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	<title>uZine 3</title>
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		<title>uZine 3</title>
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		<item>
		<title>Le HTML dans le potage</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2143.html</link>
		<date>2005-05-23 02:01:58</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Commençons par un constat : un petit tour sur le site &lt;a href=&quot;http://www.coolhomepages.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Cool Homepages&lt;/a&gt;, qui sélectionne depuis des années des sites selon la beauté et l'originalité de leur graphisme et/ou de leur navigation (cela étant évidemment subjectif), devrait terrifier les amateurs de standards ouverts : quasiment tous les sites sélectionnés sont désormais réalisés en Flash. Le choix du graphiste serait donc, pour la réalisation d'un beau site, un format propriétaire, alors même qu'on nous vante un XHTML arrivé à maturité ? Cela devrait tout de même inquiéter... Le même constat peut être fait sur toutes les pages de sélection de « beaux » sites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela est très paradoxal : depuis l'année 2000, les recommandations pour les nouvelles normes sont publiées et les navigateurs grand public ont largement eu le temps de les intégrer. Pourtant, le HTML semble planté en rase campagne, utilisé pour faire du Web à papa, les navigations rigolotes étant désormais réalisées avec Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout un discours s'est développé autour des nouvelles normes, basé sur des dogmes pinailleurs et tâtillons, introduisant une rupture avec l'ancien HTML ; et pourtant, on se retrouve aujourd'hui à attendre désespéremment des « innovations » qui viendront récompenser nos efforts vers la « compliance ». Il serait bon, en effet, qu'on s'amuse autant avec le XHTML bien propret du docteur W3C qu'avec le HTML tout pourri dont nous gratifiaient les versions successives de Netscape 2, 3 et 4...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/ANIMX062.gif' width='400' height='602' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Des effets étonnants sur l'écosystème&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La normlisation programmée des Css a coïncidé avec l'apparition d'une nouvelle espèce d'écureuil mutant (du désert), pris ici sur le vif en Arizona.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;CSS&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Commençons par la technique qui a le plus apporté au HTML, pour en dire du bien, mais aussi pour pointer les limites et les aberrations de choix dogmatiques dans la définition des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les styles (regroupés en feuilles de styles : CSS) ont été &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Style/CSS/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;normalisés dès 1998&lt;/a&gt; : il s'agit de séparer d'un côté le contenu structuré de l'information (indiquer que ceci est un titre, ceci est le texte principal du document, ceci est une liste de liens de navigation...) et, d'un autre côté, dans les feuilles de style, la présentation graphique de cette information (je veux présenter les titres de telle manière, dans telle taille, avec tel espacement au-dessus et en dessous, je veux que mon texte apparaisse à tel endroit de telle façon, je veux que les liens s'affichent de telle manière...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est, pour l'essentiel, une belle réussite. Non seulement parce que l'on peut faire tout ce que l'on faisait auparavant avec un code plus lisible (donc plus facile à modifier par le webmestre), plus rapide à charger (les styles sont des fichiers communs à plusieurs pages, donc ne sont pas téléchargés pour chaque page), mais aussi parce que, de plus, on peut faire ce qui était difficile ou impossible auparavant (contrôle typographique beaucoup plus fin, interface différente pour la même page selon le support &#8212; principalement, selon que l'on voit la page sur l'écran d'un ordinateur ou qu'on l'imprime...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, pour peu que les CSS soient présentées sans dogmatisme (comme confondre l'utilisation des CSS et le passage à un XHTML ultra-compliant), elles s'intégrent dans la courbe d'apprentissage normale d'un webmestre sans trop de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les bienfaits des CSS sont largement détaillés par ailleurs, inutile de trop développer ici. Consacrons-nous à une tâche un peu plus originale : en dire du mal !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les CSS souffrent d'un dogme originel : les CSS ne doivent pas devenir un langage de programmation. Cette volonté est très discutable (ce que nous allons faire immédiatement), et fait apparaître des limites dans leur utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe des sélecteurs et des pseudo-classes qui permettent d'appliquer (au moins sous Mozilla-Firefox) &lt;a href=&quot;http://www.quirksmode.org/css/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des styles de manière intéressante&lt;/a&gt;. Cependant, on obtient des syntaxes très complexes pour des possibilités très limitées. Par exemple, on peut définir le style de la première lettre du premier paragraphe qui suit la fermeture d'un intertitre, ainsi que la première lettre du premier paragraphe d'un texte. C'est assez amusant à faire, d'autant que la définition du style est interminable (ici pour une page générée avec SPIP) :&lt;/p&gt;
&lt;form action=&quot;/&quot; method=&quot;get&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='1' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;div.principal&gt;p.spip:first-child:first-letter { ... } h3.spip+p.spip:first-letter { ... }&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, vous n'avez pas accès à la seconde lettre du paragraphe, vous ne pouvez pas définir un style qui s'appliquerait à une ligne de tableau sur deux, vous ne pouvez pas tester si la première lettre est un guillemet ouvrant, auquel cas vous souhaitez appliquer le style, également, à la deuxième lettre (pour faire une belle lettrine), vous ne pouvez pas réduire la taille du texte en fonction du nombre de caractères, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le but d'éviter que les CSS ne deviennent un langage de programmation, leurs concepteurs se sont visiblement astreints à des limitations très importantes. &lt;br /&gt;&#8212; Il n'y a pas de syntaxe pour des alternances, ou de positions relatives dans la structure (une occurence sur deux, la seconde occurence sur trois, l'avant-dernière occurence...).
&lt;br /&gt;&#8212; Il n'est pas possible d'appeler une définition depuis une autre définition, ce qui oblige à des doublons dans les définitions : par exemple, on définirait un style « police-helvetica », un style « taille-10 », et dans une autre définition on pourrait indiquer qu'on intègre les styles « police-helvetica » et « taille-10 », que l'on panacherait avec un fond coloré, etc. &lt;br /&gt;&#8212; On manipule sans cesse des nombres et des dimensions dans les CSS (taille des caractères, espacements, couleurs RVB...), mais il n'existe aucun outil pour les manipuler ; il n'existe en particulier pas de « variables » réutilisables à différents endroits.
&lt;br /&gt;&#8212; Les choix conditionnels sont quasiment inexistants (limités à quelques pseudo-classes à la syntaxe très limitée ; les conditions ne se trouvent d'ailleurs pas à l'intérieur des définitions elles-mêmes). On ne peut pas, par exemple, utiliser telle couleur si l'environnement du style est dans telle taille de caractère, et telle autre couleur si le fond sur lequel il s'applique est de telle couleur. Voici un automatisme que l'on se condamne à réaliser « à la main », alors qu'il pourrait être pris en charge par les CSS : plaçons une image au début d'un paragraphe ; si cette image est de petite taille, il sera graphiquement avantageux de la faire « habiller » par le texte (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;float&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;) ; si elle est d'une grande largeur, il faut la sortir du paragraphe et ne pas l'habiller avec le texte, sinon on aurait des lignes trop courtes pour que le texte soit élégant (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;display:block&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;).
&lt;br /&gt;&#8212; Et aucune de ces limitations ne peut être résolue par le recours à Javascript dans les définitions des styles, puisqu'il n'est pas prévu de déclencher du javascript depuis les feuilles de style.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, c'est pire : il existe une solution partielle mais puissante. Ce sont les &lt;a href=&quot;http://msdn.microsoft.com/workshop/author/dhtml/reference/properties/behavior_1.asp&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« comportements »&lt;/a&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;behaviors&lt;/i&gt;), et les « expressions » de Microsoft Explorer. Les comportements ne semblent pas avoir dépassé le stade de &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/1999/WD-becss-19990804&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« working draft » du côté du W3C&lt;/a&gt; (août 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces particularités de Microsoft Explorer sont très utilisées, bien que peu connues : elles sont habituellement utilisées pour combler les manquements de ce logiciel à la norme (les webmestres les considèrent quasiment comme des « hacks » pour faire « salement » ce que Mozilla ferait « proprement ») ! On les utilise pour lui faire accepter un « max-width » ou utiliser la transparence alpha d'une image au format PNG 24. Leur utilisation ne peut malheureusement que se limiter à cela puisque, ces éléments n'étant pas définis par une norme (encore une fois : il s'agit visiblement d'éviter à tout prix que les CSS ne ressemblent à un langage de programmation), il ne sont pas intégrés et il n'en existe pas d'équivalent dans les autres navigateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour illustrer ce propos, il est intéressant de consulter &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;une page du CSS Zen Garden&lt;/a&gt;. Je vous invite à afficher de code source de cette page.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Pour permettre aux graphistes de définir des rendus graphiques différents pour le premier, le second et le troisième paragraphe d'un groupe de paragraphes, chaque paragraphe utilise une classe différente (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;class=&quot;p1&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p2&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p3&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;). Cela parce qu'il n'est pas possible, dans les feuilles de style, d'appeler « le deuxième paragraphe par le groupe », ou bien « le dernier paragraphe ». On a donc une page codée pour un usage spécifique, usage non généralisable (que se passe-t-il s'il y a une classe &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p7&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; non prévue par le graphiste ?), destiné à contourner une limitation des CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Chaque grande partie du document bénéficie d'un identifiant (« &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;id&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; ») unique. Ce qui permet de traiter différemment chaque bloc, mais en même temps rend les possibilités de généralisation et d'automatisation impossibles. Si CSS Zen Garden change le contenu de ses pages, ou veut ajouter une deuxième page d'exemple, tous les CSS doivent être redéfinis (ce qui n'est vraiment pas l'idée derrière les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le code de &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/162/162.css&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la feuille de style&lt;/a&gt; contient d'innombrables doublons, que ce soit pour des définitions de marges, mais aussi pour des définitions de couleurs. Certes cela aurait pu être codé différemment mais, comme indiqué, la norme pousse assez facilement les webmestres à définir différentes classes avec les mêmes éléments. Si le code HTML est, lui, très lisible et assez facile à « maintenir », la feuille de style ne l'est pas (c'est, dans la pratique, une conséquence très fréquente de la syntaxe des CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Les intertitres, très jolis par ailleurs, sont réalisés avec des images (par exemple : « &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/162/req-title.jpg&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Requirements&lt;/a&gt; ». Ces images sont appelées par les feuilles de style, ce qui permet d'en changer en fonction de chaque feuille de style (les images ne sont pas codées directement dans le HTML). Cependant, leur appel est défini « à la main » dans la classe de chacun des intertitres. Cette méthode ne peut absolument pas être automatisée. Or, on pourrait imaginer que la définition générale des intertitres contienne l'appel à un script fabriquant lui-même cette image à partir du texte contenu dans l'intertitre (pour « &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;Requirements&lt;/h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; », la définition de « &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; » pourrait spécifier que le fond est une image fabriquée par un script transformant le texte en image typographique, à partir du texte compris entre ces balises, c'est-à-dire « Requirements »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces limitations font que, dans la pratique, il est très difficile de réellement séparer le fond et la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Comme le code source de CSS Zen Garden le montre, c'est une démonstration non généralisable (pas « exportable »), parce que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'encodage est directement lié à l'effet recherché&lt;/i&gt;. On a à la fois des lourdeurs (un classe différente pour chaque paragraphe) et des définitions complètement liées au contenu de la page (on définit le style de tel intertitre ; ce qui, ici, donne l'effet très paradoxal suivant : on peut changer la feuille de style de la page de démonstration, mais on ne peut pas changer la page de démonstration elle-même ; le système tel qu'il est ainsi conçu, pour un vrai site (au sens : un site avec des contenus différents dans différentes pages), exigerait de définir une feuille de style différente pour chaque page du site Web !). On se retrouve souvent face à cette difficulté : il faut réellement coder ses pages d'une certaine façon pour parvenir à les contrôler finement avec des CSS ; une page Web vraiment très simple, avec une utilisation très logique et très simple (on pourrait dire « saine ») des classes, sera, justement, difficile à contrôler très finement avec les CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; L'utilisation principale de Javascript est le contrôle de l'interactivité, c'est donc une utilisation graphique. Javascript permet d'ailleurs, désormais, d'accéder simplement et de façon très standardisée, aux éléments contenus dans une page (DOM/Javascript). Or, en refusant par principe de lier les CSS et Javascript, on condamne les webmestres à des solutions bancales.
&lt;br /&gt;&#8212; La plupart des effets « de survol » sont codés dans les pages HTML par des « onMouseOver » et des « onMouseOut » qui déclenchent des fonctions Javascript nommées dans la page Web ; de fait, on se retrouve une fois de plus à devoir encoder directement l'interactivité à l'intérieur de la page Web, plutôt que de faire gérer cela par les CSS (selon la même logique que les &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;:hover&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; des CSS). Ainsi on constatera que les CSS Zen Garden sont très statiques, puisqu'il n'est pas possible de définir des comportements Javascript à l'intérieur des différentes feuilles de style.
&lt;br /&gt;&#8212; Pour éviter l'insertion de code à chaque balise du code, on peut tenter d'« atteindre » en Javascript certaines balises (par exemple, remplacer automatiquement des intertitres &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; par leur image typographique, on se trouve contraint à utiliser &lt;a href=&quot;http://www.shauninman.com/mentary/past/ifr_revisited_and_revised.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des scripts très lourds&lt;/a&gt; (et, surtout, complexes). &lt;br /&gt;&#8212; Beaucoup d'éléments de mise en page peuvent avantageusement profiter de calculs, les dimensions, positions et espacements se définissant en fonction des dimensions d'autres éléments de la page. Là encore, on est condamné à des scripts très lourds et inutilement complexes. Voici un exemple de tels « calculs » de mise en pages :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/lorem-2.html'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/html-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;HTML - 15.4 ko&quot; title=&quot;HTML - 15.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Avec Javascript, multicolonnage et multipage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(On trouvera une version nettement plus tarabiscotée de cet effet sur le site de l'&lt;a href=&quot;http://www.iht.com&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;International Herald Tribune&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette longue explication essaie d'attirer l'attention sur une caractéristique de la « norme W3C » : une idée intéressante, qui répond à un besoin certain, mais limitée par une vision dogmatique de l'informatique. L'idée que l'on va séparer très strictement la structuration de l'information (la page Web elle-même), le graphisme (la feuille de style CSS) et l'interactivité (Javascript). Séparation qui ne correspond pas aux besoins réels du webmestre :
&lt;br /&gt;&#8212; le graphisme ne peut se faire réellement sans un minimum de test conditionnels et de calculs ; &lt;br /&gt;&#8212; l'interactivité et le graphisme sont intimement liés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui, dans la réalité des pages Web, se traduit par des solutions contraires à l'idée d'origine :
&lt;br /&gt;&#8212; les pages sont encodées en fonction des besoins des CSS, et non le contraire ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'interactivité est également encodée à l'intérieur des pages (l'ergonomie n'est donc pas plus transposable que le graphisme) ;
&lt;br /&gt;&#8212; les CSS sont raremement un modèle d'élégance informatique, avec force redondances et lourdeurs ;
&lt;br /&gt;&#8212; les éventuels calculs de mise en pages se font « par l'extérieur » avec des scripts inutilement lourds, lents et compliqués.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/ALIM019.gif' width='400' height='266' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Une « compliance »sauvage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Les recommandations s'étendent même à la taille des hotdogs, et l'usage restritif de la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt; &lt;moutarde&gt; &lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;DOM/Javascript, la faute aux webmestres&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Évoquons maintenant une technologie qui existe, qui est implémentée, qui donne d'excellents résultats, mais qui n'est pas très exploitée... Il s'agit d'exposer non un manque technique ou une limitation dogmatique de la norme, mais un état d'esprit assez sidérant : à force de se focaliser sur le XHTML et le code « compliant », on perd de vue les possibilités intéressantes du HTML, au profit de Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;DOM/Javascript est la combinaison de deux techniques : &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/DOM/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;DOM&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Document Object Model&lt;/i&gt;, standardise l'accès à la structure d'un document ; proche de l'usine à gaz, mais certaines utilisations assez simples sont valables sous tous les butineurs, ce qui permet de « manipuler » les différents éléments d'une page Web sans trop de difficulté ; &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Javascript est ce vieux langage inséré à l'intérieur du HTML, et qui s'exécute chez le client.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Énormément de choses réalisées aujourd'hui en Flash peuvent être faites en HTML grâce à cela. Rappelons l'exemple de plusieurs colonnes sur plusieurs pages. On peut aussi réaliser &lt;a href=&quot;http://vuibert.com/livre1103.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;de petites animations&lt;/a&gt;, ou des animations de grands blocs :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/ccs.html'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/html-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;HTML - 19.2 ko&quot; title=&quot;HTML - 19.2 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Animations de grands blocs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Une version finalisée est &lt;a href=&quot;http://www.ccs.sn/-Plumbing-&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une trifouillée de possibilités, qui devraient exciter le graphiste, mais qui se perdent dans des considérations techno-centrées et tristounettes. Alors que le DHTML (Dynamic HTML) avait provoqué énormément d'expérimentations (notamment au niveau des interfaces de navigation) de la part des webmestres, tout en se heurtant à l'époque à d'impossibles problèmes de compatibilité, la généralisation de DOM/Javascript permet de manipuler directement les styles et, pour les plus courageux, les n&#339;uds de la structure, avec une compatibilité entre navigateurs assez simple à assurer ; pourtant, hormis un nombre sidérant de menus déroulants, le choix premier du graphiste pour animer ses pages et réaliser des navigations un tant soit peu rigolotes reste Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il voir là un des dommages collatéraux des interminables pinaillages autour d'une utilisation fadasse du XHTML, les webmestres se retrouvant embringués dans des considérations interminables sur la « compliance », plutôt que sur une utilisation ludique et originale de ce qui se fait déjà ? (La consultation des forums est souvent dramatique : le webmestre qui vient demander un conseil pour ses animations se voit trop souvent imposer un « t'as qu'à faire ça avec CSS et &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;:hover&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, tu peux me croire c'est vachement mieux &#8212; le tout tournant généralement aux considérations vaseuses sur MSIE qu'il est pas compliant et des conseils foireux pour des « hacks CSS » pour MSIE 5.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut rapprocher cette partie des limites, évoquées ci-dessus, des CSS : ne pouvant gérer les « événements » (tels que les survols) directement depuis les feuilles de style, le recours intensif aux possibilités de DOM/Javascript impose soit de « salir » le code HTML avec une foultitude de « onMouseOver » et autres « onMouseOut » &#8212; ce qui rend la page difficile à maintenir &#8212; ou d'« attaquer » les balises depuis l'extérieur de la page à l'aide de scripts très lourds &#8212; également difficiles à maintenir, parce que quelques mois plus tard on ne sait plus trop comment ils fonctionnent...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Signalons, pour le plaisir du paradoxe, que les possibilités de DOM/Javascript, associées à certaines caractéristiques des CSS, telles que les positionnements absolus et les possibilités de masquages (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;display: none&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;), embringuent très facilement les webmestres dans des constructions, impossibles avec les versions précédentes du HTML, et qui, pour le coup, détruisent complètement l'accessibilité : informations redondantes (puisqu'affichées ou masquées au besoin), structure non logique (puisque positionnement absolu)... Il y a un aspect pousse-au-crime de DOM/Javascript !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le XHTML n'existe pas...&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'erreur la plus courante consiste à confondre, purement et simplement, le XHTML avec l'utilisation des feuilles de style (CSS). Fréquemment, les arguments en faveur du XHTML se résument à présenter la souplesse, la puissance, l'accessibilité... liées à l'utilisation de styles, en lieu et place des interminables balises qui prédominaient auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, et ce point est particulièrement important ici : les CSS ne définissent pas le XHTML. Les CSS s'utilisent parfaitement avec le HTML ; il n'y a rigoureusement aucune innovation en matière de CSS liée à l'adoption du XHTML. Oui, les CSS sont absolument formidables, souples, puissantes... elles rendent des services épatants (je ne détaille pas) ; mais, non, elles ne sont en rien l'apanage du XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui définit le XHTML par rapport au HTML, c'est l'extensibilité (« X »=« eXtensible »), ainsi que le définit le W3C dans sa &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/xhtml1/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;recommandation de janvier 2000&lt;/a&gt; (oui, ça commence à dater...) : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 : The Extensible HyperText Markup Language. A Reformulation of HTML 4 in XML 1.0&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est justement l'inexistence de ces « eXtensions » qui pose aujourd'hui problème pour vanter l'intérêt du XHTML. Aujourd'hui, ce qui existe, c'est du XHTML sans extensions - autrement dit du HTML « reformulé ». Et si l'on se limite à cela, on ne fera que confirmer la tendance de Cool Homepages : pour faire du Web sympa, passage par Flash - ce qui serait particulièrement dommageable, Flash présentant nombre de défauts rédhibitoires pour assurer une évolution saine du Web (Flash ne faisant pas évoluer le Web vers des habitudes « saines », telles que : automatismes simples, ouverture aux débutants, facilité d'interfaçage avec des logiciels libres, accessibilité et portabilité, échanges entre sites, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenons à CSS Zen Garden. Certes, tout cela est très joli ; mais il faut être clair : c'est une très mauvaise (si ce n'est une des pires) façon de « vendre » le XHTML : on se contente d'y réaliser, en XHTML 1.0 Strict, des choses qui sont tout aussi réalisables en HTML 4 (avec un code quasiment identique, puisque les CSS sont parfaitement utilisables en HTML 4). Le site milite donc pour un HTML propre et simple utilisant les CSS (elles, pas forcément propres et simples), mais en aucune manière pour un XHTML original (le site n'évoque d'ailleurs pas lui-même le XHTML : il met en avant les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En consultant le code source, on fera un constat supplémentaire, constat généralisable à quasiment toutes les pages qui adoptent un « DOCTYPE XHTML 1.0 Strict » : le « content-type » (le type de contenu) est défini comme étant « text/html ». Et non comme du « application/xhtml+xml », qui est la définition d'un contenu XHTML « extensible ». Cela n'est pas interdit, mais comme la &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/xhtml-media-types/xhtml-media-types.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;recommandation du W3C&lt;/a&gt; l'indique, cela limite grandement l'originalité de ces pages : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The use of &#8220;text/html&#8221; for XHTML SHOULD be limited for the purpose of rendering on existing HTML user agents, and SHOULD be limited to [XHTML1] documents which follow the HTML Compatibility Guidelines.&lt;/i&gt; » Pour qu'une page exploite les extensions du XHTML, elle doit être en « application/xhtml+xml » (c'est le cas, déjà, pour afficher du MathML dans Firefox). De fait, si la syntaxe est bien du XHTML, dans la pratique l'utilisation se limite à une utilisable compatible avec le HTML. C'est donc une utilisation extrêmement limitée du XHTML, dont les effets, le rendu et les possibilités sont parfaitement réalisables en HTML (avec, d'ailleurs, un code quasiment identique).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a vu perspective plus enthousiasmante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela, de plus, semble lourdement influer sur l'évolution des butineurs. Comme nous allons le voir, les développeurs de butineurs n'ont, pour l'instant, proposé aucune solution utilisable des eXtensions propres au XHTML, et la référence permanente au CSS Zen Garden pousse à l'adoption quasi exclusive d'une norme définie en janvier 2000 (pour le visiteur, du Web à papa, mais avec des feuilles de style). C'est un principe assez habituel des développements du Web : une norme n'est utilisée que si les outils existent, et les outils ne se développement que si la norme est utilisée ; tant que la référence est CSS Zen Garden, alors les codeurs développent en pensant « selon » les besoins de CSS Zen Garden.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant ce temps, sur Cool HomePages, c'est une déferlante de sites sous Flash, personne n'imaginant plus qu'on puisse faire des choses sympatoches avec du HTML (et c'est un tort).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours sur les difficultés du XHTML à s'imposer, revenons un instant sur l'accessibilité, un des éléments les plus importants en sa faveur. Je l'ai déjà évoqué &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1979.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;dans un article précédent&lt;/a&gt;, je pense que cela a été « vendu » de la pire façon possible, sur la base d'une vision dogmatique des normes. La plupart des arguments « contre » le vieux HTML étaient assez systématiquement retournables (parce qu'on peut faire du HTML crado mais accessible et du XHTML très compliant et pas du tout accessible). On peut ainsi reprocher au W3C, dans sa « promotion » des normes, d'avoir livré des &lt;a href=&quot;http://validator.w3.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;validateurs&lt;/a&gt; indignes d'adresser la parole à un être humain. Jargoneux et abscons, ces outils ne valident que l'imposition d'une norme dogmatique, sans être ce qu'ils devraient être : des outils d'aide et de pédagogie. Pour s'en convaincre, on pourra visiter un &lt;a href=&quot;http://validateur-accessibilite.apinc.org/index.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;validateur d'accessibilité&lt;/a&gt;, et constater la différence d'état d'esprit : conseils, indication du niveau des interventions, ton poli, description des problèmes pratiques que va rencontrer un mal-voyants... Les masochistes du code peuvent préférer se faire interpeller par un expéditif « This page is not Valid HTML 4.01 Transitional ! » (avec un point d'exclamation).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le son, porté disparu&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi les grands absents du HTML (et du XHTML) : le son. Faire jouer un fichier musical sur un site Web oblige à utiliser des techniques spécifiques et, pour garantir la compatibilité entre les butineurs, à ne respecter aucune norme connue... Finalement, le simple fait de vouloir diffuser de la musique ou de la radio condamne le webmestre à (pour faire simple) installer une animation Flash dans sa page.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à réaliser une chose aussi triviale que sonoriser les survols (« bip » quand on survole un bouton), cela n'est réalisable ni avec les feuilles de style, ni simplement avec DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela va sembler un peu compliqué, mais le W3C propose une solution : &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/AudioVideo/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la norme SMIL&lt;/a&gt; (Synchronized Multimedia Integration Language). Voilà qui est intéressant, d'autant qu'un navigateur grand public est signalé comme capable de comprendre SMIL &#8212; tenez-vous bien &#8212; : Microsoft Explorer ! Côté Firefox, on ignore si SMIL sera intégré avec SVG (la &lt;a href=&quot;http://www.mozilla.org/projects/svg/faq.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;FAQ de Mozilla&lt;/a&gt; semble indiquer que non).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne trouvera donc pas, avant un moment, de sites reposant sur XHTML+SMIL pour produire du son (surtout si Firefox intègre cela avec autant d'intransigeance que pour MathML &#8212; obligeant à passer en « application/xhtml » &#8212;, ou si Firefox implémente SVG sans SMIL, alors que le plug-in Adobe le permettait, ce qui ajouterait encore au difficultés de détection des versions de butineurs).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut voir dans cette situation un autre volet de la redéfinition de la norme (passage à XHTML). Plutôt que de privilégier la continuité, la rupture a amené les développeurs de butineurs à se lancer dans des développements énormes, selon des concepts très lourds. Jouer de la musique simplement, chose finalement assez simple si l'on utilise du HTML pas compliant pour deux sous, oblige en XHTML à recourir à des extensions lourdes : lourdes à la fois pour le webmestre, mais surtout pour le développeur de navigateur qui doit intégrer le fait de jouer un son dans le développement d'une norme complète (SMIL). On peut se réjouir, en théorie, de la naissance d'une norme qui permettra des choses très puissantes (pas uniquement faire bip quand on survole un bouton...), mais dans la pratique, il n'est pas possible de faire une chose aussi simple, et la nouvelle orientation privilégie l'entreprise qui peut aligner une équipe complète d'ingénieurs à temps plein pour implémenter la nouvelle norme (devinez...). Ce qui, par rapport au discours habituel autour du XHTML, est assez paradoxal.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le vectoriel&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les graphismes vectoriels sont une idée absolument épatante pour le Web. Définir des graphismes par des coordonnées offre de nombreux avantages :
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; ils sont, à priori, légers ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; on peut zoomer ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; surtout : ils sont faciles à fabriquer avec des scripts, ce qui permet de présenter, par exemple, des informations techniques (courbes, etc.) à partir d'une base de donnée ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; très intéressant également : on peut y placer du texte facilement ; de fait, des graphismes vectoriels deviennent des éléments de navigation et d'interface ; &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; puisque les objets graphiques sont définis par des coordonnées, on peut modifier ces coordonnées par DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Flash est d'ailleurs, à l'origine, un logiciel d'animation &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vectorielle&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe justement une norme pour cela : &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Graphics/SVG/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;SVG, Scalable Vector Graphics&lt;/a&gt;, et elle est absolument enthousiasmante. Quand on a joué avec SVG, on n'est pas loin de penser que c'est là tout l'intérêt du XHTML, et que c'est là que se trouve l'évolution principale du Web (d'autant que, dans la logique d'Adobe et son SVG Viewer, SVG et SMIL sont liés). SVG est réellement excitant : facile à coder, facile à produire automatiquement (en PHP notamment), dans la logique du HTML (ou, évidemment, du XHTML), contrôlable facilement par Javascript, utilisant intensivement les CSS...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À lui seul SVG justifie de passer à XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/BIZNS090.gif' width='400' height='262' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Des webmestres déboussolés !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Kevin l'avoue lui-même : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;avant j'avais deux passions le curling et le XHTML orienté objet, mais à présent, j'ai plutôt envie de trouver une meuf en fait...&lt;/i&gt; »&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les choses ne sont jamais aussi simples...
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le principal outil Wysiwyg permettant de fabriquer du SVG étant Adobe Illustrator, SVG est largement perçu comme un façon d'insérer des images vectorielles dans des pages Web, et non comme un grand « conteneur » multimédia fabriqué grâce à des automatismes. Ce qui donne des pages d'exemples généralement assez enquiquinantes à consulter...
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Certaines démonstrations prouvant que SVG peut produire des animations « façon Flash », l'autre utilisation attendue du SVG est le « Flash killer » (un remplaçant complet de Flash), ce qui signifie que les graphistes attendent encore un éditeur Wysiwyg, à la façon de Flash, avant de s'y mettre. (Macromedia, créateur de Flash, et Adobe, créateur de SVG, venant de fusionner, ça n'est pas demain la veille.) &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; De fait, puisque cela n'a pas l'air bien excitant pour un graphiste (des images vectorielles peu animées, ou des animations moins faciles à réaliser qu'avec Flash), les développeurs de butineurs ne se sont pas empressés d'implémenter cette norme, alors même qu'elle est, à mon avis, la principale raison de « passer » à XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On nous promet pour très bientôt une version de Mozilla Firefox qui intègrerait SVG en standard (et non plus sous forme d'extension que l'utilisateur s'installerait lui-même). Tant que, au minimum, Firefox n'aura pas imposé cette utilisation standardisée de SVG, cette norme restera inexploitable par les webmestres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sachant que SVG est quasiment &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Graphics/SVG/Roadmap&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;aussi vieux que XHTML&lt;/a&gt; &#8212; septembre 2001 pour la première recommandation officielle du W3C &#8212; il serait peut-être temps.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dingue de maths&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule autre eXtension existente qui dépend de la normalisation XHTML est &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Math/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MathML&lt;/a&gt;. Cette norme doit permettre d'afficher des formules mathématiques dans une page Web. C'est une norme tellement ancienne qu'elle est, sauf erreur, antérieure au XHTML. Sa dernière version, &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/MathML2/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MathML 2.0&lt;/a&gt;, date de février 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, là encore, il n'existe pas d'implémentation standard de MathML dans les butineurs. Pas même Mozilla Firefox. MathML n'est utilisable qu'avec des extensions, à charge pour le visiteur de s'installer les logiciels nécessaires, ainsi que les polices de caractères mathématiques. Ce qui n'a rigoureusement rien évident (ces plug-ins de brouteurs ne permettant pas, d'ailleurs, au webmestre, d'être certain que son visiteur pourra ou ne pourra pas afficher les formules de mathématiques, et donc lui proposer une alternative automatiquement).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On retrouve ici le principe du serpent XHTML qui se mord la queue : il n'existe pas de butineur grand public permettant d'afficher du MathML à coup sûr, du coup :
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne publie réellement des pages contenant du MathML,
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne développe réellement les outils permettant de créer du MathML (notamment des traducteurs TeX vers MathML, ceux existants étant encore très insuffisants pour une utilisation réelle),
&lt;br /&gt;&#8212; et ainsi les développeurs de butineurs ne placent pas l'intégration de MathML dans leurs priorités.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Voici une anecdote qui illustrera mon propos, et qui permettra de faire le lien entre le présent article et l'article « &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1979.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;W3C Go Home&lt;/a&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours du développement de la version 1.8 de SPIP, nous avons introduit un convertisseur de code LaTeX (une façon plus répandue et plus « humaine » de coder les mathématiques que la syntaxe de MathML) en image : SPIP extrait les formules en LaTeX et les transforme en une image de la formule mathématique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Désireux de rentre le truc plus « Web », on a tenté de compléter cette méthode par transformation de code LaTeX en MathML, de façon à ce que les formules s'insèrent dans le texte en tant que texte MathML, et non plus en tant qu'image.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier obstacle : convertir du code LaTeX en MathML. Il existe un grand nombre d'outils, mais tous (absolument tous) sont inachevés. Cela est assez symptomatique : cela fait des années que MathML est défini, mais il n'est pas possible de l'afficher simplement ; ceux qui ont développé des convertisseurs se sont éreintés sur des développements inutilisables dans la pratique. Que ce soit en PHP ou en script sur un serveur, tous les outils ont donné des résultats très incomplets (on trouve même un convertisseur en javascript, mais là c'est encore pire). C'est le serpent qui se mord la queue déjà évoqué : pas d'outils pour fabriquer le format donc pas d'implémentation dans les navigateurs, pas d'implémentation donc pas d'outils.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, parvenir à afficher, dans un butineur sur lequel on a installé un plug-in MathML, du MathML. C'est là qu'on constate l'intégrisme des implémentations. Sous Mozilla, l'affichage de MathML n'est accepté qu'avec un « content-type » (évoqué ci-dessus) de type « application/xhtml+xml » ; or, avec ces content-type, Mozilla suit la recommandation aberrante du W3C qui consiste à refuser une page à la moindre erreur de syntaxe HTML (ou plutôt : XHTML) &#8212; merci les enfants. Par ailleurs, ces « content-type » ne sont pas forcément acceptés par tous les butineurs grand public ; ces butineurs vous proposent de télécharger une telle page Web, et vous demandent avec quelle application l'ouvrir. Le problème est contourné en installant un javascript (un peu lourd par ailleurs) qui analyse la page Web, « isole » les parties en MathML, et permet de tout de même les afficher, quel que soit le content-type. Le choix de limiter l'affichage de MathML à un content-type intolérant n'est donc pas pratique, mais relève d'un choix quasi-idéologique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela fait (en notant qu'à chacune des étapes précédentes, cela fonctionne déjà couci-couça avec des solutions bancales), il faudrait encore pouvoir déterminer, pour chaque visiteur, s'il a MathML installé sur son butineur (dans ce cas on lui envoie la version en MathML) ou non (dans ce cas on lui envoie la version « image »). Mission impossible : de toute façon les installations de MathML sont tellement problématiques qu'on a même des plug-in installés dans le butineur, mais sans les polices de caractères mathématiques, donc un affichage totalement illisible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres loufoqueries liées au charset, mais à la longue, le truc est déjà bâché.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons donc :
&lt;br /&gt;&#8212; une syntaxe qui nécessite l'utilisation d'outils spécifiques pour la créer (parce que, contrairement à la syntaxe de LaTeX, la syntaxe de MathML ne permet pas qu'on code une formule de mathématiques « à la main ») ; ces outils sont incomplets, puisque les navigateurs ne permettent pas facilement un affichage (même pas un affichage conditionnel : il n'est pas possible de déterminer si MathML sera affiché correctement ou non) ; &lt;br /&gt;&#8212; la rupture totale d'avec le HTML, pour adopter une version extrêmement restrictive du XHTML strict (l'implémentation suit la recommandation du W3C : à la moindre erreur, la page ne s'affiche pas) ; or, puisqu'il est possible de « ruser » avec un peu de javascript, le choix d'un comportement intolérant aux erreurs n'a rien d'une obligation technique ;
&lt;br /&gt;&#8212; devant autant de limitations, l'implémentation de cette norme dans d'autres outils (comme SPIP) est reportée à des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Se pose alors la question suivante : pourquoi a-t-on une telle rupture dans la norme précédente (c'est le sujet du précédent article), avec obsolescence programmée et pinailleuse des tags HTML, alors même que les implémentations de la nouvelle norme sont soit inexistantes, soit inapplicables en pratique ? La rupture ne concerne donc pas que la « courbe d'apprentissage » évoquée dans l'article évoqué, elle est aussi dans le développement des outils : là où des outils existent pour afficher du MathML à l'intérieur du vieux HTML (y compris pas très compliant &#8212; MathML est réellement un langage de description très ancien), tel que le plugin MathPlayer, les nouvelles implémentations respectueuses de la norme limitent l'utilisation à un type de document très intolérant (nous l'avons signalé : même CSS Zen Garden passe un « content-type » qui interdit d'afficher du MathML).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Résultat : pas de MathML. (C'est même pire : ces traquasseries donnent le résultat suivant : la solution la plus simple consiste, en pratique, à développer son site pour Microsoft Explorer sous Windows, en demandant à ses visiteurs d'installer le plug-in MathPlayer. Sauf erreur, c'est exactement l'inverse de ce pourquoi le W3C existe.)&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reprenons. Les recommandations du W3C qui, réellement, utilisent l'eXtensibilité de XHTML et qui représentent un réel intérêt pour les webmestres, sont presque aussi anciennes que XHTML ; pourtant, elles ne sont implémentées en standard dans presque aucun des navigateurs de nouvelle génération (le moins à jour étant Firefox, qui sert de référence aux webmestres). Ce qui fait que, dans la pratique, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;il n'existe pas d'extension du XHTML&lt;/i&gt;, et l'utilisation du XHTML se limite aujourd'hui à ce qu'on peut tout aussi bien réaliser en HTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à pleurer sur les limites des feuilles de style de Microsoft Explorer, c'est passer à côté du problème. Les butineurs présentés comme super-compliants (en gros : tous sauf MSIE) n'intègrent pas plus qu'Explorer les normes justifiant le passage au XHTML, normes pourtant définies il y a quatre ans. Pour vraiment être clair, faire la promotion de XHTML uniquement autour des CSS, c'est nuire à cette norme, qui ne deviendra réellement intéressante pour les webmestres qu'avec SVG, SMIL et MathML. Nuisible, car on démotive les webmestres avec des considérations pinailleuses, dans le but de leur faire coder « proprement » des pages qui, visuellement, peinent à dépasser ce qui se faisait déjà en 1998 ; nuisible car les développements de navigateurs (Firefox, Opera, Konqueror/Safari...) tardent franchement à implémenter ces normes vieilles de plusieurs années ; nuisible enfin parce que le grand public ne se voit jamais exposer l'intérêt réel de ces normes pour lui (quel magazine de presse informatique grand public a signalé à ses lecteurs que Opera 8 intégrait SVG en standard).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les polices de caractères&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Continuons avec nos lamentations de webmestre malheureux (malheureux puisque, vous l'avez compris, je ne peux pas me résoudre à faire avec Flash ce que je devrais pouvoir faire en HTML depuis belle lurette). L'autre sujet qui fâche dans le HTML (et, encore une fois, dans le XHTML), c'est qu'il n'existe pas de méthode normalisée pour y intégrer des polices de caractères.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, pour un graphiste, le choix de la police de caractères est l'une des premières méthodes pour créer l'ambiance de son site Web.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là aussi, on trouvera des puristes pour assurer que (blah blah blah) le HTML n'est pas fait pour cela. Pour se convaincre du contraire, il suffit de constater que la moitié des exemples du fameux CSS Zen Garden utilisent des images pour réaliser les titres et les intertitres (voici &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un exemple parmi tant d'autres&lt;/a&gt;. L'utilisation d'un style CSS un peu particulier permet de ne pas afficher un &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;img src=...&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; dans le code source, mais ce sont bien des fichiers graphiques qui sont utilisés pour effectuer le rendu typographique si particulier (rien à voir, en tout cas, avec une « beauté » intrinsèque aux CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au rayon HTML/XHTML, on ne trouvera aucune norme ni recommandation. Il n'existe, côté « fontes embarquées », que des méthodes tordues à peu près inutilisables et totalement propriétaires. SVG, format vectoriel, permettra-t-il de contourner l'obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en tout cas encore un de ces aspects étonnants des développements du Web, axé sur des considérations techniques qui échappent au commun des mortels, au détriment des besoins simples des webmestres et des graphistes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;VRML, RIP&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dernière mise à jour de la page du W3C consacrée au &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/MarkUp/VRML/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;VRML, Virtual Reality Modeling Language&lt;/a&gt; semble remonter à... avril 1995. Voilà un langage purement et simplement enterré.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela est très paradoxal : le VRML a été très à la mode à une époque où les ordinateurs n'étaient pas capables d'afficher avec souplesse et élégance des modèles 3D en temps réel (c'était au siècle dernier) et où, surtout, les modems ne permettaient pas de télécharger rapidement le moindre fichier VRML (une centaine de kilo-octets, c'était déjà rédhibitoire). Aujourd'hui les machines se débrouillent parfaitement avec des modèles 3D de folaïe et le haut débit rend le téléchargement des méga-octets une partie de plaisir, pourtant la réalité virtuelle ne figure pas du rayon des normalisations prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre les modèles 3D complexes, il existe un besoin plus « automatisable » : les interfaces graphiques. On trouve ainsi, souvent, des animations Flash en fausse 3D (les possibilités 3D de Shockwave ont, en revanche, fait long feu) ; et on simule souvent un effet de relief (3D) pour présenter une information 2D. Techniques utilisables sur un site Web sans investir dans le développement d'un concurrent à Doom 3...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dispose d'une norme XML, donc à priori promise à être utilisable en XHTML : &lt;a href=&quot;http://www.web3d.org/x3d/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;X3D&lt;/a&gt;. Quant à l'implémentation en standard dans un navigateur grand public, à vue de nez vous pouvez attendre la dernière trilogie Star Wars (épisodes 7 à 9) pour plus tôt.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Flash versus XHTML&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme je l'ai signalé en introduction, Flash est omniprésent dans les sélections de sites « beaux », et les graphistes y recourent dès qu'ils veulent réaliser une ergonomie un tantinet originale. Et la stagnation du HTML depuis quelques années, l'attente interminable de techniques qui n'arrivent toujours pas, devraient encore plus inquiéter de l'avenir d'une norme ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, même en ne se reposant pas sur la promesse de techniques promises mais pas encore exploitables, certains points sauvent le HTML du naufrage. Comprenez bien : le but du présent article n'est pas de comparer le XHTML et Flash (si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous avez constaté qu'il n'est pas du tout consacré aux caractéristiques de Flash) mais, avant de conclure, de se demander pourquoi Flash n'a pas encore &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;totalement&lt;/i&gt; supplanté un HTML qui peine à évoluer depuis plusieurs années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est important d'éviter, coûte que coûte, le basculement complet vers Flash. Flash, en effet, n'est pas à même d'assurer une évolution du Web vers des habitudes « saines » : les pages sont « fermées » (les visiteurs ne peuvent pas apprendre en consultant le fonctionnement intrinsèque des autres sites, comme on le fait en consultant le code source du HTML), Flash n'est pas du tout accessible aux mal-voyants et aux non-voyants, Flash est très difficile à interfacer avec des logiciels libres, Flash ne promeut pas les échanges entre les sites, un site réalisé comme une grosse animation Flash n'est pas indexable et ne propose pas de « portes d'entrées » permettant de linker de l'extérieur des articles spécifiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce ne sont pas ces considérations qui, dans la pratique, limitent le développement de Flash (ce genre d'arguments n'a d'impact que sur un nombre limité de webmestres à l'éthique janséniste sévère !). Plus prosaïquement :
&lt;br /&gt;&#8212; HTML reste infiniment plus simple que Flash pour publier vite et bien des documents textuels ; et cela, même, avec un contrôle typographique plutôt puissant grâce aux feuilles de style ; une chose aussi simple que mettre son CV en ligne, avec Flash, est long (pour une entreprise : cher) ; &lt;br /&gt;&#8212; il est beaucoup plus simple de créer un site HTML avec des outils de gestion de sites qu'un site Flash ; interfacer Flash à une base de données n'est pas à la portée de la première bourse venue ; &lt;br /&gt;&#8212; si cela peut paraître paradoxal, de part ses limitations, HTML tolère, visuellement, beaucoup mieux les petites approximations graphiques (images mal traitées, petites erreurs typographiques, placements pas toujours élégants des images...) qu'une page Flash où la « perfection » graphique qu'autorise le format rend les mêmes défauts graphiques impardonnables ; dit autrement : l'exigence visuelle que l'on a d'une page Flash fait que l'intégralité du site doit, quasiment, être réalisée par un professionnel, là où le HTML réalisé par des amateurs pourra tout à fait sembler « professionnel ». Cette exigence graphique allourdit encore les coûts d'un site en Flash ;
&lt;br /&gt;&#8212; un site en Flash repose toujours sur du HTML, du XHTML et/ou du XML pour s'interfacer avec une base de données, fournir un feed RSS, etc. ; de fait, alors qu'on peut parfaitement réaliser un site très pointu avec le HTML sans développer la moindre compétence en Flash ; à l'inverse, un site très pointu en Flash impose d'excellentes compétences dans les autres formats. Dans tous les cas, l'apprentissage passe par les formats « texte » ; &lt;br /&gt;&#8212; tout de même, l'accessibilité est un point important pour nombre de webmestres hérétiques, ne serait-ce que pour les associations, les administrations et les services publics, qui représentent un volume important des publications en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux autres éléments ont beaucoup joué, également, pour continuer à promouvoir un HTML devenu assez plan-plan :
&lt;br /&gt;&#8212; la généralisation de PHP sur les hébergements grand public ; une bonne partie de ce que les normes ne font pas (ou pas encore) du côté des navigateurs, est réalisé grâce à PHP du côté du serveur ; des choses anodines comme le redimensionnement et le placement des images, la création d'images typographiques, enrichissent considérablement les mises en page (permettant d'automatiser ce qu'on faisait « à la main » précédemment, et qui était peu viable sur un site aux mises à jour régulières) ; le contrôle des logiciels clients permettent d'affiner ce qui est envoyé au visiteur ; citons aussi les feuilles de style modifiées avec PHP, pour palier les manques des CSS (changer automatique toutes les couleurs dans une feuille de style, inverser « right » et « left » pour faire fonctionner une même feuille de style en affichage « Droite à gauche » comme en arabe...) ;
&lt;br /&gt;&#8212; le développement des CMS libres a mis à disposition du grand public ces automatismes, permettant le développement de « gros » sites, entièrement basées sur le HTML (et non sur Flash, le développeur d'un logiciel libre n'allant pas, par définition, privilégier un format propriétaire).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour beaucoup d'entre nous, c'est de ce côté que se sont déroulées les évolutions « rigolotes » et excitantes, que l'on peut attendre d'un média jeune comme l'internet, alors que le HTML, lui, n'a pas évolué dans le même temps. Il serait temps que le plaisir de « faire » de l'internet passe aussi par le HTML, comme ce fut si longtemps le cas.&lt;/p&gt;</description>
		<author>ARNO*</author>
		<dc:date>2005-05-23T00:01:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Nos concitoyens sur internet</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2134.html</link>
		<date>2005-04-15 10:27:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Je n'ose y croire et pourtant. On assiste sans doute à une première, en France : oui, on peut supposer que le débat qui n'a pas eu lieu sur la Constitution Européenne dans l'arène habituelle de l'écran cathodique, opposant autrefois deux mastodontes censés représenter deux courants de pensée, oui, ce débat a lieu ailleurs, et sous une forme particulièrement originale. Figurez-vous que le citoyen connecté à haut-débit se permet d'envoyer à son beau-frère et par la poste, les arguments glanés ça et là sur le net. Le beau-frère en question n'a pas d'ordinateur, mais un photocopieur au bureau (ou à la ferme ?) qui lui permet d'en faire autant, non pas de renvoyer la chose au même beau-frère mais, imaginons un peu, à son cousin, à sa tante. On me l'a dit, j'y crois. Et d'ailleurs, à mon immense surprise, je le vois tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Le débat existe, dans la France d'en bas...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ailleurs, la richesse est telle sur le web, l'échange si intense, et la demande grandissante que si l'économie nationale avait la même dynamique, les Chinois pourraient aller se rhabiller, malgré les prix du textile et la directive de leur espion infiltré des Pays-Bas, le fumeux Bolkenstein.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment en est-on arrivé là ? Le web est devenu, assez soudainement, le meilleur moyen d'échange de points de vue sur un objet politique extrêmement compliqué et dont on a voulu nous simplifier la compréhension à travers une absence de débat aussi binaire que la techno : oui - non. Dire que l'on prend le citoyen pour un con, c'est manquer de vocabulaire face à un Jack Lang qui croit encore que trois chanteurs aphones et deux acteurs feront l'affaire face au petit peuple de crétins qui dit non, comme la poupée de Polnareff. C'est un peu fort. Le pire, c'est que les médias, qui n'ont toujours rien compris, vont chercher ailleurs que dans ce débat quotidien et les lectures terriblement ennuyeuses que l'on se voit obligé de faire, la raison du non.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il paraîtrait en effet que l'on dit non pour dire non à Chirac et Raffarrin. Oui, bien sûr. Il paraîtrait que l'on dit non pour dire non à la Turquie. La belle affaire. On dit non pour dire non à la Chine. (je viens d'acheter 10 paires de chaussettes made in France, les dernières....). On dit non parce que l'on n'a pas compris, oui je le répète : parce qu'on est un peu con. Et pourtant, cette constitution est limpide : n'y voyez-vous pas le bonheur poindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ben vraiment, vous êtes des imbéciles !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un prof de droit marseillais vient d'avoir un succès extraordinaire : en quelques pages, il nous explique pourquoi le non. C'est limpide, c'est riche, ça &quot;fait sens&quot;. Qu'on nous prive de débat sur un média de masse, et l'on ira ailleurs le chercher. La diffusion &quot;virale&quot; qui plaisait tant aux ingurgiteurs du marketing sert dorénavant à ceux qui, loin d'être une minorité, refusent d'être embrigadés dans un combat douteux, où l'issue serait trop certaine. Ceux qui doutent fouillent ici encore, les partisans du oui affutent d'autres arguments que la menace du déluge, et ceux du non, enfin, vous savez bien...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut parier que la réponse du grand show médiatique chiraquien va intensifier le débat ailleurs, et que les politiques n'ont pas bien compris que c'est le média-web qui permet, de pair à pair ou d'expert à néophyte, de donner des réponses à des questions que l'on se pose vraiment. Que l'on continue à croire qu'il est nécessaire de rabaisser le niveau du débat à celui de la télé-poubelle, et le niveau montera ailleurs, sur le web. (le web, c'est aussi du papier, qu'on se le dise...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De quoi garder espoir pour la suite des événements...&lt;/p&gt;</description>
		<author>Grosse Fatigue</author>
		<dc:date>2005-04-15T08:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Le portail des copains</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2105.html</link>
		<date>2004-11-19 00:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
J'imagine que les tripatouilleurs des potards oxydés des tables de mixages analogiques des années quatre-vingts et des radios-pirates se la coulent douce dans les Caraïbes aujourd'hui même en novembre, en regardant leurs portefeuilles boursiers gonfler comme la douce brise qui pousse leurs cata(pas)marans le soir, de retour au lagon. Ces types-là sont arrivés au bon moment, avec toujours ce discours que l'on a tous les vingt ans et qui permet, en vendant un peu de révolution, un peu de rêve, un peu de technologie ou juste la liberté d'expression, de faire fortune. Et l'économie fait le reste, concentration, cession d'actions, participations croisées, disparition des pas rentables et vogue la galère.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai imaginé il y a quatre ou cinq ans que les premiers à l'ouvrir sur le web auraient un jour leur nom en haut de l'affiche, et que, moi aussi hypocrite, je vivrais avec trois femmes qui n'en sauraient rien, de la vente de mon site, ou d'un autre, peu importe. J'imaginais la gloire, après tout, à la vision de ce qu'avaient fait d'autres imbéciles à 20 années d'écart, et en mesurant la faiblesse de leurs technologie par rapport à la nôtre ; le WEB (putain, le WEB !) ; il était évident que l'on allait refaire le monde, et qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne savais pas encore qu'effectivement, on me lirait dans le monde entier, et pas seulement moi, mais des types que je n'ai - pour la plupart - toujours pas rencontrés mais qui sont, pour certains, des amis. Oui, Lazuly, oui, Guillermito, ah, Troudair, oui, vous êtes des amis. Toi aussi Arno, et ceux qui le voudront aussi. Y'a qu'à faire comme à la télé, on est tous des potes. Les disparus du web sont mes amis, les subsistants aussi, on est une bande, un groupe de copains. Bizarrement, les nouveaux venus et leurs blogs à mourir, la mode qui va avec, la vente d'espace de services pré-digérés et de mise en page précuite me laissent froid.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Rezo caractérisait cette étrange chaleur humaine du net. Quand Laz m'a accueilli le clavier grand ouvert, je vous jure que j'étais très heureux, même si les fenêtres de mon bureau de l'époque donnaient sur une caserne et qu'on avait tout fait pour me mettre là en espérant que je me barre de moi-même disons, sans indemnité. Alors je rêvais d'un succès virtuel, d'un monde de copains qui le referaient comme d'autres dans la radio, d'autres dans la presse. Le portail des copains, c'était ma bouffée d'oxygène, mon opium du peuple, mon Amérique à moi, je sais qu'il est trop bien pour moi, comme dit son cousin Gaspard... ? J'imaginais qu'on en ferait quelque chose. J'imaginais, je l'avoue honteux, qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est con, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et puis là, 4 ans, 5 ans, 20 ans après. Le portail est toujours là. Les sites tournent et les bénévoles pour la plupart font de leur mieux, et le font drôlement bien. Et puis quoi ? Ben, justement : contrairement aux deux générations précédentes sans compter celle de la radio dans les années trente, contrairement à tous les pronostics, on n'a toujours pas de secrétaire, pas de bureau, un logo central, c'est syndiqué mais automatiquement. On n'a pas fait fortune. Je vous avoue que souvent je trouve ça pas si mal. On a perdu la partie. On n'a remplacé personne. Les mégacons sont à la tête des mégatélés, des mégajournaux, du mégapognon. Les mégacons tiennent internet en vendant du téléphone et de la télévision en ligne à haut-débit, (imaginez le non-sens de ça, la télé sur le net....). Et puis au milieu, ou à côté, là, sur le même média, un truc dont on ne voit aucune pub dans le métro, la presse, les abribus, le papier-chiotte, Télérama ou France-Dimanche, non, personne n'en parle et pourtant, c'est le troisième journal de France à être indépendant après Le Canard et Charlie. On n'a pas fait fortune mais ça tient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pas si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PS : vous noterez bien une pointe d'amertume, oui, c'est par nature mais aussi par dépit. Ça mériterait qu'on en parle, ça mériterait de déborder, d'envahir l' &quot;espace public&quot; comme disent les cons. Allez comprendre...&lt;/p&gt;</description>
		<author>Grosse Fatigue</author>
		<dc:date>2004-11-18T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Apologie du &lt;i&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2086.html</link>
		<date>2004-07-30 12:34:15</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2086.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;264&quot; height=&quot;165&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;autoproduction&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de gratuité du D.A.E, on met de coté l'aspect rentabilité économique d'une activité pour envisager plutôt de manière critique la circulation du produit de cette activité. Critique parce qu'on remet en question la distribution commerciale et son efficacité en posant comme but l'accès libre de chacun-e à ce qui est distribué.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce qui concerne la musique, cette façon non-conventionnelle de distribuer un disque va de pair avec des procédés d'autoproduction favorisant un coût de prodution plus ou moins égal à zéro :
home studio, gravage de CDR ou copies de K7, pochettes artisanales etc.
Mais cela s'applique également à d'autres domaines comme l'auto-édition de brochures, de films sur K7 vidéos, etc.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;copyright / copyleft&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; n'est pas une marque déposée ou une pratique exclusive de la Fondation Babybrul qui la développe en France.
Le copyright n'a plus lieu d'être dans la mesure où c'est la circulation sans restrictions qui importe, et non l'échange valorisé par l'argent.
Sur ce point et sur la question des droits d'auteur, l'alternative permettant de revendiquer une &#339;uvre tout en n'interdisant pas sa reproduction, son utilisation, sa modification, sa propagation est la license libre, dite &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;copyleft&lt;/i&gt;, qui donne aux utilisateurs les mêmes libertés que celles dont le copyright les privait pour n'en faire bénéficier que l'auteur [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] Voir, sur les licenses libres, Copyright et Copyleft, par Anne-Laure (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette notion adaptée des licenses de logiciels libres est également appliquée dans les domaines de la création matérielle, la musique, l'image, la vidéo.
Mais en théorie dans le copyleft il n'est pas exclu de pouvoir distribuer commercialement une &#339;uvre sous cette license.
Et parfois cette « philosophie » du libre peut n'être appliquée qu'en ce qui concerne une circulation immatérielle et prendre fin dès qu'il s'agit d'en faire un support physique, de graver un CD ou de publier sur papier quand l'auteur le spécifie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;pirates interstitiel-le-s&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; il ne s'agit même plus de parler de droits, mais de piratage, un piratage interstitiel. L'interstice ici, c'est l'espace-temps des bacs de disquaires, ou des rayons littéraires quand personne ne les surveille, quand personne n'imagine qu'on peut perdre du temps et de l'argent pour fabriquer des choses gratuites et les déposer là sans le demander à personne.
L'idée du D.A.E est bonne parce qu'elle est interstitielle ; bien que n'étant pas dans l'intérêt du capitalisme puisqu'elle exploite le temps et l'espace marchand d'un commerce sans compensation monétaire, elle n'est pas prévue, elle surprend, et elle peut faire exister ce qui jusque là n'était pas imaginable, simplement en inversant et en dépassant la règle de base qui fait en sorte que les marchandises sont à leur place dans les rayons comme par magie et que personne n'ose les prendre sans s'acquitter d'un droit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;expérimentation et limites&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;, c'est le dépassement du rêve des échanges marchands et de la circulation des marchandises par leur réalisation pirate : voir son objet, un peu de soi, son disque, sa bédé, son texte, son livre dans les rayons des grands magasins accessibles à tous gratuitement comme le dernier des produits convoités.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le sentiment de jouer à quelque chose de nouveau, d'avoir encore un temps d'avance sur l'époque, la Culture et la législation [...], de prendre dans le sytème une place qu'il ne nous a pas donné, sans rien lui devoir en contre-partie, profiter de son développement obscène en montrant les limites de ses propres illusions, les limites de la légalité, les limites de l'hypocrisie démocratique et sa &#8220;libre expression&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Quand je place mon disque dans les bacs de la FNAC c'est comme si je détournais l'histoire dans les manuels scolaires. » [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[2] Extrait de l' Appel à création de centres de Don à l'étalage (...)&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En soi la pratique du D.A.E n'offre pas une alternative absolument efficace à la circulation marchande.
Il y a toujours le risque que des vendeur-euse-s enlèvent les objets déposés. Et puis, à moins d'une organisation collective de grande ampleur, cela reste à une échelle locale. Mais l'intérêt est dans le coté &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Do It Yourself&lt;/i&gt; de la pratique, les petites séries de disques, les pochettes artisanales. L'activité est gérée du début à la fin, chose dont le capitalisme nous a privé en nous ôtant purement et simplement toutes sortes de moyens de productions pour en faire des industries, avec des machines, des savoirs, des conséquences séparées de notre quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour la Fondation Babybrul les différents épisodes concernant les opérations de D.A.E du disque de Fuzzkhan relatés sur &lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/dae.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le site internet&lt;/a&gt; sont aussi à titre d'argumentation d'une critique théorique et pratique des valeurs pourries qui animent les différents corps institutionnels et privés de notre société.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cela il vaut mieux porter et appliquer directement des principes qui ne posent pas les mêmes barrières que le capitalisme, barrières qui sont
&lt;br /&gt;&#8212; la propriété privée, qui réduit les choses (et les êtres) non plus à être utilisés mais à être possédés, (à remplacer par la propriété d'usage qui désigne un-e propriétaire en fonction de l'utilité personnelle qu'il/elle a d'un bien)
&lt;br /&gt;&#8212; le mérite, qui soutient l'idée de l'appropriation pour le seul profit, et le commerce, qui serait le seul véritable lien social qui unit tous les peuples,( annulés par le don gratuit).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est aussi par souci de cohérence et par peur d'être inévitablement récupéré par une Culture qui se donne trop facilement des airs alternatifs, et qui tolère la transgression et la critique seulement si elle est intégrée aux circuits marchands, que la musique de Fuzzkhan reste gratuite.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;ne pas « vivre de son art »&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le D.A.E, donc, il n'est pas question de vivre de sa musique, de ses images ou de ses écrits, devenus des objets exploités commercialement. Cela apparaît à certain-e-s comme une des limites de cette pratique qui réduit par là une grande partie des « producteurs » à ne jamais espérer gagner une indépendance dans la création en récoltant des fonds ou simplement en revenant sur investissements d'autoproduction même minimes pour évoluer matériellement, tourner en concert, se déplacer pour exposer...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est une revendication assumée par la Fondation Babyrul qui distribue avec cette technique un CD de &lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/music.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Fuzzkhan&lt;/a&gt; (musique électronique - 150 CDR gratuits distribués, par D.A.E, mais aussi de main à main, depuis le début de l'année 2003) et des brochures dont &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/manifeste_contre_la_culture.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Manifeste contre la Culture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (tiré à 450 exemplaire gratuits pas encore épuisés).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Fuzzkhan le fait de ne pas pouvoir « vivre de son art » n'est pas un problème, mais c'est un choix qui va pour lui avec un mode de vie et une « éthique de pirate », où la musique n'est pas déplacée ou utilisée hors d'un contexte social, sacralisée et/ou marchandisée par le monde de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce mode de vie assumé c'est une précarité consciencieuse qui lui permet de vivre « sur les poubelles de ce monde » :
« J'habite en squat depuis 3 ans, et je ne travaille plus depuis un peu plus longtemps. Comme j'ai besoin de très peu de moyens financiers pour vivre puisque je ne paye pas de loyer et que je peux me nourrir à moindre frais en faisant des récup de marchés et de supermarchés dans les grandes villes où je vis, et bien j'arrive toujours à me débrouiller pour réaliser mes projets comme je l'entends, sans patrons et sans impératifs autres que ceux que je me fixe librement.
Faire des CD gratuits ne me revient pas cher, puisque je vole les CDR et que je fais les pochettes avec du matériel de récup, des boite de cornflakes ou du plastique autocollant orange fluo. Et de toute façon faire les démarches pour trouver un label ou participer à des projets culturels, trouver des subventions et sortir un disque dans le commerce me prendrait plus d'énergie et d'argent que ce que je met à faire les choses moi-même, gratuitement et pour le plaisir. Ca me ferait trop chier maintenant de gagner de l'argent avec ce que je fais, d'avoir la contrainte &#8220;professionnelle&#8221;, et tout ce qui va avec, un-e manageur-euse, des dates dans des salles avec des entrées payantes, etc.
Là je n'ai pas de contraintes particulières qui pourraient faire de ma vie un enfer entre l'usine et les factures et me pousser à chercher un peu d'oxygène et une vie d'artiste. Non, vraiment, sans avoir de parents qui m'aident financièrement ni d'aides de l'État je vis bien, je m'amuse bien, et j'essaie d'en faire profiter gratuitement les autres, voila. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;législation&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'un point de vue légal, il n'y a pas encore de dispositions particulières contre le dépôt d'objets gratuits dans les commerces. Mais voici un avertissement du responsable sécurité de la Fnac de Marseille reçut par Fuzzkhan après des opérations de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; de son disque le 17 octobre 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Madame, Monsieur, Nous avons retouvé dans notre magasin Fnac de Marseille au centre Bourse, des disques comportant l'adresse à laquelle je vous écrit. Ces disques, gravés pour certains d'entre eux, ne nous appartiennent pas. Ils comportent l'étiquette &#8220;gratuit&#8221; invitant, je suppose, nos clients à emporter ces disques. Vous comprendrez que pour des raisons légales concernant le droit de la consommation et impliquant notre responsabilité, nous ne pouvons en aucune manière accepter cette pratique. Ainsi je vous prie de rappeler aux auteurs de ces dépôts que cette pratique, malgré sa générosité, est interdite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre serivce de sécurité pourra à l'avenir procéder à l'interpellation des personnes qui s'en rendent coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Salutations, M. X, Responsable Sécurité Fnac Marseille. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;l'historique ?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Déposer des objets parasites dans les espaces strictement marchands n'est pas une idée originale de tel ou tel collectif, cela s'est surement déjà pratiqué auparavant, même si les personnes qui l'ont fait ne l'ont jamais revendiqué ou n'ont jamais communiqué leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis juilllet 2000 aux États-Unis le projet &lt;a href=&quot;http://www.droplift.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Droplift&lt;/a&gt; propose sur internet de télécharger un disque du même nom, gratuit et sans copyright, avec sa pochette, et de le déposer chez les disquaires à la lettre « D ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans en avoir connaissance en 2002, Babybrul déposait des fanzines gratuits dans les bacs à publicité dans la rue et dans les kiosques à magazines dans le métro.
Différentes personnes que j'ai rencontrées m'ont parlé d'idées qu'elles avaient eut et/ou réalisées - sans connaitre le D.A.E - de mettre des choses dans les rayons des supermarchés ou autres commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel est que cette idée se répande encore, et que tout le monde puisse se l'approprier, pour que le règne du commercial perde de sa magie (voir avec beaucoup d'acharnement de son efficacité) et surtout qu'on arrête de croire en lui pour donner du sens à tout ce que l'on peut produire/faire/créer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;, ou peu importe comment on l'appelera d'ailleurs, peut donner du sens à des pratiques en les faisant circuler autrement et d'une manière directe, qui n'attend pas d'autorisation d'une quelconque autorité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est bien plus excitant comme ça.&lt;/p&gt;</description>
		<author>babybrul</author>
		<dc:date>2004-07-30T10:34:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>babybrul</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La calculette qui pensait tout haut</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2078.html</link>
		<date>2004-06-23 15:05:40</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2078.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;105&quot; height=&quot;94&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« L'unité ne consiste pas seulement dans celle du gouvernement, mais dans celle de tous les intérêts et de tous les rapports des citoyens. Vous êtes des bêtes féroces, vous qui divisez les habitants d'une République et tracez un mur semblable à celui de la Chine autour de toutes les peuplades. Vous êtes des sauvages, vous qui isolez la société d'elle-même, ou qui excitez des rumeurs pour effaroucher la confiance qui nourrit les citoyens. Bientôt les Français n'auraient plus parlé la même langue. Il s'est fait, depuis quelque temps, peu de mariages éloignés : chaque maison était pour ainsi dire une société à part. Voilà les maux de la patrie. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Just, [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[3] Rapport au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale sur la (...)&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Appel d'offre solidaire&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La concurrence devient féroce. Après le &lt;a href=&quot;http://www.wiesenthal.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;centre Simon Wiesenthal&lt;/a&gt;, l'association J'accuse, &lt;a href=&quot;http://www.transfert.net/a6514&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« non cautionnée » par le MRAP&lt;/a&gt; qui lui-même lance &lt;a href=&quot;http://www.transfert.net/a9136&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;son rapport&lt;/a&gt; et ses &lt;a href=&quot;http://www.mrap.asso.fr/article.php3?id_article=532&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dossiers&lt;/a&gt; (sur fond de &lt;a href=&quot;http://www.crif.org/index02.php?id=2956&amp;menu=&amp;type=tout&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;coups bas&lt;/a&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[4] « Ceux qui, au sein de la communauté juive, avaient critiqué, voire dénigré le (...)&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] entre associations subventionnées), Renaud Muselier [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[5] Le Monde du 15 juin 2004 : « Non à l'Internet raciste et antisémite ! (...)&quot;&gt;5&lt;/a&gt;], la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) publie une étude statistique portant sur les messages diffusés sur les forums : « &lt;a href=&quot;http://www.communautarisme.net/biblio/racisme-internet.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie sur les groupes de discussion francophones&lt;/a&gt; » (fichier PDF) publiée sur le site Communautarisme.net.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Journal vespéral de référence, après avoir fait insinuer, par l'un de ses rédacteurs, que &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article962.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;les auteurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Face cachée du Monde&lt;/i&gt; étaient antisémites&lt;/a&gt;, fait &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article1557.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la promotion d'un ouvrage&lt;/a&gt; expliquant que « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la critique des médias est discrètement antidémocratique et secrètement ou potentiellement antisémite. Et ses auteurs - Halimi, Bourdieu, Bouveresse -, le sont aussi.&lt;/i&gt; », s'empresse de le faire connaître, dans un très sobre : « &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3226,36-369192,0.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les multiples visages de la haine raciste sur Internet&lt;/a&gt; » . On y apprend que l'auteur du rapport est :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Sylvain Tirreau, spécialiste du média Internet, [qui] a choisi d'étudier les groupes de discussion francophones du réseau Usenet.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un quotidien de M. Lagardère (TF1, Canal + et leurs lecteurs), dans un non moins sobre : « &lt;a href=&quot;http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-06-17/2004-06-17-395621&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La haine au bout du clic&lt;/a&gt; » complète le pedigree :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
La première, réalisée par Sylvain Tirreau, du MRAP, porte sur les groupes de discussions francophones « Usenet » [...]
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un spécialiste, c'est en effet un spécialiste puisque le MRAP nous avait déjà gratifiés d'un de ses &lt;a href=&quot;http://www.mrap.asso.fr/IMG/pdf/doc-91.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;rapports&lt;/a&gt; l'année dernière, à propos des messages racistes sur... fr.soc.politique (« La naissance d'une nouvelle extrême droite sur Internet »). Notons que le MRAP est également membre de la &lt;a href=&quot;http://www.commission-droits-homme.fr/presentationcncdh_fr/CommissionNationale_.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;CNCDH&lt;/a&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[6] Lorsque nous évoquons en introduction que « la concurrence devient féroce (...)&quot;&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous semble intéressant d'analyser cette « étude » (les guillemets sont volontaires), parce qu'il s'agit d'un cas d'école :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les critères sélectionnés pour définir les propos racistes sont très nettement orientés ; le but étant d'obtenir un maximum de résultats grâce à des définitions très larges, le brave peuple étant censé frémir face au nombre de ce qui est qualifié de « raciste, antisémite ou xénophobe »,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; l'étude est d'une qualité scientifique toute relative,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; la médiatisation de pratiques très marginales appelle à des mesures aussi sinistrement liberticides qu'inefficaces. Tout le monde étant de fait persuadé que, vu ce déferlement de propos intolérables, notre démocratie et ses citoyens jouissent de beaucoup de liberté ; beaucoup trop à vrai dire...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères d'un bon terreau quantitatif&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude prétend, selon son titre, observer « le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie sur les groupes de discussion francophones ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut déjà poser plusieurs questions :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; pourquoi les newsgroups, support largement moins populaire que le Web ? &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; pourquoi un site de lutte contre les « communautarismes », répercute-t-il ce biais unique du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, alors que sont exclus du champ des recherches l'homophobie et le communautarisme gay (objet d'un livre d'un des fondateurs du site), le sexisme, le régionalisme, la haine de classe, la haine de soi, l'agoraphobie, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/Danslarue005.gif' width='250' height='188' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Festival d'été en Provence&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Après les « bobos », les « nonos », une nouvelle tribu urbaine sympathique, festive et citoyenne : les « fliks ». Ils s'habillent en bleu et récitent le code pénal pour parvenir au satori.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-être parce qu'il a déjà été rebattu cent fois, et que chacun sait bien que fr.soc.politique est un nid à fafs, et donc qu'on n'aura pas à se fouler des masses pour trouver ce que l'on cherche. Peut-être parce qu'on s'est trouvé là un outil « statistique » à l'utilisation fastoche avec le moteur de recherche Google (qui a repris l'ancien système d'archives des newsgroups DejaNews) et qu'avec ça, vraiment, ça va pas être usant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-être tout simplement parce que c'est un vieux truc du merchandising politique, facile à recycler, que la droite et la gauche s'envoient régulièrement comme des Exocet [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[7] Exocet : l'excellent missile de feu monsieur Lagardère.&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] : la droite est raciste, la gauche est antisémite, tous sont homophobes sauf les Verts, maintenant votez pour moi... Peut-être également, du côté de la reprise par communautarisme.net pour contrecarrer l'image nationaliste ou xénophobe que les médias accolent facilement aux Souverainistes (par exemple, &lt;a href=&quot;http://www.charles-pasqua.com/iframe3.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'ex directeur international des vente de Ricard&lt;/a&gt; n'a pas la même image médiatique que &lt;a href=&quot;http://www.cohn-bendit.com/fr/dany/lebenslauf/index.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'ex rédacteur en chef et éditeur du magazine Pflasterstrand&lt;/a&gt; ; de même approuver les frappes de l'OTAN sur la Serbie vaut comme certificat de non anti-américanisme). Côté MRAP, peut-être pour contrebalancer &lt;a href=&quot;http://www.crif.org/index02.php?id=2218&amp;menu=52&amp;type=Commentaires&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le plan média du CRIF à son encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme à chaque fois, il est également intéressant de savoir à quoi renvoient les termes « racisme », « antisémitisme », « xénophobie ». Non seulement ces termes ont des définitions dans le dictionnaire relativement variables, de plus leurs définitions légales ne correspondent pas forcément à l'idée commune.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jeu de ces nombreux rapports et dénonciations de l'« internet de la haine » repose largement sur ces confusions entre ce qui est moralement condamné par l'ensemble de la population (détester son prochain et faire le projet de l'exterminer, c'est mal), &lt;a href=&quot;http://www.justice.gouv.fr/publicat/antiraca.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la définition juridique&lt;/a&gt; et ses propres critères, souvent &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1134.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;largement orientés politiquement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cas présent, le rapport tente de se donner un lustre beaucoup plus statistique (avec des pourcentages avec deux chiffres après la virgule, car ça ne mégote pas !) que sociologique, aussi est-il nécessaire de trouver des critères simples (« sémantiques », pour faire plus joli).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Recherche par mots-clés&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première partie se concentre sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une recherche statistique parmi les 1 118 000 000 messages&lt;/i&gt; postés dans les newsgroups francophones depuis 1993 (rien que ça !).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains mots-clés, regroupés par « catégories », permettraient successivement d'identifier :
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des catégories de groupes de populations,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des injures racistes, antisémites et xénophobes,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des appels au meurtre,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les titres principaux de la littérature et les sites racistes et antisémites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nombre de résultats pour chaque mot (puis pour chaque groupe de mots-clés), permettrait d'identifier non le caractère réellement raciste des messages, mais un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;terreau&lt;/i&gt; au travers d'« obsessions » (parler beaucoup des arabes n'étant, en soi, pas directement raciste, mais témoignerait d'une « obsession » servant de « terreau » au racisme anti-arabe).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait très bien que ces recherches par mots-clés n'ont aucun intérêt pour repérer les propos racistes. Rappelons que cela avait déjà été &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article304.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;indiqué par un juge à l'UEJF&lt;/a&gt; : « une recherche effectuée postérieurement à la délivrance de l'assignation démontre que, basée sur les mots les plus courants suggérés par l'UEJF tels : nazi - Hitler - heil - juif , elle débouche sur un répertoire de 12 000 pages environ dont la plus grande majorité est soit d'inspiration historique, soit inspirée par la lutte antiraciste » ; c'est-à-dire qu'une recherche de mots-clés sur ces thèmes renvoie plus de sites antiracistes que de sites racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'importe, pour justifier ce choix aberrant, l'« étude », que n'aurait pas renié cette savante d'exception qu'était Elena Ceaucescu, nous sort un nouvel argument, proprement sidérant :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Par ailleurs, l'enjeu d'une telle étude est également de voir dans quelle mesure les principes universalistes humains sont ou non répandus chez les utilisateurs des groupes de discussion. Partant en effet du principe que les droits de l'homme prônent une égalité entre les hommes, et donc une universalité qui traversent les classifications des hommes en groupes de populations, toute catégorisation hors du champ scientifique (et les groupes de discussion n'ont pas de vocation scientifique) des groupes humains relèvent un échec de ces principes fondamentaux.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle remarque semble donc indiquer qu'il est grand temps d'envoyer par exemple les journalistes, qui utilisent des termes génériques pour désigner les groupes humains, en camp de rééducation. Mais il y a encore matière à s'étonner...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'herméneutique c'est fantastique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude commence par la recherche des « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;focalisations religieuses, ethniques et &#8220;raciales&#8221;&lt;/i&gt; ». Des mots-clés qui désigneraient des groupes humains sur des critères religieux, ethniques ou « raciaux » sont recherchés dans les archives des newsgroups francophones, avec mise en exergue des messages de fr.soc.politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces mots-clés sont de plus regroupés pour tenter d'obtenir un semblant de catégories de groupes humains :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) Premier groupe : « Juifs et israéliens » (quel rapport ?), défini par les mots-clés suivants : juif(s), judaïsme, judéisation, sioniste(s), sionisme, israélien(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Second groupe : « Chrétiens et occidentaux », défini par : chrétien(s), christianisme, christianisation, évangélisation, occidental(-taux), européen(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Passons sur les suivants, « Arabo-musulmans », « Africains et maghrébins », « Bouddhistes et asiatiques », « Hindouistes et indiens », du même tonneau nauséabond.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On termine avec les « Américains », carrément rigolo : américain(s), États-Unis, yankee(s), ricain(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera une lourdeur des séries de mots-clés, construits selon un critère assez arbitraire qui fabrique à l'aide d'une sociologie sauvage des groupes désignés, la vulgate raciste telle qu'il s'agit de l'établir. Explication :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
...établir une symétrie des mots clés entre les différentes catégories et [...] avoir le même nombre de mots clés dans chaque rubrique.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, il s'agit de valider la méthode comptable : les « totaux » par catégories n'ayant de sens que si chaque « catégorie » est constituée du même nombre de recherches. Nous verrons plus loin que cela n'a rigoureusement aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit, clairement, d'une tentative de définition d'un hypothétique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;champ sémantique&lt;/i&gt; des catégorisations des racistes. Personne (et surtout pas quelqu'un qui se prétend soucieux de la DUDH) n'oserait sinon proposer de telles listes (dont l'aspect illogique, inculte et incohérent saute aux yeux) : on a visiblement tenté de reproduire les « obsessions » des racistes (juif égal sioniste égal israélien, occident chrétien, arabe musulman islamiste...). Le vocabulaire recherché, ainsi « catégorisé », tente de correspondre à une vision raciste des groupes humains.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le présupposé &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;implique&lt;/i&gt; donc, de manière inévitable, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le résultat&lt;/i&gt; puisqu'il le construit à l'avance : ces mots qui sont définis selon les « obsessions » racistes, évidemment nous allons les retrouver car bien évidemment ces mots sont utilisés, et dans une variété d'utilisations aussi vaste que la multiplicité de leurs propres champs sémantiques. Ainsi la conclusion ne pourra témoigner que de la présence de ces « obsessions » racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Formalisons afin d'éclairer la manipulation : j'affirme que « X » est une expression raciste, que les locuteurs qui utilisent « X » sont des racistes ou ont des intentions racistes dans l'usage dévoyé de « X », si « X » a priori n'est pas reconnu comme une expression raciste. Je recherche la fréquence de « X » dans un certain nombre de messages, et j'en déduis que l'ensemble des messages sont à 12% racistes si « X » est présent dans 12% des messages.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait par exemple que les néonazis utilisent le chiffre « 88 » comme équivalent pour l'expression « Heil Hitler ! » (H étant dans l'ordre alphabétique la huitième lettre). Ne reste plus qu'à chercher grâce à Googlenews le nombre de messages où figurent ce fameux chiffre, et déclarer que &lt;a href=&quot;http://groups.google.fr/groups?q=88&amp;ie=UTF-8&amp;hl=fr&amp;btnG=Recherche+Google&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;3,120,000&lt;/a&gt; des messages sont néonazis, ou afin d'éviter une réfutation trop directe (« Mémé vient de fêter ses 88 ans, bisous à tous » est un message néonazi ?!), traduisent des « obsessions néonazies » ou « une focalisation du terreau obsessionnelle xénophobe » (Mais pourquoi poster sur Usenet que sa grand-mère vient d'avoir 88 ans, si ce n'est pour faire la promotion du néonazisme, hein d'abord ?). Après on s'intitule spécialiste et la presse d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;investigation&lt;/i&gt; reprend le chiffre en gras &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; plus de 3,120,000 messages néonazis&lt;/strong&gt; sur Internet : il faut faire quelque chose !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Question de méthode&lt;/i&gt; toujours : vous avez remarqué dans l'étude, certaines catégories n'apparaissent pas ! En effet, il manque tout ce qui n'est, en gros, pas à la mode, pas de chez nous, pas cité comme victime de ségrégation par nos ministres. Tiens, rigolo, y'a pas « palestinien » alors qu'il y a « israélien ». Va savoir, Charles...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dès lors, plus aucun résultat n'a de sens, ni pour trouver des racismes selon des mots-clés, ni un « terreau » pour les discriminations.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dit autrement : on pourrait rechercher les mots-clés « aide » (488 000 occurrences), « aider » (450 000), « merci pour votre aide » (66 500), « m'aider » (225 000), « conseil » (374 000), et ainsi obtenir des résultats remarquablement supérieurs à toutes les catégories supposées racistes du rapport, et conclure que les newsgroups sont avant tout un monde d'entraide et de d'échanges humains chaleureux. Mais ça serait un peu con, n'est-ce pas...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Usual suspect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un second point discutable, et qui entache l'ensemble de l'étude, consiste à faire ressortir la présence des expressions racistes (ou de leur « terreau ») dans le newsgroup fr.soc.politique (fsp). En effet, une très grosse partie de l'étude, par les chiffres et les commentaires, porte sur la proportion de leur présence dans ce forum spécifique ; groupe appartenant à l'ensemble des 334 newsgroups francophones recensés par l'étude. A ceci, peut-être une raison pratique : l'auteur de l'étude a lui-même fréquenté régulièrement le dit forum (le temps passé a donc été investi). Or l'étude est titrée, rappelons-le, « Le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;sur les&lt;/strong&gt; groupes de discussion francophones ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours la même cheville rhétorique qui permet d'étendre la représentativité de ce que l'on dénonce afin de frapper l'imagination (fr.soc.politique / Usenet). Ce procédé est celui de l'hyperbole journalistique, qui consiste à gonfler l'importance d'un phénomène quelconque par un titre exagéré ; ainsi en février 2003, pour le Canard enchaîné qui effectuait la pré-vente médiatique du rapport du MRAP à propos de messages racistes postés sur... fr.soc.politque, c'était carrément &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1937.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Internet qui était inondé&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, la synecdoque comme figure de style (prendre la partie pour le tout) n'est pas fausse, et on peut d'ailleurs plaider que fr.soc.politique appartient bien à la hiérarchie .fr, donc que l'étude dit vrai dans son intitulé. Cependant l'effet produit n'est pas identique à la mention d'un fait (en soi peu surprenant) : sur un forum consacré à la politique, il arrive que des extrémistes postent des messages de haine. Dans ce cas, le lecteur ne se dit pas que la haine submerge Usenet.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit donc d'un maquillage des lacunes méthodologique en une découverte tonitruante, qui exprime la motivation véritable de l'auteur de l'étude (faire du chiffre, au sens littéral) et une restriction factuelle (peu de messages racistes sur fr. rec.philatelie).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut donc déjà deviner que l'étude va courageusement redécouvrir l'eau tiède :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; la présence de termes désignant des groupes humains, même de manière inadaptée, n'a rien d'étonnant dans le principal forum traitant des sujets politiques : l'actualité étant tout de même presque exclusivement présentée dans les médias selon des oppositions de groupes religieux ou ethniques (plutôt que sous l'angle de la lutte des classes, du néocolonialisme et de l'appropriation des richesses naturelles [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[8] Sauf bien entendu quand le pays où sont produites les informations ne (...)&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]...) ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; le simple énoncé des grands groupes de la hiérarchie « fr.* » des newsgroups permet déjà de deviner qu'on aura très peu de chances d'y parler de juifs, d'arabes et de sikhs en dehors de fr.soc.politique : fr.bienvenue.*, fr.bio.*, fr.comp.* (informatique), fr.doc.*, fr.education.*, fr.emplois.*, fr.lettres.*, fr.misc.* (actualité, assurances, automoto, bavardages, cryptologie, dépannage...), fr.petites-annonces.*, fr.rec.* (animaux, anime, apiculture, aquariophilie, arts, automobile, aviation, bateaux...), fr.reseaux.*, fr.sci.* (science), fr.test.*, fr.usenet.*... Et dans fr.soc.* (société), même constat : pourquoi parler de « juifs » et d'« arabes » sur alcoolisme, culture, drogues, économie, environnement, féminisme, homosexualité, internet, rural, sectes et travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les propos racistes sur fr.soc.politique, ce n'est pas nouveau : le forum est connu depuis belle lurette pour être le lieu de reproduction des trolls fachos, c'est pourquoi des associations positionnées dans l'antiracisme viennent en flairer l'humus afin de pondre des rapports à intervalles réguliers. On peut certes faire semblant de le redécouvrir scientifiquement tous les six mois (« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;80 % des injures racistes et antisémites sont diffusées sur ce forum&lt;/i&gt; » p.2, et « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A noter que 67,51% des injures sont diffusées sur le forum fr.soc.politique&lt;/i&gt; », p.5), mais ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick. En revanche, cette dénonciation factice sert à asseoir le thème d'une impunité à faire disparaître (un scandale subsiste !) et légitime ainsi le programme pratique déjà dans les cartons : la censure, appelée dans leur patois à eux la régulation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La sémantique nauséabonde d'un autre forum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que les idées soient bien claires, nous avons effectué les recherches de cette étude sur un autre forum. Nous obtenons les résultats suivants, absolument terrifiants :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Total du groupe : 320000&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;% du total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;% des messages&lt;br /&gt; sélectionnés&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Juifs &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 18500 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,78% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 7,26% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Juif &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9190 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,87% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 3,61% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Judaïsme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4760 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,49% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,87% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Judéisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,00% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,00% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Sionistes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 740 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,23% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,29% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sioniste &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 800 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,25% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,31% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Sionisme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 433 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,14% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,17% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Israéliens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1940 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,61% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,76% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Israléien &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1020 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,32% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,40% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;37383&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11,68%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;14,67%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Chrétien &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 26800 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,38% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 10,51% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Chrétiens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 28900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9,03% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 11,34% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Christianisme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 20900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 6,53% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,20% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Christianisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 144 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,05% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,06% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Évangélisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1440 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,45% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,56% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Occidentaux &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2600 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,81% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,02% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Européens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2500 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,78% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,98% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Européen &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2020 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,63% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,79% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;85304&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;26,66%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;33,46%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Musulman &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 13100 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4,09% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,14% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Musulmans &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 23000 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 7,19% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9,02% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Islam &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 34900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 10,91% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 13,69% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 351 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,11% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,14% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamiste &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2650 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,83% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,04% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamistes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2960 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,93% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,16% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Arabe &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,84% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,31% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Arabes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5370 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,68% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,11% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;88231&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;27,57%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;34,61%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (africains à kabyle) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 3268 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,02% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,28% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (bouddhistes à tibétains) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 14801 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4,63% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,81% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (hindouistes à indien) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5394 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,69% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,12% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (américains à USA) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 20525 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 6,41% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,05% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Total&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;254906&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;79,66%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;100,00%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/xls/tableau.xls'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/xls-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;Excel - 16 ko&quot; title=&quot;Excel - 16 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le tableau complet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous constatons alors que, sur les 320 000 messages de ce forum, 79,66% contiennent des « focalisations religieuses, ethniques et &#8220;raciales&#8221; » ! Bien plus que les dixièmes de pourcents obtenus sur les newsgroups francophones dans leur ensemble, et bien plus que les quelques pourcents de fr.soc.politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il y a un bien un newsgroup qui représente, selon les critères de cette étude, un dangereux terreau de discours raciste et de thèses non-universalistes, c'est celui-là.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le seul problème, c'est que ce forum est fr.soc.religion...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le tableau suivant exposera, finalement, l'absurdité totale des concepts, des présupposés et des méthodes « statistiques » de cette étude :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/xls/tableaumrap.xls'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/xls-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;Excel - 16.5 ko&quot; title=&quot;Excel - 16.5 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Les mêmes critères appliqués au site du MRAP&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le terreau dépasse 100% des articles !&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La sémantique c'est magique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vient ensuite une étude selon des catégories dites « sémantiques ». Le « champ sémantique de la religion » est du même tonneau que précédemment : aucun intérêt.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis une classification selon un « champ sémantique culturel et ethnique ». Même principe farfelu. On notera que dans « culturel et ethnique », on est censé accepter « israélien » et « sioniste » (qui relèvent pour le premier de la nationalité et le second de l'opinion politique), « européen » (champ sémantique tout de même un peu plus vaste, ne serait-ce qu'en tant qu'adhésion politique à une communauté définie autour d'un contrat social et d'accords entre nations souveraines), « tibétain » (habitant du Tibet), « chinois », « japonais » (nationalités), « Inde » (nation souveraine), « indien(s) », etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, il s'agit d'un présupposé : des termes qui relèvent ordinairement de la citoyenneté (appartenance à une nation souveraine) devraient être considérés selon un angle purement raciste et xénophobe. Selon quoi, évidemment, la présence de ces mots permet de conclure à l'existence d'un « terreau » raciste et xénophobe que l'on « quantifie » par leur nombre d'occurrences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Signalons ici un présupposé systématiquement présent dans cette étude, concernant le « sionisme ». Cela serait justifié ainsi :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Si le terme « sionisme » peut être classé dans un champ sémantique strictement politique, la politique étant le
sujet initial du forum fr.soc.politique, on remarquera a contrario que le terme « maghrébins » ne s'inscrit pas
exclusivement dans un tel champ, ce qui n'enlève rien à la focalisation excessive sur l'idéal politique qui a donné naissance à l'Etat d'Israël...
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Focalisation excessive », hum hum... [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[9] Signalons au MRAP que, de ce côté, la pente est extrêmement glissante. Alors (...)&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette « focalisation » dans l'étude elle-même se retrouve dans une mise en exergue (page 16) qui ne porte que sur cette « catégorie » (les autres « catégories », aussi fumeuses soient-elles dans cette étude, ne font pas l'objet de ce commentaire). Malgré le constat (plutôt mollement convaincu) que le terme « juif(s) » regroupe un ensemble très vaste de considérations absolument pas antisémites (précisons : religieuses - elles-mêmes d'une grande diversité ; culturelles - là-encore d'une grande richesse ; historiques - là encore sous un nombre impressionnant d'aspects ; intellectuelles...), on nous apprend :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, la focalisation très importante sur la catégorie « juifs » relève une « obsession » manifeste et incontestable envers ce groupe de personnes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit encore d'un présupposé : la conclusion (manifeste et incontestable) est énoncée avant que l'étude ne soit réalisée (à ce stade, l'étude prétend étudier des « terreaux » en recherchant des mots-clés).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut aussi se demander pourquoi, dans ce rapport, le terme « sionisme » est systématiquement accolé à « juif(s) », « judaïsme » et « israélien(s) », comme étant un élément dont la répétition témoignerait d'un climat contraire aux valeurs universalistes de la République, alors même que le sionisme, pour le moins, désigne une opinion politique (la fondation d'une nation sur un critère religieux) qui n'est &lt;a href=&quot;http://www.us-israel.org/jsource/UN/unga3379.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ni républicaine, ni universaliste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'explicite, enfin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les injures racistes, antisémites et xénophobes&lt;/i&gt;, puis les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;appels au meurtre&lt;/i&gt; sont ensuite abordées. Là, on admettra à la rigueur (sans une étude linguistique) que l'utilisation des termes « youpins » (déformation argotique de l'arabe algérien yaoudi), « bougnoules » (mot wolof qui signifie « noir) », et « mort aux juifs » relève assez souvent de l'expression raciste, et non de sa réfutation. On aurait plus de mal à caractériser l'homophobie par le mot « pédé » utilisé systématiquement par les associations gays, par une revendication du qualificatif qui vise à subvertir ce qui était initialement uniquement une injure. D'autre part « pédé » est une insulte générique, tout comme « sale con » qui n'est pas spécialement utilisé dans une visée misogyne ou « pauvre bite » dans une visée misandre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là, ce sont les résultats et leur présentation qui sont farfelus, ce que nous verrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, l'étude quantitative recense la présence de références à la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;littérature raciste, antisémite et xénophobe&lt;/i&gt;. Les termes « Faurisson » et « protocoles des sages de Sion » relèveraient donc, encore une fois, systématiquement d'un « terreau » nauséabond. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Même lorsqu'il s'agit de réfutations.&lt;/i&gt; Pour justifier cet amalgame :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Enfin, l'objectif de cet état des lieux a été avant tout de dénombrer les articles qui sont porteurs d'écrits racistes, antisémites, et xénophobes. C'est ainsi que des articles reprenant des écrits racistes, antisémites, ou xénophobes, mais qui ne sont pas en eux-mêmes des articles de cette nature, ont été comptabilisés dans cette étude. En effet, même si certains articles contestent ou approuvent un écrit raciste, antisémite, ou xénophobes, sans avoir l'un de ces caractères, ils n'en véhiculent pas moins un tel discours qui est autant de répétition de ce discours ; c'est autant d'affiches publicitaires d'un discours qui n'est en France pas une opinion, mais un délit. &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Vidal-Naquet et tous ceux qui ont démonté les méthodes négationnistes n'ont qu'à se le tenir pour dit : ils entrent dans ces petits critères simplistes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères « qualitatifs »&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; La seconde partie de ce rapport &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;scientifique&lt;/i&gt; est une étude « qualitative ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères permettant d'identifier les propos racistes changent. Manière de reconnaître, d'ailleurs, que les mots-clés précédents n'avaient rigoureusement aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais encore une fois, le critère pour définir ces propos pourra étonner (p.25) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Les messages qui ont été considérés comme racistes, antisémites ou xénophobes s'appuient sur le principe que toute généralisation d'un fait particulier [...] à un groupe d'individus [...] est du racisme, de l'antisémitisme, et de la xénophobie. Cette étude s'est basée sur ce seul critère.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là où ce type de généralisation relève habituellement de la bonne grosse connerie ou du raccourci pratique (les journalistes les adorent : « Les Français battent les Marocains 3-0 », « Les Américains ont libéré la France », « Les Américains bombardent Bagdad », « Les Irakiens détiennent des armes de destruction massive »...), il faut donc accepter ici que ce soit un critère (le seul) pour qualifier un propos comme étant raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le critère, parfaitement généraliste et imprécis, n'échappe évidemment pas aux interprétations arbitraires. Parmi les exemples cités, on trouvera par exemple :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
De la même façon, un intervenant qui répond à un proisraélien
qui reposte ses articles plusieurs fois : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comptez sur moi, dès que des Tsahalopards crèveront, pour vous les poster plusieurs fois.&lt;/i&gt; », l'insulte « salopards » attribuée à tous les soldats de
l'armée israélienne fait de cet article un message porteur de xénophobie à l'endroit des israéliens. [...] Pareillement, affirmer que « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le génocide [des indiens d'Amérique] a duré 4 siècles, de 1500 à 1900, soit 15 générations de colons&lt;/i&gt; » est une marque de xénophobie à l'endroit des américains, notamment par l'accusation de génocide portée sur des générations entières d'américains.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette définition (la généralisation d'un événement à tout un groupe) est la seule qu'on trouvera. Pourtant, l'étude « qualitative » proposera des nombres d'occurrences réparties entre « racisme anti-arabe et anti-musulman », « xénophobie », « racisme anti-chrétien », « xénophobie (français) ». Aucune de ces catégorisations ne sera jamais justifiée ou définie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, il serait intéressant de savoir selon quel critère un message est à classer (par exemple) dans « anti-immigrés » (xénophobie), dans « anti-arabe » (racisme), ou dans « anti-musulman » (anti-autre-chose) ; on sait que dans la vulgate raciste, l'un est utilisé pour l'autre selon les modes et les tolérances médiatiques, et que ces usages sont fluctuants (par exemple le discours de rejet s'exprime désormais de manière plus répandue par la dénonciation de l'islam - « islamisation de le France » - que des immigrés - « culture impossible à assimiler » -, elle-même mieux acceptée que la haine raciste - « les noirs courent plus vite »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut constater leur aspect extrêmement subjectif lorsqu'on découvre le groupe « antisémite et antisioniste », dont l'évidence ne peut reposer que sur un présupposé idéologique qu'il serait bon de justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce besoin d'une définition claire des différentes obsessions haineuses est vital. Sinon il est impossible d'étudier (et de lutter contre) les différentes composantes contradictoires qui forment ces discours. À l'inverse, l'amalgame ici est extrêmement pratique pour obtenir des reprises médiatiques à base de généralisations sur l'« extrême-droite de l'internet ». On perd alors tout sens (et toute possibilité de contrer efficacement ce « terreau »), puisqu'on ne présente qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une image fantasmée d'une « extrême-droite »&lt;/i&gt; à la fois constituée d'antisémites et d'extrémistes sionistes, de racistes français anti-arabes réclamant la création d'un « embryon » d'État palestien, de dénonciations de l'impérialisme néo-colonial américain par un parti largement fondé historiquement sur le refus de la décolonisation du Maghreb, d'anti-islamistes alliés à des théoriciens islamistes, de militants anticommunautaires alliés à des identitaires, de nationalistes français pratiquant la xénophobie anti-française, etc. [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb10&quot; name=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[10] Pour une étude plus sérieuse, on pourra consulter : L'invention (...)&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude qualitative repose donc :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; sur une définition totalement différente de l'étude quantitative (la justification de ce changement n'est pas explicitée),
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; sur une définition choisie selon des critères arbitraires, et qui ne correspond à aucune acception habituelle du terme.
&lt;br /&gt;Quant au rubriquage entre « raciste », « antisémite » et « xénophobe » (qui donne son titre à l'étude), il repose sur des critères qui ne sont jamais explicités.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi l'auteur de l'étude précise (p.9) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Faire ressortir le nombre d'articles dans lesquels apparaissent des occurrences englobées dans des catégories religieuses, ethniques, et &quot;raciales&quot; n'a pas pour objectif de donner une image stricte de la réalité du racisme, de l'antisémitisme, et de la xénophobie sur les groupes de discussions francophones. Cette recherche spécifique a pour seul but de donner une photographie des centres d'intérêts concernants les groupes humains les plus évoqués par les utilisateurs des groupes de discussion francophones ;
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Précision somme toute utile et assez mignonne (la photographie est autre chose que l'image stricte, qui est autre chose que la réalité !), à ceci près que l'étude ne s'intitule pas : photographie des centres d'intérêts à propos des humains sur Usenet...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/Marche007.gif' width='250' height='188' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Charme des marchés de France&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;L'été, on fait de bonnes affaires, ainsi on peut dénicher des badges « touche pas à mon pote » à moins de 3 euros.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On constate ainsi que l'étude repose sur des critères arbitraires et aberrants, qui ne se justifient que par la volonté &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a priori&lt;/i&gt; d'obtenir un certain résultat (grand nombre d'expressions racistes et de « terreau » pour qu'il pousse grassement sur les newsgroups).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel est le présupposé selon lequel l'expression des forums est raciste, puisque ces critères n'ont de sens que dans le cadre du décryptage de propos dont on sait à l'avance qu'ils sont racistes (on sait que l'auteur raciste utilise le terme « islamiste » pour parler d'« arabes » sans se faire taxer illico de raciste ; l'auteur antisémite utilise le terme « sioniste » pour dénoncer un « lobby juif » sans être explicitement antisémite...). Jeu habituellement déjà dangereux car on présuppose l'opinion d'un individu au risque de déformer ses propos. Ici, appliqué à un corpus d'un milliard de messages, dont les finalités et les buts ne peuvent absolument pas être connus à l'avance, c'est une pure manipulation : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le présupposé amène sans aucun doute possible à une conclusion prédéfinie.&lt;/i&gt; - ce qu'on appelle un préjugé.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Des méthodes pseudo-scientifiques&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'aspect scientifique du rapport est ostensiblement mis en avant en singeant la méthode : une multitude de tableaux, des chiffres dans chaque phrase, précision au centième de pourcent, pinaillages sans fin sur les variantes d'un mot-clé, présentations des « méthodes »...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, on constate qu'il s'agit d'un travail très approximatif et bourré de contresens. En gros : l'idée est de récupérer des occurrences dans le moteur de recherche Google (on connaît déjà l'exemple farfelu du &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1697.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;mot « sexe » dans Google&lt;/a&gt;), qu'on a placées dans un tableau Excel et, par la magie de quelques calculs arbitraires, on tente de leur donner un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le champ sémantique calculé de manière informatique est un outil extrêmement complexe. Extraire un nombre de résultats de Google, les intégrer dans un tableau et tenter de les regrouper, n'a ici rigoureusement rien à voir avec un calcul de « champ sémantique ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons déjà indiqué que la logique des mots eux-mêmes interdit de qualifier d'antisémite (ou de « terreau » de l'antisémitisme) le nombre d'occurrences de termes tels que juif(s), judaïsme, sioniste(s), sionisme(s), israélien(s)... ; il faut de plus bien comprendre que la « méthode » qui consiste à prédéfinir un tel champ depuis l'extérieur du corps de textes étudiés, et faire la somme des occurrences, est un contresens total.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Google lui-même n'effectue pas ce travail, il est impensable de prétendre analyser les résultats de Google dans une optique sémantique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour qu'une analyse informatique basée sur un principe de recherche d'occurrences ressemble (à peu près) à quelque chose, il faut au minimum :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; accéder directement au corpus étudié ; c'est-à-dire avoir accès au contenu de chaque message ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; que le corpus soit aussi homogène que possible ; les messages des newsgroups sont totalement hétérogènes (en forme d'expression, en niveau de langage, en longueur des énoncés, etc.) ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; que le champ sémantique soit calculé automatiquement et progressivement affiné (ici, on présuppose le champ sémantique sans même avoir accès à l'intérieur du corpus) ; les termes réellement utilisés dans un contexte raciste sont imprévisibles, puisqu'il faut compter les détournements de sens, les jeux de mots, les fautes d'orthographe (on trouve plus de résultats sur « judaisation » que sur « judéisation »)...
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; que ce champ soit pondéré selon des algorithmes mathématiques complexes (on me parle dans l'oreillette d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;baysien&lt;/i&gt;) ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; que l'on présente les résultats avec une prudence absolue ; il s'agit d'un outil aux buts très spécifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'encadré suivant présente, pour exemple, le champ sémantique pondéré et automatiquement extrait (et il évolue chaque jour) de la sélection d'articles du &lt;a href=&quot;http://rezo.net&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Portail des copains&lt;/a&gt;, permettant de classer automatiquement le thème « Proche-Orient » :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
cleja-1641 ; bethleem-131 ; cisjordanie-79 ; naplouse-61 ; beit-49 ; israeliennes-47 ; palestiniennes-42 ; hebron-41 ; hebreu-41 ; sioniste-26 ; jenine-26 ; barak-25 ; intifada-22 ; colons-18 ; occupes-17 ; colonies-17 ; mahmoud-17 ; juives-17 ; bulldozers-16 ; sionisme-15 ; yasser-15 ; aretz-15 ; gush-14 ; jordanie-13 ; colonie-13 ; shalom-13 ; hamas-13 ; chars-12 ; israelo-12 ; aviv-12 ; abou-12 ; tirs-11 ; juive-11 ; ramallah-11 ; juif-10 ; liban-10 ; assassinats-10 ; colonisation-8 ; feuille-8 ; avnery-8 ; suicides-7 ; oslo-7 ; tues-6 ; soldat-5 ; tourisme-5 ; egypte-5 ; separation-5 ; verte-5 ; apartheid-5&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le système et ses critères de pondération sont complexes, ils sont basés sur un corpus de textes intégralement rapatriés sur le serveur du Portail, sont recalculés en permanence, et encore aucune conclusion définitive n'en est tirée : à aucun moment le système ne tente de déterminer de manière absolue une orientation politique pour chaque article, et un encadré est clairement affiché pour excuser les erreurs possibles liées à l'utilisation d'un filtrage informatique...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, prétendre parvenir à une quelconque conclusion sur l'existence d'un « terreau » en se basant sur la méthode utilisée dans ce rapport est un pur contresens. Mais d'un autre côté, ça ne demande presque aucun travail...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La multiplication, un truc de champion &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le total des occurrences de mots-clés pour obtenir l'occurrence d'un groupe de mots est faux. Pour présenter un total portant sur « Juifs et israéliens », le rapport se contente de faire le total de chacun de ses mots-clés. On obtient ainsi, sur fr.soc.politique (tableau 2, p.11) :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; juif : 71600
&lt;br /&gt;&#8212; juifs : 43000
&lt;br /&gt;&#8212; judaïsme : 4200
&lt;br /&gt;&#8212; judéisation : 3
&lt;br /&gt;&#8212; sionistes : 11800
&lt;br /&gt;&#8212; sioniste : 12600
&lt;br /&gt;&#8212; israéliens : 19000
&lt;br /&gt;&#8212; israélien : 11000
&lt;br /&gt;&#8212; TOTAL (somme des précédents) : 179 393.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur a déjà repéré le piège : « lobby juif » (1190) est déjà compris parmi les 71600 occurrences du terme « juif ». Il aurait pu aller plus loin : plusieurs de ces mots sont systématiquement présents dans chaque document. Ainsi, on trouvera 22300 articles contenant à la fois les termes « juif » et « juifs ». Le « total » des articles contenant les termes « juifs » ou « juif » n'est pas 114 600 (selon le système retenu par l'étude : somme de 71 600 et 43 000), mais 92 300 (sinon les articles communs aux deux termes sont comptés en double). Et plus on ajoute de termes, plus les occurrences dans les mêmes articles augmentent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au final, de combien faut-il minorer les résultats présentés ? (Le système de recherche de Google est déficient à ce niveau car les recherches « OR » ne sont pas exhaustives.) Le calcul est un poil complexe (surtout très enquiquinant), mais possible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A vue de nez, il faut minorer les résultats d'une ristourne d'au moins 30%. On peut toujours prétendre que le but est d'avoir une « image », en gros, mais alors on parle de pifomètre à la louche, et on n'a aucune légitimité à afficher cette interminable succession de chiffres proposant une précision au centième de pourcent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, cette précision en centième de pourcent est vitale pour éviter de sombrer dans le ridicule : le « total » (nettement surévalué, comme expliqué ci-dessus) de « 0,02% » de termes relevant du « terreau » contre les « Juifs et Israéliens » n'étant déjà pas bien impressionnant, il serait dramatique d'indiquer un résultat total de 0%...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/calculatrice6touches.jpg' width='150' height='224' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;La calculatrice à six touches&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Très simple d'utilisation, destinée aux journalistes fâchés avec les maths, la calculatrice à six touches est équipée de deux touches « panique ».&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mettre en avant le chiffre qui dépasse 0,1%&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chiffre systématiquement mis en avant dans l'étude qualitative est un « pourcentage de focalisations ». Ce chiffre ne correspond pas à grand chose, et en tout cas n'a pas grand intérêt. À part le fait d'être systématiquement dans des pourcentages très respectables, c'est-à-dire à plus de deux chiffres avant la virgule.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi dans les tableaux « injures racistes », « appels au meurtre » et « littérature raciste », ce « pourcentage de focalisations » change de nom, et devient « pourcentage des injures » - allons donc... (tableaux 7 et 8 p.21). Et là, le pourcentage rapporté au nombre total de messages des newsgroups (le seul ayant à peu près un intérêt) disparaît complètement. Prenons le total des vingt trois types d'injures retenues (19 707) par rapport au nombre de messages (1 188 000 000), cela donne quand même : 0.00165% de messages où figurent une insulte raciste du type « bougnoule » (type 1), « youpin » (type 2), « sale nègre » (type 13). Oui mais et pour fr.soc.politique ? le total est de 13 140 pour 2 192 982 messages, soit 0.5991% de messages où figure une insulte à caractère raciste, comme « ritals » (type 5). Voilà en effet des chiffres qui méritent les gros titres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pourcentage de « focalisation » (ou « des injures ») représente uniquement dans l'« étude » la répartition des messages à l'intérieur et à l'extérieur du newsgroup fr.soc.politique. Le texte insiste énormément sur le fait que le terme « juif » apparaît à « 65,69% » à l'intérieur du groupe fr.soc.politique, et le reste (« 34,31% »), logique, hors de ce groupe. Intérêt pour la science : néant. Comme dit plus haut, il était prévisible que le terme « juif » serait plus utilisé sur le forum parlant explicitement de politique que sur fr.comp.text.xml.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notons ici encore la précision au centième de pourcentage (1 pour 10 000), qui n'a aucun sens dans l'absolu à partir du moment où l'on compte moins de 10 000 messages concernés (« judéisation » : avec un total de 4 occurrences, une occurrence en plus ou en moins sur fr.soc.politique fait varier le « % des focalisations » de 25%, alors afficher deux chiffres après la virgule...), et encore moins dans l'idée d'un traitement statistique d'un sondage « sémantique »...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela tourne au risible lorsque l'auteur semble ne plus rien y comprendre lui-même (p.17) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Si l'on considère, par contre, les mots clés utilisés en grande majorité sur le forum fr.soc.politique, on s'aperçoit que le classement est différent. C'est ainsi que le terme « islamiste » arrive en tête avec
77,14% d'articles contenant ce terme publié sur fr.soc.politique. Vient ensuite « judéisation » (75%, avec 3 articles au total mentionnant ce terme), « islamistes » (73,82%), « islamisme » (73,37%), « islamisation » (68,30% avec 1 810 articles contenant ce terme), « musulmans » (66,75%), « juifs » (65,69%), « juif » (66,56%), « musulman » (58,46%), « sikh » (57,80% avec 126 articles contenant cette occurrence), « islam » (57,74%). &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait de « classement », on considère des pourcentages rapportés à des valeurs totalement différentes. Cela n'a aucun sens de « classer » la répartition relative entre l'intérieur et l'extérieur de fr.soc.politique. Un classement n'aurait de sens que sur les valeurs absolues. Ce qui donne : « islamiste » à 10 800 et « juif » à 43 000. Interminables pinaillages, donc, sur des pourcentages sans aucune signification, pour finalement afficher un classement faux. Ça fait genre...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/Pollution003.gif' width='250' height='188' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;The « smoking gun »&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;D'après l'étude du Ph. D. Pignolio (calcutta, 1924), c'est le colonel Moutarde qui a tué mademoiselle Rose dans la bibliothèque avec le chandelier.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pourcentage des messages relevés par rapport au nombre total de messages est, nous l'avons signalé, peu commenté, voire complètement occulté dans certains tableaux. Or, c'est le seul qui représente (très vaguement, puisque compter les occurrences du terme « arabe » n'a déjà pas grand sens) quelque chose. Ce quelque chose, c'est que le « total » surévalué de propos représentant un « terreau » ne dépasse pas (toutes catégories confondues) 0,1 ou 0,2 pour-cent du total des messages des newsgroups (cela, en acceptant de cumuler des résultats à 0,00% - voir l'impressionnant tableau page 12 !). Dans une France qui vote à 15 ou 20% pour un parti raciste et xénophobe, il y aurait comme un souci à se focaliser ainsi sur les newsgroups de notre cher pays...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on va dans le tableau qui semble le plus (ou le moins malhonnêtement) comptabiliser des propos racistes (injures racistes très explicites), la publication du calcul serait intéressante. Pour les termes « youpin(e)(s) », et en admettant l'absence de doublons dans les messages, il faut rapporter 5 172 occurrences de ces termes au total de 1 188 000 000. Cela nous donne : 0,0027 %. À comparer avec la probabilité d'entendre ce terme au bistrot du coin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à Faurisson, dont on sait que la pensée est omniprésente sur cet internet de la haine qu'on aime à nous décrire, on obtient (pour le citer comme pour le réfuter !) 3 750 occurrences, soit 0,0003%. Si l'on se contente du forum fr.soc.politique, c'est 2 740 occurrences qu'il faut rapporter aux 2 192 982 messages, soit 0,12 %.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui permet à l'auteur du rapport d'affirmer sans rire à ce sujet :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici encore, le forum fr.soc.politique obtient la palme du racisme et de l'antisémitisme [...].
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On est tout de même sidéré de découvrir un terreau aussi fertile !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette façon systématique de mettre en avant de chiffres sans aucun sens sera naturellement reprise par &lt;a href=&quot;http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-06-17/2004-06-17-395621&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le journaliste&lt;/a&gt; , puisque celui-ci accrédite la signification qu'aurait cette étude :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
L'analyse des discours et articles racistes montre, là encore, la prédominance du racisme arabo-musulman (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;57% des articles&lt;/strong&gt;), les juifs étant la deuxième cible (25%).
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'effet déformant joue ici sur le lecteur innocent : ce dernier lira que 57% des articles publiés sur fr.soc.politique relèvent du racisme (anti-arabe) au lieu de ce qui est écrit littéralement : 57% des articles déjà sélectionnés comme racistes dans l'étude relèvent du racisme spécifiquement anti-arabe. Comme au Loto, il aurait pu écrire que 100% des messages racistes sont racistes (dernière ligne du tableau).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un peu d'attention s'il vous plaît !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vient ensuite l'étude « qualitative ». Elle porte sur une lecture « humaine », dirons-nous (par opposition au traitement statistique des résultats de Google), des archives du seul newsgroup fr.soc.politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, le titre du rapport est bien exagéré, puisque déjà l'étude « qualitative » ne porte plus que sur un seul groupe, qui représente, selon les chiffres de la partie précédente, 0,2% du total des messages postés sur les newsgroups francophones.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première partie est une consultation « attentive » des archives de 1999 à 2003. Le premier paragraphe commence par « La lecture attentive des articles... » (p.24), le second par « Avec la lecture attentive des articles... », le troisième par « En lisant attentivement les archives... ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lecture &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;attentive&lt;/i&gt;, donc (pour ceux qui auraient du mal à suivre), des archives de 1999 à 2003. Il faut passer à la partie suivante pour conclure cependant à :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
l'impossibilité de lire et d'étudier dans le détail les 299 118 articles publiés par an, d'autant que pour donner des tendances par année il faudrait au moins étudier deux ou trois années,
soit près de 900 000 articles.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première partie « qualitative » part donc à la poubelle, puisqu'il est annoncé explicitement que cette étude « attentive » est impossible... (l'ensemble est d'ailleurs constitué de considérations générales totalement bateau, qui ne nécessitent pas la lecture de quoi que ce soit pour les énoncer, et de quelques extraits de messages individuels).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La suite représente le gros de l'effort : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;l'étude spécifique de contenu&lt;/strong&gt;. Il était temps !&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
L'étude qualitative des articles publiés sur les groupes de discussion francophones a également porté sur un échantillon de 2 335 articles diffusés sur le groupe fr.soc.politique, lequel reçoit la plus
importante quantité de messages, est le plus lu, et contient le plus d'occurrences à caractère sectaire.
Les articles étudiés ont été relevés dans les archives à trois dates différentes :
&lt;br /&gt;&#8212; 799 articles ont été publiés le mardi 16 juillet 2002 entre 00h01 et 23h59 ;
&lt;br /&gt;&#8212; 809 articles ont été publiés le lundi 3 mars 2003 entre 00h01 et 23h59 ;
&lt;br /&gt;&#8212; 727 articles ont été publiés le lundi 17 mai 2004 entre 00h01 et 23h59.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit donc de la lecture de trois jours de newsgroups, au milieu des 3 fois 365 jours de la période, soit 2 335 messages lus sur les 900 000 postés entre 2002 et 2004. Ami des chiffres, le panel représente donc moins de 0,3% de l'activité qu'on prétend étudier (trois années de fr.soc.politique) ; dans l'optique du titre du rapport (les forums francophones), cela fait 2 335 messages sur plus d'un milliard. Un tel exploit mérite effectivement un rapport. Mais l'auteur précise à nouveau ce qu'il faut entendre par sa méthode (p.25) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Même si il ne s'agit pas d'une cartographie exacte des 900 000 articles publiés pendant ces trois années, ils donnent néanmoins une image moyenne et des tendances générales de la diffusion d'écrits racistes, antisémites, et xénophobes sur un seul groupe de discussion francophone.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui c'est vrai, ça donne une image vraiment moyenne, mais l'important est que cela soit tout de même tendance (tu surfes le truc, quoi, tranquillou...). En revanche, il semble douteux que cela corresponde à une quelconque norme de qualité en matière de sondages et de traitement des données statistiques... Surtout que le rapport lui-même rapporte la grande irrégularité des interventions racistes (par vagues - un message violemment raciste provoquant une série ; et par périodes - un intervenant perdant son anonymat ou voyant débarquer la police, cela provoque une période de calme).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela n'interdira pas à notre auteur de continuer à nous bassiner avec sa précision au centième de pour-cent. Voyons donc comme ce centième de pour-cent permet d'affirmer rigoureusement n'importe quoi...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenons les tableaux des pages 33 et 34 (« évolution »). Le nombre réel de propos relevés comme « racistes » (selon le critère que l'on sait) n'est pas fourni. On n'aura qu'une « estimation sur l'année », à partir d'un calcul très simple : on multiplie le résultat d'une journée par 365 (le plus bas chiffre fourni est 365). Simple comme bonjour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2002, le nombre (estimé) de messages anti-américains est : 365. Cela parce que, ce jour-là, il y avait un unique message de ce genre (qu'on a multiplié par le nombre de jours de l'année... &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;capice&lt;/i&gt; ?). Si le type s'était lâché le lendemain, ça tombait à zéro. Si un autre avait répondu avec un message du même tonneau, on en aurait eu deux, c'est-à-dire 730 (une progression de 100%, tout de même !).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2003, 5 messages relevés, puisqu'on passe à 1825 pour l'estimation annuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2004, 4 messages relevés, puisqu'on passe à 1460. (Au passage, signalons à l'auteur que l'année 2004 comporte 366 jours, l'aspect scientifique de l'évolution au centième de pourcent s'en ressent lourdement.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En français dans le texte, l'évolution est la suivante :
&lt;br /&gt;&#8212; un jour aléatoire de 2002 : 1 message anti-américain,
&lt;br /&gt;&#8212; un jour de 2003 : 5 messages anti-américains,
&lt;br /&gt;&#8212; un jour de 2004 : 4 messages.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les insultes anti-immigrés, c'est du même tonneau : 6 en 2002, 0 en 2003, 0 en 2004 (p'têt pas le bon jour, ou bien le sondeur les a mis dans « anti-arabe »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chiffres sont tellement faibles qu'ils n'ont rigoureusement aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela n'empêche pas l'auteur de fournir, dans sa « synthèse », et par la magie des pourcentages avec deux chiffres après la virgule, une analyse réellement sidérante d'objectivité scientifique (p.35) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
C'est ainsi que la
troisième cible des articles racistes, antisémites, et xénophobes en 2002 sont les immigrés (8,22% des articles haineux ciblent ce groupe de personnes), alors qu'en 2003 et 2004 la troisième cible concerne les américains (10,42% en 2003, et 9,09% en 2004) et ce alors que les articles ciblant les immigrés sont quasiment absentes de ces deux dernières années.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le gars vient de découvrir l'« irrégularité des obsessions haineuses » au travers de chiffres résiduels sans aucune valeur statistique. Champion, le gars !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un terreau où le racisme pousse mal.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude ne compare pas les contradictions de la partie quantitative (nombre d'occurrences de mots-clés), censée permettre d'identifier un « terreau » facilitant l'émergence d'une pensée raciste, et des résultats qualitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voyons un peu le terreau « anti-américain » : l'étude qualitative indique que (p.13) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
[...] la rubrique « américains » arrive en tête avec 668 180 articles contenant les occurrences de ladite catégorie.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon le présupposé initial, il y a donc un fort terreau pour l'expression xénophobe d'un antiaméricanisme primaire. Sauf que l'étude qualitative indique que les messages relevant de la xénophobie à l'égard des américains sur fr.soc.politique sont quasiment inexistants, comme nous venons de le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le « terreau » de l'étude quantitative (« focalisation » sur les Américains) débouche donc sur un nombre quasiment inquantifiable de dérives xénophobes dans fr.soc.politique. Cette contradiction n'est pas interrogée (et pour cause).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/Table013.gif' width='250' height='188' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;La culture des idées, 1927&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le racisme, la xénophobie, le communautarisme, l'antisémitisme et ses cousins sont sur le grill [allégorie].&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, sur la base de critères farfelus, décrétés arbitrairement pour faire du chiffre (sans y parvenir par ailleurs, avec des taux de 0,01% de messages supposés « terreau du racisme »...), on bidouille des chiffres en dépit du bon sens, pour parvenir à présenter des résultats qui ne sont que des calculs saugrenus sur des chiffres résiduels n'ayant rigoureusement aucune valeur statistique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Proposons la réflexion suivante : à chaque élection, on nous agite la menace raciste et xénophobe d'un grand parti d'extrême-droite. Parti qui recueille entre 15 et 20% des suffrages exprimés (l'aspect purement raciste et xénophobe de ces votes étant, d'ailleurs, présupposé dans la presse). Or, sur l'Internet, on peine à trouver une expression raciste, antisémite et xénophobe autrement que dans des proportions infinitésimales, dans des lieux spécifiques et identifiés depuis des lustres (à comparer à un internet qui, fidèle reflet de la société, contiendrait 15 ou 20% de documentation raciste et xénophobe). Comparer, également, les contenus d'un fr.soc.politique aux discussions de comptoir, aux blagues des collègues autour de la machine à café, ou aux graffitis des portes des toilettes (des « morts aux... », là vous en trouverez sans trop vous fouler).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait peut-être intéressant d'inverser la question telle qu'on nous la pose à chaque fois, pour se demander : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi aussi peu de contenus racistes, antisémites et xénophobes sur l'internet par rapport à l'image qu'on nous donne de la société ?&lt;/i&gt; ». Ou : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi, lorsque les citoyens français, baignés dans des analyses médiatiques toujours orientées autour d'un &#8220;choc des civilisations&#8221;, de conflits ethniques et religieux, obsédés par le conflit israélo-palestinien, lorsqu'ils sont libres de s'exprimer sur les newsgroups, expriment-ils aussi peu souvent des opinions racistes, sectaires ou non-universalistes ?&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Régulons encore et toujours plus !&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par un calcul aussi précis que les autres présents dans ce rapport, la section « Les enjeux » affirme (toujours sans rire) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Le forum fr.soc.politique, indépendamment du contenu qu'il diffuse, s'apparente ainsi à un
magazine, une revue ou, vu le nombre d'articles publiés par mois (24 790), un grand recueil de textes
publiés (et archivés) à au moins 300 000 exemplaires.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En qualifiant systématiquement d'« articles » les messages kikous postés sur les newsgroups, il est tout de suite plus facile de parler de « magazine ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En oubliant que, sur ces 24 790 messages non modérés qui constitueraient un magazine, on parvient à peine à obtenir des chiffres significatifs, on est en droit de titrer sur « Le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie sur les groupes de discussion francophones ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et de contribuer ainsi, à sa faible mesure, à l'ambiance sympathique autour d'un mythologique internet de la haine (notez bien : il existe des sites de haine et des messages racistes, c'est indéniable ; mais les variations médiatiques autour du thème d'un « internet de la haine » provoquent une généralisation immédiate à l'ensemble de l'internet - dans ce cas, on est clairement dans le fantasme ou la manipulation).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les forums qui semblent, justement, devenir le dernier enjeu pour détruire un site. Le &lt;a href=&quot;http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1096&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;conflit entre Oumma.com et Marianne&lt;/a&gt; n'étant qu'un des événements les plus récents. Comme l'indique Oumma.com :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous déplorons vivement le procédé consistant à amalgamer le forum (où tout un chacun peut s'exprimer, la modération s'effectuant à posteriori) et la ligne éditoriale de notre site, laquelle s'inscrit dans une dénonciation claire et sans ambiguïté de toutes les formes de haine et de discrimination.&lt;/i&gt; » Cette question des forums, assez facilement manipulables pour nuire à un site, est résolument d'actualité : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ce type de provocation est malheureusement très répandu : des Internautes se font passer pour ce qu'ils ne sont pas. La récente affaire concernant &lt;a href=&quot;http://fr.news.yahoo.com/040514/108/3sup2.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'auto-persécution d'Alex Moïse&lt;/a&gt; montre que tous les procédés sont bons pour discréditer les citoyens français qui critiquent aujourd'hui ouvertement la politique d'Ariel Sharon. Pire, il s'agit d'une instrumentalisation de l'antisémitisme qui salit la mémoire et la dignité de tous ceux qui sont réellement victimes d'actes antisémites. L'hebdomadaire Marianne n'est pas sans connaître ce type de procédé. [...] Tous les sites proposant un forum de discussion sont confrontés au problème de la nécessaire modération des propos litigieux. C'est là la contrainte d'un espace offrant une large liberté d'expression. De fait, notre charte stipule expressément l'interdiction faîte aux intervenants de produire le moindre texte à caractère raciste et antisémite. À cet effet, nous disposons d'une équipe composée d'une dizaine de modérateurs bénévoles qui se relaient (24H/24) pour modérer tout propos contraire à la charte. Pour inciter au signalement de tout propos violent, raciste et/ou antisémite, les lecteurs du forum disposent d'une fonction d'alerte spécifique que Madame Gozlan n'a donc pas jugé utile d'utiliser.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgré les récentes lois Perben, LCEN (partiellement anticonstitutionnelles), qui contrôlent toujours plus l'expression en ligne et, paraît-il, donnent des outils pour réprimer les dérives, il faut donc continuer à agiter le spectre du fascisme qui rampe dans l'ombre. Les 16 et 17 juin 2004, l'&lt;a href=&quot;http://www.osce.org/events/conferences/anti-racism/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;OSCE organise une réunion de Paris&lt;/a&gt; sur la relation entre propagande raciste, antisémite et xénophobe sur l'Internet et crimes de haine, le &lt;a href=&quot;http://www.foruminternet.org/forums/descr.php?f=15&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Forum des droits sur l'internet&lt;/a&gt; ouvre un débat sur « Racisme et antisémitisme sur l'internet : que faire ? », et annonce une conférence à Sofia en décembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant ce temps, le Forum des droits de l'internet est fier de nous annoncer qu'&lt;a href=&quot;http://www.foruminternet.org/telechargement/forum/dp_racisme_20040616.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;il a élargi son cercle de corégulation&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Le Forum a constitué en 2003 &lt;a href=&quot;http://www.internet-coregulation.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un réseau européen de corégulation de l'internet&lt;/a&gt; avec 6 autres pays (Royaume-Uni, Italie, Autriche, Suède, Belgique, Hongrie). Ses partenaires sont des structures publiques ou privées qui travaillent dans le même esprit de promotion du dialogue et de la coopération.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on s'inquiète de savoir sur quel mandat et avec quelle légitimité une telle structure supranationale s'autorise à nous coréguler, le Forum se veut rassurant :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le réseau a reçu le soutien politique d'Erkki Liikanen, commissaire européen en charge de la société de l'information et des entreprises.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Question mandat et légitimité, d'autres corégulations rassurantes se mettent en place :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Le Comité représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le MRAP travaillent aujourd'hui au développement d'un partenariat avec l'Association des fournisseurs d'accès et de services internet (AFA). Le directeur de cabinet du ministre de l'intérieur faisait ainsi état, lors du Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (CIRA) du 18 mars 2004, des concertations menées entre le CRIF et les fournisseurs d'accès pour prévenir la diffusion de thèses racistes ou antisémites sur l'internet. Une liaison directe entre le CRIF, les fournisseurs d'accès et l'Office central de lutte contre la criminalité sur internet (OCLCTIC) pourrait être installée pour permettre le signalement immédiat des sites racistes et antisémites et le déclenchement des investigations policières.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chez les républicains de Communautarisme.net, on a trouvé &lt;a href=&quot;http://communautarisme.net/index.php3?action=page&amp;id_art=67238&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la solution la plus efficace pour que les citoyens puissent s'exprimer&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
En raison de messages à caractère raciste, xénophobe et révisionniste laissés par des visiteurs sur le forum, celui-ci a été fermé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solution technologique du site ne permet pas la modération a priori des messages : aucune autre décision n'était donc envisageable.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parfois les choses sont si simples.&lt;/p&gt;</description>
		<author>ARNO*, Lirresponsable</author>
		<dc:date>2004-06-23T13:05:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*, Lirresponsable</dc:creator>
		
			<enclosure url="http://www.uzine.net/IMG/xls/tableau.xls" length="16384" type="application/vnd.ms-excel" />
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Gros et gras, le teint frais, et la bouche vermeille</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2052.html</link>
		<date>2004-02-01 02:38:42</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2052.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;105&quot; height=&quot;70&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;blockquote&gt;
« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;And they think it is the prince's interest, that there be as little of this left as may be, as if it were his advantage that his people should have neither riches nor liberty ; since these things make them less easy and less willing to submit to a cruel and unjust government&lt;/i&gt; » [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb11&quot; name=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[11] « Et ils estiment qu'il est dans l'intérêt du prince (...)&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Thomas More, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://oregonstate.edu/instruct/phl302/texts/more/utopia-contents.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Utopia&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ayant eu moi-même le projet de consacrer un papier à ce sujet, à la suite de « &lt;a href=&quot;http://www.p2p4.com/article.php3?id_article=86&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les tartufferies des maisons de disque&lt;/a&gt; » et dans le cadre d'un triptyque qui se serait terminé avec « Cachez-moi ce haut-débit que je ne saurais voir », j'ai lu la contribution de Monsieur d'Aubert avec intérêt. Après tout, l'opinion de ce dernier, conseiller multi-cartes en droits d'auteur [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb12&quot; name=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[12] François d'Aubert est président du Comité national anti-contrefaçon et (...)&quot;&gt;12&lt;/a&gt;], aurait pu apporter des éléments enrichissant le débat sur le partage/piratage qui s'est récemment intensifié en France.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, il n'en est rien : il nous propose une ratatouille de vieux arguments, réchauffés aux micro-ondes de son passage par l'ENA et l'Institut d'Études Politiques qui donnent à son billet ce style pseudo-littéraire si caractéristique du haut fonctionnaire français. Heureusement pour Monsieur d'Aubert - et il est bien placé pour le savoir - faire la cuisine avec comme ingrédients les idées des autres n'est pas puni pas la loi, et il ne peut donc être accusé que de nous avoir servi un plat médiocre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant un court instant, j'ai été tenté de récrire son article car il y a suffisamment de matière : l'hypocrisie des pirates à laquelle il fait allusion existe bel et bien, les exemples abondent sur les sites consacrés au P2P. En parcourant certains fora, on lit des messages tels que « Mon fournisseur d'accès menace de couper ma ligne sous prétexte que je commets du vol » et d'autres perles de ce genre. Le prix Molière de la mauvaise foi allant sans doute au webmestre d'un site francophone dédié au logiciel eDonkey/eMule dont le message d'accueil, en se connectant au serveur, était : « S'il vous plaît, ne partagez rien d'illégal ». « ROFL ! », comme on dit en forumspeak.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais même si le sujet mérite un tel article, Monsieur d'Aubert ne le mérite pas. Voici pourquoi il met sa jolie plume d'énarque dans l'oeil de Thomas More (nom de sa promotion à l'ENA).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il convient de retourner brièvement au 27 janvier 1998. Ce jour-là, le Congrès américain adoptait la « Sonny Bono Copyright Term Extension Act », amendement qui fixait à 95 ans la durée des droits d'auteur détenus par une société, au lieu de 75. [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb13&quot; name=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[13] Pour mémoire, cette durée était, aux Etats-Unis, de 14 ans (renouvelables (...)&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] Pourquoi cette extension ? Tout simplement parce que la société Disney, craignant que le personnage « Mickey Mouse »® ne tombe dans le domaine public en 2003, a exercé des pressions sur le dit congrès pour protéger sa souris à lait. Par « pressions » entendez : « lobbying » et des &lt;a href=&quot;http://www.opensecrets.org/industries/summary.asp?Ind=B02&amp;cycle=1998&amp;recipdetail=A&amp;sortorder=U&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;millions de dollars sous forme de contributions aux différents partis politiques&lt;/a&gt;. L'amendement en question a été baptisé « Amendement Mickey » &lt;a href=&quot;http://www.wired.com/news/print/0,1294,17327,00.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;par le magazine Wired&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais en France, nous n'en sommes sûrement pas là ? L'Assemblée Nationale n'est tout de même pas au service de Universal Music ? Bien sûr que non ! D'abord parce que les contributions financières aux partis politiques sont sévèrement réglementées et cela est donc techniquement impossible, et deuxièmement parce que l'industrie musicale française n'a pas le même poids économique que Hollywood. Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France et président de la Société Civile des Producteurs Phonographiques répète à ceux qui veulent bien l'écouter le dernier argument de choc sorti des bureaux de son service marketing : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le marché du disque en France pèse autant que La Samaritaine/Les Galeries Lafayette&lt;/i&gt; » (la terminologie varie parfois).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, on peut estimer que, quand le Monsieur le Député, Membre de la commission des finances, Rapporteur spécial au nom de la commission des finances sur le budget de la défense, Membre de la Commission d'enquête sur la gestion des entreprises publiques afin d'améliorer le système de prise de décision, Rapporteur de la Commission d'enquête sur les conséquences sanitaires et sociales de la canicule, Membre de la commission spéciale chargée de vérifier et d'apurer les comptes, Membre titulaire du comité des prix de revient des fabrications d'armement, Président du groupe d'amitié entre la France et le Danemark et Maire de Laval, j'ai nommé le Chevalier d'Aubert, monte sur son cheval blanc pour défendre l'équivalent d'une grande boutique parisienne à coup de législation nationale répressive et liberticide [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb14&quot; name=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[14] Le parti politique auquel appartient M. d'Aubert est en faveur (...)&quot;&gt;14&lt;/a&gt;], on peut estimer que, quelque soit la noblesse de ses motivations, il se trompe de combat et il a peut-être mieux à faire que de poursuivre des adolescents qui téléchargent le dernier single de Diams [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb15&quot; name=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[15] Djay !&quot;&gt;15&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/PERSO158.gif' width='300' height='230' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle parade de l'Industrie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Les bacs de disquaires seront désormais équipés de Anti-P2P software® qui est capable de détecter les déformations des métacarpo-phalangiennes et inter-phalangiennes liées à la pratique du p2p. Le pirate détecté, ce dernier devra régler à la caisse une majoration forfaitaire de 300 euros (afin de soutenir la création).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu de devenir le Don Quichotte du tourne-disque, pourquoi ne pas s'attaquer aux vrais problèmes liés à la propriété intellectuelle ? Ceux qui concernent non pas les « stars à vent », mais des sujets plus sérieux et profonds, du genre qui risquent de modifier notre futur, tels que la &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article109.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;brevetabilité des logiciels&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que pense François d'Aubert du brevet sur la &lt;a href=&quot;http://swpat.ffii.org/pikta/txt/ep/0394/160/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;barre de progression&lt;/a&gt; ? Du &lt;a href=&quot;http://standblog.com/blog/Standards/2003/10&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;brevet sur l'échange d'information avec les plug-ins&lt;/a&gt; ? Du brevet sur &lt;a href=&quot;http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2002/09/20020916-113127.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le principe des messageries instantanées&lt;/a&gt; ? Et quid du &lt;a href=&quot;http://w2.ming-computer.fr/cgi-bin/newspro/viewnews.cgi?search+%22brevets%20logiciel%22&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;brevet sur les hyperliens&lt;/a&gt; ? &lt;a href=&quot;http://petition.eurolinux.org/reference/examples.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Voici encore d'autres exemples&lt;/a&gt;. [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb16&quot; name=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[16] Il s'agit ici juste de quelques exemples ridicules choisis au (...)&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Estime-t-il que la protection de la « propriété intellectuelle » (si on peut encore appeler cela ainsi) poussée à ce point est &lt;a href=&quot;http://www.journaldunet.com/tribune/0301210daubert.shtml&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;élément moteur de la création&lt;/a&gt; comme il dit dans une autre tribune ? Ou pense-t-il qu'il y a une limite à ce qui peut être considéré comme « propriété intellectuelle », tout comme il estime qu'il y a une limite à l'aspect privé des courriels ? Si oui, où se trouve-t-elle ? Voilà des questions auxquelles on aurait aimé trouver réponse dans ses tribunes !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;François d'Aubert, vous et les vôtres êtes en train de supprimer des pans entiers de notre vie privée sous prétexte que des gens copient de la musique de manière illégale. Allez-vous également restreindre notre liberté de choisir, utiliser, créer et modifier les logiciels que nous voulons ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;François d'Aubert, vous qui avez publié « Main basse sur l'Europe » et « Coup de torchon sur Bruxelles », ouvrages avec lesquels on peut être d'accord ou pas, mais qui en tout cas témoignaient d'une vision de votre part qui allait au-delà de celle d'un gérant de Monoprix®, allez-vous aujourd'hui réduire votre vision politique à la criminalisation de ceux qui font en 2004 sur disque dur ou CD-Rom ce que vous et moi faisions dans les années 70 sur cassette (souvenez-vous François, les BASF-60, les C-90) ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;François d'Aubert, allez-vous nous gratifier, dans un futur proche, de tribunes et de prises de position dignes de vos hautes fonctions ? Allez-vous vous exprimer sur des sujets moins triviaux que le P2P ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Autres liens utiles :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://swpat.ffii.org/group/demo/index.fr.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;FFII&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://brevets-logiciels.info/wiki/wakka.php?wiki=PagePrincipale&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Brevets logiciels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>Hutspot</author>
		<dc:date>2004-02-01T01:38:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hutspot</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Vers un monde meilleur ou le « meilleur des mondes » ?</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2022.html</link>
		<date>2003-11-15 12:28:13</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2022.gif&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;200&quot; height=&quot;133&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un sommet intergouvernemental mâtiné d'un renforcement des règles de participation du secteur privé&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, contrairement à l'ambition affichée d'un sommet réellement tripartite associant tous les « partenaires » sur un « pied d'égalité », le caractère intergouvernemental du SMSI est devenu manifeste dès son premier comité de préparation (Prepcom1) durant lequel le règlement du Sommet fut négocié à huis clos entre les États.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, la principale innovation du SMSI est d'accorder un rôle inédit aux entreprises privées qui bénéficient pour la première fois de la possibilité de participer en leur nom au sein d'un segment attitré, celui du « secteur privé », tout en étant représentées par les organisations non gouvernementales (ONG) qui défendent leurs intérêts dans celui de la « société civile ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En définitive, les autres ONG, en particulier les ONG militantes et contestataires, sont les moins bien loties. En effet, elles sont noyées au sein d'un segment « société civile » fourre-tout, aux contours à la fois mouvants et incertains, en compagnie d'entités telles que les officines de production de l'idéologie néo-libérale (autrement appelées &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;think tanks&lt;/i&gt;) ou encore des élus locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-delà de cet échec patent d'une démocratisation de la prise de décision dans les sommets de l'ONU, c'est avant tout la vision littéralement effrayante de la société de l'information telle qu'elle apparaît dans les projets de résolutions du SMSI qui doit attirer notre attention.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une vision étriquée, partielle et éthérée de la Société de l'information&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, la vision des négociateurs du SMSI de la société de l'information est en premier lieu partielle, étriquée et éthérée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision partielle parce que de nombreuses questions sont à peine mentionnées dans les projets de résolution, à commencer par celles de la concentration des médias et plus généralement de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;constitution d'oligopoles privés&lt;/i&gt; dans les secteurs de l'information, de la communication, des télécommunications, de l'informatique, de l'électronique grand public et des industries culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision partielle parce que les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;menaces sur les libertés individuelles et collectives&lt;/i&gt;, illustrées de manière particulièrement éloquente par l'exemple du réseau Échelon, ne sont même pas évoquées.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision étriquée parce que c'est au prix d'un engagement sans failles que les ONG militant pour les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;droits de l'Homme&lt;/i&gt; ont réussi à introduire dans l'article premier du projet de déclaration le principe d'une société de l'information fondée sur l'universalité et l'indivisibilité de tous les droits de l'Homme, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision étriquée parce que, plus de vingt ans après les premiers débats sur le « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;droit à la communication&lt;/i&gt; » au sein de l'UNESCO, les États refusent toujours obstinément à reconnaître un tel droit pourtant consubstantiel au principe démocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision étriquée parce que les États ont longtemps rechigné à mentionner explicitement la Déclaration de l'UNESCO sur la « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;diversité culturelle&lt;/i&gt; » qu'ils ont pourtant déjà signé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Une vision éthérée particulièrement illustrée par l'absence de préoccupation réelle de l'évolution des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conditions de travail&lt;/i&gt; dans le contexte du développement des nouveaux dispositifs de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En définitive, le déroulement des négociations procure une impression à la fois étrange et particulièrement désagréable de l'absence de prise en compte de la réalité quotidienne des gens dans la définition des contours d'une société de l'information désincarnée qui ne semblent pas avoir grand chose en commun avec le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une société de l'information libérale-sécuritaire&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin d'être fondée sur les droits de l'Homme et la solidarité, la société de l'information promue dans le cadre du SMSI est en réalité néo-libérale et sécuritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dimension sécuritaire apparaît notamment dans le projet d'inculcation d'une « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;cyberculture de la sécurité&lt;/i&gt; » aux motifs d'assurer la « sécurité de l'information » &#8212; mais de quelle « information » parle-t-on ? &#8212;, et de prévenir des utilisations abusives, criminelles ou terroristes, des réseaux de communication. Si les préoccupations de lutte contre de tels « abus » peuvent sembler à première vue légitimes, l'instrumentalisation des attentats du 11 septembre à des fins sécuritaires prouve qu'elles sont avant tout des prétextes pour renforcer la « société de contrôle ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dimension néo-libérale de la société de l'information apparaît également de manière flagrante dans les négociations avec : &lt;br /&gt;&#8212; le refus de soutenir le modèle des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;logiciels « libres »&lt;/i&gt; ou à « code source ouvert » développé dans un esprit de partage et de coopération face au modèle monopolistique de développement des logiciels propriétaires illustré par la mainmise de Microsoft sur le marché des logiciels ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'introduction à l'initiative des États-Unis d'un article selon lequel la « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;propriété intellectuelle&lt;/i&gt; est essentielle à la société de l'information ». Cet article insiste également sur la nécessité de faire appliquer le régime actuel des droits de propriété intellectuelle tels que définis au sein d'instances fortement influencées par les groupes de pression industriels comme l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) au détriment de la libre circulation du savoir ;
&lt;br /&gt;&#8212; la promotion récurrente d'une vision de la société de l'information fondée sur la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;trilogie de la régulation, du marché et du volontariat&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette optique : &lt;br /&gt;&#8212; les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;États&lt;/i&gt; sont ainsi convié à « promouvoir la concurrence » et à « favoriser les investissements du secteur privé » ;
&lt;br /&gt;&#8212; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;secteur privé&lt;/i&gt; est invité à « développer les infrastructures, les contenus et les applications dans de bonnes conditions et de façon durable » ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;société civile&lt;/i&gt; est appelée à jouer un rôle capital pour « l'acceptation de la société de l'information » et le renforcement du « triangle réglementation - marchés - valeurs ». Sa mission consistant principalement à lutter pour assurer la survie des « laissés-pour-compte » de ladite société de l'information.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une société de l'information inégalitaire&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En dépit du caractère fondamentalement libéral-sécuritaire de la société de l'information que l'on nous promet, les États n'ont pas, du moins officiellement, abandonné l'ambition de réduire les inégalités d'accès et d'appropriation des TIC.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, le projet de Plan d'action comporte &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;des objectifs précis&lt;/i&gt; tels que l'établissement d'une connexion dans tous les hôpitaux, dans tous les villages et dans toutes les écoles primaires d'ici 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, loin de répondre à l'ambition affichée de réduction de la « fracture numérique », le modèle néo-libéral de société de l'information promu dans le cadre du SMSI ne peut au contraire que déboucher sur l'aggravation des inégalités d'accès et d'appropriation des TIC. En effet, la conséquence logique d'un tel modèle est de concentrer le développement des infrastructures et des services dans les régions les plus industrialisées, riches et densément peuplées, au détriment des zones rurales et pauvres condamnées à rester à l'écart sans la mise en ouvre de politiques volontaristes telles que la péréquation tarifaire ou encore les obligations de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plutôt que de proposer des alternatives à un modèle néo-libéral auquel il souscrit largement, le président de la république du Sénégal, Abdoulaye Wade, a proposé un « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fonds de solidarité numérique&lt;/i&gt; » alimenté par le versement volontaire de la part des acheteurs de matériels informatiques (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;hardware&lt;/i&gt;) d'une contribution allant de un à cinq dollars. Or, ce projet n'est pas satisfaisant pour deux raisons principales : d'abord parce que ce n'est qu'un emplâtre sur une jambe bois en raison des sommes dérisoires qui seraient ainsi récoltées comparativement à l'estimation des besoins, surtout parce qu'il confine les pays pauvres dans une position de quémandeur dont l'horizon d'attente est strictement borné par leur situation de dépendance envers la charité de pays riches toujours plus réticents à sortir leur porte-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, si le concept de « solidarité numérique » plaît aux pays riches, ces derniers sont néanmoins hostiles à la création du nouveau mécanisme de financement proposé par le président sénégalais au motif que ceux déjà existants sont suffisants et doivent simplement être structurés de manière à répondre plus efficacement à leur fonction. Plus grave, ces mêmes pays riches sont également très réticents à toute mention d'objectifs précis et chiffrés en termes d'aide publique au développement (APD) ainsi que de réduction du fardeau de la dette qui étrangle pourtant les pays pauvres et les condamnent à rester dans l'ornière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du côté de la « société civile », les réactions à ce projet de « fonds de solidarité numérique » oscille entre un soutien aveugle exprimé par de nombreuses ONG africaines (qui n'ont bien souvent de « non gouvernementales » que le nom) et un profond scepticisme de la part des ONG du secteur des télécommunications et du développement face à ce projet dont les contours sont encore très imprécis au niveau de ses modalités de financement et de ses mécanismes de gestion et d'attribution des ressources. Pleinement conscientes des nombreuses lacunes de ce projet de « fonds de solidarité numérique », ces mêmes ONG rappellent par ailleurs que la réduction de la « fracture numérique » doit passer par d'autres solutions, à commencer par une réévaluation du système de répartition [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb17&quot; name=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[17] La taxe de répartition représente le coût total d'un appel international (...)&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] des taxes sur les communications téléphoniques au profit des pays pauvres afin de leur permettre de dégager les moyens nécessaires au développement de leurs infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En définitive, conscients du caractère irréaliste des ambitions affichées en matière de réduction de la « fracture numérique » au regard des solutions préconisées pour les atteindre, les États ont jugé plus prudent de préciser que, au motif du caractère « évolutif » de la société de l'information, les objectifs ainsi définis n'ont qu'« une valeur indicative » et qu'il revient avant tout à chaque pays de définir sa propre « stratégie nationale ».&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une société de l'information « antidémocratique »&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dimension « antidémocratique » de la société de l'information promue dans le cadre du SMSI apparaît finalement de manière plus insidieuse dans la promotion récurrente du modèle tripartite de prise de décision et dans l'incapacité de réformer la gouvernance de l'internet.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, fondé sur le principe d'une participation sur un « pied d'égalité » des États, des entreprises privées et de la « société civile », le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;modèle tripartite de prise de décision&lt;/i&gt; promu dans le cadre du SMSI confère un pouvoir identique aux trois catégories d'acteurs susmentionnées en dépit des questions de légitimité, de représentativité et de capacité à rendre des comptes de chacun d'entre eux. Sous couvert de démocratisation de la gouvernance mondiale, ce modèle aboutit ainsi très concrètement à une privatisation du processus de prise de décision dont le résultat consiste en réalité à aggraver le caractère faiblement démocratique de ladite gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vision antidémocratique de la société de l'information est illustrée de manière particulièrement éloquente dans le débat sur la gouvernance de l'internet actuellement assurée par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'ICANN&lt;/i&gt;, organisme privé sous juridiction californienne et sous tutelle du Département du commerce des États-Unis. En effet, le consensus parmi les gouvernements pour reporter toute décision au sujet de l'ICANN aboutit ainsi au &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;statu quo&lt;/i&gt; au bénéfice des États-Unis et au détriment du multilatéralisme et de la démocratie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Que faire face au « meilleur des mondes » de la société de l'information que l'on nous promet ?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Étriquée, partielle, éthérée, inégalitaire et antidémocratique, la société de l'information libérale-sécuritaire que les États essaient de nous vendre sous les atours d'une société du savoir, créative, conviviale et participative, correspond en réalité assez fidèlement au « meilleur des monde » décrit par Aldous Huxley. Dans son livre visionnaire écrit en 1932, il imagine en effet ce que serait la « dictature parfaite », c'est-à-dire une dictature douce qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs de laquelle nul ne songerait à s'évader. Un système panoptique au sein duquel, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves auraient « l'amour de leur servitude »... Tel est selon nous le contre-modèle de société aujourd'hui promu dans le cadre du SMSI&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au vu d'un tel bilan, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;quelles stratégies d'action&lt;/i&gt; les mouvements critiques et contestataires doivent-ils adopter ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, on a vu que les organisateurs du SMSI on pris soin de noyer les militants critiques et contestataires au sein d'une société civile « fourre-tout » et à gométrie variable sous la double dépendance des Etats et des acteurs privés. Mais cela ne doit pas les empêcher d'exploiter toutes les opportunités qui s'offrent à eux pour proposer leurs alternatives au modèle dystopique des Etats à partir d'une double stratégie d'investissement des lieux de pouvoir, comme le SMSI, et de création d'espaces autonomes de débat, de conscientisation et d'action, comme le Forum social européen.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À cet égard, il est important de lutter contre un lieu commun abondamment véhiculé par les médias commerciaux - qui sont les premiers bénéficiaires du projet de société de l'information promu au SMSI - selon lequel les mouvements contestataires n'auraient aucune alternative à proposer. L'absence de fondement d'une telle assertion se vérifie tout particulièrement dans le contexte du SMSI dont l'objectif officiel est de réduire la « fracture numérique ». En effet, les ONG militantes qui participent à ce sommet ont largement démontré leur capacité à proposer &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;des alternatives concrètes&lt;/i&gt; et parfois chiffrées.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À titre d'exemple, l'association française &lt;a href=&quot;http://www.csdptt.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;CSDPTT&lt;/a&gt; exige notamment :
&lt;br /&gt;&#8212; le retour à un système de tarification par répartition tel qu'il était pratiqué avant la réforme de 1998. Dont la plus-value ainsi dégagée serait affectée à un fonds d'investissement africain dédié à l'infrastructure des réseaux (Selon les experts économiques les plus crédibles cette plus-value se situe entre 1 et 2 milliards de dollars par an) ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'arrêt des services de rappel (« call-back ») qui ont détourné plus de 500 millions de dollars par an de revenus aux profit des sociétés étrangères et au détriment des opérateurs africains ;
&lt;br /&gt;&#8212; la « récupération » progressive du traffic intra-africain (au fur et à mesure du développement des infrastructures des réseaux africains), actuellement assuré à l'extérieur du continent et qui coûte aux opérateurs de ce continents de l'ordre de 400 Millions de dollars par an selon l'UIT ;
&lt;br /&gt;&#8212; ou encore la révision, l'actualisation, le regroupement et le re-dimensionnement adéquat des projets d'infrastructure en cours qui entraîneraient des économies d'échelle importantes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
		<author>Pascal Fortin</author>
		<dc:date>2003-11-15T11:28:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Fortin</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Le Blues du businessman</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2011.html</link>
		<date>2003-10-06 18:19:11</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2011.gif&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;105&quot; height=&quot;156&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'industrie du livre&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les questions précédentes, que les maisons de disque répugnent à poser, sont nettement plus faciles à aborder lorsqu'il s'agit du livre. Sans doute parce que la diffusion de livres publiés par des éditeurs sur l'internet, que ce soit de manière légale ou illégale, n'est pas encore un phénomène massif (même si, par ailleurs, la diffusion d'&#339;uvres littéraires originales y est omniprésente, mais hors cadre marchand).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le livre en France représente, en 2002, un chiffre d'affaires de 2,4 milliards d'euros (source : Syndicat national de l'édition). C'est-à-dire à peu près :
&lt;br /&gt;&#8212; deux fois celui du disque,
&lt;br /&gt;&#8212; quatre fois celui du cinéma,
&lt;br /&gt;&#8212; un cinquième de celui de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le site du SNE propose &lt;a href=&quot;http://www.sne.fr/info-general/stats2001.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un tableau récapitulatif pour l'année 2001&lt;/a&gt;, et les chiffres de 2002 sont très similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On trouve sur les réseaux de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;peer to peer&lt;/i&gt; quelques bandes dessinées au format PDF, généralement des mangas, et sur des sites personnels, des particuliers proposent des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;listes d'ouvrages&lt;/i&gt; en vue d'échange ou de troc (généralement là aussi de la bande dessinée). Pour la littérature blanche ou noire, quelques particuliers proposent au téléchargement des textes classiques (par exemple : &lt;a href=&quot;http://membres.lycos.fr/almasty/faust1.zip&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Faust de Goethe&lt;/a&gt;). Côté institution, signalons &lt;a href=&quot;http://abu.cnam.fr/index.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'ABU : la Bibliothèque
Universelle&lt;/a&gt; qui, avec l'aide d'une équipe de bénévoles, numérise les textes tombés dans le domaine public ; enfin côté marchand, on trouve foultitude de bouquineries on line, spécialisées dans le livre ancien ou rare, qui publient leur catalogue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant cette rareté de livres numérisés disponibles en téléchargement [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb18&quot; name=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[18] Citons à titre d'exception, les éditions Mille et une nuits qui (...)&quot;&gt;18&lt;/a&gt;], et l'aspect extrêmement marginal de l'échange de livres « piratés », on peut comprendre l'absence de grandes diatribes générales contre l'internet de la part des maisons d'édition. Cette relative indifférence face aux (terribles) menaces pour la création est également due à l'absence de diffusion sur l'internet par les éditeurs eux-mêmes : ces derniers ne fournissent pas de livres au format numérique, justement par crainte de voir ces fichiers échangés par la suite sur le réseau. On a donc probablement un secteur industriel qui évite d'explorer de nouveaux moyens de diffusion, par crainte du piratage qui est perturbation du monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous verrons que cette question du « piratage de livres », si elle est facile à mettre en avant pour se donner à la fois bonne conscience et une bonne image (rendre son combat populaire auprès du public et de ses représentants élus), n'est pas le seul enjeu, car d'autres questionnements, nettement moins gratifiants, attendent les éditeurs passant à la diffusion numérique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;War against photocopillage&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la situation du livre (peu de copies numériques) semble très différente de celle du disque (assassiné comme chacun le sait par les graveurs de CD...), il faut se souvenir tout de même du glorieux épisode de la guerre contre le « photocopillage » (on cherche encore comment des gens de lettres ont pu accoucher d'un néologisme aussi indigne).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au début des années 1990, le Syndicat national de l'édition annonce la baisse des ventes de livres. Le chiffre n'est remis en cause par personne, car annoncé par le SNE lui-même ; sachant que le SNE est le syndicat corporatiste des patrons de cette industrie, les chiffres méritent d'être cités avec une certaine réserve.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cause immédiatement désignée de cette catastrophe : la photocopie ! La presse, avec un goût inhabituel pour l'investigation, le débat critique et la mission citoyenne, reprend sans trop se poser de questions toutes les théories du syndical patronal : la photocopie, massive, tue la création littéraire en France !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'alibi culturel de l'argumentaire est pourtant tout relatif : en effet, la littérature, si elle est la façade médiatique du secteur de l'édition, ne représente que 20% de son chiffre d'affaires. De plus la moitié des ventes (en volume comme en chiffre d'affaires) est réalisée par les réimpressions... Ainsi les invités de Bernard Pivot représentent moins de 10% du secteur de l'édition, et sans doute beaucoup moins dans les manques à gagner supposés provoqués par la photocopie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours est-il que la campagne médiatique est rondement menée, avec la mise en avant de la défense de la seule création culturelle. Le tout débouchant sur des mesures particulièrement symboliques en matière de défense et de promotion de notre identité culturelle : TVA réduite sur le livre, taxe sur les photocopies, rémunération au titre du prêt en bibliothèque [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb19&quot; name=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[19] LOI n° 2003-517 du 18 juin 2003 relative à la rémunération au titre du prêt (...)&quot;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enchaînement très classique : baisse supposée des ventes (en tout cas, sur la seule foi des chiffres fournis par les industriels eux-mêmes), mise en avant d'un alibi culturel, dénonciation d'une hypothétique « piraterie » qui tue la culture, finalement obtention d'une série de mesures de subvention, d'aides à la création et à la diffusion du secteur industriel tout entier au détriment du contribuable.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notons que l'on retrouve dès 1997 des spécialistes de l'Internet sur cette question puisque, lors des &lt;a href=&quot;http://www.isocfrance.org/archives/Documents/Autran97/Cr/copublic.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;rencontres de l'Internet Society à Autrans&lt;/a&gt;, parmi les propositions, figurait celle-ci : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'État pourrait mettre sur un serveur la liste complète des sources de subventions disponibles pour l'édition sur l'Internet et proposer un guichet unique afin d'y déposer un dossier. Il serait possible que la liste des subventions accordées, ainsi que celle des bénéficiaires, soit publiée. Serait-il concevable, enfin, qu'une fraction significative de ces subventions soit réservée aux nouvelles entreprises ?&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En voilà une belle mutation sociétale ! Il est toujours plaisant de constater que la défense et la promotion de l'art-qui-n'est-pas-une-marchandise passe systématiquement par des taxes nouvelles, des incitations fiscales et des subventions.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le prix du livre&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En matière de musique, il semble indécent de demander pourquoi il faudrait maintenir une industrie aux processus obsolètes, qui continue à ponctionner un revenu énorme sur la création, alors que l'internet permet de créer de nouveaux circuits de diffusion de cette création.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concernant le livre, ces questions ne choquent pas :
&lt;br /&gt;&#8212; le relatif calme de la situation (les ventes de livres progressent tous les ans) autorise à poser ce genre de question ;
&lt;br /&gt;&#8212; entre eux, les éditeurs se les posent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous utiliserons ici une donnée très intéressante : la décomposition moyenne du prix d'un livre (source : SNE).
&lt;br /&gt;&#8212; auteur : environ 10%,
&lt;br /&gt;&#8212; éditeur : environ 15%,
&lt;br /&gt;&#8212; prépresse, papier, impression, façonnage : environ 20%,
&lt;br /&gt;&#8212; diffusion : environ 8%,
&lt;br /&gt;&#8212; distribution : environ 14%,
&lt;br /&gt;&#8212; détaillant (libraire) : environ 33%.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/composition.gif' width='400' height='256' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le client final, ajouter encore une TVA de 5,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces frais sont très variables en fonction du type de livre et du nombre total d'exemplaires vendus. Une partie des frais est fixe ; notamment la fabrication du « prototype » (prépresse) ; le coût de cette création est beaucoup plus élevé dans certaines catégories de livres que d'autres (par exemple, le prototype d'un manuel scolaire scientifique coûte beaucoup plus cher que la composition d'un livre de littérature générale). La part de ces frais fixes diminue en pourcentage lorsque le tirage augmente (même investissement, que le livre se vende à 300 exemplaires ou à 30 000).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la logique de l'action de lutte contre le photocopillage, notons qu'il est particulièrement savoureux de mettre en avant le risque qu'il fait peser sur les seuls auteurs de littérature : la littérature ne représente que 20% du secteur de l'édition, la moitié seulement de ce secteur est consacrée à la production de nouveaux livres et, là-dedans, le poids des auteurs en tant qu'agents économiques est de 10%. On peut tout aussi bien affirmer que le photocopillage nuit moins aux auteurs de littérature qu'une hausse du prix du tabac !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/PERSO143.jpg' width='400' height='264' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Un sujet qui préoccupe les Français&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Pour Jean-Claude, la crise de l'édition est principalement due au premier amendement de la constitution de ces putains de yankees. Heureusement le Prix Unique et Jack Lang nous protègent.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre bizarrerie semble ne choquer personne. Les frais de fabrication d'un livre ne cessent de baisser. La PAO a réduit le coût de la création du « prototype » dans des proportions énormes, notamment pour les livres « compliqués » (ouvrages techniques, livres en couleur, etc.) ; dans le même temps, le recours aux services d'ateliers dans des pays en développement (la mondialisation heureuse en Inde, Afrique du Nord, au Vietnam), facilité par la baisse des prix de l'informatique, l'accès aux compétences informatiques et l'échange de fichiers par le réseau, ont fait chuter les prix de la composition, dans tous les domaines (aussi bien composition « simple », telle la littérature, que la composition plus complexe des ouvrages techniques). Les coûts de validation du prototype (épreuves numériques, disparition des « films » d'impression...) baissent constamment. Quant aux frais liés à l'impression, ils baissent également (depuis quelques temps, les coûts des petits tirages suit une baisse impressionnante).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le processus de fabrication du livre, aussi bien les frais fixes que les frais variables baissent. Même les frais liés à l'activité des éditeurs eux-mêmes baissent, depuis les années 80, avec l'application de techniques de gestion et d'organisation plus efficaces héritées des autres secteurs industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, la plupart des coûts intervenant dans le prix d'un livre baissent, certains dans des proportions qui n'existent dans aucune autre industrie. Pourtant, le prix des livres n'a pas baissé (et surtout pas dans ces proportions). On a donc le maintien du revenu fixe de tous les agents économiques du livre, alors que tous leurs coûts diminuent énormément. Le seul acteur dont les coûts n'ont aucune raison de baisser, c'est l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voilà notre bizarrerie fort peu morale : malgré cela, les droits de l'auteur sont toujours les mêmes qu'au début du siècle... C'est le seul intervenant dans la chaîne du livre dont le revenu n'augmente pas et dont les coûts ne baissent pas ; tous les autres voient leurs coûts chuter pendant que leurs revenus sont maintenus constamment. Dit autrement : non seulement ceux qui achètent des livres ne profitent pas de la baisse des coûts de production, surtout le seul acteur auquel le maintien du prix du livre malgré la baisse des coûts ne profite pas, c'est l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans vouloir procéder par une analogie trop rapide, on invitera simplement ici le lecteur à voir si cette évolution n'est pas rigoureusement similaire pour le disque : des coûts de production en chute libre, les seuls agents économiques du système qui n'en profitent pas étant l'artiste et le client.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'avenir d'un processus industriel obsolète&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation actuelle est celle de l'émergence d'une nouvelle technique, l'internet, qui permet de remplacer certaines méthodes des industries culturelles. Pour le dire simplement : un auteur peut diffuser son &#339;uvre de lui-même via l'internet, et même se faire payer directement par ses lecteurs [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb20&quot; name=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[20] Le coût de cette opération est, par exemple, de 0,167 euro par transaction (...)&quot;&gt;20&lt;/a&gt;]. De la même façon, un musicien peut distribuer sa musique en ligne et se faire payer directement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reprenons la décomposition du prix d'un livre, et voyons ce que cela donne, rapporté à cette situation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Création du prototype&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut considérer que la composition et le maquettage d'un livre, que ce soit pour l'internet ou pour le papier, sont des processus identiques, donc que les frais ne changent pas. Dans l'absolu, c'est vrai. Dans la pratique, pas tout à fait : la préparation d'un document pour l'internet est nettement moins exigeante que pour l'impression, tant en termes de complexité des formats, de définition nécessaire, de maîtrise de techniques. N'importe qui peut diffuser des textes illustrés d'images en couleur sur l'internet ; préparer des images en haute définition pour la quadrichromie nécessite encore des compétences professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De plus, l'idée étant ici, tout de même, de répercuter une baisse des coûts auprès du client final, on peut admettre que les exigences du client seront moins élevées car le produit est vendu nettement moins cher ; et réaliser une document simplement « propre » coûte beaucoup moins cher qu'un document « professionnel » à la mise en pages extrêmement soignée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres frais fixes baissent lors du passage de l'impression au tout numérique : absence d'épreuves de contrôle imprimées, pas de création de films ni de plaques d'impression, absence de machines professionnelles spécialisées coûtant très cher.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Impression, façonnage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les coûts d'impression et de façonnage disparaissent totalement du prix de vente. Ils sont remplacés par l'hébergement (comprenant généralement un forfait de bande passante), pour des prix incomparablement plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut pousser le raisonnement plus loin : ces frais sont carrément pris en charge par le client lui-même. Qu'il imprime le document chez lui ou qu'il grave un CD de musique, il prend sur son propre temps pour réaliser une opération qui était auparavant réalisée lors du processus industriel, et il utilise le matériel qu'il a lui-même acheté, avec les « consommables » (encre, papier, support de stockage) qu'il paie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci impose une petite remarque : les solutions destinées à « soutenir » les industries culturelles sont toutes basées sur un système de taxation sur les consommables et l'activité de reproduction. Il est très amusant de voir que le principe consiste à ponctionner les nouvelles techniques, utilisées par le client, alors que justement ces techniques rendent inutiles les anciens procédés industriels. Le jour où ces industries culturelles décideront d'utiliser ces nouveaux processus - vente directe en ligne de contenus sans support matériel -, le client se trouvera en situation d'acheter le contenu, de réaliser avec ses propres moyens l'opération de reproduction, tout en étant taxé pour soutenir un processus industriel que cette nouvelle chaîne économique aura totalement rendu obsolète. Le client se retrouve donc à payer pour soutenir une activité qu'il effectue lui-même [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb21&quot; name=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[21] Ce point est abordé par Jean-Baptiste Soufron dans « Le peer to peer (...)&quot;&gt;21&lt;/a&gt;]. Il semble difficile dans ces conditions d'appeler à une reponsabilisation des pratiques du client.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Diffusion, distribution, détaillant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette partie énorme du prix du livre (plus de la moitié de son prix) est rendue totalement injustifiée dès lors que l'auteur vend directement à ses lecteurs-clients (ou que l'éditeur en ligne vend directement).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il reste donc la rémunération de l'auteur (10% du prix de vente d'un livre « papier ») et la rémunération de l'éditeur (15%). Mathématiquement, un livre vendu directement sur l'internet, sans support physique, ne devrait plus coûter que 25% de son prix en librairie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgré le risque d'une analogie encore trop facile, on peut considérer que la musique vendue (légalement) en ligne devrait elle aussi coûter près de quatre fois moins cher qu'en magasin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors que tout le monde se réjouit du succès &lt;a href=&quot;http://www.apple.com/music/store/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des ventes en ligne de musique par Apple&lt;/a&gt;, chaque « chanson » étant tout de même vendue 1 dollar (ce qui fait encore bien cher l'album complet), on voit qu'il reste du chemin à faire vers une véritable « moralisation » des pratiques commerciales des industriels de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le cas du livre est d'autant plus exemplaire, puisque chacun constate à quel point imprimer le livre chez soi peut être plus long et plus cher que l'acheter en librairie. Pourtant, c'est bien le même principe lorsque l'on grave un CD : le « client » a lui-même récupéré le morceau (tout le circuit de distribution disparaît), il a acheté le matériel de reproduction (il n'y a plus d'industriel pour réaliser l'opération à sa place) et il utilise ses propres « consommables ».&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/Perso403.jpg' width='400' height='308' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le comble de l'horreur masquée&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le terrible spectre du photocopillage menace en pleine rue un auteur innocent. [Collection privée].&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela tient de l'évidence pour le livre : les éditeurs sont bien conscients qu'ils ne pourront pas vendre des livres en ligne sans une division des prix par trois ou quatre. Et qu'ils devront évidemment remonter le pourcentage des droits des auteurs (logiquement, ces droits passeraient à quasiment 50% du prix de vente) [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb22&quot; name=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[22] Manuscrit.com reverse des droits d'auteurs échelonnés de 25% à 40% à (...)&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette évidence économique est certainement l'une des raisons de leur peu d'empressement à investir un tel marché (s'il existe). À moins d'une campagne de communication aussi éhontée que celle de l'industrie du disque, on ne voit pas ce qui permettrait, de toute façon, de convaincre les clients d'une logique inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les analyses publiées au sujet du livre numérique semblent d'ailleurs se focaliser sur des produits spécifiques. On constate cependant que la question du prix est centrale :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
« Le coût unitaire est beaucoup moins élevé que celui des versions papier, dans un rapport de un à quatre. Introduit en 1995, le premier CD-Rom de ce type a d'emblée dépassé les ventes de la version papier : 100 000 CD-Rom vendus en trois ans (soit une moyenne de 30 000 par an), les ventes annuelles de la version papier étant passées de 20 000 à 5 000 ou 6 000 exemplaires. On voit à la lecture de ces chiffres que le numérique pourrait élargir de façon significative le marché des encyclopédies et qu'il constitue, dans ce segment, un substitut au livre papier. » Ce même rapport aborde le cas exemplaire de 00h00 (maison d'édition en ligne), mais occulte le problème de la répartition des droits : « On peut citer le cas de 00h00, dont les trois-quarts des commandes enregistrées jusqu'à présent ont porté sur les versions électroniques des ouvrages. Le coût de celles-ci s'établit, selon le cas, entre 35 et 70% de celui des versions papier. » (&lt;a href=&quot;http://www.culture.fr/culture/actualites/rapports/cordier/savoir+2.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Rapport de la commission de réflexion sur le livre numérique&lt;/a&gt;, mai 1999)
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De fait, tous les éditeurs (nouveaux ou anciens) qui se sont intéressés à la vente de livres sans support physique (i.e. sans papier) en ligne ont été confrontés à cette épineuse question : à quel prix vendre un livre en ligne ? D'un côté, plus grand-chose ne justifie de vendre par exemple un roman à 20 euros, la disparition des frais de fabrication et du circuit commercial ne permettant pas de justifier un prix supérieur à, disons, 5 euros ; de l'autre, dans la psychologie supposée du lecteur-client, que « vaudrait » un livre vendu aussi peu cher ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Curieusement, cette évidence ne semble pas exister pour la musique. Le lien entre la vente physique des disques et la rémunération des artistes semble indiscutable, et la remise en cause d'un processus industriel obsolète est totalement niée. Comme si la question ne se posait pas. Comme si elle n'allait jamais se poser.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Se passer de l'éditeur&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la partie précédente, on a vu qu'au moins 75% des coûts justifiant le prix du livre étaient rendus injustifiables par une diffusion sur le réseau. Seule les parties « auteur » (10%) et « éditeur » (15%) relèvent de « services » qui existent encore (les autres sont remplacés totalement par l'utilisation du réseau).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginons la suite logique : l'auteur se débarrasse de l'éditeur. Analogie avec le disque : le musicien se débarrasse de la maison de disques. L'état actuel de la technique (et sa simplicité) rend ce choix déjà parfaitement possible (et utilisé par certains).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le maître d'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si une certaine image des éditeurs est celle de quasi intellectuels lisant des manuscrits et servant de thérapeutes à des artistes maudits, la réalité du métier est largement celle d'un maître d'&#339;uvre coordonnant les différents prestataires de service intervenant dans la fabrication d'un produit manufacturé et sa commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique d'une diffusion en ligne, nous avons vu que ces prestataires devenaient inutiles. Ce rôle de maître d'&#339;uvre de l'éditeur disparaît ainsi ; en tout cas, ce qu'il en reste peut être assuré par un agent moins gourmand, voire être totalement pris en charge par l'auteur (des millions d'individus le font depuis des années, un auteur peut bien s'y mettre dans l'espoir acquérir plus d'autonomie, d'indépendance, de liberté et même, de parts de droits d'auteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'entremetteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La justification classique du métier de l'éditeur (et donc de sa rémunération) est de faire se rencontrer un auteur et son public. Il est utile ici de rappeler le chiffre fourni par le SNE : le tirage moyen d'un livre est de 8 200 exemplaires. Cette moyenne rend compte de situations extrêmement diverses :
&lt;br /&gt;&#8212; la littérature tire en moyenne à 10 300 exemplaires ;
&lt;br /&gt;&#8212; les ouvrages techniques, la documentation, les livres de droit, de sciences économiques, de sciences humaines... ont des tirages situés en moyenne (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;best sellers&lt;/i&gt; compris) entre 2 500 et 3 500 exemplaires ;
&lt;br /&gt;&#8212; ces tirages sont tirés à la hausse par une poignée de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;best sellers&lt;/i&gt; dans chaque catégorie ; ces livres tirés en dizaines ou centaines de milliers d'exemplaire font monter ce chiffre moyen. L'immense majorité des 60 000 titres produits chaque année se cantonne à des tirages beaucoup plus modestes (un millier d'exemplaires par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on compare ces chiffres aux fréquentations des sites Web, on constate qu'il est nettement plus facile pour un auteur de « toucher son public » via le réseau qu'au travers d'un livre. Du strict point de vue « culturel » (la diffusion des créations culturelles auprès des lecteurs), le choix du « tout internet » se justifie totalement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le sélectionneur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre justification du métier d'éditeur réside dans la sélection des meilleurs. Toutes les &#339;uvres ne trouvant pas leur public, le rôle de l'éditeur serait, par la sélection (par sa renommée et sa cohérence), de présenter au public un choix d'&#339;uvres qui l'intéressent ou qui méritent de l'intéresser.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis des siècles, ce rôle extrêmement gratifiant est cependant critiqué lorsqu'il s'agit de livres. D'une part, les « erreurs » de jugement des éditeurs font partie des anecdotes que tout le monde raconte (les grands auteurs refusés partout, les &#339;uvres charcutées par des éditeurs...). D'autre part, la prétention d'une activité économique reposant sur la promotion des &#339;uvres de qualité est, pour le moins, contredite par la simple visite d'une librairie ou par l'observation des chiffres des ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Citons Jean-Marc Roberts (« &lt;a href=&quot;http://www.droledepoque.com/n11/entretien.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Entretien avec Jean-Marc Roberts, éditeur&lt;/a&gt; », &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Drôle d'époque&lt;/i&gt;) parlant de son métier d'éditeur :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
« Je pensais qu'en tant que conseiller littéraire ou éditeur dans une maison d'édition, je pouvais tranquillement imposer mes goûts, mes choix ; en fait non. Même si j'y parvenais, je faisais ce travail pour un patron, pour une maison qui m'employait et qui me demandait des résultats, mais d'une manière beaucoup plus perverse qu'un groupe ou qu'une banque. Stock est effectivement une filiale d'Hachette, mais quand Le Seuil a des comptes à rendre, il les rend à des banquiers, donc ça se rejoint quand même. Je parle de perversité parce que, quand j'étais éditeur de littérature au Seuil, chez Gallimard ou chez Julliard, on me demandait des résultats : c'est-à-dire de trouver des livres qui se vendent sans me laisser vraiment la possibilité de publier des livres qui ne se vendaient pas. Je schématise, mais finalement le problème est là. »
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'image des maisons de disque, qui est celle de personnages arrivistes, incultes et insupportables, ne fait pas l'objet des mêmes moqueries liées à de dramatiques erreurs de sélection, ni à une censure inadmissible. Les maisons de disque ont une mauvaise image, mais l'idée demeure que le système permettrait globalement de faire connaître ce qui doit être connu (les bons musiciens finissent par percer, les autres ne sont pas bons) ; à l'inverse les éditeurs seraient des gens cultivés, sympathiques et intelligents mais qui sont passés à côté de Proust. Ainsi le rôle de sélection par les maisons de disques n'est que rarement remis en cause (étouffer des génies méconnus), alors même que ce rôle de l'éditeur de livre est constamment critiqué. [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb23&quot; name=&quot;nh23&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[23] Relativisons cependant cette critique : autant le rôle de « bon (...)&quot;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le camelot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La promotion fait également partie des justifications du « coût » des éditeurs. Remarquons encore que la réalité des prestations contredit largement cette revendication.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non seulement les maisons d'édition ne consacrent que très peu de moyens à cette promotion (quelques encarts dans la presse, puisque la publicité audiovisuelle est interdite contrairement au disque), de plus celles qui en ont les moyens les consacrent à une partie infinitésimale de leur catalogue (en général le poulain pour la course aux concours).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La promotion commerciale des livres par les maisons d'édition est dans les faits une partie marginale de leur activité comptable, et lorsqu'elle existe on peut discuter de son efficacité pour la grande majorité des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette promotion est, de plus, traditionnellement largement prise en charge par les auteurs eux-mêmes : si les éditeurs peuvent organiser des événements, le gros de l'investissement se fait sur le temps des auteurs (signatures, conférences, présentations...). Chose amusante quand on y songe : voilà encore un coût, pour l'auteur lui-même, qui n'est généralement pas intégré dans le prix du livre, puisqu'un auteur ne se fait pas payer ses nombreuses journées de signatures et de présentations, alors qu'un éditeur qui achète un encart publicitaire dans la presse répercutera cet investissement sur le prix du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face à la très relative efficacité de la promotion traditionnelle assurée par les éditeurs, on peut opposer la vitalité des liens sur le réseau. Souvent présenté comme « horizontal » (tout se vaut sur le Web, le bon et le médiocre sont au même niveau...), le réseau dispose en réalité d'outils et de méthodes qui facilitent la mise en avant des &#339;uvres originales par les usagers eux-mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Réseau permet des choses inconcevables dans l'édition : il permet à chacun de s'exprimer directement (sans sélection préalable par des entreprises), il permet de construire une renommée sur la durée (rien de comparable avec un premier roman envoyé au pilon au bout de quelques mois), mais aussi il offre des outils et des méthodes collectives qui font ressortir les créations originales. Et cela sans aucun frais de promotion.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;D.I.Y.&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le Réseau, l'intérêt du recours à un éditeur perd de son évidence. Même la mise en place d'une structure de paiement pour assurer la rémunération de l'auteur peut se passer de l'éditeur - dont c'est traditionnellement une des activités (les systèmes de paiement en ligne utilisables directement par des vendeurs indépendants se multiplient).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut se demander si, face à cette perte totale de légitimité (économique et sociale), le chahut organisé par les maisons de disque n'a pas pour but de s'attribuer un nouveau rôle social : celui du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pouvoir de nuisance&lt;/i&gt;. En grossissant le trait et en formulant le discours implicite : « Regardez comme nous pouvons faire beaucoup de bruit, regardez comme nous obtenons des subventions, regardez comme nos avocats sont pénibles : artistes, nous seuls sommes capables de défendre vos droits, si vous décidez de vous passer de nous, vous ne pourrez plus bénéficier de cette force de frappe. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un auteur, une nouvelle possibilité peut désormais être envisagée : réaliser lui-même, pour un coût très faible, son propre document (intégrant la mise en page et la mise en ligne), le diffuser lui-même et le vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Auparavant, il était un acteur économique dans la vie de son propre ouvrage à hauteur de 10% du prix de vente. Seul, il peut envisager exactement la même rémunération, pour lui-même, soit en réussissant à vendre son livre au même prix à 10 fois moins de monde, soit en vendant son livre dix fois moins cher à autant de monde. (Évidement, il y a de la marge entre ces deux extrêmes...)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Se poser ces questions au sujet du livre ne semble pas totalement indécent. Curieusement, les mêmes interrogations, au sujet du disque, sont totalement occultées du champ des possibilités. Hors des maisons de disque, point de salut... Qu'est-ce qui justifie pourtant que les artistes confient leurs droits et leur image à des intervenants qui ponctionnent 90% du prix de vente, à l'heure où un nouveau processus de distribution émerge dans tous les pays développés (c'est-à-dire, soyons réalistes, là où se trouvent les clients solvables qui assurent leur revenu) ? Est-ce que taxer les nouveaux outils de distribution culturelle pour subventionner des procédés industriels obsolètes répond à une logique saine ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/Perso409.jpg' width='400' height='308' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Une note d'espoir&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;L'autoproduction et la libre publication déclenchent l'enthousiasme de la jeune génération.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concluons par un constat qui, s'il préserve pour un temps le secteur industriel du livre, minore l'habillage culturel de son autojustification : le principal élément qui limite la distribution totalement dématérialisée des livres, c'est l'aspect infiniment plus pratique du livre-papier par rapport au livre sans support : non seulement cela revient souvent moins cher que d'imprimer chez soi, de plus le livre relié est plus pratique qu'un paquet de feuilles A4 reliées à la va-comme-j'te-pousse dans un atelier de reproduction pour les étudiants. Ainsi l'existence de l'industrie du livre se justifie essentiellement par la fabrication des produits industriels manufacturés que sont les livres imprimés.&lt;/p&gt;</description>
		<author>ARNO*, Lirresponsable</author>
		<dc:date>2003-10-06T16:19:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*, Lirresponsable</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>W3C go home !</title>
		<link>http://www.uzine.net/article1979.html</link>
		<date>2003-09-28 23:42:58</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton1979.gif&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;83&quot; height=&quot;31&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une nouvelle sorte d'individus pollue actuellement les forums de discussion de la planète ; on ne connaît pas le nom de leurs chefs mais, par une forme étonnante de génération spontanée, ils se sont répandus partout et passent leur temps à en faire perdre à tous ceux qui s'intéressent à ce vieux monument qu'est le HTML. Pire : ils pourraient bien dégoûter tout ceux qui voudraient aujourd'hui « s'y mettre ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette secte nouvelle porte plusieurs noms : les adorateurs du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;W3C Validator&lt;/i&gt;, les ayatollahs du XHTML ou, plus communément : « les ceusses qui sont pas foutus de monter un site Web potable alors ils font chier les autres »...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur arme : le &lt;a href=&quot;http://validator.w3.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;W3C Validator&lt;/a&gt;, un outil qui devrait permettre aux webmestres de progresser à leur rythme dans l'apprentissage du HTML, mais que ses adorateurs extrémistes brandissent comme le diktat suprême d'une cause sacrée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur bible : les « recommandations » du même W3C. Là où tout être normalement constitué sait ce qu'est une « recommandation », eux comprennent « exhortation sauvage au strict respect d'une norme absolue ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;marquee&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_' style='float: ; width: 120px;'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/w3c.gif' width='83' height='31' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Cette page n'est pas W3C compliant&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/marquee&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on voulait bien les croire, le HTML à papa serait déjà mort, supplanté par une nouvelle race de langage, le XHTML, qui lui-même devrait bientôt muter vers sa forme ultime, quittant la gangue de sa chrysalide obsolète dans un processus dénommé « Modularisation du XHTML ». Hosanna, mes frères, il n'y a de Dieu que Dieu, et XML est son nom, et son fils est modulaire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'affreux HTML n'avait pas que des défauts&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voudrait donc totalement tuer l'ancêtre HTML, au motif qu'il serait, comment dire... à chier. Pourtant notre antique langage n'avait pas que des défauts...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le HTML était, avant tout, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;un langage simple&lt;/i&gt; ; simplifié, même.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a été conçu pour être utilisé, sur le Web, à la place d'un autre ancêtre, le SGML (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Standard Generalized Markup Language&lt;/i&gt;). Le principe du SGML est de décrire la structure d'un document selon une DTD (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Document Type Definition&lt;/i&gt;) qui définit les éléments logiques autorisés (on obtient ainsi des fichiers documentaires dotés d'une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;structure logique&lt;/i&gt;) ; ensuite, on passe dans une moulinette pour, à partir de règles de description de mise en pages, créer le résultat final, tel que distribué au lecteur. En SGML on a indiqué que telle partie du texte était un intertitre (la DTD autorise l'existence d'éléments logiques définis comme étant des intertitres), on a indiqué dans une définition de style que les intertitres sont présentés avec un certain espacement avant et après, centré au milieu de la colonne de texte, dans telle police de caractère ; le document final présente donc le texte des intertitres, extrait du document SGML, dans cette police et à cette position. Le SGML, pourtant extrêmement puissant et complet, n'est pas si &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;generalized&lt;/i&gt; que ça, puisque quasiment personne ne l'utilise pour produire des documents destinés au grand public (à part quelques secteurs de l'édition très spécifiques, tels que la production de dictionnaires). Pourquoi ? Parce que c'est imbitable. La documentation de l'outil de PAO FrameMaker SGML doit faire dans les cinq kilos et plus de mille pages ; au point qu'elle ne comporte pas de numéros de pages pour ne pas effrayer l'utilisateur. Il s'agit pourtant d'un logiciel Wysiwyg...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/PERSO196.jpg' width='425' height='281' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le HTML c'est pas sorcier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Dans les cabarets de Berlin, un couple d'hacktivistes hermaphrodites milite pour un retour au HTML prolétarien.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, à l'origine, on rompt avec le SGML, on en extrait quelques balises rudimentaires, la façon dont chaque balise est interprétée est elle-même rudimentaire et directement intégrée dans les logiciels clients (navigateurs Web). Résultat : c'est facile (et plutôt amusant) à apprendre, on fait des progrès très rapidement, on n'a pas besoin d'un treuil hydraulique pour soulever la documentation, et ça tourne sur des machines peu puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous verrons que le XHTML devrait évoluer, sous l'impulsion du W3C, vers un retour aux sources, non du HTML, mais du SGML. On lui souhaite plus de succès auprès des millions de gens qui font déjà leur site à leur sauce HTML, que FrameMaker SGML n'en a rencontré auprès des utilisateurs de la PAO.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le HTML est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;un langage tolérant&lt;/i&gt;, qui accepte les erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dès ses origines, le HTML tolère les erreurs de ceux qui le codent. Cela pour deux raisons fondamentales, objectives, qui ont défini ses principes de base.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Compatibilités ascendante et descendante&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un document HTML réalisé à une certaine époque pour une certaine génération de butineurs reste consultable plusieurs années plus tard avec les butineurs plus récents. C'est la compatibilité ascendante : vous pouvez visiter un site conçu en 1995 pour être affiché par Mosaïc avec la toute dernière version de Mozilla.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À l'inverse, un document HTML récent doit pouvoir être lu avec un logiciel plus ancien. Cela est vrai dans une large mesure (nous reviendrons sur les points particuliers). Si vous développez un site en vérifiant votre résultat avec Mozilla, il sera, du point de vue du HTML, consultable avec Lynx (client Web en mode texte). Pour imaginer l'exploit que cela représente, essayez simplement d'ouvrir un document produit par Word 2002 avec Word 97.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Interopérabilité&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un document HTML ne doit pas être lié à un logiciel ou à une machine, mais consultable sur toutes les machines avec tous les logiciels remplissant un certain nombre de conditions minimales. Par exemple, la présente page s'affiche de manière très graphique sous Mozilla ou Microsoft Explorer, mais peut être consultée en mode texte (Lynx) sur une vieille machine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces deux exigences (qui font partie de la définition initiale du HTML) sont atteintes grâce à une règle simple : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le navigateur se contente d'ignorer ce qu'il ne comprend pas&lt;/i&gt;. Si l'on utilise des balises dernier cri dans une page Web, elles seront purement et simplement ignorées par les logiciels qui ne les comprennent pas ; de cette façon l'information contenue dans la page est tout de même parfaitement disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De fait, le HTML est un langage extrêmement tolérant, puisque si le webmestre commet une erreur, s'il expérimente une nouvelle balise qui n'est pas comprise par le butineur, rien de catastrophique ne se produit : la page s'affiche tout de même et son ordinateur ne l'insulte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela, par exemple, à l'inverse d'une imprimante PostScript qui s'arrête en indiquant « erreur PostScript » ; ou la compilation d'un fichier T&lt;sub&gt;E&lt;/sub&gt;X qui signale toutes les erreurs une par une.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette tolérance est sans aucun doute l'une des raisons du succès du HTML : elle permet d'apprendre sans se faire insulter par sa machine (ce qui rebute normalement tout non-informaticien), en autorisant la diffusion de documents contenant des erreurs de codage, sans que personne n'en souffre. En HTML, on peut « coder comme un porc » (parce qu'on apprend, parce qu'on veut produire très vite...), la page reste consultable et l'information accessible&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle favorise l'apprentissage par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;patchs&lt;/i&gt; successifs : on enrichit progressivement ses pages en fonction de ses nouveaux progrès, sans jamais être arrêté dans sa courbe de progression par une erreur qui bloquerait l'affichage (comme, par exemple, l'oubli de déclarer une variable dans un langage de programmation interrompt la compilation).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le HTML est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une norme d'usage&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le HTML n'a pas attendu la création d'un organisme de normalisation comme le W3C pour exister et se développer. Il est nettement plus ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-il donc possible que le HTML ait rencontré un succès mondial auprès de millions de webmestres, alors qu'aucune autorité supérieure n'en assurait la définition et la normalisation préalable ? Comment qu'on faisait ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On faisait simplement : on essayait les nouvelles balises, et on regardait sur quelques butineurs différents ce que ça donnait, et on choisissait les solutions qui, à la fois, rendaient service (page plus jolie) et restaient consultables sans trop de restrictions visuelles sur un butineur qui ne les comprenaient pas. Sachant que, longtemps, Netscape a été le seul butineur utilisé par les usagers du Web, cela consistait à tester les nouvelles balises introduites à chaque version, et à attendre un peu avant que cette version soit suffisamment répandue pour faire un usage intensif des nouvelles balises. Puis est venu Microsoft Explorer, mais le principe est resté le même. : on teste les bidules, on échange des trucs, et on regarde comment ça marche avec différents butineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, malgré les « recommandations », la situation n'a pas changé : on ne peut exploiter ces « recommandations » qu'à partir du moment où elles sont utilisées par les principaux butineurs, ceux qui sont réellement utilisés par les utilisateurs (comprendre : MSIE à plus de 90%...). Il a fallu attendre la disparition quasi complète de Netscape 4 du paysage avant d'utiliser intensivement les feuilles de style, car l'implémentation des CSS dans ce logiciel (encore très répandu dans sa dernière version avant Mozilla) était totalement buguée ; utiliser les premières recommandations avec plein de feuilles de style était le meilleur moyen de présenter des pages immondes aux utilisateurs. Aujourd'hui, il faut composer avec MSIE (nettement moins irrespectueux des normes qu'on veut bien le dire, mais qui, tout de même, bloque l'utilisation réelle de plusieurs recommandations importantes).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette caractéristique de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;norme d'usage&lt;/i&gt; n'a pas produit que des catastrophes (elle n'a, en particulier, pas produit la catastrophe des catastrophes, mille fois annoncée, qui aurait mené à l'existence d'un HTML « ouvert » et d'un HTML privatisé par Microsoft). Elle a, mine de rien, conduit chaque webmestre à systématiquement intégrer dans son apprentissage du HTML les notions de compatibilités ascendante et descendante et d'interopérabilité. Si l'application des recommandations facilite, techniquement, l'application de ces notions, à l'inverse une approche extrêmement restrictive revient à priver les webmestres bidouilleurs de l'acquisition de réflexes indispensables (vérifier systématiquement la compatibilité et l'interopérabilité à son propre niveau).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les défauts « scandaleux » du HTML&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La courte histoire du HTML a eu son lot de difficultés, qui ont énormément fait hurler les puristes successifs (parce qu'avant les normes du HTML 1.1 méga-strict, il y avait déjà des puristes). Ces difficultés semblent l'une des principales motivations à la création du W3C et à une vision extrêmement obtuse de l'application des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les balises exotiques du HTML&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guéguerre entre Netscape et Microsoft, à l'époque où les deux logiciels coexistaient réellement (MSIE n'avait pas totalement écrasé le marché), a conduit à l'émergence de quelques balises HTML propres à chaque logiciel. Ces balises ont fait couler beaucoup d'encre. Pourtant, rétrospectivement, on cherche encore où est la catastrophe annoncée.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;blink&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La fameuse balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;blink&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; est la plus ancienne de ces balises exotiques (Netscape 3 ?). Elle a provoqué nombre de crises de nerfs parmi les ayatollahs de l'époque. Elle se contente de faire &lt;blink&gt;clignoter&lt;/blink&gt; du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À part la faute de goût (c'est tarte et laid), elle ne provoque pourtant rigoureusement aucune incompatibilité. Au pire, le texte ne clignote pas... La belle affaire.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;bgsound&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette balise made in Microsoft Explorer permettait de faire jouer du son lors de la visite d'une page Web. Là encore, ça n'est pas catastrophique : si elle n'est pas comprise, le son n'est tout bonnement pas joué ; le son n'étant jamais indispensable à la visite d'une page Web, son absence n'est pas désastreuse. Supplantée immédiatement, de toute façon, par d'autres méthodes.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;marquee&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;marquee&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, également une création Microsoft, permettait de créer des bandeaux de texte défilant horizontalement. Balise aujourd'hui totalement oubliée, alors que, curieusement, elle fonctionne toujours sur les dernières versions de Microsoft Explorer et même sous Mozilla.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au pire, le texte s'affiche mais ne se déplace pas. Encore un scandale inutile.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;multicol&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette balise Netscape a totalement disparu. C'est amusant, parce qu'il n'en existe pas d'alternative simple aujourd'hui alors qu'elle pouvait avoir quelques usages pratiques. Il s'agissait simplement d'afficher du texte sur plusieurs colonnes, très simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Utilisée sur un long texte, il s'agit évidemment d'une faute impardonnable nuisant directement à la lisibilité d'une page (le multicolonnage d'un texte sur le Web est catastrophique : le bas des colonnes n'est pas forcément sur le même écran, verticalement, que le haut de la colonne où il faut reprendre la suite de la lecture). Mais à petites doses, c'était très pratique (par exemple pour présenter des listes &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;li&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; équilibrées).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et toujours rien de catastrophique : sans l'affichage en plusieurs colonnes, le texte s'affiche tout de même, dans une seule colonne. On peut imaginer pire en matière de rupture sauvage avec l'interopérabilité du HTML.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;et al.&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a eu quelques autres balises très spécifiques, mais elles ont fait couler peu d'encre. Notons que la pire (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;comment&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;), de Microsoft, destinée à remplacer les habituels commentaires HTML (celle-ci provoquant réellement des incompatibilités d'affichage graves), n'a jamais été réellement utilisée par les webmestres (qui ne sont tout de même pas totalement des imbéciles).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, du côté des balises exotiques, qui ont justifié de très nombreux discours sur l'explosion du Web, la perte de la compatibilité, la disparition de l'interopérabilité, il s'agissait essentiellement de détails sans réelle gravité. Soit parce qu'elle ne nuisait pas directement à l'interopérabilité, soit parce que, lorsqu'elles le faisaient, elles n'étaient tout bonnement pas utilisées (l'aspect &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;norme d'usage&lt;/i&gt; du HTML utilisé par des gens qui échangent entre eux des conseils d'utilisation).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les véritables problèmes du webmestre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certaines grosses innovations du HTML ont cependant provoqué des difficultés plus importantes.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Les tables de mise en page&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Netscape 3, en affinant les possibilités de Netscape 2, a introduit la possibilité de créer des tableaux (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;table&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;) dont on pouvait contrôler précisément l'apparence. Rapidement, il s'est agit de créer des tableaux « invisibles » (dont on ne voit pas les bordures) pour définir la construction graphique des pages. C'est, par exemple, la présentation « en colonnes » : à gauche une colonne de navigation dans le site, au centre un grande colonne affichant l'information principale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est encore, aujourd'hui, l'un des aspects du HTML les plus critiqués, et auquel il faudrait substituer l'utilisation des feuilles de style.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sauf que...
&lt;br /&gt;&#8212; cette façon de procéder est désormais unifiée dans tous les butineurs ; les affichages sont désormais identiques d'un logiciel à l'autre (la principale difficulté n'était pas de gérer l'absence des tableaux dans certains logiciels - ils ont rapidement été présents partout - mais des affichages et des possibilités très différents) ;
&lt;br /&gt;&#8212; le contrôle des tableaux avec les feuilles de style, depuis le HTML 4, permet de simplifier et unifier leur présentation tout en retrouvant un code « léger » ; la disparition de Netscape 4, notoirement bugué de ce côté, simplifiant encore les choses ;
&lt;br /&gt;&#8212; la mise en pages en tableaux ne provoque aucune incompatibilité, malgré tout ce qui s'est dit, avec les logiciels en mode texte (Lynx) ; &lt;br /&gt;&#8212; dans l'apprentissage du HTML, cette façon de procéder vient progressivement, après l'apprentissage des balises d'enrichissement typographique ; cela n'est certes pas évident, mais cela n'a rien à voir avec le difficulté conceptuelle de tout passer en feuilles de style ; comparativement, les tableaux sont très simples à comprendre et à mettre en place (on affiche de temps en temps les bordures - &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;border=&quot;1&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; - et on &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;patche&lt;/i&gt; son tableau ; à l'inverse, il faut concevoir la mise en forme avec les feuilles de style dès le début, et non par l'ajout de patchs successifs ; le résultat est peut-être plus propre, mais il y a là un niveau conceptuel supplémentaire qui introduit un saut énorme dans la courbe d'apprentissage des utilisateurs du HTML).&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Les frames&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le multi-fenêtrage a, lui aussi, provoqué de nombreuses crises de nerf. Considéré comme une hérésie, il conduisait à rendre ses pages totalement incompatibles avec la génération de butineurs précédente (en gros : Mosaïc). Sauf que, là encore, le problème n'était pas dans la définition de la balise elle-même, mais dans l'usage que certains en ont fait : dans la page de définition des fenêtres, la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;frameset&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; permettait d'inclure le code spécifique pour la navigation sans les frames.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, les frames ont rendu d'énormes services à tous ceux qui géraient des sites « à la main », statiques. Le rejet des frames concernait ceux qui, à l'époque, pouvaient bidouiller leur serveur, et utiliser les CGI pour construire des pages dynamiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'intérêt des frames est, en effet, de pouvoir gérer la navigation dans un fichier séparé unique, présent sur chaque page du site. L'ajout d'une nouvelle page d'information dans un site ne nécessitait, pour gérer la navigation, que la modification d'un seul fichier. Précédemment, ceux qui géraient leurs sites « à la main » devaient modifier plusieurs fichiers pour assurer la mise à jour du système de navigation de leur site.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, les frames sont plus ou moins rendues obsolètes par les outils permettant de créer des sites dynamiques, mêmes extrêmement simples (le code PHP pour inclure, sans fioritures, un fichier affichant une navigation commune dans une page HTML de contenu, est très accessible).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ces frames, si décriées, ont assuré à tous ceux qui n'étaient pas techniciens (parce que programmer ses pages en Perl, il fallait être sévèrement burné), qui ne disposaient pas d'un serveur personnel pour héberger son site, et/ou qui ne payaient pas un hébergement professionnel autorisant la manipulation des CGI, la possibilité de réaliser des sites de taille conséquente sans être poussé au suicide à chaque mise à jour du site.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notait déjà la différence de jugement : d'un côté des utilisateurs sans réelles compétences techniques, qui se forment sur le tas et créent des sites plutôt riches avec les outils du bord, et de l'autre des techniciens disposant de la formation et de l'accès aux machines, critiquant violemment la seule solution permettant de palier les limitations imposées au grand public.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; Javascript&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, la principale incompatibilité qui rendait dingues les webmestres ne venait pas du HTML lui-même, mais du langage Javascript, destiné à permettre un peu d'animation du côté du client.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En particulier : le Javascript sortait systématiquement bugué (à mort) chez Netscape, le Javascript de Microsoft Explorer était plus ou moins incompatible avec celui de Netscape, et celui de Mozilla est encore une autre version du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque le HTML 4 a tendu vers le DHTML, où les premières versions de Mozilla cotoyaient les dernières évolutions de Netscape 4 et l'impérial Microsoft Explorer, les choses les plus simples vous poussaient à ouvrir une fenêtre et à sauter en bas de l'immeuble.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mauvaise nouvelle : la situation n'a pas changé, et le W3C ne participe pas à la définition du Javascript. Quant aux nouveaux butineurs censés respecter à la lettre les normes, ils n'améliorent pas toujours la situation de ce côté (bugs, insuffisances, évolutions ; saut qualitatif important du Javascript entre les versions 1.2 et 1.3 de Mozilla ; butineurs qui utilisent des méthodes différentes pour se faire identifier par le serveur...).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML, sauveur de l'humanité&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour pallier tous ces prétendus problèmes monstrueux du HTML, il faudrait donc passer à une utilisation totalement stricte du XHTML (et, bientôt, carrément faire du XML/XSLT).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML, une norme claire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le XHTML aurait l'immense avantage, grâce à la définition centralisée de normes, d'être beaucoup plus clair. Inutile désormais de se compliquer avec des implémentations spécifiques du HTML, il suffit de consulter la norme unique du XHTML pour que ça fonctionne illico.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Première étape : choisir sa version du XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et là, bon courage. Voici, texto, &lt;a href=&quot;http://www.w3c.org/MarkUp/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ce que nous explique le W3C&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 is the first step and the HTML Working Group is busy on the next. XHTML 1.0 reformulates HTML as an XML application. This makes it easier to process and easier to maintain. XHTML 1.0 borrows elements and attributes from W3C's earlier work on HTML 4, and can be interpreted by existing browsers, by following a few simple guidelines. This allows you to start using XHTML now !
You can roll over your old HTML documents into XHTML using an Open Source HTML Tidy utility. This tool also cleans up markup errors, removes clutter and prettifies the markup making it easier to maintain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Three &quot;flavors&quot; of XHTML 1.0 :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 is specified in three &quot;flavors&quot;. You specify which of these variants you are using by inserting a line at the beginning of the document. For example, the HTML for this document starts with a line which says that it is using XHTML 1.0 Strict. Thus, if you want to validate the document, the tool used knows which variant you are using. Each variant has its own DTD - Document Type Definition - which sets out the rules and regulations for using HTML in a succinct and definitive manner.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 Strict &lt;/strong&gt;- Use this when you want really clean structural mark-up, free of any markup associated with layout. Use this together with W3C's Cascading Style Sheet language (CSS) to get the font, color, and layout effects you want.&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 Transitional&lt;/strong&gt; - Many people writing Web pages for the general public to access might want to use this flavor of XHTML 1.0. The idea is to take advantage of XHTML features including style sheets but nonetheless to make small adjustments to your markup for the benefit of those viewing your pages with older browsers which can't understand style sheets. These include using the body element with bgcolor, text and link attributes.&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 Frameset&lt;/strong&gt; - Use this when you want to use Frames to partition the browser window into two or more frames.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;The complete XHTML 1.0 specification is available in English in several formats, including HTML, PostScript and PDF. See also the list of translations produced by volunteers.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois versions différentes, c'est chouettos, non ? Mais tout cela est déjà dépassé, la prochaine étape est prête, il s'agit du XHTML 1.1 :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.1 - Module-based XHTML&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;This Recommendation defines a new XHTML document type that is based upon the module framework and modules defined in Modularization of XHTML. The purpose of this document type is to serve as the basis for future extended XHTML 'family' document types, and to provide a consistent, forward-looking document type cleanly separated from the deprecated, legacy functionality of HTML 4 that was brought forward into the XHTML 1.0 document types.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;This document type is essentially a reformulation of XHTML 1.0 Strict using XHTML Modules. This means that many facilities available in other XHTML Family document types (e.g., XHTML Frames) are not available in this document type. These other facilities are available through modules defined in Modularization of XHTML, and document authors are free to define document types based upon XHTML 1.1 that use these facilities (see Modularization of XHTML for information on creating new document types).
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Evidemment, les vieilles documentations qui vous expliquent pas à pas comment ajouter la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;html&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, puis &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;body&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, puis des paragraphes, puis du gras et de l'italique, puis des images, deviennent soudainement totalement ringardes comparées à ce déferlement de novlangue pour diplômés en informatique. (Et je n'exagère pas : il s'agit du texte de présentation du HTML, celle immédiatement accessible lorsqu'on suit le lien « HTML » depuis la page d'accueil du W3C ; il ne s'agit pas d'une page réservée aux cracks du XML.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous pensiez vous en sortir en restant sagement au HTML 4, détrompez-vous : &lt;br /&gt;&#8212; il n'existe pas de HTML 4, mais du HTML 4.01 ;
&lt;br /&gt;&#8212; d'après le W3C Validator, vous devez choisir entre le HTML 4.01 Strict, Transitional ou Frameset ;
&lt;br /&gt;&#8212; essayez de trouver rapidement les différences entre ces trois versions dans la page de &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/html401/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;spécification du HTML 4.01&lt;/a&gt; du W3C.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À l'évidence, le XHTML n'est pas destiné à être utilisé et appris par le grand public (celui-là même qui a appris le HTML depuis des années, assurant au Web sa nature d'outil d'autopublication et de partage).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La perte de compatibilité et de souplesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tenez-vous bien : pour prétendre rendre le HTML plus compatible avec tout, la notion de compatibilité descendante est abandonnée : le terme le plus présent dans les documentations du W3C est : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;deprecated&lt;/i&gt; ». L'autre terme est « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;compliant&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une balise ancienne peut désormais être définie comme « deprecated » (obsolète). La rupture de principe est flagrante : la compatibilité descendante n'existe plus, d'une version à l'autre du HTML il faudrait abandonner certaines balises, sauf à se manger un méchant message d'insulte de la part du W3C Validator.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La syntaxe de vos pages doit, dans la même logique, être « compliant » (conforme). Autre rupture : là où les balises HTML non comprises par un butineur étaient purement et simplement ignorées, il faudrait croire désormais que le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;parser&lt;/i&gt; XML va prendre feu en cas d'erreur. La souplesse qui rendait le HTML si facile à utiliser devrait donc être remplacée par un langage intransigeant n'offrant aucune tolérance à l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'apprentissage du XHTML seraient donc celui d'un langage rigide, complexe et n'acceptant pas les bidouilles. La construction des pages par patchs successifs, qui est la méthode simple pour apprendre soi-même le HTML, est bloquée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'accessibilité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la nouvelle théologie des adorateurs du dieu W3C, l'argument le plus courant justifiant l'abandon du HTML est de faciliter l'accès aux pages Web aux non-voyants. Soyons clair : c'est une tarte à la crème.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pages HTML, mêmes complexes, étaient déjà accessibles, pour peu que le webmestre s'en donnait la peine. Et l'adoption du XHTML, avec une stricte séparation des contenus et des feuilles de style de l'affichage, ne résout pas grand-chose. De la même façon que certains usages du HTML rendaient la lecture difficile en mode texte, il est tout à fait possible de fabriquer des pages en XHTML strict pénibles à consulter par un non-voyant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux exemples classiques le démontrent.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; La mise en page en tableaux&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Construire graphiquement sa page en tableaux constituerait un obstacle infranchissable pour une consultation en mode texte. À l'inverse, tout passer en feuilles de style résoudrait le problème.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'est-ce qui cloche réellement dans la mise en page en tableaux ? Il s'agit de l'habitude qui consiste à farcir la colonne de gauche d'une foultitude d'informations relativement accessoires pour la navigation, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;puis&lt;/i&gt; à coder le texte à droite. Cela se fait ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;center&gt; &lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche&lt;/td&gt; &lt;td&gt;&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt; &lt;/center&gt; &lt;/p&gt;
&lt;form action=&quot;/&quot; method=&quot;get&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='5' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche&lt;/td&gt; &lt;td&gt;&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui, sur un butineur en mode texte, donne l'affichage :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'accès à l'information essentielle (le texte de droite) est rendu pénible par le fait qu'il faut se cogner, auparavant, le lecture des 40 lignes inutiles de la colonne de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faudrait donc passer en feuilles de style, ce qui permettrait de coder dans la page d'abord les informations essentielles, puis les éléments accessoires après. De cette façon, dans un butineur en mode texte, l'information serait hiérarchisée de manière plus évidente et l'accès à l'information vitale rendu immédiat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais :
&lt;br /&gt;&#8212; on peut déjà réaliser cela avec les tables ;
&lt;br /&gt;&#8212; le problème est rigoureusement le même en XHTML : si on ne conçoit pas sa page en « inversant » la suite du code de son affichage à l'écran (l'information accessoire, qui apparaît au début grâce aux feuilles de style, apparaît en réalité après dans la programmation des pages et donc dans l'affichage en mode texte), la question n'est pas du tout réglée par la magie du respect des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici par exemple le même tableau, codé toujours avec les &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;table&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;center&gt; &lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;/td&gt; &lt;td rowspan=&quot;2&quot;&gt;&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt; &lt;/center&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;codé ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;form action=&quot;/&quot; method=&quot;get&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='8' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;table&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;/td&gt; &lt;td rowspan=&quot;2&quot;&gt;&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/table&gt;&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;et affiché en mode texte de cette façon :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;b&gt;Le texte réellement utile&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
40&lt;br /&gt; lignes&lt;/br /&gt; inutiles&lt;br /&gt; à gauche
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On obtient bien l'inversion nécessaire à une présentation adaptée au mode texte, où l'information essentielle est immédiatement accessible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'amateur de XHTML strict, s'il code toujours selon la logique « de gauche à droite, de haut en bas » (naturelle), commettra la même erreur, avec du code pourtant « compliant » :&lt;/p&gt;
&lt;form action=&quot;/&quot; method=&quot;get&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='1' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;&lt;div class=&quot;colonne-gauche&quot;&gt;40 lignes inutiles&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;colonne-droite&quot;&gt;Le texte réellement utile&lt;/div&gt;&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit bien de XHTML, tout aussi pénible à consulter en mode texte que les tableaux du HTML.&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; L'utilisation des enrichissements typographiques pour structurer la page&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dès Netscape 2, affinée par Netscape 3, l'utilisation de la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;font…&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; a permis à de nombreux webmestres de suggérer la structure de leur document sans plus utiliser les codes &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h1&gt;, &lt;h2&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;... qui définissent bien la structure. Pour afficher un titre, certains ont utilisé l'indication de tailles de caractères plutôt que l'indication permettant de structurer le document (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h1&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; ne se contente pas de mettre le texte en grande taille et en gras, mais aussi indique qu'il s'agit d'un titre de premier niveau).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du coup, avec un butineur en mode texte, rien n'indique que tel élément est un titre, parce que l'information n'est plus présente dans le code.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/PERSO108.jpg' width='425' height='283' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Validator ? Moi jamais !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Pour Monique, le XHTML tel qu'on veut désormais l'imposer détruit totalement cette courbe d'apprentissage très progressive. &quot;J'espère l'éviter à mes enfants&quot;, ajoute-t-elle.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, le XHTML, même « strict », n'implique pas que les webmestres vont conserver des éléments clairs de structuration. Il suffit de coder des feuilles de style définissant l'enrichissement typographique sans mention de la structure classique des documents (coder un CSS « .montitre » et ne pas coder les titres avec &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h1&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui a permis d'obtenir à la fois le contrôle typographique personnalisé et l'utilisation des balises de structuration, c'est l'introduction des CSS dans le HTML 4.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici encore, ça n'est pas la norme elle-même qui est en cause, appliquée de manière plus ou moins stricte, mais l'usage qu'en font les webmestres. On peut faire du HTML - et même, du HTML pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;compliant&lt;/i&gt; - très joli et qui respecte la structure du document pour une navigation en mode texte, et du XHTML respectant scrupuleusement les spécifications de la norme, mais pénible à visiter en mode texte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Remarque perfide.&lt;/i&gt; On pourrait aussi signaler que poster deux cent fois le même message inutile sur les listes de diffusion nuit largement plus à l'accès à l'information par les malvoyants, dont la vitesse de lecture est nettement ralentie, que des pages qui se consultent parfaitement sous Lynx sans respecter la dernière recommandation à la mode...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Interopérabilité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se contentera de demander en quoi un système basé sur des parsers intolérants avec des versions du langage perdant la compatibilité avec les versions précédentes serait plus « interopérable » qu'un langage souple et tolérant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nécessité réelle d'un système séparant le fond et la forme tout en présentant l'information structurée au public est développée dans le paragraphe suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Séparer le fond et la forme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le XHTML revient, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;non pas parce qu'il utilise les recommandations chipoteuses du W3C Validator, mais uniquement lorsqu'il est utilisé d'une manière très spécifique&lt;/i&gt;, au principe de balises de structuration logique associées à des tables de mise en pages. Autrement dit, il facilite la stricte séparation du fond et de la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'évolution annoncée (à mon avis totalement mort-née) poussera cette logique encore plus loin : du XML contenant non seulement la structure logique des pages, mais du site lui-même ; une DTD personnalisée définira la liste des éléments logiques autorisés ; un ensemble de règles de mise en page (XSLT stylesheet) permettra ensuite de présenter à partir du fichier XML les documents au public. Du HTML on sera passé au XHTML puis &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Style/XSL/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;au couple XML/XSLT&lt;/a&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb24&quot; name=&quot;nh24&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[24] Piotrr me fait remarquer que, après la vague d'intégristes du XHTML (...)&quot;&gt;24&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sauf que : on s'en fout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/PERSO174.jpg' width='425' height='281' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Un problème de société&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Caroline (à gauche sur la photo) : Dès Netscape 2, affinée par Netscape 3, l'utilisation de la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;font…&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; a permis à de nombreux webmestres de suggérer la structure de leur document sans plus utiliser les codes &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h1&gt;, &lt;h2&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;... qui définissent bien la structure.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelle est l'utilité réelle de séparer totalement le fond de la forme sur des pages Web présentées au public ? Quelle est l'utilité réelle consistant à pouvoir extraire de mes pages une information structurée ? Au passage, est-ce que j'aurais raté la nouvelle loi abolissant totalement les droits d'auteurs sur le réseau ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la pratique, l'échange d'informations complètes et structurées se fait sur les informations que l'on accepte d'échanger, et à la condition que les structures soient invariantes d'un site à l'autre (ce qui n'a rigoureusement aucune raison d'être le cas - et tant mieux !). Le besoin réel est donc extrêmement restreint.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Surtout, c'est déjà le cas sur tous les sites utilisant des systèmes de publication de sites dynamiques : l'information est déjà stockée sous une forme structurée dans une base de données, et elle est extraite pour créer les pages fournies aux visiteurs. Inutile, alors, de s'astreindre à une stricte séparation du fond et du contenu sur les pages affichées publiquement, alors qu'on peut fournir par ailleurs des pages extrêmement simplifiées graphiquement (et même : aucun graphisme). C'est par exemple le cas des fichiers de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;backend&lt;/i&gt; fabriqués par ces systèmes : on peut bien faire des sites graphiquement exubérants mélangeant allègrement le fond et la forme, l'extraction et l'échange d'informations se fait par une autre page, effectivement dans un format XML, mais sans s'enquiquiner à faire de la mise en forme graphique. (La sauvegarde et l'exportation des contenus des bases de données grâce au format XML, et par exemple en passant par SOAP, semblent prometteuses ; mais elles ne concernent en rien le public qui réalise des sites Web, ni ne requiert d'abandonner le HTML.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, l'exploitation d'une même source de contenu pour la distribuer sur différents supports mériterait un autre article : il est à la mode de prétendre que l'évolution logicielle mènera à créer automatiquement, à partir d'une même source, plusieurs supports (presse, audiovisuel, multimédia...). Je vous livre mon avis sans développer : c'est une vue de l'esprit destinée uniquement à vendre de nouvelles versions des logiciels (par exemple, si vous coupez l'image de la télé, ça ne vous fait pas une émission de radio...).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Avant tout : privilégier l'apprentissage&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'avantage fondamental du HTML est non seulement sa relative simplicité, mais surtout sa courbe continue d'apprentissage. On commence simplement et, par l'autoformation, on finit par atteindre un très bon niveau de compétence sans avoir rencontré de difficultés conceptuelles bloquant l'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Classiquement, on procède par étapes :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; les balises fondamentales et simples : &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;html&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;body&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;..., &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;p&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;b&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;i&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;... ; dès ces rudiments il est possible de publier de l'information ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; rapidement on apprend les balises supplémentaires permettant, en gros, de tout faire (tableaux à l'intérieur des textes, listes...) ; dans le même temps on fait joujou avec un nombre de plus en plus conséquent d'attributs ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; une étape est franchie lorsqu'on comprend le principe des tableaux de mise en page (tableaux invisibles permettant de créer des alignements de colonnes) ; il y a là un saut dans l'apprentissage du HTML, mais tenant plus d'une utilisation graphique que de l'apprentissage de nouvelles balises ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; progressivement on affine et simplifie son code avec des feuilles de style (HTML 4) ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; à la longue on parvient à séparer plus nettement les feuilles de style et le contenu, ce qui effectivement permet d'obtenir un code plus « propre », plus léger...&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Très souvent, au cours de cette progression d'apprentissage, on se met à bidouiller en JavaScript, on s'initie au PHP...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le point essentiel, ici, est l'aspect très linéaire de la progression, dans la logique des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;patchs&lt;/i&gt; : on commence par les balises les plus rudimentaires, et on enrichit progressivement le savoir par l'ajout progressif de nouveaux « trucs ». Seuls le passage aux tableaux de mise en page et aux classes de feuille de style représentent des ruptures conceptuelles dans cette progression, mais elles sont amenées comme réponses à des besoins réels issus de sa propre expérience (donc beaucoup plus facile à comprendre, et avec une forte motivation pour faire l'effort de leur apprentissage).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À l'inverse, le XHTML tel qu'on veut désormais l'imposer détruit totalement cette courbe d'apprentissage très progressive. Il faut, dès le début, attaquer par la dernière étape : apprendre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ab initio&lt;/i&gt; les caractéristiques des feuilles de style (sans être passé par l'expérience personnelle de la conversion de besoins graphiques réels - bordures, espacements... - qui en donne naturellement le sens) et comprendre dès le début l'abstraction que sont les feuilles de style séparées.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a donc plus de méthode « naturelle » d'apprentissage pour un système tel que le XHTML « strict ». Gros avantage évidemment : seuls les professionnels de la profession qui sont allés à l'école pourront réaliser des sites Web.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui nous ramène à la justification habituelle de l'application stricte et rigide des normes : interdire l'accès aux nouveaux entrants en affichant un alibi de qualité.&lt;/p&gt;</description>
		<author>ARNO*</author>
		<dc:date>2003-09-28T21:42:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Ajouter un type de document</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2002.html</link>
		<date>2003-08-20 14:06:39</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la version &lt;font color=&quot;green&quot;&gt;[SPIP 1.4]&lt;/font&gt;, il est possible d'installer des documents joints aux articles (et, en option, aux rubriques).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour des raisons de sécurité&lt;/i&gt;, SPIP n'autorise pas l'installation de n'importe quels types de documents. En effet, permettre l'installation de documents sur un serveur distant à partir d'une interface Web peut poser de sérieux problèmes de sécurité. C'est pourquoi cette liste d'autorisations existe, et pour cette même raison SPIP ne propose pas d'interface pour modifier cette liste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/joindre-doc.gif' width='450' height='312' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le pavé permettant de joindre un document&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Ce pavé affiche systématiquement la liste complète des types de documents autorisés (ici dans l'encadré clair).&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme vous pouvez le constater, la liste des types de fichiers autorisés est déjà relativement fournie, et nous l'enrichissons régulièrement lorsque le besoin est exprimé sur les listes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de poursuivre, prenez le temps de bien lire ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Cette manipulation est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;potentiellement dangereuse&lt;/i&gt; et peut introduire un énorme trou de sécurité dans votre site. Certains formats de fichiers (exécutables sur le serveur) ne doivent surtout pas être acceptés. En particulier, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;n'acceptez jamais l'installation de fichiers de type PHP&lt;/strong&gt; (.php, .php3...) sur votre site, la sécurité de votre site serait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;totalement compromise&lt;/i&gt;. N'hésitez pas à vous renseigner avant d'ajouter des types de fichiers.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Volontairement, nous n'avons pas installé dans SPIP d'interface pour modifier la liste des types de fichiers autorisés. Cela pour réserver cette modification aux utilisateurs confirmés. Pour effectuer la manipulation, vous devez utiliser un gestionnaire de base de données (par exemple : phpMyAdmin). Or s'attaquer directement à la base de données de SPIP « à la main » (sans utiliser l'interface et les automatismes de SPIP) est potentiellement destructeur pour votre site. Si vous ne savez pas exactement ce que vous faites, ne le faites pas. Si vous n'avez pas l'habitude de phpMyAdmin, ne l'utilisez pas sur la base de SPIP. Dans tous les cas, effectuez une sauvegarde de votre site SPIP avant de procéder à des interventions manuelles dans la base.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Accessoirement, l'ajout d'un type de fichier ne se justifie que si les visiteurs de votre site peuvent utiliser (« lire ») ce type de fichier. Utiliser un format de fichier que l'on ne peut lire qu'avec un logiciel ultra-spécialisé sur un site grand public n'a pas vraiment de sens. Avant d'ajouter un type de fichier, vérifiez qu'il peut bien être utilisé par vos utilisateurs (notamment : lecteur ou plug-in gratuit et facile à installer ; ce format est-il lisible sur tous les ordinateurs, Mac, PC, Linux... ?).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Pour toutes ces raisons, nous insistons sur le fait que &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;cette manipulation ne doit être effectuée qu'en parfaite connaissance de cause&lt;/strong&gt;. Si vous avez des doutes, renseignez-vous auprès de personnes compétentes ou, plus simplement encore, convertissez vos fichiers dans un format déjà autorisé et largement répandu (par exemple, un document FrameMaker ne pourra pas être lu directement par le grand public ; s'il s'agit simplement de diffuser son contenu, vous pouvez aussi bien en faire un fichier PDF directement téléchargeable par vos visiteurs plutôt que de vouloir ajouter le type « FrameMaker » dans la liste des fichiers autorisés par SPIP).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;* *&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ajouter un type de fichier autorisé sur votre site sous SPIP, utilisez phpMyAdmin (ou tout logiciel équivalent) pour accéder à la gestion de la base de données.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il vous faut ajouter un nouvel élément dans la table &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;spip_types_documents&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/jpg/ajouter-doc.jpg' width='450' height='95' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Quelques types de documents dans phpMyAdmin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;id_type&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Laissez ce champ vide. La numérotation des &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;id_type&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; est effectuée automatiquement par mySQL.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;titre&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Indiquez ici le nom du type de fichier (souvent il s'agit du nom du programme qui permet de créer et lire ce type de fichier). Choisissez un nom court et aussi générique que possible. Sur un site multilingue, prenez soin à ne pas utiliser un titre propre à une langue (par exemple, un visiteur anglophone ne sera pas tellement intéressé par un fichier indiqué comme étant une « image vectorielle pour Illustrator » ; on se contentera donc d'indiquer « Adobe Illustrator »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;descriptif&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Laissez vide ; ce champ n'est pas utilisé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;extension&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Ce champ est le plus important : c'est là qu'on indique le type de fichier identifié par son extension. Par exemple, « rm » et « ram » pour du Real, « pdf » pour un fichier Acrobat PDF, « gif » pour une image au format GIF...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;mime_type&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Laissez vide ; ce champ n'est pas utilisé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;inclus&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Le choix est laissé entre : « embed », « non », « image ». Prenez bien soin à effectuer ici le bon choix (c'est très important pour le bon fonctionnement de votre site) ; il détermine de quelle manière ce type de document sera « appelé » dans votre site pour être présenté aux visiteurs :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; « non » : ce type de fichier ne peut pas être inclus directement &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;à l'intérieur&lt;/i&gt; d'une page HTML ; on ne peut que le présenter au travers d'un lien hypertexte. Par exemple, un fichier PDF ne peut pas être affiché à l'intérieur d'une page HTML : le seul moyen de le joindre est de créer un lien hypertexte permettant d'ouvrir le fichier dans une nouvelle fenêtre (ou de le télécharger sur le disque dur du visiteur) ; un fichier de type « pdf » se voit donc attribuer le champ &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;inclus&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; fixé à « non » ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; « embed » : ce type de fichier peut-être directement affiché à l'intérieur d'une page HTML où il sera lu grâce à une extension du butineur (plug-in...). C'est le cas de la majorité des formats multimédia utilisés sur le Web : Flash, Shockwave, films vidéo... &lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; « image » : il s'agit de formats d'image affichés directement dans la page HTML sans extension particulière (avec le code HTML &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;img src=...&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;). A priori, vous n'aurez pas besoin d'ajouter de tels types de fichiers, la liste fournie par SPIP étant déjà exhaustive. (Notez bien : certains formats d'images réalisés avec des logiciels de « dessin » ne peuvent pas être affichés directement en tant que « image » et nécessitent une extension pour être lus ; de tels formats seront alors « embed », voire « non ».) &lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;upload&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Indique que vous autorisez l'installation de ce type de fichier via l'interface Web de SPIP. On choisit donc « oui ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;maj&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;. Ce champ est géré automatiquement par SPIP. Laissez vide.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;* *&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette opération effectuée, vous pouvez créer une nouvelle icone (vignette de prévisualisation) correspondant à ce type de fichier. Pour assurer la cohérence graphique avec les icones livrées par défaut avec SPIP, cette vignette aura une taille d'environ 48 pixels de large et 52 pixels de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous pouvez utiliser tout type de format (GIF, PNG, JPG) ; préférez un format autorisant un fond transparent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le nom de votre fichier sera formé ainsi :&lt;/p&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; l'extension du type de fichier autorisé ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; le format graphique de cette vignette (« .gif », « .png »...) ;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; par exemple, une vignette sauvegardée en PNG, créée pour le format PDF, sera nommée : « pdf.png ».&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; N.B. Les noms se terminant par « -dist » sont réservés aux fichiers distribués avec SPIP. Ainsi, n'utilisez pas le nom « pdf-dist.png », ce nom est réservé au fichier créé par les développeurs de SPIP ; si vous utilisez tout de même ce nom, votre fichier risque d'être écrasé lors de votre prochaine mise-à-jour de SPIP.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Cette vignette s'installe par FTP dans le dossier &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;/IMG/icones&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2003-08-20T12:06:39Z</dc:date>
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