#233;t&#233; de l'information &#171; antid&#233;mocratique &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La dimension &#171; antid&#233;mocratique &#187; de la soci&#233;t&#233; de l'information promue dans le cadre du SMSI appara&#238;t finalement de mani&#232;re plus insidieuse dans la promotion r&#233;currente du mod&#232;le tripartite de prise de d&#233;cision et dans l'incapacit&#233; de r&#233;former la gouvernance de l'internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, fond&#233; sur le principe d'une participation sur un &#171; pied d'&#233;galit&#233; &#187; des &#201;tats, des entreprises priv&#233;es et de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, le &lt;i&gt;mod&#232;le tripartite de prise de d&#233;cision&lt;/i&gt; promu dans le cadre du SMSI conf&#232;re un pouvoir identique aux trois cat&#233;gories d'acteurs susmentionn&#233;es en d&#233;pit des questions de l&#233;gitimit&#233;, de repr&#233;sentativit&#233; et de capacit&#233; &#224; rendre des comptes de chacun d'entre eux. Sous couvert de d&#233;mocratisation de la gouvernance mondiale, ce mod&#232;le aboutit ainsi tr&#232;s concr&#232;tement &#224; une privatisation du processus de prise de d&#233;cision dont le r&#233;sultat consiste en r&#233;alit&#233; &#224; aggraver le caract&#232;re faiblement d&#233;mocratique de ladite gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision antid&#233;mocratique de la soci&#233;t&#233; de l'information est illustr&#233;e de mani&#232;re particuli&#232;rement &#233;loquente dans le d&#233;bat sur la gouvernance de l'internet actuellement assur&#233;e par &lt;i&gt;l'ICANN&lt;/i&gt;, organisme priv&#233; sous juridiction californienne et sous tutelle du D&#233;partement du commerce des &#201;tats-Unis. En effet, le consensus parmi les gouvernements pour reporter toute d&#233;cision au sujet de l'ICANN aboutit ainsi au &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; au b&#233;n&#233;fice des &#201;tats-Unis et au d&#233;triment du multilat&#233;ralisme et de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire face au &#171; meilleur des mondes &#187; de la soci&#233;t&#233; de l'information que l'on nous promet ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;triqu&#233;e, partielle, &#233;th&#233;r&#233;e, in&#233;galitaire et antid&#233;mocratique, la soci&#233;t&#233; de l'information lib&#233;rale-s&#233;curitaire que les &#201;tats essaient de nous vendre sous les atours d'une soci&#233;t&#233; du savoir, cr&#233;ative, conviviale et participative, correspond en r&#233;alit&#233; assez fid&#232;lement au &#171; meilleur des monde &#187; d&#233;crit par Aldous Huxley. Dans son livre visionnaire &#233;crit en 1932, il imagine en effet ce que serait la &#171; dictature parfaite &#187;, c'est-&#224;-dire une dictature douce qui aurait les apparences de la d&#233;mocratie, une prison sans murs de laquelle nul ne songerait &#224; s'&#233;vader. Un syst&#232;me panoptique au sein duquel, gr&#226;ce la consommation et au divertissement, les esclaves auraient &#171; l'amour de leur servitude &#187;... Tel est selon nous le contre-mod&#232;le de soci&#233;t&#233; aujourd'hui promu dans le cadre du SMSI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu d'un tel bilan, &lt;i&gt;quelles strat&#233;gies d'action&lt;/i&gt; les mouvements critiques et contestataires doivent-ils adopter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, on a vu que les organisateurs du SMSI on pris soin de noyer les militants critiques et contestataires au sein d'une soci&#233;t&#233; civile &#171; fourre-tout &#187; et &#224; gom&#233;trie variable sous la double d&#233;pendance des Etats et des acteurs priv&#233;s. Mais cela ne doit pas les emp&#234;cher d'exploiter toutes les opportunit&#233;s qui s'offrent &#224; eux pour proposer leurs alternatives au mod&#232;le dystopique des Etats &#224; partir d'une double strat&#233;gie d'investissement des lieux de pouvoir, comme le SMSI, et de cr&#233;ation d'espaces autonomes de d&#233;bat, de conscientisation et d'action, comme le Forum social europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, il est important de lutter contre un lieu commun abondamment v&#233;hicul&#233; par les m&#233;dias commerciaux - qui sont les premiers b&#233;n&#233;ficiaires du projet de soci&#233;t&#233; de l'information promu au SMSI - selon lequel les mouvements contestataires n'auraient aucune alternative &#224; proposer. L'absence de fondement d'une telle assertion se v&#233;rifie tout particuli&#232;rement dans le contexte du SMSI dont l'objectif officiel est de r&#233;duire la &#171; fracture num&#233;rique &#187;. En effet, les ONG militantes qui participent &#224; ce sommet ont largement d&#233;montr&#233; leur capacit&#233; &#224; proposer &lt;i&gt;des alternatives concr&#232;tes&lt;/i&gt; et parfois chiffr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, l'association fran&#231;aise &lt;a href=&#034;http://www.csdptt.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;CSDPTT&lt;/a&gt; exige notamment :
&lt;br /&gt;&#8212; le retour &#224; un syst&#232;me de tarification par r&#233;partition tel qu'il &#233;tait pratiqu&#233; avant la r&#233;forme de 1998. Dont la plus-value ainsi d&#233;gag&#233;e serait affect&#233;e &#224; un fonds d'investissement africain d&#233;di&#233; &#224; l'infrastructure des r&#233;seaux (Selon les experts &#233;conomiques les plus cr&#233;dibles cette plus-value se situe entre 1 et 2 milliards de dollars par an) ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'arr&#234;t des services de rappel (&#171; call-back &#187;) qui ont d&#233;tourn&#233; plus de 500 millions de dollars par an de revenus aux profit des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res et au d&#233;triment des op&#233;rateurs africains ;
&lt;br /&gt;&#8212; la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; progressive du traffic intra-africain (au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement des infrastructures des r&#233;seaux africains), actuellement assur&#233; &#224; l'ext&#233;rieur du continent et qui co&#251;te aux op&#233;rateurs de ce continents de l'ordre de 400 Millions de dollars par an selon l'UIT ;
&lt;br /&gt;&#8212; ou encore la r&#233;vision, l'actualisation, le regroupement et le re-dimensionnement ad&#233;quat des projets d'infrastructure en cours qui entra&#238;neraient des &#233;conomies d'&#233;chelle importantes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La taxe de r&#233;partition repr&#233;sente le co&#251;t total d'un appel international entre deux pays. Avant janvier 1998, le pays o&#249; &#233;tait factur&#233; l'appel reversait la moiti&#233; de cette taxe au pays receveur. Mais, depuis cette date, la Commission f&#233;d&#233;rale des communications (FCC) am&#233;ricaine a d&#233;cid&#233; unilat&#233;ralement d'abandonner ce syst&#232;me de reversement, au motif que le d&#233;s&#233;quilibre croissant entre le trafic sortant des Etats-Unis et le trafic entrant engendrait pour les op&#233;rateurs am&#233;ricains un d&#233;ficit de plus de 6 milliards de dollars par an. Pour en savoir plus sur ce sujet, lire dans le &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de f&#233;vrier 1999 l'article de Philippe Qu&#233;eau intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1999/02/QUEAU/11618&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Les termes in&#233;gaux des &#233;changes &#233;lectroniques&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est la version &#233;crite d'une communication orale pr&#233;sent&#233;e pour le compte du &#171; Collectif SMSI &#187; dans le cadre du s&#233;minaire du Forum social europ&#233;en (FSE) intitul&#233; &#171; Sommet mondial sur la soci&#233;t&#233; de l'information et d&#233;veloppement : quelles aternatives au dogme n&#233;olib&#233;ral ? &#187;, organis&#233; &#224; Bobigny le jeudi 13 novembre 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Blues du businessman</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2011.html</link>
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		<dc:date>2003-10-06T16:19:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*, Lirresponsable</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans les nombreuses conf&#233;rences et autres communiqu&#233;s de presse complaisants traitant des rapports entre la musique et l'internet, non seulement l'impact du piratage sur les ventes semble une &#233;vidence qui n'est presque plus remise en question (&#171; les gens &#233;changent des fichiers MP3... &#8220;donc&#8221; ils ach&#232;tent moins de disques &#187;), mais surtout deux autres questions tr&#232;s importantes sont carr&#233;ment occult&#233;es : Quel est le lien entre le processus industriel du disque (et notamment le r&#244;le de la maison de disques en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique158.html" rel="directory"&gt; Pratique de l'autopublication&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L101xH150/arton2011-1c799.png?1707112352' width='101' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les &lt;a href=&#034;http://www.foruminternet.org/activites_evenements/lire.phtml?id=57&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;nombreuses conf&#233;rences&lt;/a&gt; et autres communiqu&#233;s de presse complaisants traitant des rapports entre la musique et l'internet, non seulement l'impact du piratage sur les ventes semble une &#233;vidence qui n'est presque plus remise en question (&#171; les gens &#233;changent des fichiers MP3... &#8220;donc&#8221; ils ach&#232;tent moins de disques &#187;), mais surtout deux autres questions tr&#232;s importantes sont carr&#233;ment occult&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quel est le lien entre le processus industriel du disque (et notamment le r&#244;le de la maison de disques en tant qu'agent &#233;conomique) et la cr&#233;ation musicale ? La disparition des agents &#233;conomiques tels que nous les connaissons aujourd'hui implique-t-elle la disparition de la cr&#233;ation musicale (via la disparition des artistes eux-m&#234;mes) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quelle place doit occuper ce processus industriel &#224; l'heure de l'internet ? Qui doit faire quoi ? Qui doit &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233; pour quel service ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions, dans le cadre de la production musicale, sont assez p&#233;nibles &#224; traiter : la confusion est savamment entretenue autour des chiffres, les artistes &#171; sign&#233;s &#187; ont du mal &#224; imaginer une autre fa&#231;on de produire de la musique que celle qui les relie aux majors, le public est satur&#233; d'amalgames r&#233;p&#233;t&#233;s mille fois, d'informations approximatives, et le tout baigne dans une ambiance de passions qui ne facilite ni la r&#233;flexion ni la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent article se propose d'aborder ce sujet en le d&#233;pla&#231;ant dans un secteur de l'industrie culturelle o&#249; les d&#233;bats sont un peu plus calmes : le secteur du livre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie du livre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les questions pr&#233;c&#233;dentes, que les maisons de disque r&#233;pugnent &#224; poser, sont nettement plus faciles &#224; aborder lorsqu'il s'agit du livre. Sans doute parce que la diffusion de livres publi&#233;s par des &#233;diteurs sur l'internet, que ce soit de mani&#232;re l&#233;gale ou ill&#233;gale, n'est pas encore un ph&#233;nom&#232;ne massif (m&#234;me si, par ailleurs, la diffusion d'&#339;uvres litt&#233;raires originales y est omnipr&#233;sente, mais hors cadre marchand).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre en France repr&#233;sente, en 2002, un chiffre d'affaires de 2,4 milliards d'euros (source : Syndicat national de l'&#233;dition). C'est-&#224;-dire &#224; peu pr&#232;s :
&lt;br /&gt;&#8212; deux fois celui du disque,
&lt;br /&gt;&#8212; quatre fois celui du cin&#233;ma,
&lt;br /&gt;&#8212; un cinqui&#232;me de celui de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site du SNE propose &lt;a href=&#034;http://www.sne.fr/info-general/stats2001.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;un tableau r&#233;capitulatif pour l'ann&#233;e 2001&lt;/a&gt;, et les chiffres de 2002 sont tr&#232;s similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve sur les r&#233;seaux de &lt;i&gt;peer to peer&lt;/i&gt; quelques bandes dessin&#233;es au format PDF, g&#233;n&#233;ralement des mangas, et sur des sites personnels, des particuliers proposent des &lt;i&gt;listes d'ouvrages&lt;/i&gt; en vue d'&#233;change ou de troc (g&#233;n&#233;ralement l&#224; aussi de la bande dessin&#233;e). Pour la litt&#233;rature blanche ou noire, quelques particuliers proposent au t&#233;l&#233;chargement des textes classiques (par exemple : &lt;a href=&#034;http://membres.lycos.fr/almasty/faust1.zip&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Faust de Goethe&lt;/a&gt;). C&#244;t&#233; institution, signalons &lt;a href=&#034;http://abu.cnam.fr/index.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'ABU : la Biblioth&#232;que&lt;br class='autobr' /&gt;
Universelle&lt;/a&gt; qui, avec l'aide d'une &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles, num&#233;rise les textes tomb&#233;s dans le domaine public ; enfin c&#244;t&#233; marchand, on trouve foultitude de bouquineries on line, sp&#233;cialis&#233;es dans le livre ancien ou rare, qui publient leur catalogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette raret&#233; de livres num&#233;ris&#233;s disponibles en t&#233;l&#233;chargement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Citons &#224; titre d'exception, les &#233;ditions Mille et une nuits qui proposent des (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et l'aspect extr&#234;mement marginal de l'&#233;change de livres &#171; pirat&#233;s &#187;, on peut comprendre l'absence de grandes diatribes g&#233;n&#233;rales contre l'internet de la part des maisons d'&#233;dition. Cette relative indiff&#233;rence face aux (terribles) menaces pour la cr&#233;ation est &#233;galement due &#224; l'absence de diffusion sur l'internet par les &#233;diteurs eux-m&#234;mes : ces derniers ne fournissent pas de livres au format num&#233;rique, justement par crainte de voir ces fichiers &#233;chang&#233;s par la suite sur le r&#233;seau. On a donc probablement un secteur industriel qui &#233;vite d'explorer de nouveaux moyens de diffusion, par crainte du piratage qui est perturbation du monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons que cette question du &#171; piratage de livres &#187;, si elle est facile &#224; mettre en avant pour se donner &#224; la fois bonne conscience et une bonne image (rendre son combat populaire aupr&#232;s du public et de ses repr&#233;sentants &#233;lus), n'est pas le seul enjeu, car d'autres questionnements, nettement moins gratifiants, attendent les &#233;diteurs passant &#224; la diffusion num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;War against photocopillage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si la situation du livre (peu de copies num&#233;riques) semble tr&#232;s diff&#233;rente de celle du disque (assassin&#233; comme chacun le sait par les graveurs de CD...), il faut se souvenir tout de m&#234;me du glorieux &#233;pisode de la guerre contre le &#171; photocopillage &#187; (on cherche encore comment des gens de lettres ont pu accoucher d'un n&#233;ologisme aussi indigne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, le Syndicat national de l'&#233;dition annonce la baisse des ventes de livres. Le chiffre n'est remis en cause par personne, car annonc&#233; par le SNE lui-m&#234;me ; sachant que le SNE est le syndicat corporatiste des patrons de cette industrie, les chiffres m&#233;ritent d'&#234;tre cit&#233;s avec une certaine r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cause imm&#233;diatement d&#233;sign&#233;e de cette catastrophe : la photocopie ! La presse, avec un go&#251;t inhabituel pour l'investigation, le d&#233;bat critique et la mission citoyenne, reprend sans trop se poser de questions toutes les th&#233;ories du syndical patronal : la photocopie, massive, tue la cr&#233;ation litt&#233;raire en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alibi culturel de l'argumentaire est pourtant tout relatif : en effet, la litt&#233;rature, si elle est la fa&#231;ade m&#233;diatique du secteur de l'&#233;dition, ne repr&#233;sente que 20% de son chiffre d'affaires. De plus la moiti&#233; des ventes (en volume comme en chiffre d'affaires) est r&#233;alis&#233;e par les r&#233;impressions... Ainsi les invit&#233;s de Bernard Pivot repr&#233;sentent moins de 10% du secteur de l'&#233;dition, et sans doute beaucoup moins dans les manques &#224; gagner suppos&#233;s provoqu&#233;s par la photocopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la campagne m&#233;diatique est rondement men&#233;e, avec la mise en avant de la d&#233;fense de la seule cr&#233;ation culturelle. Le tout d&#233;bouchant sur des mesures particuli&#232;rement symboliques en mati&#232;re de d&#233;fense et de promotion de notre identit&#233; culturelle : TVA r&#233;duite sur le livre, taxe sur les photocopies, r&#233;mun&#233;ration au titre du pr&#234;t en biblioth&#232;que&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='LOI n&#176; 2003-517 du 18 juin 2003 relative &#224; la r&#233;mun&#233;ration au titre du pr&#234;t en (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encha&#238;nement tr&#232;s classique : baisse suppos&#233;e des ventes (en tout cas, sur la seule foi des chiffres fournis par les industriels eux-m&#234;mes), mise en avant d'un alibi culturel, d&#233;nonciation d'une hypoth&#233;tique &#171; piraterie &#187; qui tue la culture, finalement obtention d'une s&#233;rie de mesures de subvention, d'aides &#224; la cr&#233;ation et &#224; la diffusion du secteur industriel tout entier au d&#233;triment du contribuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que l'on retrouve d&#232;s 1997 des sp&#233;cialistes de l'Internet sur cette question puisque, lors des &lt;a href=&#034;http://www.isocfrance.org/archives/Documents/Autran97/Cr/copublic.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;rencontres de l'Internet Society &#224; Autrans&lt;/a&gt;, parmi les propositions, figurait celle-ci : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat pourrait mettre sur un serveur la liste compl&#232;te des sources de subventions disponibles pour l'&#233;dition sur l'Internet et proposer un guichet unique afin d'y d&#233;poser un dossier. Il serait possible que la liste des subventions accord&#233;es, ainsi que celle des b&#233;n&#233;ficiaires, soit publi&#233;e. Serait-il concevable, enfin, qu'une fraction significative de ces subventions soit r&#233;serv&#233;e aux nouvelles entreprises ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; une belle mutation soci&#233;tale ! Il est toujours plaisant de constater que la d&#233;fense et la promotion de l'art-qui-n'est-pas-une-marchandise passe syst&#233;matiquement par des taxes nouvelles, des incitations fiscales et des subventions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le prix du livre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de musique, il semble ind&#233;cent de demander pourquoi il faudrait maintenir une industrie aux processus obsol&#232;tes, qui continue &#224; ponctionner un revenu &#233;norme sur la cr&#233;ation, alors que l'internet permet de cr&#233;er de nouveaux circuits de diffusion de cette cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le livre, ces questions ne choquent pas :
&lt;br /&gt;&#8212; le relatif calme de la situation (les ventes de livres progressent tous les ans) autorise &#224; poser ce genre de question ;
&lt;br /&gt;&#8212; entre eux, les &#233;diteurs se les posent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utiliserons ici une donn&#233;e tr&#232;s int&#233;ressante : la d&#233;composition moyenne du prix d'un livre (source : SNE).
&lt;br /&gt;&#8212; auteur : environ 10%,
&lt;br /&gt;&#8212; &#233;diteur : environ 15%,
&lt;br /&gt;&#8212; pr&#233;presse, papier, impression, fa&#231;onnage : environ 20%,
&lt;br /&gt;&#8212; diffusion : environ 8%,
&lt;br /&gt;&#8212; distribution : environ 14%,
&lt;br /&gt;&#8212; d&#233;taillant (libraire) : environ 33%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_867 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH256/composition-9d7b2.gif?1581558834' width='400' height='256' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le client final, ajouter encore une TVA de 5,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces frais sont tr&#232;s variables en fonction du type de livre et du nombre total d'exemplaires vendus. Une partie des frais est fixe ; notamment la fabrication du &#171; prototype &#187; (pr&#233;presse) ; le co&#251;t de cette cr&#233;ation est beaucoup plus &#233;lev&#233; dans certaines cat&#233;gories de livres que d'autres (par exemple, le prototype d'un manuel scolaire scientifique co&#251;te beaucoup plus cher que la composition d'un livre de litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale). La part de ces frais fixes diminue en pourcentage lorsque le tirage augmente (m&#234;me investissement, que le livre se vende &#224; 300 exemplaires ou &#224; 30 000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la logique de l'action de lutte contre le photocopillage, notons qu'il est particuli&#232;rement savoureux de mettre en avant le risque qu'il fait peser sur les seuls auteurs de litt&#233;rature : la litt&#233;rature ne repr&#233;sente que 20% du secteur de l'&#233;dition, la moiti&#233; seulement de ce secteur est consacr&#233;e &#224; la production de nouveaux livres et, l&#224;-dedans, le poids des auteurs en tant qu'agents &#233;conomiques est de 10%. On peut tout aussi bien affirmer que le photocopillage nuit moins aux auteurs de litt&#233;rature qu'une hausse du prix du tabac !&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_870 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH264/PERSO143-8a90b.jpg?1581558834' width='400' height='264' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un sujet qui pr&#233;occupe les Fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Pour Jean-Claude, la crise de l'&#233;dition est principalement due au premier amendement de la constitution de ces putains de yankees. Heureusement le Prix Unique et Jack Lang nous prot&#232;gent.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Une autre bizarrerie semble ne choquer personne. Les frais de fabrication d'un livre ne cessent de baisser. La PAO a r&#233;duit le co&#251;t de la cr&#233;ation du &#171; prototype &#187; dans des proportions &#233;normes, notamment pour les livres &#171; compliqu&#233;s &#187; (ouvrages techniques, livres en couleur, etc.) ; dans le m&#234;me temps, le recours aux services d'ateliers dans des pays en d&#233;veloppement (la mondialisation heureuse en Inde, Afrique du Nord, au Vietnam), facilit&#233; par la baisse des prix de l'informatique, l'acc&#232;s aux comp&#233;tences informatiques et l'&#233;change de fichiers par le r&#233;seau, ont fait chuter les prix de la composition, dans tous les domaines (aussi bien composition &#171; simple &#187;, telle la litt&#233;rature, que la composition plus complexe des ouvrages techniques). Les co&#251;ts de validation du prototype (&#233;preuves num&#233;riques, disparition des &#171; films &#187; d'impression...) baissent constamment. Quant aux frais li&#233;s &#224; l'impression, ils baissent &#233;galement (depuis quelques temps, les co&#251;ts des petits tirages suit une baisse impressionnante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus de fabrication du livre, aussi bien les frais fixes que les frais variables baissent. M&#234;me les frais li&#233;s &#224; l'activit&#233; des &#233;diteurs eux-m&#234;mes baissent, depuis les ann&#233;es 80, avec l'application de techniques de gestion et d'organisation plus efficaces h&#233;rit&#233;es des autres secteurs industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, la plupart des co&#251;ts intervenant dans le prix d'un livre baissent, certains dans des proportions qui n'existent dans aucune autre industrie. Pourtant, le prix des livres n'a pas baiss&#233; (et surtout pas dans ces proportions). On a donc le maintien du revenu fixe de tous les agents &#233;conomiques du livre, alors que tous leurs co&#251;ts diminuent &#233;norm&#233;ment. Le seul acteur dont les co&#251;ts n'ont aucune raison de baisser, c'est l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; notre bizarrerie fort peu morale : malgr&#233; cela, les droits de l'auteur sont toujours les m&#234;mes qu'au d&#233;but du si&#232;cle... C'est le seul intervenant dans la cha&#238;ne du livre dont le revenu n'augmente pas et dont les co&#251;ts ne baissent pas ; tous les autres voient leurs co&#251;ts chuter pendant que leurs revenus sont maintenus constamment. Dit autrement : non seulement ceux qui ach&#232;tent des livres ne profitent pas de la baisse des co&#251;ts de production, surtout le seul acteur auquel le maintien du prix du livre malgr&#233; la baisse des co&#251;ts ne profite pas, c'est l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans vouloir proc&#233;der par une analogie trop rapide, on invitera simplement ici le lecteur &#224; voir si cette &#233;volution n'est pas rigoureusement similaire pour le disque : des co&#251;ts de production en chute libre, les seuls agents &#233;conomiques du syst&#232;me qui n'en profitent pas &#233;tant l'artiste et le client.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avenir d'un processus industriel obsol&#232;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle est celle de l'&#233;mergence d'une nouvelle technique, l'internet, qui permet de remplacer certaines m&#233;thodes des industries culturelles. Pour le dire simplement : un auteur peut diffuser son &#339;uvre de lui-m&#234;me via l'internet, et m&#234;me se faire payer directement par ses lecteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le co&#251;t de cette op&#233;ration est, par exemple, de 0,167 euro par transaction (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, un musicien peut distribuer sa musique en ligne et se faire payer directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons la d&#233;composition du prix d'un livre, et voyons ce que cela donne, rapport&#233; &#224; cette situation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Cr&#233;ation du prototype&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer que la composition et le maquettage d'un livre, que ce soit pour l'internet ou pour le papier, sont des processus identiques, donc que les frais ne changent pas. Dans l'absolu, c'est vrai. Dans la pratique, pas tout &#224; fait : la pr&#233;paration d'un document pour l'internet est nettement moins exigeante que pour l'impression, tant en termes de complexit&#233; des formats, de d&#233;finition n&#233;cessaire, de ma&#238;trise de techniques. N'importe qui peut diffuser des textes illustr&#233;s d'images en couleur sur l'internet ; pr&#233;parer des images en haute d&#233;finition pour la quadrichromie n&#233;cessite encore des comp&#233;tences professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'id&#233;e &#233;tant ici, tout de m&#234;me, de r&#233;percuter une baisse des co&#251;ts aupr&#232;s du client final, on peut admettre que les exigences du client seront moins &#233;lev&#233;es car le produit est vendu nettement moins cher ; et r&#233;aliser une document simplement &#171; propre &#187; co&#251;te beaucoup moins cher qu'un document &#171; professionnel &#187; &#224; la mise en pages extr&#234;mement soign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres frais fixes baissent lors du passage de l'impression au tout num&#233;rique : absence d'&#233;preuves de contr&#244;le imprim&#233;es, pas de cr&#233;ation de films ni de plaques d'impression, absence de machines professionnelles sp&#233;cialis&#233;es co&#251;tant tr&#232;s cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Impression, fa&#231;onnage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les co&#251;ts d'impression et de fa&#231;onnage disparaissent totalement du prix de vente. Ils sont remplac&#233;s par l'h&#233;bergement (comprenant g&#233;n&#233;ralement un forfait de bande passante), pour des prix incomparablement plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pousser le raisonnement plus loin : ces frais sont carr&#233;ment pris en charge par le client lui-m&#234;me. Qu'il imprime le document chez lui ou qu'il grave un CD de musique, il prend sur son propre temps pour r&#233;aliser une op&#233;ration qui &#233;tait auparavant r&#233;alis&#233;e lors du processus industriel, et il utilise le mat&#233;riel qu'il a lui-m&#234;me achet&#233;, avec les &#171; consommables &#187; (encre, papier, support de stockage) qu'il paie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci impose une petite remarque : les solutions destin&#233;es &#224; &#171; soutenir &#187; les industries culturelles sont toutes bas&#233;es sur un syst&#232;me de taxation sur les consommables et l'activit&#233; de reproduction. Il est tr&#232;s amusant de voir que le principe consiste &#224; ponctionner les nouvelles techniques, utilis&#233;es par le client, alors que justement ces techniques rendent inutiles les anciens proc&#233;d&#233;s industriels. Le jour o&#249; ces industries culturelles d&#233;cideront d'utiliser ces nouveaux processus - vente directe en ligne de contenus sans support mat&#233;riel -, le client se trouvera en situation d'acheter le contenu, de r&#233;aliser avec ses propres moyens l'op&#233;ration de reproduction, tout en &#233;tant tax&#233; pour soutenir un processus industriel que cette nouvelle cha&#238;ne &#233;conomique aura totalement rendu obsol&#232;te. Le client se retrouve donc &#224; payer pour soutenir une activit&#233; qu'il effectue lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce point est abord&#233; par Jean-Baptiste Soufron dans &#171; Le peer to peer face &#224; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il semble difficile dans ces conditions d'appeler &#224; une reponsabilisation des pratiques du client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Diffusion, distribution, d&#233;taillant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie &#233;norme du prix du livre (plus de la moiti&#233; de son prix) est rendue totalement injustifi&#233;e d&#232;s lors que l'auteur vend directement &#224; ses lecteurs-clients (ou que l'&#233;diteur en ligne vend directement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste donc la r&#233;mun&#233;ration de l'auteur (10% du prix de vente d'un livre &#171; papier &#187;) et la r&#233;mun&#233;ration de l'&#233;diteur (15%). Math&#233;matiquement, un livre vendu directement sur l'internet, sans support physique, ne devrait plus co&#251;ter que 25% de son prix en librairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le risque d'une analogie encore trop facile, on peut consid&#233;rer que la musique vendue (l&#233;galement) en ligne devrait elle aussi co&#251;ter pr&#232;s de quatre fois moins cher qu'en magasin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que tout le monde se r&#233;jouit du succ&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.apple.com/music/store/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;des ventes en ligne de musique par Apple&lt;/a&gt;, chaque &#171; chanson &#187; &#233;tant tout de m&#234;me vendue 1 dollar (ce qui fait encore bien cher l'album complet), on voit qu'il reste du chemin &#224; faire vers une v&#233;ritable &#171; moralisation &#187; des pratiques commerciales des industriels de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du livre est d'autant plus exemplaire, puisque chacun constate &#224; quel point imprimer le livre chez soi peut &#234;tre plus long et plus cher que l'acheter en librairie. Pourtant, c'est bien le m&#234;me principe lorsque l'on grave un CD : le &#171; client &#187; a lui-m&#234;me r&#233;cup&#233;r&#233; le morceau (tout le circuit de distribution dispara&#238;t), il a achet&#233; le mat&#233;riel de reproduction (il n'y a plus d'industriel pour r&#233;aliser l'op&#233;ration &#224; sa place) et il utilise ses propres &#171; consommables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_871 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH308/Perso403-f3c05.jpg?1581558834' width='400' height='308' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le comble de l'horreur masqu&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Le terrible spectre du photocopillage menace en pleine rue un auteur innocent. [Collection priv&#233;e].
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cela tient de l'&#233;vidence pour le livre : les &#233;diteurs sont bien conscients qu'ils ne pourront pas vendre des livres en ligne sans une division des prix par trois ou quatre. Et qu'ils devront &#233;videmment remonter le pourcentage des droits des auteurs (logiquement, ces droits passeraient &#224; quasiment 50% du prix de vente)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Manuscrit.com reverse des droits d'auteurs &#233;chelonn&#233;s de 25% &#224; 40% &#224; partir de (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;vidence &#233;conomique est certainement l'une des raisons de leur peu d'empressement &#224; investir un tel march&#233; (s'il existe). &#192; moins d'une campagne de communication aussi &#233;hont&#233;e que celle de l'industrie du disque, on ne voit pas ce qui permettrait, de toute fa&#231;on, de convaincre les clients d'une logique inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analyses publi&#233;es au sujet du livre num&#233;rique semblent d'ailleurs se focaliser sur des produits sp&#233;cifiques. On constate cependant que la question du prix est centrale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Le co&#251;t unitaire est beaucoup moins &#233;lev&#233; que celui des versions papier, dans un rapport de un &#224; quatre. Introduit en 1995, le premier CD-Rom de ce type a d'embl&#233;e d&#233;pass&#233; les ventes de la version papier : 100 000 CD-Rom vendus en trois ans (soit une moyenne de 30 000 par an), les ventes annuelles de la version papier &#233;tant pass&#233;es de 20 000 &#224; 5 000 ou 6 000 exemplaires. On voit &#224; la lecture de ces chiffres que le num&#233;rique pourrait &#233;largir de fa&#231;on significative le march&#233; des encyclop&#233;dies et qu'il constitue, dans ce segment, un substitut au livre papier. &#187; Ce m&#234;me rapport aborde le cas exemplaire de 00h00 (maison d'&#233;dition en ligne), mais occulte le probl&#232;me de la r&#233;partition des droits : &#171; On peut citer le cas de 00h00, dont les trois-quarts des commandes enregistr&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent ont port&#233; sur les versions &#233;lectroniques des ouvrages. Le co&#251;t de celles-ci s'&#233;tablit, selon le cas, entre 35 et 70% de celui des versions papier. &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.culture.fr/culture/actualites/rapports/cordier/savoir+2.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Rapport de la commission de r&#233;flexion sur le livre num&#233;rique&lt;/a&gt;, mai 1999)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De fait, tous les &#233;diteurs (nouveaux ou anciens) qui se sont int&#233;ress&#233;s &#224; la vente de livres sans support physique (i.e. sans papier) en ligne ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; cette &#233;pineuse question : &#224; quel prix vendre un livre en ligne ? D'un c&#244;t&#233;, plus grand-chose ne justifie de vendre par exemple un roman &#224; 20 euros, la disparition des frais de fabrication et du circuit commercial ne permettant pas de justifier un prix sup&#233;rieur &#224;, disons, 5 euros ; de l'autre, dans la psychologie suppos&#233;e du lecteur-client, que &#171; vaudrait &#187; un livre vendu aussi peu cher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, cette &#233;vidence ne semble pas exister pour la musique. Le lien entre la vente physique des disques et la r&#233;mun&#233;ration des artistes semble indiscutable, et la remise en cause d'un processus industriel obsol&#232;te est totalement ni&#233;e. Comme si la question ne se posait pas. Comme si elle n'allait jamais se poser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se passer de l'&#233;diteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie pr&#233;c&#233;dente, on a vu qu'au moins 75% des co&#251;ts justifiant le prix du livre &#233;taient rendus injustifiables par une diffusion sur le r&#233;seau. Seule les parties &#171; auteur &#187; (10%) et &#171; &#233;diteur &#187; (15%) rel&#232;vent de &#171; services &#187; qui existent encore (les autres sont remplac&#233;s totalement par l'utilisation du r&#233;seau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons la suite logique : l'auteur se d&#233;barrasse de l'&#233;diteur. Analogie avec le disque : le musicien se d&#233;barrasse de la maison de disques. L'&#233;tat actuel de la technique (et sa simplicit&#233;) rend ce choix d&#233;j&#224; parfaitement possible (et utilis&#233; par certains).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le ma&#238;tre d'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une certaine image des &#233;diteurs est celle de quasi intellectuels lisant des manuscrits et servant de th&#233;rapeutes &#224; des artistes maudits, la r&#233;alit&#233; du m&#233;tier est largement celle d'un ma&#238;tre d'&#339;uvre coordonnant les diff&#233;rents prestataires de service intervenant dans la fabrication d'un produit manufactur&#233; et sa commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'optique d'une diffusion en ligne, nous avons vu que ces prestataires devenaient inutiles. Ce r&#244;le de ma&#238;tre d'&#339;uvre de l'&#233;diteur dispara&#238;t ainsi ; en tout cas, ce qu'il en reste peut &#234;tre assur&#233; par un agent moins gourmand, voire &#234;tre totalement pris en charge par l'auteur (des millions d'individus le font depuis des ann&#233;es, un auteur peut bien s'y mettre dans l'espoir acqu&#233;rir plus d'autonomie, d'ind&#233;pendance, de libert&#233; et m&#234;me, de parts de droits d'auteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;L'entremetteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justification classique du m&#233;tier de l'&#233;diteur (et donc de sa r&#233;mun&#233;ration) est de faire se rencontrer un auteur et son public. Il est utile ici de rappeler le chiffre fourni par le SNE : le tirage moyen d'un livre est de 8 200 exemplaires. Cette moyenne rend compte de situations extr&#234;mement diverses :
&lt;br /&gt;&#8212; la litt&#233;rature tire en moyenne &#224; 10 300 exemplaires ;
&lt;br /&gt;&#8212; les ouvrages techniques, la documentation, les livres de droit, de sciences &#233;conomiques, de sciences humaines... ont des tirages situ&#233;s en moyenne (&lt;i&gt;best sellers&lt;/i&gt; compris) entre 2 500 et 3 500 exemplaires ;
&lt;br /&gt;&#8212; ces tirages sont tir&#233;s &#224; la hausse par une poign&#233;e de &lt;i&gt;best sellers&lt;/i&gt; dans chaque cat&#233;gorie ; ces livres tir&#233;s en dizaines ou centaines de milliers d'exemplaire font monter ce chiffre moyen. L'immense majorit&#233; des 60 000 titres produits chaque ann&#233;e se cantonne &#224; des tirages beaucoup plus modestes (un millier d'exemplaires par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare ces chiffres aux fr&#233;quentations des sites Web, on constate qu'il est nettement plus facile pour un auteur de &#171; toucher son public &#187; via le r&#233;seau qu'au travers d'un livre. Du strict point de vue &#171; culturel &#187; (la diffusion des cr&#233;ations culturelles aupr&#232;s des lecteurs), le choix du &#171; tout internet &#187; se justifie totalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le s&#233;lectionneur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre justification du m&#233;tier d'&#233;diteur r&#233;side dans la s&#233;lection des meilleurs. Toutes les &#339;uvres ne trouvant pas leur public, le r&#244;le de l'&#233;diteur serait, par la s&#233;lection (par sa renomm&#233;e et sa coh&#233;rence), de pr&#233;senter au public un choix d'&#339;uvres qui l'int&#233;ressent ou qui m&#233;ritent de l'int&#233;resser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des si&#232;cles, ce r&#244;le extr&#234;mement gratifiant est cependant critiqu&#233; lorsqu'il s'agit de livres. D'une part, les &#171; erreurs &#187; de jugement des &#233;diteurs font partie des anecdotes que tout le monde raconte (les grands auteurs refus&#233;s partout, les &#339;uvres charcut&#233;es par des &#233;diteurs...). D'autre part, la pr&#233;tention d'une activit&#233; &#233;conomique reposant sur la promotion des &#339;uvres de qualit&#233; est, pour le moins, contredite par la simple visite d'une librairie ou par l'observation des chiffres des ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons Jean-Marc Roberts (&#171; &lt;a href=&#034;http://www.droledepoque.com/n11/entretien.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Entretien avec Jean-Marc Roberts, &#233;diteur&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Dr&#244;le d'&#233;poque&lt;/i&gt;) parlant de son m&#233;tier d'&#233;diteur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Je pensais qu'en tant que conseiller litt&#233;raire ou &#233;diteur dans une maison d'&#233;dition, je pouvais tranquillement imposer mes go&#251;ts, mes choix ; en fait non. M&#234;me si j'y parvenais, je faisais ce travail pour un patron, pour une maison qui m'employait et qui me demandait des r&#233;sultats, mais d'une mani&#232;re beaucoup plus perverse qu'un groupe ou qu'une banque. Stock est effectivement une filiale d'Hachette, mais quand Le Seuil a des comptes &#224; rendre, il les rend &#224; des banquiers, donc &#231;a se rejoint quand m&#234;me. Je parle de perversit&#233; parce que, quand j'&#233;tais &#233;diteur de litt&#233;rature au Seuil, chez Gallimard ou chez Julliard, on me demandait des r&#233;sultats : c'est-&#224;-dire de trouver des livres qui se vendent sans me laisser vraiment la possibilit&#233; de publier des livres qui ne se vendaient pas. Je sch&#233;matise, mais finalement le probl&#232;me est l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'image des maisons de disque, qui est celle de personnages arrivistes, incultes et insupportables, ne fait pas l'objet des m&#234;mes moqueries li&#233;es &#224; de dramatiques erreurs de s&#233;lection, ni &#224; une censure inadmissible. Les maisons de disque ont une mauvaise image, mais l'id&#233;e demeure que le syst&#232;me permettrait globalement de faire conna&#238;tre ce qui doit &#234;tre connu (les bons musiciens finissent par percer, les autres ne sont pas bons) ; &#224; l'inverse les &#233;diteurs seraient des gens cultiv&#233;s, sympathiques et intelligents mais qui sont pass&#233;s &#224; c&#244;t&#233; de Proust. Ainsi le r&#244;le de s&#233;lection par les maisons de disques n'est que rarement remis en cause (&#233;touffer des g&#233;nies m&#233;connus), alors m&#234;me que ce r&#244;le de l'&#233;diteur de livre est constamment critiqu&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Relativisons cependant cette critique : autant le r&#244;le de &#171; bon s&#233;lectionneur (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le camelot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promotion fait &#233;galement partie des justifications du &#171; co&#251;t &#187; des &#233;diteurs. Remarquons encore que la r&#233;alit&#233; des prestations contredit largement cette revendication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les maisons d'&#233;dition ne consacrent que tr&#232;s peu de moyens &#224; cette promotion (quelques encarts dans la presse, puisque la publicit&#233; audiovisuelle est interdite contrairement au disque), de plus celles qui en ont les moyens les consacrent &#224; une partie infinit&#233;simale de leur catalogue (en g&#233;n&#233;ral le poulain pour la course aux concours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promotion commerciale des livres par les maisons d'&#233;dition est dans les faits une partie marginale de leur activit&#233; comptable, et lorsqu'elle existe on peut discuter de son efficacit&#233; pour la grande majorit&#233; des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette promotion est, de plus, traditionnellement largement prise en charge par les auteurs eux-m&#234;mes : si les &#233;diteurs peuvent organiser des &#233;v&#233;nements, le gros de l'investissement se fait sur le temps des auteurs (signatures, conf&#233;rences, pr&#233;sentations...). Chose amusante quand on y songe : voil&#224; encore un co&#251;t, pour l'auteur lui-m&#234;me, qui n'est g&#233;n&#233;ralement pas int&#233;gr&#233; dans le prix du livre, puisqu'un auteur ne se fait pas payer ses nombreuses journ&#233;es de signatures et de pr&#233;sentations, alors qu'un &#233;diteur qui ach&#232;te un encart publicitaire dans la presse r&#233;percutera cet investissement sur le prix du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la tr&#232;s relative efficacit&#233; de la promotion traditionnelle assur&#233;e par les &#233;diteurs, on peut opposer la vitalit&#233; des liens sur le r&#233;seau. Souvent pr&#233;sent&#233; comme &#171; horizontal &#187; (tout se vaut sur le Web, le bon et le m&#233;diocre sont au m&#234;me niveau...), le r&#233;seau dispose en r&#233;alit&#233; d'outils et de m&#233;thodes qui facilitent la mise en avant des &#339;uvres originales par les usagers eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le R&#233;seau permet des choses inconcevables dans l'&#233;dition : il permet &#224; chacun de s'exprimer directement (sans s&#233;lection pr&#233;alable par des entreprises), il permet de construire une renomm&#233;e sur la dur&#233;e (rien de comparable avec un premier roman envoy&#233; au pilon au bout de quelques mois), mais aussi il offre des outils et des m&#233;thodes collectives qui font ressortir les cr&#233;ations originales. Et cela sans aucun frais de promotion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D.I.Y.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec le R&#233;seau, l'int&#233;r&#234;t du recours &#224; un &#233;diteur perd de son &#233;vidence. M&#234;me la mise en place d'une structure de paiement pour assurer la r&#233;mun&#233;ration de l'auteur peut se passer de l'&#233;diteur - dont c'est traditionnellement une des activit&#233;s (les syst&#232;mes de paiement en ligne utilisables directement par des vendeurs ind&#233;pendants se multiplient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander si, face &#224; cette perte totale de l&#233;gitimit&#233; (&#233;conomique et sociale), le chahut organis&#233; par les maisons de disque n'a pas pour but de s'attribuer un nouveau r&#244;le social : celui du &lt;i&gt;pouvoir de nuisance&lt;/i&gt;. En grossissant le trait et en formulant le discours implicite : &#171; Regardez comme nous pouvons faire beaucoup de bruit, regardez comme nous obtenons des subventions, regardez comme nos avocats sont p&#233;nibles : artistes, nous seuls sommes capables de d&#233;fendre vos droits, si vous d&#233;cidez de vous passer de nous, vous ne pourrez plus b&#233;n&#233;ficier de cette force de frappe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un auteur, une nouvelle possibilit&#233; peut d&#233;sormais &#234;tre envisag&#233;e : r&#233;aliser lui-m&#234;me, pour un co&#251;t tr&#232;s faible, son propre document (int&#233;grant la mise en page et la mise en ligne), le diffuser lui-m&#234;me et le vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, il &#233;tait un acteur &#233;conomique dans la vie de son propre ouvrage &#224; hauteur de 10% du prix de vente. Seul, il peut envisager exactement la m&#234;me r&#233;mun&#233;ration, pour lui-m&#234;me, soit en r&#233;ussissant &#224; vendre son livre au m&#234;me prix &#224; 10 fois moins de monde, soit en vendant son livre dix fois moins cher &#224; autant de monde. (&#201;videment, il y a de la marge entre ces deux extr&#234;mes...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se poser ces questions au sujet du livre ne semble pas totalement ind&#233;cent. Curieusement, les m&#234;mes interrogations, au sujet du disque, sont totalement occult&#233;es du champ des possibilit&#233;s. Hors des maisons de disque, point de salut... Qu'est-ce qui justifie pourtant que les artistes confient leurs droits et leur image &#224; des intervenants qui ponctionnent 90% du prix de vente, &#224; l'heure o&#249; un nouveau processus de distribution &#233;merge dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s (c'est-&#224;-dire, soyons r&#233;alistes, l&#224; o&#249; se trouvent les clients solvables qui assurent leur revenu) ? Est-ce que taxer les nouveaux outils de distribution culturelle pour subventionner des proc&#233;d&#233;s industriels obsol&#232;tes r&#233;pond &#224; une logique saine ?&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_872 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L400xH308/Perso409-e97a3.jpg?1581558834' width='400' height='308' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Une note d'espoir&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;L'autoproduction et la libre publication d&#233;clenchent l'enthousiasme de la jeune g&#233;n&#233;ration.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Concluons par un constat qui, s'il pr&#233;serve pour un temps le secteur industriel du livre, minore l'habillage culturel de son autojustification : le principal &#233;l&#233;ment qui limite la distribution totalement d&#233;mat&#233;rialis&#233;e des livres, c'est l'aspect infiniment plus pratique du livre-papier par rapport au livre sans support : non seulement cela revient souvent moins cher que d'imprimer chez soi, de plus le livre reli&#233; est plus pratique qu'un paquet de feuilles A4 reli&#233;es &#224; la va-comme-j'te-pousse dans un atelier de reproduction pour les &#233;tudiants. Ainsi l'existence de l'industrie du livre se justifie essentiellement par la fabrication des produits industriels manufactur&#233;s que sont les livres imprim&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citons &#224; titre d'exception, les &lt;a href=&#034;http://www.1001nuits.com/Nouvelles.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;&#233;ditions Mille et une nuits&lt;/a&gt; qui proposent des textes, du domaine public, en consultation libre et au t&#233;l&#233;chargement, ainsi que les &#233;ditions de l'Eclat avec le &lt;a href=&#034;http://www.lyber-eclat.net/collections/titres.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;lyber&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MCCX0200037L&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;LOI n&#176; 2003-517 du 18 juin 2003&lt;/a&gt; relative &#224; la r&#233;mun&#233;ration au titre du pr&#234;t en biblioth&#232;que et renfor&#231;ant la protection sociale des auteurs : &#171; Art. L. 133-4. - La r&#233;mun&#233;ration au titre du pr&#234;t en biblioth&#232;que est r&#233;partie dans les conditions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1&#176; Une premi&#232;re part est r&#233;partie &#224; parts &#233;gales entre les auteurs et leurs &#233;diteurs &#224; raison du nombre d'exemplaires des livres achet&#233;s chaque ann&#233;e, pour leurs biblioth&#232;ques accueillant du public pour le pr&#234;t, par les personnes morales mentionn&#233;es au troisi&#232;me alin&#233;a (2&#176;) de l'article 3 de la loi n&#176; 81-766 du 10 ao&#251;t 1981 pr&#233;cit&#233;e, d&#233;termin&#233; sur la base des informations que ces personnes et leurs fournisseurs communiquent &#224; la ou aux soci&#233;t&#233;s mentionn&#233;es &#224; l'article L. 133-2 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 2&#176; Une seconde part, qui ne peut exc&#233;der la moiti&#233; du total, est affect&#233;e &#224; la prise en charge d'une fraction des cotisations dues au titre de la retraite compl&#233;mentaire par les personnes vis&#233;es au second alin&#233;a de l'article L. 382-12 du code de la s&#233;curit&#233; sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le co&#251;t de cette op&#233;ration est, par exemple, de 0,167 euro par transaction (soit 1,10 F HT par transaction) pour 1 &#224; 5 000 paiements par trimestre, avec un syst&#232;me de paiement en ligne dont on ne fera pas la publicit&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce point est abord&#233; par Jean-Baptiste Soufron dans &#171; &lt;a href='http://www.uzine.net/article2000.html' class='spip_in'&gt;Le peer to peer face &#224; la logique du droit d'auteur&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manuscrit.com reverse des &lt;a href=&#034;http://www.manuscrit.com/pages_commande/comprendre.asp&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;droits d'auteurs &#233;chelonn&#233;s de 25% &#224; 40%&lt;/a&gt; &#224; partir de 500 exemplaires sur la vente de livres sous forme de fichiers num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Relativisons cependant cette critique : autant le r&#244;le de &#171; bon s&#233;lectionneur &#187; de l'&#233;diteur est critiquable, autant le fait de consid&#233;rer l'&#233;dition comme un secteur soumis &#224; la censure &#233;conomique est une erreur facile. Elle revient g&#233;n&#233;ralement &#224; reporter les limites de la presse, march&#233; aux acteurs peu diversifi&#233;s proposant des produits de masse, sur un secteur, l'&#233;dition, constitu&#233; d'une incroyable diversit&#233; d'acteurs proposant des produits &#224; faible diffusion (un &lt;i&gt;best seller&lt;/i&gt; de l'&#233;dition d&#233;passe rarement, en tirage total, le tirage d'une seule journ&#233;e du quotidien &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes regretter &lt;a href=&#034;http://france.attac.org/site/page.php?idpage=2334&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;avec Attac&lt;/a&gt; que les grands intellectuels altermondialistes courent le risque de ne plus &#234;tre publi&#233;s par Messier et Lagard&#232;re, ou avec l'&#233;diteur ci-dessus que les grosses machines de l'&#233;dition souhaitent publier des livres &#224; fort tirage ; d'un autre c&#244;t&#233;, rien n'interdit &#224; Pierre Bourdieu de cr&#233;er une &#171; petite &#187; maison d'&#233;dition (dans ce secteur, les investissements sont assez peu &#233;lev&#233;s), et de rencontrer un v&#233;ritable succ&#232;s ; et les livres &#171; pour se faire plaisir &#187; sont publi&#233;s par les maisons d'&#233;dition dont c'est le but (sp&#233;cialis&#233;es dans les ouvrages &#224; faible tirage). L'&#233;dition est constitu&#233;e non seulement des grosses entreprises bien connues, mais aussi d'une foule de petites bo&#238;tes plus ou moins sp&#233;cialis&#233;es, d'associations publiant leurs propres livres, et m&#234;me de structures de promotion des livres publi&#233;s &#224; compte d'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation de l'&#233;dition en terme d'ind&#233;pendance et de libert&#233; des auteurs n'a rien de comparable avec l'internet, en revanche la censure &#233;conomique y est quasiment un contresens. Ce secteur se caract&#233;rise par la grande diversit&#233; des acteurs, chacun proposant des solutions adapt&#233;es &#224; une activit&#233; &#233;conomique et sociale. Il n'est pas difficile de trouver un &#233;diteur pour publier &lt;i&gt;Les affres de mon interminable psychanalyse apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de mon chat&lt;/i&gt; (600 pages) ou &lt;i&gt;Les ma&#238;tres du monde sont des l&#233;muriens h&#233;ritiers de la civilisation de M&#251;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>W3C go home !</title>
		<link>http://www.uzine.net/article1979.html</link>
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		<dc:date>2003-09-28T21:42:58Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Une nouvelle sorte d'individus pollue actuellement les forums de discussion de la plan&#232;te ; on ne conna&#238;t pas le nom de leurs chefs mais, par une forme &#233;tonnante de g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e, ils se sont r&#233;pandus partout et passent leur temps &#224; en faire perdre &#224; tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; ce vieux monument qu'est le HTML. Pire : ils pourraient bien d&#233;go&#251;ter tout ceux qui voudraient aujourd'hui &#171; s'y mettre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette secte nouvelle porte plusieurs noms : les adorateurs du W3C Validator, les ayatollahs du XHTML (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique163.html" rel="directory"&gt;Logiciels libres, standards ouverts&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L83xH31/arton1979-9d3cd.gif?1581558834' width='83' height='31' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle sorte d'individus pollue actuellement les forums de discussion de la plan&#232;te ; on ne conna&#238;t pas le nom de leurs chefs mais, par une forme &#233;tonnante de g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e, ils se sont r&#233;pandus partout et passent leur temps &#224; en faire perdre &#224; tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; ce vieux monument qu'est le HTML. Pire : ils pourraient bien d&#233;go&#251;ter tout ceux qui voudraient aujourd'hui &#171; s'y mettre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette secte nouvelle porte plusieurs noms : les adorateurs du &lt;i&gt;W3C Validator&lt;/i&gt;, les ayatollahs du XHTML ou, plus commun&#233;ment : &#171; les ceusses qui sont pas foutus de monter un site Web potable alors ils font chier les autres &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur arme : le &lt;a href=&#034;http://validator.w3.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;W3C Validator&lt;/a&gt;, un outil qui devrait permettre aux webmestres de progresser &#224; leur rythme dans l'apprentissage du HTML, mais que ses adorateurs extr&#233;mistes brandissent comme le diktat supr&#234;me d'une cause sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur bible : les &#171; recommandations &#187; du m&#234;me W3C. L&#224; o&#249; tout &#234;tre normalement constitu&#233; sait ce qu'est une &#171; recommandation &#187;, eux comprennent &#171; exhortation sauvage au strict respect d'une norme absolue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;marquee&gt;&lt;dl class='spip_document_862 spip_documents'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L83xH31/w3c-9cdc0.gif?1581558834' width='83' height='31' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Cette page n'est pas W3C compliant&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/marquee&gt;
&lt;p&gt;Si l'on voulait bien les croire, le HTML &#224; papa serait d&#233;j&#224; mort, supplant&#233; par une nouvelle race de langage, le XHTML, qui lui-m&#234;me devrait bient&#244;t muter vers sa forme ultime, quittant la gangue de sa chrysalide obsol&#232;te dans un processus d&#233;nomm&#233; &#171; Modularisation du XHTML &#187;. Hosanna, mes fr&#232;res, il n'y a de Dieu que Dieu, et XML est son nom, et son fils est modulaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'affreux HTML n'avait pas que des d&#233;fauts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On voudrait donc totalement tuer l'anc&#234;tre HTML, au motif qu'il serait, comment dire&#8230; &#224; chier. Pourtant notre antique langage n'avait pas que des d&#233;fauts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le HTML &#233;tait, avant tout, &lt;i&gt;un langage simple&lt;/i&gt; ; simplifi&#233;, m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; con&#231;u pour &#234;tre utilis&#233;, sur le Web, &#224; la place d'un autre anc&#234;tre, le SGML (&lt;i&gt;Standard Generalized Markup Language&lt;/i&gt;). Le principe du SGML est de d&#233;crire la structure d'un document selon une DTD (&lt;i&gt;Document Type Definition&lt;/i&gt;) qui d&#233;finit les &#233;l&#233;ments logiques autoris&#233;s (on obtient ainsi des fichiers documentaires dot&#233;s d'une &lt;i&gt;structure logique&lt;/i&gt;) ; ensuite, on passe dans une moulinette pour, &#224; partir de r&#232;gles de description de mise en pages, cr&#233;er le r&#233;sultat final, tel que distribu&#233; au lecteur. En SGML on a indiqu&#233; que telle partie du texte &#233;tait un intertitre (la DTD autorise l'existence d'&#233;l&#233;ments logiques d&#233;finis comme &#233;tant des intertitres), on a indiqu&#233; dans une d&#233;finition de style que les intertitres sont pr&#233;sent&#233;s avec un certain espacement avant et apr&#232;s, centr&#233; au milieu de la colonne de texte, dans telle police de caract&#232;re ; le document final pr&#233;sente donc le texte des intertitres, extrait du document SGML, dans cette police et &#224; cette position. Le SGML, pourtant extr&#234;mement puissant et complet, n'est pas si &lt;i&gt;generalized&lt;/i&gt; que &#231;a, puisque quasiment personne ne l'utilise pour produire des documents destin&#233;s au grand public (&#224; part quelques secteurs de l'&#233;dition tr&#232;s sp&#233;cifiques, tels que la production de dictionnaires). Pourquoi ? Parce que c'est imbitable. La documentation de l'outil de PAO FrameMaker SGML doit faire dans les cinq kilos et plus de mille pages ; au point qu'elle ne comporte pas de num&#233;ros de pages pour ne pas effrayer l'utilisateur. Il s'agit pourtant d'un logiciel Wysiwyg&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_863 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L425xH281/PERSO196-e2402.jpg?1581558834' width='425' height='281' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Le HTML c'est pas sorcier&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Dans les cabarets de Berlin, un couple d'hacktivistes hermaphrodites milite pour un retour au HTML prol&#233;tarien.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Donc, &#224; l'origine, on rompt avec le SGML, on en extrait quelques balises rudimentaires, la fa&#231;on dont chaque balise est interpr&#233;t&#233;e est elle-m&#234;me rudimentaire et directement int&#233;gr&#233;e dans les logiciels clients (navigateurs Web). R&#233;sultat : c'est facile (et plut&#244;t amusant) &#224; apprendre, on fait des progr&#232;s tr&#232;s rapidement, on n'a pas besoin d'un treuil hydraulique pour soulever la documentation, et &#231;a tourne sur des machines peu puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons que le XHTML devrait &#233;voluer, sous l'impulsion du W3C, vers un retour aux sources, non du HTML, mais du SGML. On lui souhaite plus de succ&#232;s aupr&#232;s des millions de gens qui font d&#233;j&#224; leur site &#224; leur sauce HTML, que FrameMaker SGML n'en a rencontr&#233; aupr&#232;s des utilisateurs de la PAO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le HTML est &lt;i&gt;un langage tol&#233;rant&lt;/i&gt;, qui accepte les erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses origines, le HTML tol&#232;re les erreurs de ceux qui le codent. Cela pour deux raisons fondamentales, objectives, qui ont d&#233;fini ses principes de base.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Compatibilit&#233;s ascendante et descendante&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Un document HTML r&#233;alis&#233; &#224; une certaine &#233;poque pour une certaine g&#233;n&#233;ration de butineurs reste consultable plusieurs ann&#233;es plus tard avec les butineurs plus r&#233;cents. C'est la compatibilit&#233; ascendante : vous pouvez visiter un site con&#231;u en 1995 pour &#234;tre affich&#233; par Mosa&#239;c avec la toute derni&#232;re version de Mozilla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, un document HTML r&#233;cent doit pouvoir &#234;tre lu avec un logiciel plus ancien. Cela est vrai dans une large mesure (nous reviendrons sur les points particuliers). Si vous d&#233;veloppez un site en v&#233;rifiant votre r&#233;sultat avec Mozilla, il sera, du point de vue du HTML, consultable avec Lynx (client Web en mode texte). Pour imaginer l'exploit que cela repr&#233;sente, essayez simplement d'ouvrir un document produit par Word 2002 avec Word 97.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Interop&#233;rabilit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Un document HTML ne doit pas &#234;tre li&#233; &#224; un logiciel ou &#224; une machine, mais consultable sur toutes les machines avec tous les logiciels remplissant un certain nombre de conditions minimales. Par exemple, la pr&#233;sente page s'affiche de mani&#232;re tr&#232;s graphique sous Mozilla ou Microsoft Explorer, mais peut &#234;tre consult&#233;e en mode texte (Lynx) sur une vieille machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux exigences (qui font partie de la d&#233;finition initiale du HTML) sont atteintes gr&#226;ce &#224; une r&#232;gle simple : &lt;i&gt;le navigateur se contente d'ignorer ce qu'il ne comprend pas&lt;/i&gt;. Si l'on utilise des balises dernier cri dans une page Web, elles seront purement et simplement ignor&#233;es par les logiciels qui ne les comprennent pas ; de cette fa&#231;on l'information contenue dans la page est tout de m&#234;me parfaitement disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le HTML est un langage extr&#234;mement tol&#233;rant, puisque si le webmestre commet une erreur, s'il exp&#233;rimente une nouvelle balise qui n'est pas comprise par le butineur, rien de catastrophique ne se produit : la page s'affiche tout de m&#234;me et son ordinateur ne l'insulte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, par exemple, &#224; l'inverse d'une imprimante PostScript qui s'arr&#234;te en indiquant &#171; erreur PostScript &#187; ; ou la compilation d'un fichier T&lt;sub&gt;E&lt;/sub&gt;X qui signale toutes les erreurs une par une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tol&#233;rance est sans aucun doute l'une des raisons du succ&#232;s du HTML : elle permet d'apprendre sans se faire insulter par sa machine (ce qui rebute normalement tout non-informaticien), en autorisant la diffusion de documents contenant des erreurs de codage, sans que personne n'en souffre. En HTML, on peut &#171; coder comme un porc &#187; (parce qu'on apprend, parce qu'on veut produire tr&#232;s vite...), la page reste consultable et l'information accessible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle favorise l'apprentissage par &lt;i&gt;patchs&lt;/i&gt; successifs : on enrichit progressivement ses pages en fonction de ses nouveaux progr&#232;s, sans jamais &#234;tre arr&#234;t&#233; dans sa courbe de progression par une erreur qui bloquerait l'affichage (comme, par exemple, l'oubli de d&#233;clarer une variable dans un langage de programmation interrompt la compilation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le HTML est &lt;i&gt;une norme d'usage&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le HTML n'a pas attendu la cr&#233;ation d'un organisme de normalisation comme le W3C pour exister et se d&#233;velopper. Il est nettement plus ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il donc possible que le HTML ait rencontr&#233; un succ&#232;s mondial aupr&#232;s de millions de webmestres, alors qu'aucune autorit&#233; sup&#233;rieure n'en assurait la d&#233;finition et la normalisation pr&#233;alable ? Comment qu'on faisait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On faisait simplement : on essayait les nouvelles balises, et on regardait sur quelques butineurs diff&#233;rents ce que &#231;a donnait, et on choisissait les solutions qui, &#224; la fois, rendaient service (page plus jolie) et restaient consultables sans trop de restrictions visuelles sur un butineur qui ne les comprenaient pas. Sachant que, longtemps, Netscape a &#233;t&#233; le seul butineur utilis&#233; par les usagers du Web, cela consistait &#224; tester les nouvelles balises introduites &#224; chaque version, et &#224; attendre un peu avant que cette version soit suffisamment r&#233;pandue pour faire un usage intensif des nouvelles balises. Puis est venu Microsoft Explorer, mais le principe est rest&#233; le m&#234;me. : on teste les bidules, on &#233;change des trucs, et on regarde comment &#231;a marche avec diff&#233;rents butineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, malgr&#233; les &#171; recommandations &#187;, la situation n'a pas chang&#233; : on ne peut exploiter ces &#171; recommandations &#187; qu'&#224; partir du moment o&#249; elles sont utilis&#233;es par les principaux butineurs, ceux qui sont r&#233;ellement utilis&#233;s par les utilisateurs (comprendre : MSIE &#224; plus de 90%...). Il a fallu attendre la disparition quasi compl&#232;te de Netscape 4 du paysage avant d'utiliser intensivement les feuilles de style, car l'impl&#233;mentation des CSS dans ce logiciel (encore tr&#232;s r&#233;pandu dans sa derni&#232;re version avant Mozilla) &#233;tait totalement bugu&#233;e ; utiliser les premi&#232;res recommandations avec plein de feuilles de style &#233;tait le meilleur moyen de pr&#233;senter des pages immondes aux utilisateurs. Aujourd'hui, il faut composer avec MSIE (nettement moins irrespectueux des normes qu'on veut bien le dire, mais qui, tout de m&#234;me, bloque l'utilisation r&#233;elle de plusieurs recommandations importantes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette caract&#233;ristique de &lt;i&gt;norme d'usage&lt;/i&gt; n'a pas produit que des catastrophes (elle n'a, en particulier, pas produit la catastrophe des catastrophes, mille fois annonc&#233;e, qui aurait men&#233; &#224; l'existence d'un HTML &#171; ouvert &#187; et d'un HTML privatis&#233; par Microsoft). Elle a, mine de rien, conduit chaque webmestre &#224; syst&#233;matiquement int&#233;grer dans son apprentissage du HTML les notions de compatibilit&#233;s ascendante et descendante et d'interop&#233;rabilit&#233;. Si l'application des recommandations facilite, techniquement, l'application de ces notions, &#224; l'inverse une approche extr&#234;mement restrictive revient &#224; priver les webmestres bidouilleurs de l'acquisition de r&#233;flexes indispensables (v&#233;rifier syst&#233;matiquement la compatibilit&#233; et l'interop&#233;rabilit&#233; &#224; son propre niveau).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;fauts &#171; scandaleux &#187; du HTML&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La courte histoire du HTML a eu son lot de difficult&#233;s, qui ont &#233;norm&#233;ment fait hurler les puristes successifs (parce qu'avant les normes du HTML 1.1 m&#233;ga-strict, il y avait d&#233;j&#224; des puristes). Ces difficult&#233;s semblent l'une des principales motivations &#224; la cr&#233;ation du W3C et &#224; une vision extr&#234;mement obtuse de l'application des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Les balises exotiques du HTML&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gu&#233;guerre entre Netscape et Microsoft, &#224; l'&#233;poque o&#249; les deux logiciels coexistaient r&#233;ellement (MSIE n'avait pas totalement &#233;cras&#233; le march&#233;), a conduit &#224; l'&#233;mergence de quelques balises HTML propres &#224; chaque logiciel. Ces balises ont fait couler beaucoup d'encre. Pourtant, r&#233;trospectivement, on cherche encore o&#249; est la catastrophe annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;blink&gt;&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La fameuse balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;blink&gt;&lt;/code&gt; est la plus ancienne de ces balises exotiques (Netscape 3 ?). Elle a provoqu&#233; nombre de crises de nerfs parmi les ayatollahs de l'&#233;poque. Elle se contente de faire &lt;blink&gt;clignoter&lt;/blink&gt; du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part la faute de go&#251;t (c'est tarte et laid), elle ne provoque pourtant rigoureusement aucune incompatibilit&#233;. Au pire, le texte ne clignote pas&#8230; La belle affaire.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;bgsound&gt;&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette balise made in Microsoft Explorer permettait de faire jouer du son lors de la visite d'une page Web. L&#224; encore, &#231;a n'est pas catastrophique : si elle n'est pas comprise, le son n'est tout bonnement pas jou&#233; ; le son n'&#233;tant jamais indispensable &#224; la visite d'une page Web, son absence n'est pas d&#233;sastreuse. Supplant&#233;e imm&#233;diatement, de toute fa&#231;on, par d'autres m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;marquee&gt;&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;marquee&gt;&lt;/code&gt;, &#233;galement une cr&#233;ation Microsoft, permettait de cr&#233;er des bandeaux de texte d&#233;filant horizontalement. Balise aujourd'hui totalement oubli&#233;e, alors que, curieusement, elle fonctionne toujours sur les derni&#232;res versions de Microsoft Explorer et m&#234;me sous Mozilla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pire, le texte s'affiche mais ne se d&#233;place pas. Encore un scandale inutile.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;multicol&gt;&lt;/code&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Cette balise Netscape a totalement disparu. C'est amusant, parce qu'il n'en existe pas d'alternative simple aujourd'hui alors qu'elle pouvait avoir quelques usages pratiques. Il s'agissait simplement d'afficher du texte sur plusieurs colonnes, tr&#232;s simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilis&#233;e sur un long texte, il s'agit &#233;videmment d'une faute impardonnable nuisant directement &#224; la lisibilit&#233; d'une page (le multicolonnage d'un texte sur le Web est catastrophique : le bas des colonnes n'est pas forc&#233;ment sur le m&#234;me &#233;cran, verticalement, que le haut de la colonne o&#249; il faut reprendre la suite de la lecture). Mais &#224; petites doses, c'&#233;tait tr&#232;s pratique (par exemple pour pr&#233;senter des listes &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;li&gt;&lt;/code&gt; &#233;quilibr&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et toujours rien de catastrophique : sans l'affichage en plusieurs colonnes, le texte s'affiche tout de m&#234;me, dans une seule colonne. On peut imaginer pire en mati&#232;re de rupture sauvage avec l'interop&#233;rabilit&#233; du HTML.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu quelques autres balises tr&#232;s sp&#233;cifiques, mais elles ont fait couler peu d'encre. Notons que la pire (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;comment&gt;&lt;/code&gt;), de Microsoft, destin&#233;e &#224; remplacer les habituels commentaires HTML (celle-ci provoquant r&#233;ellement des incompatibilit&#233;s d'affichage graves), n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;ellement utilis&#233;e par les webmestres (qui ne sont tout de m&#234;me pas totalement des imb&#233;ciles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, du c&#244;t&#233; des balises exotiques, qui ont justifi&#233; de tr&#232;s nombreux discours sur l'explosion du Web, la perte de la compatibilit&#233;, la disparition de l'interop&#233;rabilit&#233;, il s'agissait essentiellement de d&#233;tails sans r&#233;elle gravit&#233;. Soit parce qu'elle ne nuisait pas directement &#224; l'interop&#233;rabilit&#233;, soit parce que, lorsqu'elles le faisaient, elles n'&#233;taient tout bonnement pas utilis&#233;es (l'aspect &lt;i&gt;norme d'usage&lt;/i&gt; du HTML utilis&#233; par des gens qui &#233;changent entre eux des conseils d'utilisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Les v&#233;ritables probl&#232;mes du webmestre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines grosses innovations du HTML ont cependant provoqu&#233; des difficult&#233;s plus importantes.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les tables de mise en page&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Netscape 3, en affinant les possibilit&#233;s de Netscape 2, a introduit la possibilit&#233; de cr&#233;er des tableaux (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt;&lt;/code&gt;) dont on pouvait contr&#244;ler pr&#233;cis&#233;ment l'apparence. Rapidement, il s'est agit de cr&#233;er des tableaux &#171; invisibles &#187; (dont on ne voit pas les bordures) pour d&#233;finir la construction graphique des pages. C'est, par exemple, la pr&#233;sentation &#171; en colonnes &#187; : &#224; gauche une colonne de navigation dans le site, au centre un grande colonne affichant l'information principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore, aujourd'hui, l'un des aspects du HTML les plus critiqu&#233;s, et auquel il faudrait substituer l'utilisation des feuilles de style.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que&#8230;
&lt;br /&gt;&#8212; cette fa&#231;on de proc&#233;der est d&#233;sormais unifi&#233;e dans tous les butineurs ; les affichages sont d&#233;sormais identiques d'un logiciel &#224; l'autre (la principale difficult&#233; n'&#233;tait pas de g&#233;rer l'absence des tableaux dans certains logiciels - ils ont rapidement &#233;t&#233; pr&#233;sents partout - mais des affichages et des possibilit&#233;s tr&#232;s diff&#233;rents) ;
&lt;br /&gt;&#8212; le contr&#244;le des tableaux avec les feuilles de style, depuis le HTML 4, permet de simplifier et unifier leur pr&#233;sentation tout en retrouvant un code &#171; l&#233;ger &#187; ; la disparition de Netscape 4, notoirement bugu&#233; de ce c&#244;t&#233;, simplifiant encore les choses ;
&lt;br /&gt;&#8212; la mise en pages en tableaux ne provoque aucune incompatibilit&#233;, malgr&#233; tout ce qui s'est dit, avec les logiciels en mode texte (Lynx) ; &lt;br /&gt;&#8212; dans l'apprentissage du HTML, cette fa&#231;on de proc&#233;der vient progressivement, apr&#232;s l'apprentissage des balises d'enrichissement typographique ; cela n'est certes pas &#233;vident, mais cela n'a rien &#224; voir avec le difficult&#233; conceptuelle de tout passer en feuilles de style ; comparativement, les tableaux sont tr&#232;s simples &#224; comprendre et &#224; mettre en place (on affiche de temps en temps les bordures - &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;border=&#034;1&#034;&lt;/code&gt; - et on &lt;i&gt;patche&lt;/i&gt; son tableau ; &#224; l'inverse, il faut concevoir la mise en forme avec les feuilles de style d&#232;s le d&#233;but, et non par l'ajout de patchs successifs ; le r&#233;sultat est peut-&#234;tre plus propre, mais il y a l&#224; un niveau conceptuel suppl&#233;mentaire qui introduit un saut &#233;norme dans la courbe d'apprentissage des utilisateurs du HTML).&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Les frames&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le multi-fen&#234;trage a, lui aussi, provoqu&#233; de nombreuses crises de nerf. Consid&#233;r&#233; comme une h&#233;r&#233;sie, il conduisait &#224; rendre ses pages totalement incompatibles avec la g&#233;n&#233;ration de butineurs pr&#233;c&#233;dente (en gros : Mosa&#239;c). Sauf que, l&#224; encore, le probl&#232;me n'&#233;tait pas dans la d&#233;finition de la balise elle-m&#234;me, mais dans l'usage que certains en ont fait : dans la page de d&#233;finition des fen&#234;tres, la balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;frameset&gt;&lt;/code&gt; permettait d'inclure le code sp&#233;cifique pour la navigation sans les frames.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les frames ont rendu d'&#233;normes services &#224; tous ceux qui g&#233;raient des sites &#171; &#224; la main &#187;, statiques. Le rejet des frames concernait ceux qui, &#224; l'&#233;poque, pouvaient bidouiller leur serveur, et utiliser les CGI pour construire des pages dynamiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des frames est, en effet, de pouvoir g&#233;rer la navigation dans un fichier s&#233;par&#233; unique, pr&#233;sent sur chaque page du site. L'ajout d'une nouvelle page d'information dans un site ne n&#233;cessitait, pour g&#233;rer la navigation, que la modification d'un seul fichier. Pr&#233;c&#233;demment, ceux qui g&#233;raient leurs sites &#171; &#224; la main &#187; devaient modifier plusieurs fichiers pour assurer la mise &#224; jour du syst&#232;me de navigation de leur site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les frames sont plus ou moins rendues obsol&#232;tes par les outils permettant de cr&#233;er des sites dynamiques, m&#234;mes extr&#234;mement simples (le code PHP pour inclure, sans fioritures, un fichier affichant une navigation commune dans une page HTML de contenu, est tr&#232;s accessible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces frames, si d&#233;cri&#233;es, ont assur&#233; &#224; tous ceux qui n'&#233;taient pas techniciens (parce que programmer ses pages en Perl, il fallait &#234;tre s&#233;v&#232;rement burn&#233;), qui ne disposaient pas d'un serveur personnel pour h&#233;berger son site, et/ou qui ne payaient pas un h&#233;bergement professionnel autorisant la manipulation des CGI, la possibilit&#233; de r&#233;aliser des sites de taille cons&#233;quente sans &#234;tre pouss&#233; au suicide &#224; chaque mise &#224; jour du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notait d&#233;j&#224; la diff&#233;rence de jugement : d'un c&#244;t&#233; des utilisateurs sans r&#233;elles comp&#233;tences techniques, qui se forment sur le tas et cr&#233;ent des sites plut&#244;t riches avec les outils du bord, et de l'autre des techniciens disposant de la formation et de l'acc&#232;s aux machines, critiquant violemment la seule solution permettant de palier les limitations impos&#233;es au grand public.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Javascript&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la principale incompatibilit&#233; qui rendait dingues les webmestres ne venait pas du HTML lui-m&#234;me, mais du langage Javascript, destin&#233; &#224; permettre un peu d'animation du c&#244;t&#233; du client.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier : le Javascript sortait syst&#233;matiquement bugu&#233; (&#224; mort) chez Netscape, le Javascript de Microsoft Explorer &#233;tait plus ou moins incompatible avec celui de Netscape, et celui de Mozilla est encore une autre version du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le HTML 4 a tendu vers le DHTML, o&#249; les premi&#232;res versions de Mozilla cotoyaient les derni&#232;res &#233;volutions de Netscape 4 et l'imp&#233;rial Microsoft Explorer, les choses les plus simples vous poussaient &#224; ouvrir une fen&#234;tre et &#224; sauter en bas de l'immeuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvaise nouvelle : la situation n'a pas chang&#233;, et le W3C ne participe pas &#224; la d&#233;finition du Javascript. Quant aux nouveaux butineurs cens&#233;s respecter &#224; la lettre les normes, ils n'am&#233;liorent pas toujours la situation de ce c&#244;t&#233; (bugs, insuffisances, &#233;volutions ; saut qualitatif important du Javascript entre les versions 1.2 et 1.3 de Mozilla ; butineurs qui utilisent des m&#233;thodes diff&#233;rentes pour se faire identifier par le serveur&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;XHTML, sauveur de l'humanit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour pallier tous ces pr&#233;tendus probl&#232;mes monstrueux du HTML, il faudrait donc passer &#224; une utilisation totalement stricte du XHTML (et, bient&#244;t, carr&#233;ment faire du XML/XSLT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;XHTML, une norme claire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XHTML aurait l'immense avantage, gr&#226;ce &#224; la d&#233;finition centralis&#233;e de normes, d'&#234;tre beaucoup plus clair. Inutile d&#233;sormais de se compliquer avec des impl&#233;mentations sp&#233;cifiques du HTML, il suffit de consulter la norme unique du XHTML pour que &#231;a fonctionne illico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape : choisir sa version du XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, bon courage. Voici, texto, &lt;a href=&#034;http://www.w3c.org/MarkUp/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;ce que nous explique le W3C&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;XHTML 1.0 is the first step and the HTML Working Group is busy on the next. XHTML 1.0 reformulates HTML as an XML application. This makes it easier to process and easier to maintain. XHTML 1.0 borrows elements and attributes from W3C's earlier work on HTML 4, and can be interpreted by existing browsers, by following a few simple guidelines. This allows you to start using XHTML now !&lt;br class='autobr' /&gt;
You can roll over your old HTML documents into XHTML using an Open Source HTML Tidy utility. This tool also cleans up markup errors, removes clutter and prettifies the markup making it easier to maintain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Three &#034;flavors&#034; of XHTML 1.0 :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XHTML 1.0 is specified in three &#034;flavors&#034;. You specify which of these variants you are using by inserting a line at the beginning of the document. For example, the HTML for this document starts with a line which says that it is using XHTML 1.0 Strict. Thus, if you want to validate the document, the tool used knows which variant you are using. Each variant has its own DTD - Document Type Definition - which sets out the rules and regulations for using HTML in a succinct and definitive manner.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;XHTML 1.0 Strict &lt;/strong&gt;- Use this when you want really clean structural mark-up, free of any markup associated with layout. Use this together with W3C's Cascading Style Sheet language (CSS) to get the font, color, and layout effects you want.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;XHTML 1.0 Transitional&lt;/strong&gt; - Many people writing Web pages for the general public to access might want to use this flavor of XHTML 1.0. The idea is to take advantage of XHTML features including style sheets but nonetheless to make small adjustments to your markup for the benefit of those viewing your pages with older browsers which can't understand style sheets. These include using the body element with bgcolor, text and link attributes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;XHTML 1.0 Frameset&lt;/strong&gt; - Use this when you want to use Frames to partition the browser window into two or more frames.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;The complete XHTML 1.0 specification is available in English in several formats, including HTML, PostScript and PDF. See also the list of translations produced by volunteers.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Trois versions diff&#233;rentes, c'est chouettos, non ? Mais tout cela est d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;, la prochaine &#233;tape est pr&#234;te, il s'agit du XHTML 1.1 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;XHTML 1.1 - Module-based XHTML&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This Recommendation defines a new XHTML document type that is based upon the module framework and modules defined in Modularization of XHTML. The purpose of this document type is to serve as the basis for future extended XHTML 'family' document types, and to provide a consistent, forward-looking document type cleanly separated from the deprecated, legacy functionality of HTML 4 that was brought forward into the XHTML 1.0 document types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This document type is essentially a reformulation of XHTML 1.0 Strict using XHTML Modules. This means that many facilities available in other XHTML Family document types (e.g., XHTML Frames) are not available in this document type. These other facilities are available through modules defined in Modularization of XHTML, and document authors are free to define document types based upon XHTML 1.1 that use these facilities (see Modularization of XHTML for information on creating new document types).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, les vieilles documentations qui vous expliquent pas &#224; pas comment ajouter la balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;html&gt;&lt;/code&gt;, puis &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;body&gt;&lt;/code&gt;, puis des paragraphes, puis du gras et de l'italique, puis des images, deviennent soudainement totalement ringardes compar&#233;es &#224; ce d&#233;ferlement de novlangue pour dipl&#244;m&#233;s en informatique. (Et je n'exag&#232;re pas : il s'agit du texte de pr&#233;sentation du HTML, celle imm&#233;diatement accessible lorsqu'on suit le lien &#171; HTML &#187; depuis la page d'accueil du W3C ; il ne s'agit pas d'une page r&#233;serv&#233;e aux cracks du XML.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous pensiez vous en sortir en restant sagement au HTML 4, d&#233;trompez-vous : &lt;br /&gt;&#8212; il n'existe pas de HTML 4, mais du HTML 4.01 ;
&lt;br /&gt;&#8212; d'apr&#232;s le W3C Validator, vous devez choisir entre le HTML 4.01 Strict, Transitional ou Frameset ;
&lt;br /&gt;&#8212; essayez de trouver rapidement les diff&#233;rences entre ces trois versions dans la page de &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/TR/html401/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;sp&#233;cification du HTML 4.01&lt;/a&gt; du W3C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, le XHTML n'est pas destin&#233; &#224; &#234;tre utilis&#233; et appris par le grand public (celui-l&#224; m&#234;me qui a appris le HTML depuis des ann&#233;es, assurant au Web sa nature d'outil d'autopublication et de partage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;La perte de compatibilit&#233; et de souplesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenez-vous bien : pour pr&#233;tendre rendre le HTML plus compatible avec tout, la notion de compatibilit&#233; descendante est abandonn&#233;e : le terme le plus pr&#233;sent dans les documentations du W3C est : &#171; &lt;i&gt;deprecated&lt;/i&gt; &#187;. L'autre terme est &#171; &lt;i&gt;compliant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une balise ancienne peut d&#233;sormais &#234;tre d&#233;finie comme &#171; deprecated &#187; (obsol&#232;te). La rupture de principe est flagrante : la compatibilit&#233; descendante n'existe plus, d'une version &#224; l'autre du HTML il faudrait abandonner certaines balises, sauf &#224; se manger un m&#233;chant message d'insulte de la part du W3C Validator.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La syntaxe de vos pages doit, dans la m&#234;me logique, &#234;tre &#171; compliant &#187; (conforme). Autre rupture : l&#224; o&#249; les balises HTML non comprises par un butineur &#233;taient purement et simplement ignor&#233;es, il faudrait croire d&#233;sormais que le &lt;i&gt;parser&lt;/i&gt; XML va prendre feu en cas d'erreur. La souplesse qui rendait le HTML si facile &#224; utiliser devrait donc &#234;tre remplac&#233;e par un langage intransigeant n'offrant aucune tol&#233;rance &#224; l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apprentissage du XHTML seraient donc celui d'un langage rigide, complexe et n'acceptant pas les bidouilles. La construction des pages par patchs successifs, qui est la m&#233;thode simple pour apprendre soi-m&#234;me le HTML, est bloqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;L'accessibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle th&#233;ologie des adorateurs du dieu W3C, l'argument le plus courant justifiant l'abandon du HTML est de faciliter l'acc&#232;s aux pages Web aux non-voyants. Soyons clair : c'est une tarte &#224; la cr&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pages HTML, m&#234;mes complexes, &#233;taient d&#233;j&#224; accessibles, pour peu que le webmestre s'en donnait la peine. Et l'adoption du XHTML, avec une stricte s&#233;paration des contenus et des feuilles de style de l'affichage, ne r&#233;sout pas grand-chose. De la m&#234;me fa&#231;on que certains usages du HTML rendaient la lecture difficile en mode texte, il est tout &#224; fait possible de fabriquer des pages en XHTML strict p&#233;nibles &#224; consulter par un non-voyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples classiques le d&#233;montrent.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; La mise en page en tableaux&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Construire graphiquement sa page en tableaux constituerait un obstacle infranchissable pour une consultation en mode texte. &#192; l'inverse, tout passer en feuilles de style r&#233;soudrait le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui cloche r&#233;ellement dans la mise en page en tableaux ? Il s'agit de l'habitude qui consiste &#224; farcir la colonne de gauche d'une foultitude d'informations relativement accessoires pour la navigation, &lt;i&gt;puis&lt;/i&gt; &#224; coder le texte &#224; droite. Cela se fait ainsi :&lt;/p&gt; &lt;center&gt; &lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche&lt;/td&gt; &lt;td&gt;&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt; &lt;/center&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='8' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche&lt;/td&gt; &lt;td&gt;&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, sur un butineur en mode texte, donne l'affichage :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s &#224; l'information essentielle (le texte de droite) est rendu p&#233;nible par le fait qu'il faut se cogner, auparavant, le lecture des 40 lignes inutiles de la colonne de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait donc passer en feuilles de style, ce qui permettrait de coder dans la page d'abord les informations essentielles, puis les &#233;l&#233;ments accessoires apr&#232;s. De cette fa&#231;on, dans un butineur en mode texte, l'information serait hi&#233;rarchis&#233;e de mani&#232;re plus &#233;vidente et l'acc&#232;s &#224; l'information vitale rendu imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais :
&lt;br /&gt;&#8212; on peut d&#233;j&#224; r&#233;aliser cela avec les tables ;
&lt;br /&gt;&#8212; le probl&#232;me est rigoureusement le m&#234;me en XHTML : si on ne con&#231;oit pas sa page en &#171; inversant &#187; la suite du code de son affichage &#224; l'&#233;cran (l'information accessoire, qui appara&#238;t au d&#233;but gr&#226;ce aux feuilles de style, appara&#238;t en r&#233;alit&#233; apr&#232;s dans la programmation des pages et donc dans l'affichage en mode texte), la question n'est pas du tout r&#233;gl&#233;e par la magie du respect des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici par exemple le m&#234;me tableau, cod&#233; toujours avec les &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt;&lt;/code&gt;,&lt;/p&gt; &lt;center&gt; &lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;/td&gt; &lt;td rowspan=&#034;2&#034;&gt;&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;cod&#233; ainsi :&lt;/p&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='11' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;/td&gt; &lt;td rowspan=&#034;2&#034;&gt;&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;et affich&#233; en mode texte de cette fa&#231;on :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;b&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; &#224; gauche&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On obtient bien l'inversion n&#233;cessaire &#224; une pr&#233;sentation adapt&#233;e au mode texte, o&#249; l'information essentielle est imm&#233;diatement accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amateur de XHTML strict, s'il code toujours selon la logique &#171; de gauche &#224; droite, de haut en bas &#187; (naturelle), commettra la m&#234;me erreur, avec du code pourtant &#171; compliant &#187; :&lt;/p&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='4' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;div class=&#034;colonne-gauche&#034;&gt;40 lignes inutiles&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;colonne-droite&#034;&gt;Le texte r&#233;ellement utile&lt;/div&gt;&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien de XHTML, tout aussi p&#233;nible &#224; consulter en mode texte que les tableaux du HTML.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; L'utilisation des enrichissements typographiques pour structurer la page&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s Netscape 2, affin&#233;e par Netscape 3, l'utilisation de la balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;font&#133;&gt;&lt;/code&gt; a permis &#224; de nombreux webmestres de sugg&#233;rer la structure de leur document sans plus utiliser les codes &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h1&gt;, &lt;h2&gt;&lt;/code&gt;&#8230; qui d&#233;finissent bien la structure. Pour afficher un titre, certains ont utilis&#233; l'indication de tailles de caract&#232;res plut&#244;t que l'indication permettant de structurer le document (&lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h1&gt;&lt;/code&gt; ne se contente pas de mettre le texte en grande taille et en gras, mais aussi indique qu'il s'agit d'un titre de premier niveau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, avec un butineur en mode texte, rien n'indique que tel &#233;l&#233;ment est un titre, parce que l'information n'est plus pr&#233;sente dans le code.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_864 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L425xH283/PERSO108-faee5.jpg?1581558834' width='425' height='283' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Validator ? Moi jamais !&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Pour Monique, le XHTML tel qu'on veut d&#233;sormais l'imposer d&#233;truit totalement cette courbe d'apprentissage tr&#232;s progressive. &#034;J'esp&#232;re l'&#233;viter &#224; mes enfants&#034;, ajoute-t-elle.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le XHTML, m&#234;me &#171; strict &#187;, n'implique pas que les webmestres vont conserver des &#233;l&#233;ments clairs de structuration. Il suffit de coder des feuilles de style d&#233;finissant l'enrichissement typographique sans mention de la structure classique des documents (coder un CSS &#171; .montitre &#187; et ne pas coder les titres avec &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h1&gt;&lt;/code&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a permis d'obtenir &#224; la fois le contr&#244;le typographique personnalis&#233; et l'utilisation des balises de structuration, c'est l'introduction des CSS dans le HTML 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, &#231;a n'est pas la norme elle-m&#234;me qui est en cause, appliqu&#233;e de mani&#232;re plus ou moins stricte, mais l'usage qu'en font les webmestres. On peut faire du HTML - et m&#234;me, du HTML pas &lt;i&gt;compliant&lt;/i&gt; - tr&#232;s joli et qui respecte la structure du document pour une navigation en mode texte, et du XHTML respectant scrupuleusement les sp&#233;cifications de la norme, mais p&#233;nible &#224; visiter en mode texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remarque perfide.&lt;/i&gt; On pourrait aussi signaler que poster deux cent fois le m&#234;me message inutile sur les listes de diffusion nuit largement plus &#224; l'acc&#232;s &#224; l'information par les malvoyants, dont la vitesse de lecture est nettement ralentie, que des pages qui se consultent parfaitement sous Lynx sans respecter la derni&#232;re recommandation &#224; la mode&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Interop&#233;rabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se contentera de demander en quoi un syst&#232;me bas&#233; sur des parsers intol&#233;rants avec des versions du langage perdant la compatibilit&#233; avec les versions pr&#233;c&#233;dentes serait plus &#171; interop&#233;rable &#187; qu'un langage souple et tol&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; r&#233;elle d'un syst&#232;me s&#233;parant le fond et la forme tout en pr&#233;sentant l'information structur&#233;e au public est d&#233;velopp&#233;e dans le paragraphe suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;S&#233;parer le fond et la forme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XHTML revient, &lt;i&gt;non pas parce qu'il utilise les recommandations chipoteuses du W3C Validator, mais uniquement lorsqu'il est utilis&#233; d'une mani&#232;re tr&#232;s sp&#233;cifique&lt;/i&gt;, au principe de balises de structuration logique associ&#233;es &#224; des tables de mise en pages. Autrement dit, il facilite la stricte s&#233;paration du fond et de la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution annonc&#233;e (&#224; mon avis totalement mort-n&#233;e) poussera cette logique encore plus loin : du XML contenant non seulement la structure logique des pages, mais du site lui-m&#234;me ; une DTD personnalis&#233;e d&#233;finira la liste des &#233;l&#233;ments logiques autoris&#233;s ; un ensemble de r&#232;gles de mise en page (XSLT stylesheet) permettra ensuite de pr&#233;senter &#224; partir du fichier XML les documents au public. Du HTML on sera pass&#233; au XHTML puis &lt;a href=&#034;http://www.w3.org/Style/XSL/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;au couple XML/XSLT&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Piotrr me fait remarquer que, apr&#232;s la vague d'int&#233;gristes du XHTML strict, on (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que : on s'en fout.&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_865 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L425xH281/PERSO174-623ca.jpg?1581558834' width='425' height='281' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;Un probl&#232;me de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif' style='width:350px;'&gt;Caroline (&#224; gauche sur la photo) : D&#232;s Netscape 2, affin&#233;e par Netscape 3, l'utilisation de la balise &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;font&#133;&gt;&lt;/code&gt; a permis &#224; de nombreux webmestres de sugg&#233;rer la structure de leur document sans plus utiliser les codes &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;h1&gt;, &lt;h2&gt;&lt;/code&gt;&#8230; qui d&#233;finissent bien la structure.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'utilit&#233; r&#233;elle de s&#233;parer totalement le fond de la forme sur des pages Web pr&#233;sent&#233;es au public ? Quelle est l'utilit&#233; r&#233;elle consistant &#224; pouvoir extraire de mes pages une information structur&#233;e ? Au passage, est-ce que j'aurais rat&#233; la nouvelle loi abolissant totalement les droits d'auteurs sur le r&#233;seau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, l'&#233;change d'informations compl&#232;tes et structur&#233;es se fait sur les informations que l'on accepte d'&#233;changer, et &#224; la condition que les structures soient invariantes d'un site &#224; l'autre (ce qui n'a rigoureusement aucune raison d'&#234;tre le cas - et tant mieux !). Le besoin r&#233;el est donc extr&#234;mement restreint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, c'est d&#233;j&#224; le cas sur tous les sites utilisant des syst&#232;mes de publication de sites dynamiques : l'information est d&#233;j&#224; stock&#233;e sous une forme structur&#233;e dans une base de donn&#233;es, et elle est extraite pour cr&#233;er les pages fournies aux visiteurs. Inutile, alors, de s'astreindre &#224; une stricte s&#233;paration du fond et du contenu sur les pages affich&#233;es publiquement, alors qu'on peut fournir par ailleurs des pages extr&#234;mement simplifi&#233;es graphiquement (et m&#234;me : aucun graphisme). C'est par exemple le cas des fichiers de &lt;i&gt;backend&lt;/i&gt; fabriqu&#233;s par ces syst&#232;mes : on peut bien faire des sites graphiquement exub&#233;rants m&#233;langeant all&#232;grement le fond et la forme, l'extraction et l'&#233;change d'informations se fait par une autre page, effectivement dans un format XML, mais sans s'enquiquiner &#224; faire de la mise en forme graphique. (La sauvegarde et l'exportation des contenus des bases de donn&#233;es gr&#226;ce au format XML, et par exemple en passant par SOAP, semblent prometteuses ; mais elles ne concernent en rien le public qui r&#233;alise des sites Web, ni ne requiert d'abandonner le HTML.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'exploitation d'une m&#234;me source de contenu pour la distribuer sur diff&#233;rents supports m&#233;riterait un autre article : il est &#224; la mode de pr&#233;tendre que l'&#233;volution logicielle m&#232;nera &#224; cr&#233;er automatiquement, &#224; partir d'une m&#234;me source, plusieurs supports (presse, audiovisuel, multim&#233;dia&#8230;). Je vous livre mon avis sans d&#233;velopper : c'est une vue de l'esprit destin&#233;e uniquement &#224; vendre de nouvelles versions des logiciels (par exemple, si vous coupez l'image de la t&#233;l&#233;, &#231;a ne vous fait pas une &#233;mission de radio&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant tout : privil&#233;gier l'apprentissage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'avantage fondamental du HTML est non seulement sa relative simplicit&#233;, mais surtout sa courbe continue d'apprentissage. On commence simplement et, par l'autoformation, on finit par atteindre un tr&#232;s bon niveau de comp&#233;tence sans avoir rencontr&#233; de difficult&#233;s conceptuelles bloquant l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classiquement, on proc&#232;de par &#233;tapes :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; les balises fondamentales et simples : &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;html&gt;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;body&gt;&lt;/code&gt;&#8230;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;p&gt;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;b&gt;&lt;/code&gt;, &lt;code class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;i&gt;&lt;/code&gt;&#8230; ; d&#232;s ces rudiments il est possible de publier de l'information ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; rapidement on apprend les balises suppl&#233;mentaires permettant, en gros, de tout faire (tableaux &#224; l'int&#233;rieur des textes, listes&#8230;) ; dans le m&#234;me temps on fait joujou avec un nombre de plus en plus cons&#233;quent d'attributs ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; une &#233;tape est franchie lorsqu'on comprend le principe des tableaux de mise en page (tableaux invisibles permettant de cr&#233;er des alignements de colonnes) ; il y a l&#224; un saut dans l'apprentissage du HTML, mais tenant plus d'une utilisation graphique que de l'apprentissage de nouvelles balises ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; progressivement on affine et simplifie son code avec des feuilles de style (HTML 4) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#224; la longue on parvient &#224; s&#233;parer plus nettement les feuilles de style et le contenu, ce qui effectivement permet d'obtenir un code plus &#171; propre &#187;, plus l&#233;ger&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, au cours de cette progression d'apprentissage, on se met &#224; bidouiller en JavaScript, on s'initie au PHP&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point essentiel, ici, est l'aspect tr&#232;s lin&#233;aire de la progression, dans la logique des &lt;i&gt;patchs&lt;/i&gt; : on commence par les balises les plus rudimentaires, et on enrichit progressivement le savoir par l'ajout progressif de nouveaux &#171; trucs &#187;. Seuls le passage aux tableaux de mise en page et aux classes de feuille de style repr&#233;sentent des ruptures conceptuelles dans cette progression, mais elles sont amen&#233;es comme r&#233;ponses &#224; des besoins r&#233;els issus de sa propre exp&#233;rience (donc beaucoup plus facile &#224; comprendre, et avec une forte motivation pour faire l'effort de leur apprentissage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, le XHTML tel qu'on veut d&#233;sormais l'imposer d&#233;truit totalement cette courbe d'apprentissage tr&#232;s progressive. Il faut, d&#232;s le d&#233;but, attaquer par la derni&#232;re &#233;tape : apprendre &lt;i&gt;ab initio&lt;/i&gt; les caract&#233;ristiques des feuilles de style (sans &#234;tre pass&#233; par l'exp&#233;rience personnelle de la conversion de besoins graphiques r&#233;els - bordures, espacements&#8230; - qui en donne naturellement le sens) et comprendre d&#232;s le d&#233;but l'abstraction que sont les feuilles de style s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc plus de m&#233;thode &#171; naturelle &#187; d'apprentissage pour un syst&#232;me tel que le XHTML &#171; strict &#187;. Gros avantage &#233;videmment : seuls les professionnels de la profession qui sont all&#233;s &#224; l'&#233;cole pourront r&#233;aliser des sites Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous ram&#232;ne &#224; la justification habituelle de l'application stricte et rigide des normes : interdire l'acc&#232;s aux nouveaux entrants en affichant un alibi de qualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Piotrr me fait remarquer que, apr&#232;s la vague d'int&#233;gristes du XHTML strict, on pourra alors se farcir les ayatollahs du XSLT, lesquels pr&#233;tendront &#233;videmment que c'est beaucoup plus propre - et vach'tement simple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Signalons le cas pathologique d'une autre recommandation du W3C : &lt;a href=&#034;http://www.w3c.org/Math/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;MathML&lt;/a&gt;. Il s'agit d'une norme permettant, th&#233;oriquement, d'afficher des formules math&#233;matiques sur le Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une norme d&#233;j&#224; tr&#232;s ancienne. Elle n'est impl&#233;ment&#233;e correctement sur aucun butineur utilisable par le grand public (Amaya peut difficilement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un logiciel utilisable). Pourtant, la norme MathML 2 vient de sortir. L'espoir fait vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; et la solidit&#233; du langage sont cependant au rendez-vous. On peut coder une formule assez simple ainsi :&lt;/p&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='28' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;math xmlns=&#034;http://www.w3.org/1998/Math/MathML&#034;&gt; &lt;mrow&gt; &lt;msup&gt; &lt;mfenced open=&#034;[&#034; close=&#034;]&#034;&gt; &lt;mrow&gt; &lt;mi&gt;a&lt;/mi&gt; &lt;mo&gt;+&lt;/mo&gt; &lt;mi&gt;b&lt;/mi&gt; &lt;/mrow&gt; &lt;/mfenced&gt; &lt;mn&gt;260&lt;/mn&gt; &lt;/msup&gt; &lt;mo&gt;+&lt;/mo&gt; &lt;msub&gt; &lt;mfenced open=&#034;{&#034; close=&#034;}&#034;&gt; &lt;mrow&gt; &lt;mi&gt;a&lt;/mi&gt; &lt;mo&gt;+&lt;/mo&gt; &lt;mi&gt;b&lt;/mi&gt; &lt;/mrow&gt; &lt;/mfenced&gt; &lt;mi&gt;i&lt;/mi&gt; &lt;/msub&gt; &lt;/mrow&gt; &lt;/math&gt;&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;ce qui donne (en gros) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;a&lt;/i&gt; + &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;]&lt;sup&gt;260&lt;/sup&gt; + {&lt;i&gt;a&lt;/i&gt; + &lt;i&gt;b&lt;/i&gt;} &lt;sub&gt;&lt;i&gt;i&lt;/i&gt;&lt;/sub&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons que cette formule se code, avec l'antique T&lt;sub&gt;E&lt;/sub&gt;X :&lt;/p&gt; &lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='2' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;[a + b]^{260} + \{a + b\}_i&lt;/textarea&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui d&#233;finit assez bien le futur du XHTML : un langage de description con&#231;u pour l'&#233;change d'informations structur&#233;es par des logiciels. Coder &#224; la main sans faire exploser son &lt;i&gt;parser&lt;/i&gt; XML est inconcevable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mythologie du plagiat</title>
		<link>http://www.uzine.net/article1924.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.uzine.net/article1924.html</guid>
		<dc:date>2003-08-09T09:58:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lirresponsable</dc:creator>


		<dc:subject>Finkielkraut, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>PLPL</dc:subject>
		<dc:subject>Minc, Alain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un texte intitul&#233; &#171; Utopie du plagiat, Hypertextualit&#233; et Production culturelle Electronique &#187;, le Critical Art Ensemble essaie de r&#233;habiliter la l&#233;gitimit&#233; du plagiat contre l'id&#233;ologie qui sous-tend la pratique du copyright : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; L'&#233;poque actuelle nous oblige &#224; repenser et &#224; re-formuler la notion de plagiat. Sa fonction a trop longtemps &#233;t&#233; d&#233;valu&#233;e par une id&#233;ologie qui n'a plus sa place dans la techno-culture. Laissons perdurer les notions romantiques d'original, de g&#233;nie et d'auteur, mais comme (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique161.html" rel="directory"&gt;Les m&#233;thodes d'un savoir libre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.uzine.net/mot69.html" rel="tag"&gt;Finkielkraut, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.uzine.net/mot240.html" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.uzine.net/mot241.html" rel="tag"&gt;PLPL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.uzine.net/mot242.html" rel="tag"&gt;Minc, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L105xH79/arton1924-8911b.gif?1582449798' width='105' height='79' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un texte intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://www.freescape.eu.org/eclat/3partie/cae/cae.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Utopie du plagiat, Hypertextualit&#233; et Production culturelle Electronique&lt;/a&gt; &#187;, le Critical Art Ensemble essaie de r&#233;habiliter la l&#233;gitimit&#233; du plagiat contre l'id&#233;ologie qui sous-tend la pratique du copyright :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&#171; L'&#233;poque actuelle nous oblige &#224; repenser et &#224; re-formuler la notion de plagiat. Sa fonction a trop longtemps &#233;t&#233; d&#233;valu&#233;e par une id&#233;ologie qui n'a plus sa place dans la techno-culture. Laissons perdurer les notions romantiques d'original, de g&#233;nie et d'auteur, mais comme &#233;l&#233;ments de la production culturelle, sans privil&#232;ge particulier sur un autre &#233;l&#233;ment tout aussi utile. Il est temps de nous servir ouvertement et audacieusement de la m&#233;thodologie de la recombinatoire, histoire d'&#234;tre mieux en accord avec la technologie de notre temps. &#187;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les arguments employ&#233;s dans le texte sont de plusieurs ordres : historiques, culturels, moraux, &#233;conomiques, politiques. Ils visent &#224; d&#233;montrer &#224; travers un certain nombre d'exemples&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Francisons un exemple : le cas bien connu de La Fontaine et d'Esope ; cf. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la recombinatoire est d&#233;j&#224; en partie &#224; l'oeuvre depuis le commencement, et &#224; &#233;tablir que la technologie lui offre de nouvelles possibilit&#233;s de d&#233;veloppement. Cependant l'argument v&#233;ritablement d&#233;cisif aux yeux du CAE consiste dans l'id&#233;e d'une n&#233;cessaire adaptation &#224; l'&#233;poque. Ainsi, la technique rend obsol&#232;te la pratique pass&#233;e et donc certains discours, il faut donc &#171; &#234;tre en accord &#187; avec notre temps, marqu&#233; par la technologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument est bien entendu discutable, mais surtout il donne la part belle aux partisans du statu quo, car ces derniers peuvent alors se pr&#233;senter comme les ultimes d&#233;fenseurs de la Culture face &#224; la vague d&#233;ferlante du R&#233;seau (nihiliste, relativiste, n&#233;olib&#233;rale, ou autre qualificatif qui joue le r&#244;le similaire de mantra).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette pr&#233;tendue opposition entre le R&#233;seau et la Culture (et ses valeurs humanistes), articul&#233;e avec la question de la technique o&#249; l'h&#233;ritage heideggerien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Cf. &#171; Die Frage nach der Technik &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e le 18 novembre 1953 &#224; (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est pr&#233;pond&#233;rant, pour ne pas dire l'horizon ind&#233;passable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour une critique elle aussi contestable, cf. Pierre Bourdieu, &#171; L'ontologie (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la doxa m&#233;diatique brode &#224; n'en plus finir sur la mythologie du plagiat (fin des auteurs, fin des g&#233;nies, anarchie de l'expression, pillage g&#233;n&#233;ralis&#233;), chose que l'on peut observer, &#224; titre clinique, par exemple dans un opuscule de &lt;a href='http://www.uzine.net/article1808.html' class='spip_in'&gt;Finkielkraut&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les notions tr&#232;s romantiques &#171; d'original &#187;, de &#171; g&#233;nie &#187; et &#171; d'auteur &#187; sont donc &#224; interroger directement, si possible &#224; partir d'une source qui les condense et d&#233;termine encore nos repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Original, g&#233;nie, auteur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'une des racines modernes de notre compr&#233;hension de la notion de &#171; g&#233;nie &#187; et plus g&#233;n&#233;ralement de l'esth&#233;tique provient des analyses de Kant dans sa fameuse troisi&#232;me critique, la &lt;i&gt;Critique de la facult&#233; de juger&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Traduction de A. Philonenko, Paris, Vrin, 1965' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au paragraphe 46 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voit par l&#224; que le g&#233;nie : 1&#176; est un &lt;i&gt;talent&lt;/i&gt;, qui consiste &#224; produire ce dont on ne saurait donner aucune r&#232;gle d&#233;termin&#233;e ; il ne s'agit pas d'une aptitude &#224; ce qui peut &#234;tre appris par une r&#232;gle quelconque ; il s'ensuit que &lt;i&gt;l'originalit&#233;&lt;/i&gt; doit &#234;tre sa premi&#232;re propri&#233;t&#233; ; 2&#176; que l'absurde aussi pouvant &#234;tre original, ses produits doivent en m&#234;me temps &#234;tre des mod&#232;les, c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;exemplaires&lt;/i&gt; et par cons&#233;quent, que sans avoir &#233;t&#233; eux-m&#234;mes engendr&#233;s par l'imitation, ils doivent toutefois servir aux autres de mesure ou de r&#232;gle de jugement ; 3&#176; qu'il ne peut d&#233;crire lui-m&#234;me ou exposer scientifiquement comment il r&#233;alise son produit, et qu'au contraire c'est en tant que &lt;i&gt;nature&lt;/i&gt; qu'il donne la r&#232;gle ; c'est pourquoi le cr&#233;ateur d'un produit qu'il doit &#224; son g&#233;nie, ne sait pas lui-m&#234;me comment se trouve en lui les id&#233;es qui s'y rapportent et il n'est en son pouvoir ni de concevoir &#224; volont&#233; ou suivant un plan telles id&#233;es, ni de les communiquer &#224; d'autres dans des pr&#233;ceptes, qui les mettraient &#224; m&#234;me de r&#233;aliser des produits semblables. (C'est pouquoi aussi le mot g&#233;nie est vraisemblablement d&#233;riv&#233; de &lt;i&gt;genius&lt;/i&gt;, l'esprit particulier donn&#233; &#224; un homme &#224; sa naissance pour le prot&#233;ger et le diriger, et qui est la source de l'inspiration dont proc&#232;dent ces id&#233;es originales) ; 4&#176; que la nature par le g&#233;nie ne prescrit pas de r&#232;gles &#224; la science, mais &#224; l'art ; et que cela n'est le cas que s'il s'agit des beaux-arts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Commentaire succinct&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne rentrerons pas dans le d&#233;tail et l'&#233;conomie de la troisi&#232;me critique, c'est-&#224;-dire le r&#244;le pivot qu'elle joue entre la &lt;i&gt;Critique de la raison pure&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;Critique de la raison pratique&lt;/i&gt;. De m&#234;me, ce qui nous int&#233;resse ici est le concept de g&#233;nie utilis&#233; par Kant et non les raisons th&#233;oriques qui le poussent &#224; introduire ce concept (qui r&#233;pond aux difficult&#233;s soulev&#233;es par la d&#233;finition d'un plaisir universel sans concept et du jugement de go&#251;t comme esth&#233;tique et non logique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nie est donc, pour Kant et tout un chacun, celui qui poss&#232;de une facult&#233; inn&#233;e, un don naturel ou talent, qui se traduit par la production d'oeuvres originales, c'est-&#224;-dire des oeuvres &lt;i&gt;radicalement&lt;/i&gt; nouvelles. En effet, le g&#233;nie ne saurait &#234;tre par d&#233;finition un imitateur qui lui, &lt;i&gt;re&lt;/i&gt;produit quelque chose qui existe donc d&#233;j&#224; ; de m&#234;me que la copie pr&#233;suppose un mod&#232;le dont elle est la copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment se pose tout de suite la question de savoir si une telle radicalit&#233; dans la nouveaut&#233; est possible ou si au contraire une oeuvre esth&#233;tique est toujours r&#233;alis&#233;e en fonction d'oeuvres qui lui pr&#233;existent et auxquelles elle emprunte un certain nombre d'&#233;l&#233;ments, dont elle produirait alors une nouvelle combinaison (c'est la th&#232;se du CAE) ou auxquelles elle ferait r&#233;f&#233;rence par exemple en s'en d&#233;marquant (le &#171; nouveau roman &#187; est nouveau relativement aux romans qui lui pr&#233;existent, au del&#224; de l'utilisation du terme nouveau dans la promotion des produits). Cependant l'opinion commune op&#232;re alors une distinction entre les &lt;i&gt;faiseurs&lt;/i&gt; qui peuvent avoir un certain talent, et les g&#233;nies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition du g&#233;nie est plus restrictive chez Kant puisqu'il prend soin de pr&#233;ciser que la seconde propri&#233;t&#233; du g&#233;nie est l'exemplarit&#233;, en plus de l'originalit&#233;. En effet, &#171; &lt;i&gt;l'absurde aussi pouvant &#234;tre original&lt;/i&gt; &#187; il faut &#233;viter que du n'importe quoi, telle une chose priv&#233;e de sens mais pourtant originale (au sens de l'in&#233;dit, qui n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;, qui ne r&#233;sulte pas d'une imitation) puisse &#234;tre qualifi&#233;e d'oeuvre g&#233;niale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; ne suffit donc pas pour pr&#233;tendre au g&#233;nie, contrairement &#224; une confusion souvent entretenue par un certain nombre d'escrocs partisans de cette notion. C'est pourquoi l'oeuvre g&#233;niale doit servir de mesure ou d'&#233;talon. D'o&#249; les phrases suivantes du langage courant : &#171; ce compositeur est le nouveau Mozart &#187;, &#171; il grave comme D&#252;rer &#187;, &#171; il est gentil mais son op&#233;ra c'est vraiment du sous Wagner &#187;, &#171; il peint comme David Douillet &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me propri&#233;t&#233; du g&#233;nie, n&#233;gative cette fois, est d'&#234;tre dans l'incapacit&#233; d'expliquer scientifiquement sa production. De nos jours, on peut toujours le constater en assistant &#224; des vernissages o&#249; l'artiste explique son &#171; Travail &#187;. Il y a, plus s&#233;rieusement, une ambigu&#239;t&#233; &#224; lever : Kant n'affirme pas que le g&#233;nie est incapable de discourir &#224; propos de son oeuvre, de pr&#233;senter des motifs qui lui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et des id&#233;es directrices qui en fourniraient la gen&#232;se. L'opposition entre beaux-arts et science est explicit&#233;e dans le quatri&#232;me crit&#232;re et permet de comprendre le raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Kant, le terme de &#171; g&#233;nie &#187; s'applique exclusivement aux beaux-arts, c'est-&#224;-dire qu'il refuserait l'expression courante : &#171; Einstein est un g&#233;nie &#187;, ou pour respecter le contexte historique &#171; Newton est un g&#233;nie &#187; (c'est l'objet du paragraphe 47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'artiste est capable d'expliciter m&#233;thodiquement la r&#232;gle qu'il suit pour cr&#233;er, alors cela veut dire qu'il n'est pas un g&#233;nie puisque par d&#233;finition la r&#232;gle pr&#233;existe &#224; la production ce qui le classe dans l'activit&#233; technique (on r&#233;alise un plan avant de b&#226;tir un maison) ou dans l'activit&#233; artistique d'imitation (comme les peintres qui reproduisent des toiles de ma&#238;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait alors objecter que le g&#233;nie produit ses propres r&#232;gles, et c'est bien ce que soutient Kant puisque l'oeuvre g&#233;niale va servir de mod&#232;le, de norme du bon go&#251;t, bien qu'elle ne soit pas une imitation (elle n'applique pas de recette). Mais le g&#233;nie produit cette r&#232;gle en m&#234;me temps que l'oeuvre et &#171; c'est en tant que &lt;i&gt;nature&lt;/i&gt; qu'il donne la r&#232;gle &#187;, ce qui signifie que notre ami le g&#233;nie exprime son &lt;i&gt;talent&lt;/i&gt;, qui est naturel, dans un oeuvre qui sera en quelque sorte l'exemplification unique de la r&#232;gle suivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant justifie cette th&#232;se &#224; l'aide d'un argument sur lequel tout le monde s'accorde : il n'y a pas de manuel pour devenir un g&#233;nie, produire des oeuvres g&#233;niales (&#171; &lt;i&gt;communiquer &#224; d'autres dans des pr&#233;ceptes, qui les mettraient &#224; m&#234;me de r&#233;aliser des produits semblables&lt;/i&gt; &#187;). Ceci pour au moins deux raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 1) le talent est un don (donn&#233; par la nature), la facult&#233; productive est inn&#233;e &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2) le g&#233;nie est par d&#233;finition original (il ne suit pas de r&#232;gles, il les donne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi un individu peut apprendre &#224; peindre comme tel grand ma&#238;tre, mais son oeuvre ne sera pas dans ce cas originale, et donc g&#233;niale. D'o&#249; l'id&#233;e de l'unicit&#233; de l'auteur g&#233;nial, on dira alors par exemple &#171; seul Diego Vel&#225;zquez de Silva pouvait peindre &lt;a href=&#034;http://museoprado.mcu.es/menig.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Las Meninas&lt;/a&gt; &#187;, &#171; seul Baudelaire &#233;tait capable &#233;crire &lt;a href=&#034;http://hypermedia.univ-paris8.fr/bibliotheque/Baudelaire/Baudelaire.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Les Fleurs du Mal&lt;/a&gt; &#187;, etc, etc. D'o&#249; l'organisation de c&#233;r&#233;monies, comm&#233;morations, expositions, afin que le nom de l'illustre g&#233;nie illumine les si&#232;cles et les si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant justifie &#233;galement cette incapacit&#233; du g&#233;nie &#224; formuler scientifiquement la r&#232;gle par les limites de la cr&#233;ation (&#171; &lt;i&gt;ne sait pas lui-m&#234;me comment se trouve en lui les id&#233;es qui s'y rapportent et il n'est en son pouvoir ni de concevoir &#224; volont&#233; ou suivant un plan telles id&#233;es&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'antique notion d'inspiration comme mod&#232;le descriptif et explicatif du &lt;i&gt;d&#233;lire&lt;/i&gt; artistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='L'enthousiasme est la descente de la divinit&#233; qui parle par la bouche du (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Kant substitue celle de g&#233;nie entendu dans un sens moderne : il n'y a pas de g&#233;nies, de bons anges qui nous guident (ou de &lt;i&gt;d&#233;mon&lt;/i&gt; comme pour Socrate) mais des qualit&#233;s naturelles. Et donc des individus talentueux capables de cr&#233;er des oeuvres g&#233;niales, et des individus non talentueux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Livre, copie, droit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On a vu que la plupart des id&#233;es contemporaines (unicit&#233; de l'auteur, valeur du cr&#233;ateur, in&#233;galit&#233; du talent, etc.) se trouvent directement dans l'analyse kantienne de la notion de g&#233;nie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est pourquoi encore de nos jours on peut se dire nietzsch&#233;en et pour le (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette analyse est bien &#233;videmment critiquable, mais il nous semble plus int&#233;ressant pour l'instant de restituer une articulation seconde directement en rapport avec la question du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contrefa&#231;on&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans un texte un peu moins connu : &#171; &lt;i&gt;De l'ill&#233;gitimit&#233; de la contrefa&#231;on des livres&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='article paru dans la Berlinische Monatsschrift en mai 1785 ; traduction (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Kant r&#233;pond &#224; la pol&#233;mique qui agite l'&#233;poque et pr&#233;cise la relation entre l'&#233;diteur et l'auteur. Et surtout il &#233;tablit une comparaison entre l'oeuvre d'art et le livre qui en int&#233;ressera plus d'un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour une pr&#233;sentation de ce probl&#232;me on pourra consulter : Ce que l'Internet (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, du moins on l'esp&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les oeuvres d'art&lt;/i&gt;, en tant que choses, peuvent, en revanche, &#234;tre imit&#233;es d'apr&#232;s un exemplaire dont on a l&#233;gitimement fait l'acquisition ; on peut en faire des moulages, et les copies peuvent circuler publiquement sans qu'il soit besoin du consentement de l'auteur de l'original ou de celui dont il a eu besoin en tant qu'artisan de ses id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dessin dont quelqu'un a fait l'esquisse ou qu'il a fait graver par un autre, ou fait ex&#233;cuter en pierre, en m&#233;tal, ou en pl&#226;tre, peut &#234;tre reproduit, moul&#233;, et mis publiquement en circulation sous cette forme par celui qui ach&#232;te ces produits ; de m&#234;me que tout ce que quelqu'un peut effectuer avec sa chose &lt;i&gt;en son nom propre&lt;/i&gt; ne requiert pas le consentement d'un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dactylioth&#232;que de Lippert peut &#234;tre imit&#233;e par tout possesseur qui s'y entend et &#234;tre expos&#233; pour la vente sans que son inventeur puisse se plaindre qu'on est intervenu dans ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est une oeuvre (&lt;i&gt;opus&lt;/i&gt;, et non &lt;i&gt;opera alterius&lt;/i&gt;) que quiconque la poss&#232;de peut ali&#233;ner sans m&#234;me citer le nom de l'auteur, et par suite imiter et utiliser sous son propre nom comme sienne pour la faire circuler publiquement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On voit tr&#232;s clairement que Kant d&#233;fend le droit &#224; la reproduction des oeuvres (dont on a l&#233;gitimement fait l'acquisition). Cette reproduction des oeuvres d'art ne doit m&#234;me pas s'embarasser du consentement de l'auteur. On peut donc mouler, graver librement. Ce qui fournit une paternit&#233; possible au controvers&#233; &lt;a href=&#034;http://eucd.info/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;droit &#224; la copie priv&#233;e&lt;/a&gt;, qui est plus restrictif que celui qu'admet Kant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oeuvre d'art peut donc &#234;tre imit&#233;e afin de la diffuser dans le public. Or le livre est le moyen dont se sert un auteur pour diffuser sa pens&#233;e, et l'&#233;diteur pour vendre du papier. On pourrait alors confondre cet artefact qu'est le livre avec une oeuvre d'art, en tant qu'objet produit et ind&#233;pendant de son auteur, parfois jusqu'&#224; en d&#233;velopper un culte (sous la forme religieuse de texte sacr&#233; ou mercantile de l'&#233;dition originale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, si le but de la reproduction est de faciliter la diffusion et la publicit&#233; de l'objet, pourquoi &#233;tablir une diff&#233;rence entre l'oeuvre d'art et le livre ? Kant va donc op&#233;rer une distinction entre l'oeuvre d'art et le livre afin de justifier une diff&#233;rence de r&#233;gime :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais l'&#233;crit d'un autre est le &lt;i&gt;discours&lt;/i&gt; d'une personne (&lt;i&gt;opera&lt;/i&gt;) ; et celui qui l'&#233;dite ne peut discourir pour le public qu'au nom de cet autre et seulement dire de lui-m&#234;me que l'auteur a tenu &#224; travers lui (&lt;i&gt;Impensis Bibliopolae&lt;/i&gt;) le discours suivant au public. Car c'est une contradiction de tenir, &lt;i&gt;en son nom&lt;/i&gt;, un discours qui doit pourtant &#234;tre, d'apr&#232;s les propres d&#233;clarations de l'auteur et conform&#233;ment &#224; la demande du public, &lt;i&gt;le discours d'un autre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc la raison pour laquelle toutes les oeuvres d'art peuvent &#234;tre imit&#233;es pour &#234;tre mises publiquement en circulation, mais qui fait que les livres qui ont d&#233;j&#224; trouv&#233; leur &#233;diteur ne peuvent pas faire l'objet d'une contrefa&#231;on, tient &#224; ceci : les premi&#232;res sont des &lt;i&gt;oeuvres&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;opera&lt;/i&gt;), les secondes sont des &lt;i&gt;op&#233;rations&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;operae&lt;/i&gt;) mais celles-l&#224; sont des choses existant pour elles-m&#234;mes tandis que les seconds n'ont d'existence que dans la personne. Par cons&#233;quent, ces derniers reviennent exclusivement &#224; la personne de l'auteur (*) ; et l'auteur a un droit inali&#233;nable (&lt;i&gt;jus personalissimum&lt;/i&gt;) de parler toujours &lt;i&gt;lui-m&#234;me&lt;/i&gt; &#224; travers tous les autres, c'est-&#224;-dire que personne n'a le droit d'adresser ce discours au public autrement qu'en son nom (celui d'auteur). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cet objet fabriqu&#233; qu'est le livre ne prend sens qu'en fonction d'un discours qui renvoie n&#233;cessairement &#224; un locuteur (l'auteur) et non &#224; celui qui organise, y compris l&#233;galement, la distribution de l'objet livre (l'&#233;diteur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La note signal&#233;e par l'ast&#233;risque dans le texte &#233;claire ce rapport entre l'auteur et l'&#233;diteur, et la nature ambig&#252;e du livre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; (*) L'auteur et le propri&#233;taire de l'exemplaire peuvent tous deux &#233;galement dire de bon droit : c'est mon livre ! mais dans dans des sens diff&#233;rents. Le premier consid&#232;re le livre comme &#233;crit ou comme discours ; le second simplement comme l'instrument muet de la transmission du discours &#224; lui-m&#234;me ou au public, c'est-&#224;-dire comme exemplaire. Mais ce droit de l'auteur n'est pas un droit sur la chose, &#224; savoir sur l'exemplaire (car le propri&#233;taire peut le br&#251;ler sous les yeux de l'auteur), mais un droit inh&#233;rent &#224; sa propre personne, le droit d'emp&#234;cher qu'un autre ne le laisse pas parler au public sans son consentement, lequel ne peut absolument pas &#234;tre pr&#233;sum&#233; parce que l'auteur l'a d&#233;j&#224; donn&#233; en exclusivit&#233; &#224; un autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une clause d'exclusivit&#233; qui emp&#234;cherait un auteur de parler est bien une ali&#233;nation de sa personne, et ce n'est pas parce que l'&#233;diteur r&#233;alise une affaire avec l'auteur qu'il peut de ce fait outrepasser la nature m&#234;me de l'affaire conclue. Seul l'auteur accorde ou non son consentement (Kant se prononce d'ailleurs sur la question de la publication des oeuvres posthumes, dans le sens d'un devoir pour l'&#233;diteur). C'est ici une diff&#233;rence avec le copyright. De m&#234;me il y aurait contradiction &#224; ce que l'&#233;diteur parle en son nom dans le livre d'un autre, car il n'est pas mandat&#233; pour cela mais bien au contraire pour laisser parler l'auteur. Il n'est donc qu'un interm&#233;diaire dans une &lt;i&gt;affaire&lt;/i&gt; dont il a la charge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='En France, code la propri&#233;t&#233; intellectuelle. article L. 132-1 &#171; Le contrat (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit d'auteur comme son nom l'indique, est pour Kant le droit &#171; &lt;i&gt;inh&#233;rent &#224; sa propre personne&lt;/i&gt; &#187; et non un droit qui porte sur un objet (l'exemplaire)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='En France, code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle article L121-1 &#171; L'auteur jouit (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . C'est d'ailleurs bien &#224; l'&#233;diteur que revient le droit de propri&#233;t&#233; sur l'exemplaire (c'est lui qui le produit, il peut donc le br&#251;ler si cela lui chante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la contrefa&#231;on pour Kant n'est pas seulement dans l'aspect financier, mais aussi dans l'aspect moral, relevant de la notion de personne. Il y a effectivement un pr&#233;judice lorsqu'un contrefacteur &#233;dite sans avoir pass&#233; de contrat avec l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il l&#232;se tout d'abord le v&#233;ritable &#233;diteur, c'est-&#224;-dire celui qui a re&#231;u de l'auteur une autorisation et qui organise en tant qu'interm&#233;daire le rapport de l'auteur &#224; son public. D'o&#249;, de nos jours, les lancinantes j&#233;r&#233;miades de l'industrie culturelle &#224; propos du &#171; piratage &#187; et du &#171; photocopillage &#187;, le plus souvent accompagn&#233;es de chiffres farfelus, (en ceci qu'&#224; partir d'une estimation du nombre de copies illicites r&#233;alis&#233;e par ses bons soins, elle en d&#233;duit automatiquement un manque &#224; gagner &#233;quivalent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve alors l'antique notion de plagiaire : celui qui vole les esclaves d'autrui, ou qui ach&#232;te et vend comme esclave une personne libre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='Pour un ex-cursus mythologique, cf. Les voleurs de chevaux ou La razzia des (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur sous contrat est jusqu'&#224; preuve du contraire une personne libre, ce sans quoi d'ailleurs il pourrait difficilement y avoir un contrat ; (on ne signe pas de contrat avec un esclave). C'est pourquoi le plagiat va prendre en droit le nom de contrefa&#231;on. H&#233;l&#232;ne Maurel-Indart dans &lt;a href=&#034;http://www.ifrance.com/plagiat/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;son site consacr&#233; &#224; ce sujet&lt;/a&gt; cite un extrait d'un trait&#233; de Renouard :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plagiat, vol de mots, prend en droit le nom de contrefa&#231;on. Renouard, dans son Trait&#233; des droits d'auteur dans la litt&#233;rature, les sciences et les arts (1838), pr&#233;cise que : &#034;le plagiat, tout r&#233;pr&#233;hensible qu'il soit, ne tombe pas sous le coup de la loi, il ne motive l&#233;galement aucune action judiciaire que s'il devient assez grave pour changer de nom et encourir celui de contrefa&#231;on.&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exemple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du droit d'auteur issue des Lumi&#232;res (ou &lt;a href=&#034;http://foucault.info/documents/whatIsEnlightenment/foucault.questcequeLesLumieres.fr.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Aufkl&#228;rung&lt;/a&gt; pour rester dans le contexte kantien) a d&#233;termin&#233; l'&#233;laboration du droit positif (&lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnCode?code=CPROINTL.rcv&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;). Ainsi &#224; titre d'illustration, dans l'affaire qui a oppos&#233; Patrick R&#246;del au pr&#233;sident du conseil de surveillance du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Alain Minc, on peut lire dans le jugement du TGI rendu le 28 novembre 2001 (publi&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/plpl/n8/p6-7.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;PLPL&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Attendu que les griefs articul&#233;s par Patrick R&#214;DEL &#233;tant, comme il a &#233;t&#233; vu, partiellement fond&#233;s du fait de la reprise d'&#233;l&#233;ments prot&#233;g&#233;s, la contrefa&#231;on est constitu&#233;e ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Attendu que la responsabilit&#233; de cette contrefa&#231;on p&#232;se au premier chef sur Alain MINC, qui en tant qu'auteur de l'ouvrage contrefaisant n'ignorant rien de l'&#339;uvre premi&#232;re et des emprunts ind&#251;ment faits ne peut se pr&#233;valoir de sa bonne foi. [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le motif retenu est bien celui de contrefa&#231;on, une reprise frauduleuse qui &#233;dite la parole d'un autre sans son consentement, et dont Alain Minc est responsable en tant qu'auteur du livre qui contrefait (il n'ignore rien de la manoeuvre et signe &#224; la place de). Dans la suite du jugement, le TGI :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; Condamne in solidum Alain MINC et la soci&#233;t&#233; Editions GALLIMARD &#224; payer &#224; Patrick R&#214;DEL la somme de 100.000 F (15.244,90 euros) &#224; titre de dommages et int&#233;r&#234;ts en r&#233;paration de son pr&#233;judice moral ; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;diteur est donc lui aussi condamn&#233;, au titre d'un pr&#233;judice moral, c'est-&#224;-dire le pr&#233;judice caus&#233; &#224; un individu qui est l&#233;s&#233;e en tant que personne morale, dans son droit inali&#233;nable qui appartient &#224; sa personne. Le d&#233;bat sur le droit d'auteur a g&#233;n&#233;ralement tendance &#224; se focaliser sur l'enjeu financier, (par exemple du c&#244;t&#233; de l'&#233;dition), en oubliant l'aspect moral, celui de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect moral n'a rien de moraliste au mauvais sens du terme, il signifie que chaque individu est l'auteur de ses discours et que personne n'a le droit d'ali&#233;ner cette libert&#233; (notamment de parler &#224; la place de sans autorisation). Que cette ali&#233;nation, ce plagiat au sens antique (faire d'un homme libre un esclave) s'op&#232;re le plus souvent en fonction d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ne change pas sa nature, y compris quand la victime per&#231;oit de l'argent en r&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous avons essay&#233; de montrer tr&#232;s bri&#232;vement comment la post&#233;rit&#233; kantienne d&#233;termine nos repr&#233;sentation, sans se prononcer sur sa validit&#233;. L'axe suivi a &#233;t&#233; celui d'un &#233;claircissement de la notion d'auteur, en rapport avec celles de livre et d'oeuvre d'art (et son concept de g&#233;nie), &#224; partir d'une r&#233;f&#233;rence au programme explicitement utopique du CAE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est apparu que la distinction op&#233;r&#233;e par Kant entre oeuvre et op&#233;ration se justifie en fonction de la notion de personne morale, &#224; laquelle la libert&#233; de tenir un discours en son nom appartient de plein droit. Ce qui laisse de c&#244;t&#233; le probl&#232;me du droit de l'artiste. Sur la notion de Copyleft, et l'&#233;laboration d'une Licence Art Libre sur le mod&#232;le de celle des &lt;a href=&#034;http://www.gnu.org/copyleft/gpl.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;logiciels libres&lt;/a&gt;, on pourra consulter le site &lt;a href=&#034;http://artlibre.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Artlibre&lt;/a&gt;, et sur la question de la validit&#233; du mod&#232;le : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.autourdulibre.org/article58.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le libre pour les publications scientifiques : pertinence et limites d'un mod&#232;le commun&lt;/a&gt; &#187; de Pierre Mounier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce droit (d'auteur) pris dans le circuit de la marchandise, avant tout marqu&#233; par une logique &#233;conomique, devient de plus en plus probl&#233;matique, relativement &#224; la question d'une diffusion des connaissances et &#224; la notion d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. On pourra lire &#224; ce propos : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.freescape.eu.org/eclat/2partie/Queau/queau.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;/a&gt; &#187; de Philippe Qu&#233;au.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu &#224; l'heure du R&#233;seau est bien celui d'une libert&#233; des personnes &#224; publier leur propre parole, &#224; faire valoir leur &lt;i&gt;droit d'auteur&lt;/i&gt;, et non, suivant le discours fallacieux de l'industrie culturelle, de restreindre cette libert&#233; (notamment par la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e et la r&#233;pression), de mani&#232;re - sinistrement - ironique, au nom d'&lt;i&gt;auteurs&lt;/i&gt; qui seraient spoli&#233;s par cette m&#234;me libert&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce propos chez les Virtualistes la Lettre ouverte aux (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francisons un exemple : le cas bien connu de La Fontaine et d'Esope ; cf. &lt;a href=&#034;http://www.lafontaine.net/fables/sources.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Les Sources des Fables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#171; Die Frage nach der Technik &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e le 18 novembre 1953 &#224; l'&#233;cole Technique Sup&#233;rieure de Munich ; traduction fran&#231;aise &#171; &lt;a href=&#034;http://agora.qc.ca/textes/heidegger.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;La question de la technique&lt;/a&gt; &#187; par A. Pr&#233;au, in &lt;i&gt;Essais et conf&#233;rences&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1958, p.9-48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une critique elle aussi contestable, cf. Pierre Bourdieu, &#171; L'ontologie politique de Martin Heidegger &#187;, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, n&#176; 5-6, pp. 109-156 (&#233;dit&#233; sous le m&#234;me titre aux &#233;ditions de Minuit en 1988 dans la collection &#171; le sens commun &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction de A. Philonenko, Paris, Vrin, 1965&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enthousiasme est la descente de la divinit&#233; qui parle par la bouche du po&#232;te inspir&#233;, cf. Platon, &lt;i&gt;Ion&lt;/i&gt;, 536c : &#171; Car ce n'est point par l'effet d'un art ni d'une science que tu tiens sur Hom&#232;re les discours que tu tiens ; c'est en vertu d'une faveur divine [theia mo&#239;ra] et d'une possession divine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est pourquoi encore de nos jours on peut se dire nietzsch&#233;en et pour le droit d'auteur (sans parler du probl&#232;me de la falsification des &#233;crits du philologue &#224; moustaches par sa soeur mari&#233;e &#224; un antis&#233;mite.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;article paru dans la &lt;i&gt;Berlinische Monatsschrift&lt;/i&gt; en mai 1785 ; traduction fran&#231;aise par Jean-Fran&#231;ois Poirier et Fran&#231;oise Proust, in Kant, &lt;i&gt;Vers la paix perp&#233;tuel et autres textes&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 1991. Un traduction anglaise en ligne sur &lt;a href=&#034;http://www.hkbu.edu.hk/~ppp/fne/essay3.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;hkbu.edu.hk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une pr&#233;sentation de ce probl&#232;me on pourra consulter : &lt;a href=&#034;http://www.text-e.org/conf/index.cfm?fa=texte&amp;ConfText_ID=6&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Ce que l'Internet nous a appris sur la vraie nature du livre&lt;/a&gt; de Roberto Casati et &lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/compagnon/auteur9.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt; : Neuvi&#232;me le&#231;on : La propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;/a&gt;, par Antoine Compagnon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En France, code la propri&#233;t&#233; intellectuelle. article L. 132-1 &#171; Le contrat d'&#233;dition est le contrat par lequel l'auteur d'une oeuvre de l'esprit ou ses ayants droit c&#232;dent &#224; des conditions d&#233;termin&#233;es &#224; une personne appel&#233;e &#233;diteur le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre des exemplaires de l'oeuvre, &#224; charge pour elle d'en assurer la publication et la diffusion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En France, code de la propri&#233;t&#233; intellectuelle article L121-1 &#171; L'auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualit&#233; et de son oeuvre. &lt;strong&gt;Ce droit est attach&#233; &#224; sa personne&lt;/strong&gt;. Il est perp&#233;tuel, inali&#233;nable et imprescriptible. Il est transmissible &#224; cause de mort aux h&#233;ritiers de l'auteur. L'exercice peut &#234;tre conf&#233;r&#233; &#224; un tiers en vertu de dispositions testamentaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un ex-cursus mythologique, cf. Les voleurs de chevaux ou &lt;i&gt;La razzia des vaches de Cooley&lt;/i&gt; ( &lt;a href=&#034;http://vassun.vassar.edu/~sttaylor/Cooley/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;T&#225;in B&#243; C&#250;alnge&lt;/a&gt;), traduction C-J.Guyonvarc'h, Gallimard, Paris, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos chez les Virtualistes la &lt;a href=&#034;http://virtualistes.org/DAvoleur.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lettre ouverte aux auteurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un slogan anti-guerre invent&#233;, reformul&#233; et recycl&#233; par Google... en 42 jours</title>
		<link>http://www.uzine.net/article1960.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.uzine.net/article1960.html</guid>
		<dc:date>2003-04-05T15:27:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrew Orlowski</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;[Article paru dans The Register le 4 mars 2003 sous le titre &#171; Anti-war slogan coined, repurposed and Googlewashed... in 42 days &#187;. Traduit de l'anglais par Pierre Lazuly avec l'aimable autorisation de l'auteur.] &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que l'on c&#233;l&#232;bre cette ann&#233;e le centenaire de la naissance de George Orwell, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; la stup&#233;faction qu'aurait sans doute &#233;t&#233; la sienne devant l'histoire qui suit. Lui qui avait mieux que quiconque d&#233;crit l'influence des mots sur la politique aurait probablement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique160.html" rel="directory"&gt;M&#233;dias alternatifs, information ind&#233;pendante et contre-information&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L105xH91/arton1960-530e4.jpg?1582449798' width='105' height='91' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;[Article paru dans &lt;a href=&#034;http://www.theregister.co.uk/content/6/30087.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;The Register&lt;/a&gt; le 4 mars 2003 sous le titre &#171; Anti-war slogan coined, repurposed and Googlewashed... in 42 days &#187;. Traduit de l'anglais par &lt;a href=&#034;http://menteur.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Pierre Lazuly&lt;/a&gt; avec l'aimable autorisation de l'auteur.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que l'on c&#233;l&#232;bre cette ann&#233;e le centenaire de la naissance de George Orwell, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; la stup&#233;faction qu'aurait sans doute &#233;t&#233; la sienne devant l'histoire qui suit. Lui qui avait mieux que quiconque d&#233;crit l'influence des mots sur la politique aurait probablement observ&#233; avec int&#233;r&#234;t l'influence d'Internet dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 f&#233;vrier, une analyse de Patrick Tyler d&#233;crivait &#224; la une du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; le mouvement de protestation anti-guerre comme l'&#233;mergence d'une seconde super-puissance (&#171; the second superpower &#187;). Tyler &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; les immenses manifestations anti-guerre &#224; travers le monde ce week-end nous rappellent qu'il existe sans doute encore deux super-puissances sur la plan&#232;te : les Etats-Unis et l'opinion publique &#187;&lt;/i&gt;. Cette expression, tr&#232;s forte, s'est r&#233;pandue rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants anti-guerres, organisations pacifistes et ONGs ont commenc&#233; &#224; d&#233;crire ce mouvement populaire de protestation comme &#171; la seconde super-puissance &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.scoop.co.nz/mason/stories/WO0303/S00377.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Greenpeace&lt;/a&gt;). Et moins d'un mois plus tard, cette expression &#233;tait employ&#233;e par le Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral des Nations-Unies, Kofi Annan (&lt;a href=&#034;http://registration.ft.com/registration/sub/barrier.jsp?location=http%3A//news.ft.com/servlet/ContentServer%3fpagename=FT.com/StoryFT/FullStory%26c=StoryFT%26cid=1045511627296%26ft_acl=&amp;resource=ftarc&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Financial Times&lt;/a&gt;). Il y a une semaine, une recherche &#171; second superpower &#187; sur Google vous aurait confirm&#233; la rapide propagation de cette expression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Effacez ce mot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puis apparut &lt;a href=&#034;http://cyber.law.harvard.edu/people/jmoore/secondsuperpower.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;cet article&lt;/a&gt;. Titr&#233; &#171; La seconde super-puissance d&#233;voile son beau visage &#187;, et sign&#233; James F. Moore, il &#233;tait le premier article d'un &#171; blog &#187; (ou &#171; weblog &#187;) que celui-ci venait tout juste de cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son contenu ne nous occupera pas longtemps, ses cons&#233;quences &#233;tant infiniment plus importantes que son contenu, fort anodin. C'est un appel aux internautes &#224; s'organiser en super-puissance - le genre de litt&#233;rature techno-utopique que John Perry Barlow n'a cess&#233; de promouvoir ces dix derni&#232;res ann&#233;es - le m&#234;me discours d'andouille, mais en moins bien &#233;crit. Observez juste que celui-ci est saupoudr&#233; de mots qui parleront &#224; la fois aux progressistes, aux lib&#233;raux et aux r&#233;publicains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous parvenez au bout de cette indigeste succession de banalit&#233;s bien pensantes, vous d&#233;couvrirez cette conclusion : &lt;i&gt;&#171; Nous n'avons pas &#224; cr&#233;er un monde o&#249; les diff&#233;rences seraient r&#233;solues par la guerre. Ce n'est pas notre destin que de vivre dans un monde de destruction, d'ennui et de trag&#233;die. Nous allons cr&#233;er un monde de paix &#187;&lt;/i&gt;. Comme tous les articles de ce genre, il n'y aucun contexte politique ou social. M&#234;me si l'auteur donne tout de m&#234;me une r&#232;gle de base &#224; respecter : nous devons coop&#233;rer avec la Banque Mondiale. Euh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en gros la m&#234;me politique, mais d&#233;barrass&#233;e des hommes politiques : en r&#233;sum&#233;, une &#171; r&#233;volution light &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, le point important. Regardez ce que la recherche &#171; second superpower &#187; produit aujourd'hui sur Google. &lt;a href=&#034;http://www.google.com/search?hl=en&amp;ie=ISO-8859-1&amp;q=%22Second+Superpower%22&amp;btnG=Google+Search&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Essayez !&lt;/a&gt;. L'article de James Moore est l&#224;, tout en haut. Non seulement il constitue la premi&#232;re r&#233;ponse, mais il occupe d&#233;j&#224; 27 des 30 premi&#232;res r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modeste, James Moore &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait sympa de la part de Dave Winer [distributeur d'outils de weblog] et Doc Searls [consultant en publicit&#233;] d'attirer l'attention dessus, m&#234;me s'il n'est pas vraiment pr&#234;t pour une telle exposition &#187;&lt;/i&gt;. Qu'importe, James Moore est devenu du jour au lendemain un bloggueur vedette, d&#232;s son premier essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu des millions de personnes de par le monde pour forcer la Grande Muette &#224; d&#233;crire le mouvement anti-guerre comme la &#171; deuxi&#232;me super-puissance &#187; ; il aura suffi d'une poign&#233;e de bloggueurs r&#233;f&#233;ren&#231;ant son article pour que celui, en vertu de l'algorithme &#171; PageRank &#187; de Google, b&#233;n&#233;ficie d'une l&#233;gitimit&#233; telle que sa d&#233;finition inoffensive &#233;crase toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous regardiez le monde par une lorgnette Google, et si le moteur de recherche &#233;tait votre principale vision du monde, vous auriez du mal &#224; croire que l'expression &#171; deuxi&#232;me super-puissance &#187; puisse signifier autre chose. Son sens original a quasiment disparu. Ray&#233; de la carte, en tout juste sept semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous serez particuli&#232;rement sensible &#224; cette disparition si vous vous imaginez que le &#171; PageRank &#187; de Google est &#171; intrins&#232;quement d&#233;mocratique &#187;, comme l'entreprise le pr&#233;tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce &#171; Googlewash &#187; n'a pris que 42 jours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vous &#234;tes dans un d&#233;dale de blogs, tous semblables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;trange coincidence, sans aucun doute, mais le tableau s'obscurcit si vous observez les autres r&#233;ponses : des discussions parall&#232;les au sujet de son article, dont les liens hypertexte vers l'original ont fortement contribu&#233; &#224; cette red&#233;finition et permettent d'expliquer comment ce nettoyage s&#233;mantique a pu se produire si rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La subversion par James Moore du terme de &#171; seconde super-puissance &#187; est en r&#233;alit&#233; la cons&#233;quence du &#171; PageRank &#187; tr&#232;s &#233;lev&#233; dont celui-ci a imm&#233;diatement b&#233;n&#233;fici&#233; gr&#226;ce aux liens qu'ont tiss&#233; vers son texte des bloggeurs techno-utopistes de premier plan, regroup&#233;s autour d'une liste de discussion intitul&#233;e &#171; Emergent Democracy &#187;. Une petite communaut&#233; qui tire ce nom d'un article semblable, publi&#233; par Joi Ito (voir par exemple &lt;a href=&#034;http://joi.ito.com/archives/2003/03/08/chillin_with_larry_page.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Lunch&lt;/a&gt;), lequel dispose d'une autorit&#233; morale consid&#233;rable dans ces cercles-l&#224;, et donc d'un excellent PageRank qui lui permet de d&#233;cerner une excellente l&#233;gitimit&#233; aux articles qu'il choisit de r&#233;f&#233;rencer. Joi Ito, comme James Moore, est une figure de r&#233;f&#233;rence surgie de nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Joi Ito est &#233;trangement similaire &#224; celui de Moore - les deux sont vagues, difficiles &#224; saisir, et ne parviennent pas &#224; d&#233;crire comment cette d&#233;mocratie &#171; &#233;mergente &#187; pourrait prendre un cadre l&#233;gal, une monnaie, une d&#233;finition de la propri&#233;t&#233;, ou - plus important, quand vous &#234;tes matraqu&#233; par un quelconque salopard - assurer &#224; la communaut&#233; une force de protection (ce que l'on appelle aujourd'hui &#171; force militaire &#187; dans les milieux bien pensants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'article de James Moore, les r&#233;f&#233;rences &#224; l'histoire et aux recherches universitaires sur le sujet sont compl&#232;tement ignor&#233;es. Disparues, comme par magie. Toutefois, nous pouvons nous faire une id&#233;e de ce &#224; quoi cette &#171; d&#233;mocratie &#187; utopique pourrait ressembler si nous observons les id&#233;es qui circulent sur cette liste de discussion. Les participants sont plut&#244;t pr&#233;cis sur la mani&#232;re dont &lt;i&gt;ils&lt;/i&gt; d&#233;finissent la d&#233;mocratie : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;mocratie peut parfaitement bien fonctionner sans que personne ne se barbouille le visage et ne bloque les rues &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;42 jours&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Orwell s'en serait probablement amus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les mots d&#233;finissent l'action &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Alan Black, qui participe chaque ann&#233;e &#224; l'organisation du &#171; LitQuake &#187; &#224; San Francisco et pr&#233;pare dans cette ville une comm&#233;moration du centenaire de la naissance de George Orwell, en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La novlangue &#233;tait l'un des fondements du r&#233;gime totalitaire. Big Brother red&#233;finissait constamment l'histoire et les mots - il savait que les gens r&#233;agissaient &#224; des mots cl&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;&#171; C'est int&#233;ressant que nous ayions compris que la seule fa&#231;on de s'opposer &#224; une super-puissance venait de la population, et que nous ayions cherch&#233; &#224; le red&#233;finir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le vrai prodige est d'avoir pu y parvenir avec si peu de personnes. Le &lt;a href=&#034;http://www.pewinternet.org/reports/reports.asp?Report=87&amp;Section=ReportLevel2&amp;Field=Level2ID&amp;ID=662&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;dernier rapport&lt;/a&gt; du &lt;i&gt;Pew Research Center&lt;/i&gt; indique que le nombre d'internautes qui consulte les blogs est &lt;i&gt;&#171; si faible qu'il n'est pas possible d'obtenir de conclusions statistiquement fiables sur qui les utilise &#187;&lt;/i&gt;. Ils l'estiment globalement aux alentours de 4%, mais nous nous int&#233;ressons ici &#224; un petit sous-ensemble du monde des blogs, les blogs &#171; techno &#187;, et plus pr&#233;cis&#233;ment aux quelques bloggueurs vedettes de ce sous-sous-ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui signifie que Google peut &#234;tre instrumentalis&#233; - et le langage perverti - par un tr&#232;s petit nombre de personnes, statistiquement insignifiant. C'est toutefois suffisant pour faire dispara&#238;tre, sur le r&#233;seau, le sens original d'une expression.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Googlewash &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'int&#233;ressant &#224; la connivence entre Google et la R&#233;publique de Chine (l'entreprise ayant accept&#233; de filtrer les informations renvoy&#233;es aux internautes &#171; g&#233;olocalis&#233;s &#187; sur son territoire), le sp&#233;cialiste des questions de censure Seth Finkelsetein observait : &lt;i&gt;&#171; Contrairement &#224; ce que pr&#233;tendaient de pr&#233;c&#233;dentes th&#233;ories utopiques sur l'Internet, cela demande tr&#232;s peu d'efforts aux gouvernements de faire dispara&#238;tre certaines informations &#224; un tr&#232;s grand nombre de personnes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplacez le mot &#171; gouvernement &#187; par &#171; quelques bloggueurs vedettes &#187;. Dans ce cas pr&#233;cis, une notion g&#233;n&#233;rale, une expression tr&#232;s forte et quasiment &#171; virale &#187;, a &#233;t&#233; forg&#233;e par plusieurs millions de personnes. Mais elle a &#233;t&#233; pervertie par un tr&#232;s petit nombre de bloggueurs. Peut-&#234;tre une douzaine, mais moins de 30, dirions-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut s'arroger le droit de polluer le sens r&#233;el ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; greenwash &#187; sera famili&#232;re de beaucoup d'entre vous : c'est ainsi qu'on appelle les judicieuses op&#233;rations de marketing qui donnent &#224; un concept &#233;cul&#233; un nouveau vernis et en font quelque chose qui peut sembler valable et radicalement nouveau, mais qui reste fondamentalement inchang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier &#171; Googlewash &#187; que nous ayons rencontr&#233;. 42 jours auront suffi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels seront les prochains ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Petite r&#233;flexion du traducteur, que l'auteur de l'article, &#224; qui je l'ai soumise, a qualifi&#233; de &#171; good point &#187; : la responsabilit&#233; du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; est probablement importante dans ce cas pr&#233;cis. En choisissant la strat&#233;gie du &#171; registration required &#187; (il faut s'enregistrer sur leur site pour pouvoir consulter leurs articles), ils ont involontairement favoris&#233; ce &#171; Googlewash &#187;. Si leur article avait &#233;t&#233; publiquement accessible, sur un site de presse am&#233;ricain qui b&#233;n&#233;ficie d&#233;j&#224; d'un tr&#232;s bon &#171; PageRank &#187;, il aurait probablement connu les honneurs des blogs et de nombre de sites contestataires et occuperait peut-&#234;tre toujours aujourd'hui la place de James Moore. C'est peut-&#234;tre ce retrait progressif de nombre de sites d'information (qui pr&#233;f&#232;rent ne plus rendre publiques leurs archives dans l'espoir de vendre en ligne quelques articles) qui favorise ce genre d'OPA sur mots-cl&#233;s. Lorsque l'information de r&#233;f&#233;rence n'est pas disponible, le premier &#224; la commenter h&#233;rite de sa paternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La D&#233;connexion</title>
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		<dc:creator>Piotrr</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lamento ma non troppo &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous sommes tromp&#233;s d'&#233;poque. Pour beaucoup d'entre nous, la r&#233;volution de l'informatique personnelle puis d'Internet posait les fondements d'une renaissance intellectuelle et politique dont les caract&#233;ristiques n'&#233;taient pas si &#233;loign&#233;es de cette p&#233;riode historique qu'en Europe nous appelons la Renaissance : vertige des biblioth&#232;ques num&#233;riques accumulant un savoir universel librement accessible &#224; tous, prolif&#233;ration de l'hyperlien comme moyen d'en revenir toujours &#224; la source, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.uzine.net/rubrique121.html" rel="directory"&gt;Cr&#233;ations et r&#233;manences&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L105xH105/arton1948-26d1c.jpg?1582449798' width='105' height='105' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lamento ma non troppo&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes tromp&#233;s d'&#233;poque. Pour beaucoup d'entre nous, la r&#233;volution de l'informatique personnelle puis d'Internet posait les fondements d'une renaissance intellectuelle et politique dont les caract&#233;ristiques n'&#233;taient pas si &#233;loign&#233;es de cette p&#233;riode historique qu'en Europe nous appelons la Renaissance : vertige des biblioth&#232;ques num&#233;riques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='L'Association des Bibliophiles Universels fut une des premi&#232;res &#224; populariser (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; accumulant un savoir universel librement accessible &#224; tous, prolif&#233;ration de l'hyperlien comme moyen d'en revenir toujours &#224; la source&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Et plus encore, le syst&#232;me de la transclusion invent&#233;e par Ted Nelson dans (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au-del&#224; de la glose qui en d&#233;coule, principe du libre-examen sans filtre, sans censure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Ian Clarke a invent&#233; un c&#233;l&#232;bre r&#233;seau parall&#232;le, appel&#233; Freenet et dont le (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et d'une responsabilit&#233; individuelle qui s'affranchit des contraintes collectives, et, pour les plus id&#233;alistes, &#233;tablissement d'une libre circulation des id&#233;es, ouverture de voies de communication permettant aux hommes de dialoguer et d'&#233;changer sans contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un Nouveau Monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme pour les hommes du &lt;font size=2&gt;XV&lt;/font&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, nous v&#233;c&#251;ment nous aussi notre d&#233;couverte du Nouveau Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='La c&#233;l&#232;bre D&#233;claration d'Ind&#233;pendance du Cyberespace, de John Perry Barlow se (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ressentant tout &#224; coup un immense appel d'air au sein d'un espace public dont l'atmosph&#232;re avait fini par avoir quelque chose de celle d'une salle de bain. Au moment o&#249; certains se demandaient encore si les habitants du cyberespace appartenaient bien &#224; l'esp&#232;ce humaine, nous savions d&#233;j&#224;, nous, qu'ils avaient su retrouver l'essence &lt;span class='spip_document_790 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L163xH141/persepl2-a4105.jpg?1582449798' width='163' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;m&#234;me de l'humanit&#233; - certains d'entre nous parlaient m&#234;me d'&lt;a href=&#034;http://www.cyberhumanisme.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;humanisme&lt;/a&gt;, n'h&#233;sitant pas &#224; employer un terme us&#233;, d&#233;valoris&#233;, affaibli par des si&#232;cles d'hypocrisie et quelques sectes r&#233;centes. Il n'est pas jusqu'aux ennemis les plus puissants de cette r&#233;volution qui tentaient de s'approprier maladroitement les signes les plus visibles de cette filiation historique, sans comprendre qu'&#233;videmment, l'esprit de la Renaissance ne se loge pas dans quelque f&#233;tiche inestimable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='En 1994, le patron de Microsoft, mais aussi de l'importante banque d'images (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais dans des pratiques immat&#233;rielles, un mode de vie ensemble auquel ils ne pouvaient, structurellement, prendre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous nous sommes tromp&#233;s d'&#233;poque, car la p&#233;riode qui allait suivre cet Age d'Or qui prenait dans nos esprits les dimensions d'une mythologie, n'allait ressembler en rien, ni &#224; un quelconque Age Classique, encore moins aux Lumi&#232;res dont nous esp&#233;rions l'av&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dark Ages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://cyberlaw.stanford.edu/future/contents/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Dark Ages&lt;/a&gt; &#187;. Certains observateurs ont tr&#232;s vite su comprendre et qualifier ce vers quoi nous nous dirigions : bien loin du r&#234;ve de communication universelle, c'&#233;tait &#224; l'&#233;mergence d'une diffusion unilat&#233;rale, contr&#244;l&#233;e, cloisonn&#233;e, cadenass&#233;e de l'information qu'il fallait s'attendre. Rapidement on a vu appara&#238;tre de &lt;a href=&#034;http://www.aoltimewarner.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;nouveaux seigneurs&lt;/a&gt;, seigneurs sans suzerain ni roi du reste, r&#233;gnant sans partage sur un territoire dont ils gardaient jalousement les fronti&#232;res par la mise en &#339;uvre de moyens offensifs - le terrorisme juridique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Le &#034; m&#233;dia borg &#034; AOL Time Warner attaqua en 2001 plusieurs sites de fans de (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en particulier -, ou plus subtilement d&#233;fensifs : afin d'&#234;tre s&#251;r qu'un concurrent ne vienne empi&#233;ter sur son propre domaine, rien de plus efficace que de couper les ponts et les voies qui y m&#232;nent, autrement dit, les protocoles interop&#233;rables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='AOL, Microsoft et dans une moindre mesure Yahoo ! se livrent une guerre (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et comment reprocher en effet &#224; ces nouveaux barbares de profiter des moyens que leur offrait un ordre civilisationnel qui leur est sup&#233;rieur, mais pour mieux le d&#233;truire dans un second temps, au profit de l'affirmation de leur propre puissance ? Et comment le leur reprocher lorsque leur mont&#233;e en puissance s'appuyait d'un c&#244;t&#233; sur l'accroissement consid&#233;rable et rapide de masses incultes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='appendix' title='L'agrandissement progressif du cercle des internautes fut souvent mal v&#233;cu (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et de l'autre sur la complaisance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='appendix' title='Manifeste dans l'&#233;laboration et le contenu m&#234;me de la grande Loi sur la (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de puissances publiques, sortes d'Honorius et d'Arcadius, parfois d'&lt;a href=&#034;http://ecommerce.wipo.int/meetings/1999/speakers/falque-fr.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;extraction barbare&lt;/a&gt; elles aussi, et passablement aussi &lt;a href=&#034;http://www.recherche.gouv.fr/ministre/cv.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;incultes&lt;/a&gt; sur ce sujet en tout cas, que les masses au nom desquelles elles &#233;taient cens&#233;es prendre des d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes fourvoy&#233;s, nous, les gardiens du temple, nous les &lt;a href=&#034;http://www-asim.lip6.fr/~marzouki/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vestales&lt;/a&gt; d'un Internet pur et originel. Car nous avons cru, d'une part, que les nouveaux barbares avaient perdu d'avance, qu'ils avaient perdu puisqu'ils avaient tort, et que d'autre part les derniers consuls d'un ordre d&#233;cadent seraient sensibles &#224; nos arguments, qu'ils y seraient sensibles puisque, de part leur fonction m&#234;me, ils &#233;taient en place pour d&#233;fendre cet ordre que nous voulions sauvegarder. L'histoire en est all&#233;e autrement, on le sait. Et &#224; mesure que s'accumulaient nos d&#233;faites, nos disputes intestines et nos d&#233;saccords sur des choix strat&#233;giques essentiels se faisaient plus flagrants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='appendix' title='L'excellent magazine d'information sur les questions num&#233;riques Homo (...)' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au point de passer &#224; c&#244;t&#233; de nos batailles les plus importantes, tout occup&#233;s que nous &#233;tions &#224; nous accuser mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;-Que vouliez-vous qu'il f&#238;t contre trois ?&lt;br/&gt;- Qu'il mour&#251;t&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le &lt;i&gt;limes&lt;/i&gt; est enfonc&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='appendix' title='La Loi sur l'Economie Num&#233;rique, adopt&#233;e en premi&#232;re lecture &#224; l'Assembl&#233;e (...)' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et nous voyons appara&#238;tre de &lt;a href=&#034;http://alize.finances.gouv.fr/general/fontaine.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;nouveaux nouveaux barbares&lt;/a&gt;, tranchant dans le vif, nouveaux Alexandre, au c&#339;ur de d&#233;bats sur lesquels nous bataillions depuis des ann&#233;es.&lt;span class='spip_document_791 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L169xH170/persepl25-c35a0.jpg?1582449798' width='169' height='170' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Et nous avons beau &lt;a href=&#034;http://odebi.nerim.net/0forumr12/0forumr12.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;hurler &#224; la mort&lt;/a&gt;, promettre les &lt;a href=&#034;http://www.vivrele.net/node/955.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;sept plaies d'Egypte&lt;/a&gt; &#224; qui de droit, plus personne ne daigne m&#234;me nous &#233;couter, encore moins nous consulter, nous qui avons cru au possible maintien d'un ordre aujourd'hui disparu. Certes, nous ne sommes pas les seuls &#224; subir ce naufrage ; ceux qui, de l'autre c&#244;t&#233; de la barri&#232;re tentaient maladroitement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Forum des Droits de l'Internetest une association para-&#233;tatique cr&#233;&#233;e par (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'&#233;tablir un dialogue, malgr&#233; les attaques &lt;a href=&#034;http://www.uzine.net/rubrique141.html&#034;&gt;les plus vives&lt;/a&gt; des plus intransigeants d'entre nous, sont eux aussi profond&#233;ment marginalis&#233;s par ce soudain d&#233;voilement de la pure brutalit&#233;, malgr&#233; de &lt;a href=&#034;http://droitdunet.fr&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;path&#233;tiques efforts&lt;/a&gt;. Car &#224; quoi bon chercher cette myst&#233;rieuse co-r&#233;gulation dont ils nous parlent, lorsque les puissants du moment ne savent m&#234;me pas r&#233;guler leur propre puissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='appendix' title='Autre media borg, le groupe Vivendi Universal finit par succomber sous le (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ens-lsh.fr/labo/CID/classique/R311xmhm.html#ACTE_IV&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Histoire&lt;/a&gt; enseigne qu'un guerrier bless&#233;, isol&#233; face &#224; un ennemi sup&#233;rieur en nombre, peut malgr&#233; tout l'emporter s'il a le singulier courage de prendre la fuite, momentan&#233;ment, afin de tromper l'adversaire et reconstituer ses propres forces. Prendre le risque de la l&#226;chet&#233;, c'est-&#224;-dire d'une certaine forme de retrait, momentan&#233;, de l'espace public o&#249; de toutes mani&#232;res, dans l'&#233;tat actuel des choses, nous gaspillons notre sueur. Mais il faut que ce retrait qui prend l'apparence d'une rupture, ne soit pas vain. Il doit &#234;tre l'occasion d'assurer notre avenir en ces temps troubl&#233;s, et de sauvegarder une continuit&#233; avec notre propre pass&#233; en attendant des temps meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une d&#233;connexion ma&#238;tris&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Renforcer nos propres communaut&#233;s sur la base de pratiques qui existent d&#233;j&#224; et que certains utilisent depuis longtemps, c'est prendre le risque d'une d&#233;connexion ma&#238;tris&#233;e d'avec le grand R&#233;seau, le temps de regagner une ind&#233;pendance technologique que nous sommes en train de perdre par le fait de l'&#233;volution conjugu&#233;e des outils mat&#233;riels et logiciels, mais aussi des l&#233;gislations. Et la d&#233;connexion passe par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le pseudonymat&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-14' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire sur ce point l'article &#171; Appelez moi Georges &#187;' id='nh2-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : parce que c'est un des premiers garants de notre libert&#233; dans le cyberespace, de notre droit &#224; &#234;tre multiples, &#224; &#233;chapper d&#233;finitivement &#224; toute tentative d'assignation sociale.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;La cryptographie &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-15' class='spip_note' rel='appendix' title='Idem pour les r&#233;f&#233;rences' id='nh2-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : parce que c'est le seul moyen d'assurer efficacement le vieux principe de la confidentialit&#233; des communications priv&#233;es.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le low tech &lt;/strong&gt; : parce que les mat&#233;riels et logiciels des derni&#232;res g&#233;n&#233;rations sont de v&#233;ritables mouchards domestiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-16' class='spip_note' rel='appendix' title='La g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation et de la diffusion de &#034;puces (...)' id='nh2-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et serviront sans doute dans un proche avenir &#224; une v&#233;ritable entreprise de contr&#244;le des individus par des entreprises et des Etats peu scrupuleux.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;L'auto-h&#233;bergement&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-17' class='spip_note' rel='appendix' title='Rien de plus facile que de transformer son ordinateur personnel en serveur (...)' id='nh2-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : parce que les l&#233;gislations nouvelles en mati&#232;re de r&#233;gime de responsabilit&#233; des h&#233;bergeurs (de sites mais aussi de forums) sont pour l'essentiel des injonctions de censure et de d&#233;lation qui d&#233;truisent toute confiance possible avec leur utilisateurs, et qu'il est beaucoup plus facile qu'on ne pense de monter soi-m&#234;me, sur sa propre machine, un v&#233;ritable serveur Web d'y faire vivre de v&#233;ritables communaut&#233;s, voire de publier son propre organe de presse
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Les r&#233;seaux ind&#233;pendants&lt;/strong&gt; : parce que nous ne devons pas perdre la ma&#238;trise technologique du partage des ressources qui est &#224; l'origine de notre aventure et que certains &lt;a href=&#034;http://www.sfbg.com/36/37/cover_wireless.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;perp&#233;tuent aujourd'hui&lt;/a&gt; avec des moyens nouveaux.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Le d&#233;tournement, la parodie, la subversion&lt;/strong&gt; : parce que c'est &lt;a href=&#034;http://www.reamweaver.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;facile&lt;/a&gt;, pas cher, souvent m&#233;chant, et donne l'occasion de &lt;a href=&#034;http://theyesmen.org/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;rigoler un peu&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;Les licences libres&lt;/strong&gt; : parce que c'est la meilleure &lt;a href=&#034;http://www.fsf.org/philosophy/philosophy.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;sauvegarde&lt;/a&gt; connue contre la privatisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la culture et la disparition progressive de cette m&#234;me culture comme bien public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-18' class='spip_note' rel='appendix' title='Le juriste am&#233;ricain Lawrence Lessig est &#224; l'origine d'une initiative visant &#224; (...)' id='nh2-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;L'interop&#233;rabilit&#233;&lt;/strong&gt; : parce que c'est notre &lt;a href=&#034;http://www.isoc.org/internet/history/brief.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;h&#233;ritage&lt;/a&gt;, de moins en moins appliqu&#233;, de plus en plus difficile &#224; faire respecter, et que nous devons le ch&#233;rir pour le l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations futures.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1581558833' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &lt;strong&gt;La mutualisation&lt;/strong&gt; : parce qu'il ne sert &#224; rien de r&#233;inventer constamment la roue et que la r&#233;alisation d'un contre-mod&#232;le ne pourra se faire que par accumulation des inventions et des pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_792 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.uzine.net/local/cache-vignettes/L129xH133/perse20-f3eb1.jpg?1582449798' width='129' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;C'est une &#233;trange d&#233;connexion que celle-ci, qui revendique le d&#233;veloppement de r&#233;seaux, l'interop&#233;rabilit&#233; et la mutualisation pour prix de sa r&#233;ussite. Elle est bien paradoxale aussi, puisque son objet m&#234;me est de sauvegarder, &#224; terme, une connectivit&#233; absolue, c'est-&#224;-dire ouverte et universelle. C'est pourquoi elle d&#233;cevra sans doute les proph&#232;tes de &lt;a href=&#034;http://www.unesco.org/courier/2000_01/fr/dires/txt1.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;l'Exode&lt;/a&gt; et satisfera davantage les &lt;a href=&#034;http://matisse.univ-paris1.fr/publications/mse076.php&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;pragmatiques&lt;/a&gt;. Elle repr&#233;sente en quelque sorte une &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.asso.fr/no_25.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;voie &#233;troite&lt;/a&gt;, la seule qui semble possible pourtant. Elle constitue un n&#233;cessaire aggiornamento des m&#233;thodes d'action dans un contexte qui a &#233;volu&#233;. Car lorsque le verrouillage du code juridique est tel qu'il rend impossible tout d&#233;bat public &#224; son sujet, seule reste l'arme du code informatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-19' class='spip_note' rel='appendix' title='En 1998, la revue The Atlantic Monthly avait organis&#233; une table ronde o&#249; (...)' id='nh2-19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permet d'&#233;tablir un rapport de force moins d&#233;favorable et d'entreprendre une reconqu&#234;te effective et concr&#232;te de l'&#233;volution du R&#233;seau ; en un mot, de reprendre la main.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://abu.cnam.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;L'Association des Bibliophiles Universels&lt;/a&gt; fut une des premi&#232;res &#224; populariser l'id&#233;e, en m&#234;me temps que celle de la diffusion sur Internet, des textes du domaine publics&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et plus encore, le syst&#232;me de la &lt;a href=&#034;http://xanadu.com/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;transclusion&lt;/a&gt; invent&#233;e par Ted Nelson dans les ann&#233;es 60 et dont le seul petit d&#233;faut est de n'avoir jamais vraiment fonctionn&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ian Clarke a invent&#233; un c&#233;l&#232;bre r&#233;seau parall&#232;le, appel&#233; &lt;a href=&#034;http://www.freenetproject.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Freenet&lt;/a&gt; et dont le principe est de rendre techniquement impossible toute censure par la r&#233;plication, le morcellement et le cryptage de l'ensemble des fichiers pr&#233;sents sur le r&#233;seau et leur distribution al&#233;atoire sur les ordinateurs qui y sont connect&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La c&#233;l&#232;bre &lt;a href=&#034;http://www.eff.org/~barlow/Declaration-Final.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;D&#233;claration d'Ind&#233;pendance du Cyberespace&lt;/a&gt;, de John Perry Barlow se pr&#233;sente comme un texte de tonalit&#233; tr&#232;s jeffersonienne, assimilant implicitement la constitution du cyberespace &#224; la fondation des Etats-Unis d'Am&#233;rique, c'est-&#224;-dire &#224; la d&#233;couverte d'une terre vierge, berceau de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1994, le patron de Microsoft, mais aussi de l'importante banque d'images Corbis, fit sp&#233;cialement le voyage en Europe pour acheter le fameux &lt;a href=&#034;http://www.microsoft.com/BillGates/news/codex.asp&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Codex Leicester de L&#233;onard de Vinci&lt;/a&gt;, se posant du m&#234;me coup comme le nouveau Fran&#231;ois Ier du XXI&#232;me si&#232;cle, avec l'assentiment, si mes souvenirs sont bons, du Grand Jacques qui le re&#231;ut en grande pompe &#224; l'Elys&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#034; m&#233;dia borg &#034; AOL Time Warner &lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/articles/2001/feb2001/pott-f28.shtml&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;attaqua en 2001&lt;/a&gt; plusieurs sites de fans de Harry Potter en envoyant des lettres de menaces (appel&#233;es &#034; cease and desist &#034;) &#224; leurs webmasters amateurs, en l'occurence quelques gamines &#224; couettes qui avaient commis le crime d'afficher sur le Web leur passion pour leur sorcier pr&#233;f&#233;r&#233;. Depuis, le diffuseur multi-supports a obtenu aupr&#232;s de l'OMPI dans le cadre d'une proc&#233;dure de r&#233;solution des conflits sur les noms de domaine,de r&#233;cup&#233;rer plus d'une centaine de ceux qui ont un rapport de pr&#232;s ou de loin avec le brave Harry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AOL, Microsoft et dans une moindre mesure Yahoo ! se livrent une guerre impitoyable sur la question de l'interop&#233;rabilit&#233; de leurs logiciels respectifs de &lt;i&gt;chat&lt;/i&gt;. Dans cette histoire &#224; rebondissements, Microsoft est apparu comme le grand m&#233;chant pour avoir &lt;a href=&#034;http://www.wired.com/news/business/0,1367,36978,00.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;syst&#233;matiquement refus&#233;&lt;/a&gt; que les abonn&#233;s d'AIM, le logiciel d'AOL puissent &#233;changer avec ses propres abonn&#233;s. Il n'avait peut-&#234;tre pas tout &#224; fait tort pourtant dans la mesure o&#249; AOL pratiquait ici la bonne vieille strat&#233;gie du baiser qui tue. En clair, il s'agissait simplement de piquer les abonn&#233;s Microsoft&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'agrandissement progressif du cercle des internautes fut souvent mal v&#233;cu par les plus anciens qui voyaient appara&#238;tre des comportements qu'ils r&#233;prouvaient, et a fini par poser des probl&#232;mes non n&#233;gligeables lorsque les nouveaux arrivants se montr&#232;rent totalement r&#233;tifs &#224; non seulement appliquer mais m&#234;me comprendre les r&#232;gles de comportement en usage sur le R&#233;seau. Le cas le plus flagrant fut la &lt;a href=&#034;http://www.lebetisier.com/autres/journal_bord.asp&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;connexion du r&#233;seau AOL sur Internet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manifeste dans l'&#233;laboration et le contenu m&#234;me de la grande &lt;a href=&#034;http://www.internet.gouv.fr/francais/textesref/pagsi2/lsi.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Loi sur la Soci&#233;t&#233; de l'Information&lt;/a&gt; promise par le Gouvernement Jospin et qui ne vit d'ailleurs jamais le jour&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'excellent magazine d'information sur les questions num&#233;riques Homo Numericus, a r&#233;cemment publi&#233; un &lt;a href=&#034;http://www.homo-numericus.net/article.php3?id_article=117&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;article remarqu&#233;&lt;/a&gt; qui fait le point sur les diff&#233;rents courants qui traversent le cyber-microcosme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Loi sur l'Economie Num&#233;rique, adopt&#233;e en premi&#232;re lecture &#224; l'Assembl&#233;e Nationale a ceci de particulier qu'elle fait table rase de pr&#232;s de deux ans de d&#233;bats intenses et instaure, entre autres choses, beno&#238;tement le principe de la &lt;a href=&#034;http://www.iris.sgdg.org/actions/len/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;justice priv&#233;e&lt;/a&gt;, en &#233;cartant d'un revers de la main l'ensemble des questions li&#233;es &#224; la libert&#233; d'expression sur le net. Mais c'est vrai ; pourquoi s'en soucier puisque tout cela n'est jamais que du commerce &#233;lectronique ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.foruminternet.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Le Forum des Droits de l'Internet&lt;/a&gt;est une association para-&#233;tatique cr&#233;&#233;e par le gouvernement Jospin pour organiser un dialogue entre les diff&#233;rents acteurs fran&#231;ais du net, sur la base de la notion de cor&#233;gulation&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autre media borg, le groupe &lt;a href=&#034;http://www.vivendiuniversal.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Vivendi Universal&lt;/a&gt; finit par succomber sous le poids de sa propre puissance comme dit la sagesse populaire&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-14' class='spip_note' title='Notes 2-14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire sur ce point l'article &#171; &lt;a href=&#034;http://www.uzine.net/article1824.html&#034;&gt;Appelez moi Georges&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-15' class='spip_note' title='Notes 2-15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem pour les &lt;a href=&#034;http://www.uzine.net/article128.html&#034;&gt;r&#233;f&#233;rences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-16' class='spip_note' title='Notes 2-16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation et de la diffusion de &#034;puces d'authentification&#034; dans les ordinateurs personnels mais aussi dans les syst&#232;mes embarqu&#233;s, &#224; travers notamment le d&#233;ploiement de la plate-forme TCPA est remarquablement document&#233;e dans la &lt;a href=&#034;http://www.cl.cam.ac.uk/~rja14/tcpa-faq.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;TCPA/Palladium FAQ de Ross Anderson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-17' class='spip_note' title='Notes 2-17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rien de plus facile que de transformer son ordinateur personnel en &lt;a href=&#034;http://www.easyphp.org&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;serveur Web&lt;/a&gt;, avec &lt;a href=&#034;http://www.phpbb.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;forums&lt;/a&gt;, gestion dynamique de la &lt;a href=&#034;http://uzine.net/spip&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;publication de contenus&lt;/a&gt;, le tout &lt;a href=&#034;http://www.no-ip.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;connect&#233; en permanence&lt;/a&gt; &#224; un nom de domaine&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-18' class='spip_note' title='Notes 2-18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le juriste am&#233;ricain Lawrence Lessig est &#224; l'origine d'une &lt;a href=&#034;http://www.creativecommons.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;initiative&lt;/a&gt; visant &#224; rendre aux auteurs la ma&#238;trise juridique sur leurs oeuvres et &#224; les sensibiliser sur l'importance de la notion de bien public attach&#233;e &#224; la cr&#233;ation culturelle&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-19' class='spip_note' title='Notes 2-19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1998, la revue &lt;i&gt;The Atlantic Monthly&lt;/i&gt; avait organis&#233; une &lt;a href=&#034;http://www.theatlantic.com/unbound/forum/copyright/intro.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;table ronde&lt;/a&gt; o&#249; s'&#233;taient affront&#233;s L. Lessig et J. Barlow sur ce sujet : &#224; l'&#233;poque, Lessig qui adoptait une position l&#233;galiste au nom de la d&#233;mocracie paraissait plus convaincant que son contradicteur, partisan de l'exercice imm&#233;diat du pouvoir informatique (de l'utilisateur). Cinq ans apr&#232;s, apr&#232;s le DMCA et l'USA Patriot Act, on n'en est plus tout &#224; fait s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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