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	<title>uZine 3</title>
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		<title>uZine 3</title>
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		<item>
		<title>Le HTML dans le potage</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2143.html</link>
		<date>2005-05-23 02:01:58</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Commençons par un constat : un petit tour sur le site &lt;a href=&quot;http://www.coolhomepages.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Cool Homepages&lt;/a&gt;, qui sélectionne depuis des années des sites selon la beauté et l'originalité de leur graphisme et/ou de leur navigation (cela étant évidemment subjectif), devrait terrifier les amateurs de standards ouverts : quasiment tous les sites sélectionnés sont désormais réalisés en Flash. Le choix du graphiste serait donc, pour la réalisation d'un beau site, un format propriétaire, alors même qu'on nous vante un XHTML arrivé à maturité ? Cela devrait tout de même inquiéter... Le même constat peut être fait sur toutes les pages de sélection de « beaux » sites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela est très paradoxal : depuis l'année 2000, les recommandations pour les nouvelles normes sont publiées et les navigateurs grand public ont largement eu le temps de les intégrer. Pourtant, le HTML semble planté en rase campagne, utilisé pour faire du Web à papa, les navigations rigolotes étant désormais réalisées avec Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout un discours s'est développé autour des nouvelles normes, basé sur des dogmes pinailleurs et tâtillons, introduisant une rupture avec l'ancien HTML ; et pourtant, on se retrouve aujourd'hui à attendre désespéremment des « innovations » qui viendront récompenser nos efforts vers la « compliance ». Il serait bon, en effet, qu'on s'amuse autant avec le XHTML bien propret du docteur W3C qu'avec le HTML tout pourri dont nous gratifiaient les versions successives de Netscape 2, 3 et 4...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/ANIMX062.gif' width='400' height='602' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Des effets étonnants sur l'écosystème&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;La normlisation programmée des Css a coïncidé avec l'apparition d'une nouvelle espèce d'écureuil mutant (du désert), pris ici sur le vif en Arizona.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;CSS&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Commençons par la technique qui a le plus apporté au HTML, pour en dire du bien, mais aussi pour pointer les limites et les aberrations de choix dogmatiques dans la définition des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les styles (regroupés en feuilles de styles : CSS) ont été &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Style/CSS/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;normalisés dès 1998&lt;/a&gt; : il s'agit de séparer d'un côté le contenu structuré de l'information (indiquer que ceci est un titre, ceci est le texte principal du document, ceci est une liste de liens de navigation...) et, d'un autre côté, dans les feuilles de style, la présentation graphique de cette information (je veux présenter les titres de telle manière, dans telle taille, avec tel espacement au-dessus et en dessous, je veux que mon texte apparaisse à tel endroit de telle façon, je veux que les liens s'affichent de telle manière...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est, pour l'essentiel, une belle réussite. Non seulement parce que l'on peut faire tout ce que l'on faisait auparavant avec un code plus lisible (donc plus facile à modifier par le webmestre), plus rapide à charger (les styles sont des fichiers communs à plusieurs pages, donc ne sont pas téléchargés pour chaque page), mais aussi parce que, de plus, on peut faire ce qui était difficile ou impossible auparavant (contrôle typographique beaucoup plus fin, interface différente pour la même page selon le support &#8212; principalement, selon que l'on voit la page sur l'écran d'un ordinateur ou qu'on l'imprime...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, pour peu que les CSS soient présentées sans dogmatisme (comme confondre l'utilisation des CSS et le passage à un XHTML ultra-compliant), elles s'intégrent dans la courbe d'apprentissage normale d'un webmestre sans trop de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les bienfaits des CSS sont largement détaillés par ailleurs, inutile de trop développer ici. Consacrons-nous à une tâche un peu plus originale : en dire du mal !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les CSS souffrent d'un dogme originel : les CSS ne doivent pas devenir un langage de programmation. Cette volonté est très discutable (ce que nous allons faire immédiatement), et fait apparaître des limites dans leur utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe des sélecteurs et des pseudo-classes qui permettent d'appliquer (au moins sous Mozilla-Firefox) &lt;a href=&quot;http://www.quirksmode.org/css/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des styles de manière intéressante&lt;/a&gt;. Cependant, on obtient des syntaxes très complexes pour des possibilités très limitées. Par exemple, on peut définir le style de la première lettre du premier paragraphe qui suit la fermeture d'un intertitre, ainsi que la première lettre du premier paragraphe d'un texte. C'est assez amusant à faire, d'autant que la définition du style est interminable (ici pour une page générée avec SPIP) :&lt;/p&gt;
&lt;form action=&quot;/&quot; method=&quot;get&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='1' class='spip_cadre' dir='ltr'&gt;div.principal&gt;p.spip:first-child:first-letter { ... } h3.spip+p.spip:first-letter { ... }&lt;/textarea&gt;&lt;/div&gt;&lt;/form&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, vous n'avez pas accès à la seconde lettre du paragraphe, vous ne pouvez pas définir un style qui s'appliquerait à une ligne de tableau sur deux, vous ne pouvez pas tester si la première lettre est un guillemet ouvrant, auquel cas vous souhaitez appliquer le style, également, à la deuxième lettre (pour faire une belle lettrine), vous ne pouvez pas réduire la taille du texte en fonction du nombre de caractères, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le but d'éviter que les CSS ne deviennent un langage de programmation, leurs concepteurs se sont visiblement astreints à des limitations très importantes. &lt;br /&gt;&#8212; Il n'y a pas de syntaxe pour des alternances, ou de positions relatives dans la structure (une occurence sur deux, la seconde occurence sur trois, l'avant-dernière occurence...).
&lt;br /&gt;&#8212; Il n'est pas possible d'appeler une définition depuis une autre définition, ce qui oblige à des doublons dans les définitions : par exemple, on définirait un style « police-helvetica », un style « taille-10 », et dans une autre définition on pourrait indiquer qu'on intègre les styles « police-helvetica » et « taille-10 », que l'on panacherait avec un fond coloré, etc. &lt;br /&gt;&#8212; On manipule sans cesse des nombres et des dimensions dans les CSS (taille des caractères, espacements, couleurs RVB...), mais il n'existe aucun outil pour les manipuler ; il n'existe en particulier pas de « variables » réutilisables à différents endroits.
&lt;br /&gt;&#8212; Les choix conditionnels sont quasiment inexistants (limités à quelques pseudo-classes à la syntaxe très limitée ; les conditions ne se trouvent d'ailleurs pas à l'intérieur des définitions elles-mêmes). On ne peut pas, par exemple, utiliser telle couleur si l'environnement du style est dans telle taille de caractère, et telle autre couleur si le fond sur lequel il s'applique est de telle couleur. Voici un automatisme que l'on se condamne à réaliser « à la main », alors qu'il pourrait être pris en charge par les CSS : plaçons une image au début d'un paragraphe ; si cette image est de petite taille, il sera graphiquement avantageux de la faire « habiller » par le texte (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;float&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;) ; si elle est d'une grande largeur, il faut la sortir du paragraphe et ne pas l'habiller avec le texte, sinon on aurait des lignes trop courtes pour que le texte soit élégant (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;display:block&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;).
&lt;br /&gt;&#8212; Et aucune de ces limitations ne peut être résolue par le recours à Javascript dans les définitions des styles, puisqu'il n'est pas prévu de déclencher du javascript depuis les feuilles de style.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, c'est pire : il existe une solution partielle mais puissante. Ce sont les &lt;a href=&quot;http://msdn.microsoft.com/workshop/author/dhtml/reference/properties/behavior_1.asp&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« comportements »&lt;/a&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;behaviors&lt;/i&gt;), et les « expressions » de Microsoft Explorer. Les comportements ne semblent pas avoir dépassé le stade de &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/1999/WD-becss-19990804&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« working draft » du côté du W3C&lt;/a&gt; (août 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces particularités de Microsoft Explorer sont très utilisées, bien que peu connues : elles sont habituellement utilisées pour combler les manquements de ce logiciel à la norme (les webmestres les considèrent quasiment comme des « hacks » pour faire « salement » ce que Mozilla ferait « proprement ») ! On les utilise pour lui faire accepter un « max-width » ou utiliser la transparence alpha d'une image au format PNG 24. Leur utilisation ne peut malheureusement que se limiter à cela puisque, ces éléments n'étant pas définis par une norme (encore une fois : il s'agit visiblement d'éviter à tout prix que les CSS ne ressemblent à un langage de programmation), il ne sont pas intégrés et il n'en existe pas d'équivalent dans les autres navigateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour illustrer ce propos, il est intéressant de consulter &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;une page du CSS Zen Garden&lt;/a&gt;. Je vous invite à afficher de code source de cette page.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Pour permettre aux graphistes de définir des rendus graphiques différents pour le premier, le second et le troisième paragraphe d'un groupe de paragraphes, chaque paragraphe utilise une classe différente (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;class=&quot;p1&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p2&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p3&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;). Cela parce qu'il n'est pas possible, dans les feuilles de style, d'appeler « le deuxième paragraphe par le groupe », ou bien « le dernier paragraphe ». On a donc une page codée pour un usage spécifique, usage non généralisable (que se passe-t-il s'il y a une classe &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&quot;p7&quot;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; non prévue par le graphiste ?), destiné à contourner une limitation des CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Chaque grande partie du document bénéficie d'un identifiant (« &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;id&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; ») unique. Ce qui permet de traiter différemment chaque bloc, mais en même temps rend les possibilités de généralisation et d'automatisation impossibles. Si CSS Zen Garden change le contenu de ses pages, ou veut ajouter une deuxième page d'exemple, tous les CSS doivent être redéfinis (ce qui n'est vraiment pas l'idée derrière les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le code de &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/162/162.css&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la feuille de style&lt;/a&gt; contient d'innombrables doublons, que ce soit pour des définitions de marges, mais aussi pour des définitions de couleurs. Certes cela aurait pu être codé différemment mais, comme indiqué, la norme pousse assez facilement les webmestres à définir différentes classes avec les mêmes éléments. Si le code HTML est, lui, très lisible et assez facile à « maintenir », la feuille de style ne l'est pas (c'est, dans la pratique, une conséquence très fréquente de la syntaxe des CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Les intertitres, très jolis par ailleurs, sont réalisés avec des images (par exemple : « &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/162/req-title.jpg&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Requirements&lt;/a&gt; ». Ces images sont appelées par les feuilles de style, ce qui permet d'en changer en fonction de chaque feuille de style (les images ne sont pas codées directement dans le HTML). Cependant, leur appel est défini « à la main » dans la classe de chacun des intertitres. Cette méthode ne peut absolument pas être automatisée. Or, on pourrait imaginer que la définition générale des intertitres contienne l'appel à un script fabriquant lui-même cette image à partir du texte contenu dans l'intertitre (pour « &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;Requirements&lt;/h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; », la définition de « &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; » pourrait spécifier que le fond est une image fabriquée par un script transformant le texte en image typographique, à partir du texte compris entre ces balises, c'est-à-dire « Requirements »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces limitations font que, dans la pratique, il est très difficile de réellement séparer le fond et la forme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Comme le code source de CSS Zen Garden le montre, c'est une démonstration non généralisable (pas « exportable »), parce que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'encodage est directement lié à l'effet recherché&lt;/i&gt;. On a à la fois des lourdeurs (un classe différente pour chaque paragraphe) et des définitions complètement liées au contenu de la page (on définit le style de tel intertitre ; ce qui, ici, donne l'effet très paradoxal suivant : on peut changer la feuille de style de la page de démonstration, mais on ne peut pas changer la page de démonstration elle-même ; le système tel qu'il est ainsi conçu, pour un vrai site (au sens : un site avec des contenus différents dans différentes pages), exigerait de définir une feuille de style différente pour chaque page du site Web !). On se retrouve souvent face à cette difficulté : il faut réellement coder ses pages d'une certaine façon pour parvenir à les contrôler finement avec des CSS ; une page Web vraiment très simple, avec une utilisation très logique et très simple (on pourrait dire « saine ») des classes, sera, justement, difficile à contrôler très finement avec les CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; L'utilisation principale de Javascript est le contrôle de l'interactivité, c'est donc une utilisation graphique. Javascript permet d'ailleurs, désormais, d'accéder simplement et de façon très standardisée, aux éléments contenus dans une page (DOM/Javascript). Or, en refusant par principe de lier les CSS et Javascript, on condamne les webmestres à des solutions bancales.
&lt;br /&gt;&#8212; La plupart des effets « de survol » sont codés dans les pages HTML par des « onMouseOver » et des « onMouseOut » qui déclenchent des fonctions Javascript nommées dans la page Web ; de fait, on se retrouve une fois de plus à devoir encoder directement l'interactivité à l'intérieur de la page Web, plutôt que de faire gérer cela par les CSS (selon la même logique que les &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;:hover&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; des CSS). Ainsi on constatera que les CSS Zen Garden sont très statiques, puisqu'il n'est pas possible de définir des comportements Javascript à l'intérieur des différentes feuilles de style.
&lt;br /&gt;&#8212; Pour éviter l'insertion de code à chaque balise du code, on peut tenter d'« atteindre » en Javascript certaines balises (par exemple, remplacer automatiquement des intertitres &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;h3&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; par leur image typographique, on se trouve contraint à utiliser &lt;a href=&quot;http://www.shauninman.com/mentary/past/ifr_revisited_and_revised.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des scripts très lourds&lt;/a&gt; (et, surtout, complexes). &lt;br /&gt;&#8212; Beaucoup d'éléments de mise en page peuvent avantageusement profiter de calculs, les dimensions, positions et espacements se définissant en fonction des dimensions d'autres éléments de la page. Là encore, on est condamné à des scripts très lourds et inutilement complexes. Voici un exemple de tels « calculs » de mise en pages :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/lorem-2.html'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/html-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;HTML - 15.4 ko&quot; title=&quot;HTML - 15.4 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Avec Javascript, multicolonnage et multipage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(On trouvera une version nettement plus tarabiscotée de cet effet sur le site de l'&lt;a href=&quot;http://www.iht.com&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;International Herald Tribune&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette longue explication essaie d'attirer l'attention sur une caractéristique de la « norme W3C » : une idée intéressante, qui répond à un besoin certain, mais limitée par une vision dogmatique de l'informatique. L'idée que l'on va séparer très strictement la structuration de l'information (la page Web elle-même), le graphisme (la feuille de style CSS) et l'interactivité (Javascript). Séparation qui ne correspond pas aux besoins réels du webmestre :
&lt;br /&gt;&#8212; le graphisme ne peut se faire réellement sans un minimum de test conditionnels et de calculs ; &lt;br /&gt;&#8212; l'interactivité et le graphisme sont intimement liés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui, dans la réalité des pages Web, se traduit par des solutions contraires à l'idée d'origine :
&lt;br /&gt;&#8212; les pages sont encodées en fonction des besoins des CSS, et non le contraire ;
&lt;br /&gt;&#8212; l'interactivité est également encodée à l'intérieur des pages (l'ergonomie n'est donc pas plus transposable que le graphisme) ;
&lt;br /&gt;&#8212; les CSS sont raremement un modèle d'élégance informatique, avec force redondances et lourdeurs ;
&lt;br /&gt;&#8212; les éventuels calculs de mise en pages se font « par l'extérieur » avec des scripts inutilement lourds, lents et compliqués.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/ALIM019.gif' width='400' height='266' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Une « compliance »sauvage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Les recommandations s'étendent même à la taille des hotdogs, et l'usage restritif de la balise &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt; &lt;moutarde&gt; &lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;DOM/Javascript, la faute aux webmestres&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Évoquons maintenant une technologie qui existe, qui est implémentée, qui donne d'excellents résultats, mais qui n'est pas très exploitée... Il s'agit d'exposer non un manque technique ou une limitation dogmatique de la norme, mais un état d'esprit assez sidérant : à force de se focaliser sur le XHTML et le code « compliant », on perd de vue les possibilités intéressantes du HTML, au profit de Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;DOM/Javascript est la combinaison de deux techniques : &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/DOM/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;DOM&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Document Object Model&lt;/i&gt;, standardise l'accès à la structure d'un document ; proche de l'usine à gaz, mais certaines utilisations assez simples sont valables sous tous les butineurs, ce qui permet de « manipuler » les différents éléments d'une page Web sans trop de difficulté ; &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Javascript est ce vieux langage inséré à l'intérieur du HTML, et qui s'exécute chez le client.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Énormément de choses réalisées aujourd'hui en Flash peuvent être faites en HTML grâce à cela. Rappelons l'exemple de plusieurs colonnes sur plusieurs pages. On peut aussi réaliser &lt;a href=&quot;http://vuibert.com/livre1103.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;de petites animations&lt;/a&gt;, ou des animations de grands blocs :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/html/ccs.html'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/html-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;HTML - 19.2 ko&quot; title=&quot;HTML - 19.2 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Animations de grands blocs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Une version finalisée est &lt;a href=&quot;http://www.ccs.sn/-Plumbing-&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une trifouillée de possibilités, qui devraient exciter le graphiste, mais qui se perdent dans des considérations techno-centrées et tristounettes. Alors que le DHTML (Dynamic HTML) avait provoqué énormément d'expérimentations (notamment au niveau des interfaces de navigation) de la part des webmestres, tout en se heurtant à l'époque à d'impossibles problèmes de compatibilité, la généralisation de DOM/Javascript permet de manipuler directement les styles et, pour les plus courageux, les n&#339;uds de la structure, avec une compatibilité entre navigateurs assez simple à assurer ; pourtant, hormis un nombre sidérant de menus déroulants, le choix premier du graphiste pour animer ses pages et réaliser des navigations un tant soit peu rigolotes reste Flash.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il voir là un des dommages collatéraux des interminables pinaillages autour d'une utilisation fadasse du XHTML, les webmestres se retrouvant embringués dans des considérations interminables sur la « compliance », plutôt que sur une utilisation ludique et originale de ce qui se fait déjà ? (La consultation des forums est souvent dramatique : le webmestre qui vient demander un conseil pour ses animations se voit trop souvent imposer un « t'as qu'à faire ça avec CSS et &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;:hover&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;, tu peux me croire c'est vachement mieux &#8212; le tout tournant généralement aux considérations vaseuses sur MSIE qu'il est pas compliant et des conseils foireux pour des « hacks CSS » pour MSIE 5.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut rapprocher cette partie des limites, évoquées ci-dessus, des CSS : ne pouvant gérer les « événements » (tels que les survols) directement depuis les feuilles de style, le recours intensif aux possibilités de DOM/Javascript impose soit de « salir » le code HTML avec une foultitude de « onMouseOver » et autres « onMouseOut » &#8212; ce qui rend la page difficile à maintenir &#8212; ou d'« attaquer » les balises depuis l'extérieur de la page à l'aide de scripts très lourds &#8212; également difficiles à maintenir, parce que quelques mois plus tard on ne sait plus trop comment ils fonctionnent...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Signalons, pour le plaisir du paradoxe, que les possibilités de DOM/Javascript, associées à certaines caractéristiques des CSS, telles que les positionnements absolus et les possibilités de masquages (&lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;display: none&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt;), embringuent très facilement les webmestres dans des constructions, impossibles avec les versions précédentes du HTML, et qui, pour le coup, détruisent complètement l'accessibilité : informations redondantes (puisqu'affichées ou masquées au besoin), structure non logique (puisque positionnement absolu)... Il y a un aspect pousse-au-crime de DOM/Javascript !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le XHTML n'existe pas...&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'erreur la plus courante consiste à confondre, purement et simplement, le XHTML avec l'utilisation des feuilles de style (CSS). Fréquemment, les arguments en faveur du XHTML se résument à présenter la souplesse, la puissance, l'accessibilité... liées à l'utilisation de styles, en lieu et place des interminables balises qui prédominaient auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, et ce point est particulièrement important ici : les CSS ne définissent pas le XHTML. Les CSS s'utilisent parfaitement avec le HTML ; il n'y a rigoureusement aucune innovation en matière de CSS liée à l'adoption du XHTML. Oui, les CSS sont absolument formidables, souples, puissantes... elles rendent des services épatants (je ne détaille pas) ; mais, non, elles ne sont en rien l'apanage du XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui définit le XHTML par rapport au HTML, c'est l'extensibilité (« X »=« eXtensible »), ainsi que le définit le W3C dans sa &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/xhtml1/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;recommandation de janvier 2000&lt;/a&gt; (oui, ça commence à dater...) : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;XHTML 1.0 : The Extensible HyperText Markup Language. A Reformulation of HTML 4 in XML 1.0&lt;/i&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est justement l'inexistence de ces « eXtensions » qui pose aujourd'hui problème pour vanter l'intérêt du XHTML. Aujourd'hui, ce qui existe, c'est du XHTML sans extensions - autrement dit du HTML « reformulé ». Et si l'on se limite à cela, on ne fera que confirmer la tendance de Cool Homepages : pour faire du Web sympa, passage par Flash - ce qui serait particulièrement dommageable, Flash présentant nombre de défauts rédhibitoires pour assurer une évolution saine du Web (Flash ne faisant pas évoluer le Web vers des habitudes « saines », telles que : automatismes simples, ouverture aux débutants, facilité d'interfaçage avec des logiciels libres, accessibilité et portabilité, échanges entre sites, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenons à CSS Zen Garden. Certes, tout cela est très joli ; mais il faut être clair : c'est une très mauvaise (si ce n'est une des pires) façon de « vendre » le XHTML : on se contente d'y réaliser, en XHTML 1.0 Strict, des choses qui sont tout aussi réalisables en HTML 4 (avec un code quasiment identique, puisque les CSS sont parfaitement utilisables en HTML 4). Le site milite donc pour un HTML propre et simple utilisant les CSS (elles, pas forcément propres et simples), mais en aucune manière pour un XHTML original (le site n'évoque d'ailleurs pas lui-même le XHTML : il met en avant les CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En consultant le code source, on fera un constat supplémentaire, constat généralisable à quasiment toutes les pages qui adoptent un « DOCTYPE XHTML 1.0 Strict » : le « content-type » (le type de contenu) est défini comme étant « text/html ». Et non comme du « application/xhtml+xml », qui est la définition d'un contenu XHTML « extensible ». Cela n'est pas interdit, mais comme la &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/xhtml-media-types/xhtml-media-types.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;recommandation du W3C&lt;/a&gt; l'indique, cela limite grandement l'originalité de ces pages : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The use of &#8220;text/html&#8221; for XHTML SHOULD be limited for the purpose of rendering on existing HTML user agents, and SHOULD be limited to [XHTML1] documents which follow the HTML Compatibility Guidelines.&lt;/i&gt; » Pour qu'une page exploite les extensions du XHTML, elle doit être en « application/xhtml+xml » (c'est le cas, déjà, pour afficher du MathML dans Firefox). De fait, si la syntaxe est bien du XHTML, dans la pratique l'utilisation se limite à une utilisable compatible avec le HTML. C'est donc une utilisation extrêmement limitée du XHTML, dont les effets, le rendu et les possibilités sont parfaitement réalisables en HTML (avec, d'ailleurs, un code quasiment identique).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a vu perspective plus enthousiasmante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela, de plus, semble lourdement influer sur l'évolution des butineurs. Comme nous allons le voir, les développeurs de butineurs n'ont, pour l'instant, proposé aucune solution utilisable des eXtensions propres au XHTML, et la référence permanente au CSS Zen Garden pousse à l'adoption quasi exclusive d'une norme définie en janvier 2000 (pour le visiteur, du Web à papa, mais avec des feuilles de style). C'est un principe assez habituel des développements du Web : une norme n'est utilisée que si les outils existent, et les outils ne se développement que si la norme est utilisée ; tant que la référence est CSS Zen Garden, alors les codeurs développent en pensant « selon » les besoins de CSS Zen Garden.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant ce temps, sur Cool HomePages, c'est une déferlante de sites sous Flash, personne n'imaginant plus qu'on puisse faire des choses sympatoches avec du HTML (et c'est un tort).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours sur les difficultés du XHTML à s'imposer, revenons un instant sur l'accessibilité, un des éléments les plus importants en sa faveur. Je l'ai déjà évoqué &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1979.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;dans un article précédent&lt;/a&gt;, je pense que cela a été « vendu » de la pire façon possible, sur la base d'une vision dogmatique des normes. La plupart des arguments « contre » le vieux HTML étaient assez systématiquement retournables (parce qu'on peut faire du HTML crado mais accessible et du XHTML très compliant et pas du tout accessible). On peut ainsi reprocher au W3C, dans sa « promotion » des normes, d'avoir livré des &lt;a href=&quot;http://validator.w3.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;validateurs&lt;/a&gt; indignes d'adresser la parole à un être humain. Jargoneux et abscons, ces outils ne valident que l'imposition d'une norme dogmatique, sans être ce qu'ils devraient être : des outils d'aide et de pédagogie. Pour s'en convaincre, on pourra visiter un &lt;a href=&quot;http://validateur-accessibilite.apinc.org/index.php&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;validateur d'accessibilité&lt;/a&gt;, et constater la différence d'état d'esprit : conseils, indication du niveau des interventions, ton poli, description des problèmes pratiques que va rencontrer un mal-voyants... Les masochistes du code peuvent préférer se faire interpeller par un expéditif « This page is not Valid HTML 4.01 Transitional ! » (avec un point d'exclamation).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le son, porté disparu&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi les grands absents du HTML (et du XHTML) : le son. Faire jouer un fichier musical sur un site Web oblige à utiliser des techniques spécifiques et, pour garantir la compatibilité entre les butineurs, à ne respecter aucune norme connue... Finalement, le simple fait de vouloir diffuser de la musique ou de la radio condamne le webmestre à (pour faire simple) installer une animation Flash dans sa page.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à réaliser une chose aussi triviale que sonoriser les survols (« bip » quand on survole un bouton), cela n'est réalisable ni avec les feuilles de style, ni simplement avec DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela va sembler un peu compliqué, mais le W3C propose une solution : &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/AudioVideo/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la norme SMIL&lt;/a&gt; (Synchronized Multimedia Integration Language). Voilà qui est intéressant, d'autant qu'un navigateur grand public est signalé comme capable de comprendre SMIL &#8212; tenez-vous bien &#8212; : Microsoft Explorer ! Côté Firefox, on ignore si SMIL sera intégré avec SVG (la &lt;a href=&quot;http://www.mozilla.org/projects/svg/faq.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;FAQ de Mozilla&lt;/a&gt; semble indiquer que non).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne trouvera donc pas, avant un moment, de sites reposant sur XHTML+SMIL pour produire du son (surtout si Firefox intègre cela avec autant d'intransigeance que pour MathML &#8212; obligeant à passer en « application/xhtml » &#8212;, ou si Firefox implémente SVG sans SMIL, alors que le plug-in Adobe le permettait, ce qui ajouterait encore au difficultés de détection des versions de butineurs).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut voir dans cette situation un autre volet de la redéfinition de la norme (passage à XHTML). Plutôt que de privilégier la continuité, la rupture a amené les développeurs de butineurs à se lancer dans des développements énormes, selon des concepts très lourds. Jouer de la musique simplement, chose finalement assez simple si l'on utilise du HTML pas compliant pour deux sous, oblige en XHTML à recourir à des extensions lourdes : lourdes à la fois pour le webmestre, mais surtout pour le développeur de navigateur qui doit intégrer le fait de jouer un son dans le développement d'une norme complète (SMIL). On peut se réjouir, en théorie, de la naissance d'une norme qui permettra des choses très puissantes (pas uniquement faire bip quand on survole un bouton...), mais dans la pratique, il n'est pas possible de faire une chose aussi simple, et la nouvelle orientation privilégie l'entreprise qui peut aligner une équipe complète d'ingénieurs à temps plein pour implémenter la nouvelle norme (devinez...). Ce qui, par rapport au discours habituel autour du XHTML, est assez paradoxal.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le vectoriel&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les graphismes vectoriels sont une idée absolument épatante pour le Web. Définir des graphismes par des coordonnées offre de nombreux avantages :
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; ils sont, à priori, légers ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; on peut zoomer ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; surtout : ils sont faciles à fabriquer avec des scripts, ce qui permet de présenter, par exemple, des informations techniques (courbes, etc.) à partir d'une base de donnée ;
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; très intéressant également : on peut y placer du texte facilement ; de fait, des graphismes vectoriels deviennent des éléments de navigation et d'interface ; &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; puisque les objets graphiques sont définis par des coordonnées, on peut modifier ces coordonnées par DOM/Javascript.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Flash est d'ailleurs, à l'origine, un logiciel d'animation &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;vectorielle&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe justement une norme pour cela : &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Graphics/SVG/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;SVG, Scalable Vector Graphics&lt;/a&gt;, et elle est absolument enthousiasmante. Quand on a joué avec SVG, on n'est pas loin de penser que c'est là tout l'intérêt du XHTML, et que c'est là que se trouve l'évolution principale du Web (d'autant que, dans la logique d'Adobe et son SVG Viewer, SVG et SMIL sont liés). SVG est réellement excitant : facile à coder, facile à produire automatiquement (en PHP notamment), dans la logique du HTML (ou, évidemment, du XHTML), contrôlable facilement par Javascript, utilisant intensivement les CSS...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À lui seul SVG justifie de passer à XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/BIZNS090.gif' width='400' height='262' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Des webmestres déboussolés !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Kevin l'avoue lui-même : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;avant j'avais deux passions le curling et le XHTML orienté objet, mais à présent, j'ai plutôt envie de trouver une meuf en fait...&lt;/i&gt; »&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les choses ne sont jamais aussi simples...
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Le principal outil Wysiwyg permettant de fabriquer du SVG étant Adobe Illustrator, SVG est largement perçu comme un façon d'insérer des images vectorielles dans des pages Web, et non comme un grand « conteneur » multimédia fabriqué grâce à des automatismes. Ce qui donne des pages d'exemples généralement assez enquiquinantes à consulter...
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; Certaines démonstrations prouvant que SVG peut produire des animations « façon Flash », l'autre utilisation attendue du SVG est le « Flash killer » (un remplaçant complet de Flash), ce qui signifie que les graphistes attendent encore un éditeur Wysiwyg, à la façon de Flash, avant de s'y mettre. (Macromedia, créateur de Flash, et Adobe, créateur de SVG, venant de fusionner, ça n'est pas demain la veille.) &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; De fait, puisque cela n'a pas l'air bien excitant pour un graphiste (des images vectorielles peu animées, ou des animations moins faciles à réaliser qu'avec Flash), les développeurs de butineurs ne se sont pas empressés d'implémenter cette norme, alors même qu'elle est, à mon avis, la principale raison de « passer » à XHTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On nous promet pour très bientôt une version de Mozilla Firefox qui intègrerait SVG en standard (et non plus sous forme d'extension que l'utilisateur s'installerait lui-même). Tant que, au minimum, Firefox n'aura pas imposé cette utilisation standardisée de SVG, cette norme restera inexploitable par les webmestres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sachant que SVG est quasiment &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Graphics/SVG/Roadmap&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;aussi vieux que XHTML&lt;/a&gt; &#8212; septembre 2001 pour la première recommandation officielle du W3C &#8212; il serait peut-être temps.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dingue de maths&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule autre eXtension existente qui dépend de la normalisation XHTML est &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/Math/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MathML&lt;/a&gt;. Cette norme doit permettre d'afficher des formules mathématiques dans une page Web. C'est une norme tellement ancienne qu'elle est, sauf erreur, antérieure au XHTML. Sa dernière version, &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/TR/MathML2/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;MathML 2.0&lt;/a&gt;, date de février 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, là encore, il n'existe pas d'implémentation standard de MathML dans les butineurs. Pas même Mozilla Firefox. MathML n'est utilisable qu'avec des extensions, à charge pour le visiteur de s'installer les logiciels nécessaires, ainsi que les polices de caractères mathématiques. Ce qui n'a rigoureusement rien évident (ces plug-ins de brouteurs ne permettant pas, d'ailleurs, au webmestre, d'être certain que son visiteur pourra ou ne pourra pas afficher les formules de mathématiques, et donc lui proposer une alternative automatiquement).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On retrouve ici le principe du serpent XHTML qui se mord la queue : il n'existe pas de butineur grand public permettant d'afficher du MathML à coup sûr, du coup :
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne publie réellement des pages contenant du MathML,
&lt;br /&gt;&#8212; personne ne développe réellement les outils permettant de créer du MathML (notamment des traducteurs TeX vers MathML, ceux existants étant encore très insuffisants pour une utilisation réelle),
&lt;br /&gt;&#8212; et ainsi les développeurs de butineurs ne placent pas l'intégration de MathML dans leurs priorités.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Voici une anecdote qui illustrera mon propos, et qui permettra de faire le lien entre le présent article et l'article « &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1979.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;W3C Go Home&lt;/a&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours du développement de la version 1.8 de SPIP, nous avons introduit un convertisseur de code LaTeX (une façon plus répandue et plus « humaine » de coder les mathématiques que la syntaxe de MathML) en image : SPIP extrait les formules en LaTeX et les transforme en une image de la formule mathématique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Désireux de rentre le truc plus « Web », on a tenté de compléter cette méthode par transformation de code LaTeX en MathML, de façon à ce que les formules s'insèrent dans le texte en tant que texte MathML, et non plus en tant qu'image.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier obstacle : convertir du code LaTeX en MathML. Il existe un grand nombre d'outils, mais tous (absolument tous) sont inachevés. Cela est assez symptomatique : cela fait des années que MathML est défini, mais il n'est pas possible de l'afficher simplement ; ceux qui ont développé des convertisseurs se sont éreintés sur des développements inutilisables dans la pratique. Que ce soit en PHP ou en script sur un serveur, tous les outils ont donné des résultats très incomplets (on trouve même un convertisseur en javascript, mais là c'est encore pire). C'est le serpent qui se mord la queue déjà évoqué : pas d'outils pour fabriquer le format donc pas d'implémentation dans les navigateurs, pas d'implémentation donc pas d'outils.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, parvenir à afficher, dans un butineur sur lequel on a installé un plug-in MathML, du MathML. C'est là qu'on constate l'intégrisme des implémentations. Sous Mozilla, l'affichage de MathML n'est accepté qu'avec un « content-type » (évoqué ci-dessus) de type « application/xhtml+xml » ; or, avec ces content-type, Mozilla suit la recommandation aberrante du W3C qui consiste à refuser une page à la moindre erreur de syntaxe HTML (ou plutôt : XHTML) &#8212; merci les enfants. Par ailleurs, ces « content-type » ne sont pas forcément acceptés par tous les butineurs grand public ; ces butineurs vous proposent de télécharger une telle page Web, et vous demandent avec quelle application l'ouvrir. Le problème est contourné en installant un javascript (un peu lourd par ailleurs) qui analyse la page Web, « isole » les parties en MathML, et permet de tout de même les afficher, quel que soit le content-type. Le choix de limiter l'affichage de MathML à un content-type intolérant n'est donc pas pratique, mais relève d'un choix quasi-idéologique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela fait (en notant qu'à chacune des étapes précédentes, cela fonctionne déjà couci-couça avec des solutions bancales), il faudrait encore pouvoir déterminer, pour chaque visiteur, s'il a MathML installé sur son butineur (dans ce cas on lui envoie la version en MathML) ou non (dans ce cas on lui envoie la version « image »). Mission impossible : de toute façon les installations de MathML sont tellement problématiques qu'on a même des plug-in installés dans le butineur, mais sans les polices de caractères mathématiques, donc un affichage totalement illisible.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres loufoqueries liées au charset, mais à la longue, le truc est déjà bâché.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons donc :
&lt;br /&gt;&#8212; une syntaxe qui nécessite l'utilisation d'outils spécifiques pour la créer (parce que, contrairement à la syntaxe de LaTeX, la syntaxe de MathML ne permet pas qu'on code une formule de mathématiques « à la main ») ; ces outils sont incomplets, puisque les navigateurs ne permettent pas facilement un affichage (même pas un affichage conditionnel : il n'est pas possible de déterminer si MathML sera affiché correctement ou non) ; &lt;br /&gt;&#8212; la rupture totale d'avec le HTML, pour adopter une version extrêmement restrictive du XHTML strict (l'implémentation suit la recommandation du W3C : à la moindre erreur, la page ne s'affiche pas) ; or, puisqu'il est possible de « ruser » avec un peu de javascript, le choix d'un comportement intolérant aux erreurs n'a rien d'une obligation technique ;
&lt;br /&gt;&#8212; devant autant de limitations, l'implémentation de cette norme dans d'autres outils (comme SPIP) est reportée à des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Se pose alors la question suivante : pourquoi a-t-on une telle rupture dans la norme précédente (c'est le sujet du précédent article), avec obsolescence programmée et pinailleuse des tags HTML, alors même que les implémentations de la nouvelle norme sont soit inexistantes, soit inapplicables en pratique ? La rupture ne concerne donc pas que la « courbe d'apprentissage » évoquée dans l'article évoqué, elle est aussi dans le développement des outils : là où des outils existent pour afficher du MathML à l'intérieur du vieux HTML (y compris pas très compliant &#8212; MathML est réellement un langage de description très ancien), tel que le plugin MathPlayer, les nouvelles implémentations respectueuses de la norme limitent l'utilisation à un type de document très intolérant (nous l'avons signalé : même CSS Zen Garden passe un « content-type » qui interdit d'afficher du MathML).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Résultat : pas de MathML. (C'est même pire : ces traquasseries donnent le résultat suivant : la solution la plus simple consiste, en pratique, à développer son site pour Microsoft Explorer sous Windows, en demandant à ses visiteurs d'installer le plug-in MathPlayer. Sauf erreur, c'est exactement l'inverse de ce pourquoi le W3C existe.)&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reprenons. Les recommandations du W3C qui, réellement, utilisent l'eXtensibilité de XHTML et qui représentent un réel intérêt pour les webmestres, sont presque aussi anciennes que XHTML ; pourtant, elles ne sont implémentées en standard dans presque aucun des navigateurs de nouvelle génération (le moins à jour étant Firefox, qui sert de référence aux webmestres). Ce qui fait que, dans la pratique, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;il n'existe pas d'extension du XHTML&lt;/i&gt;, et l'utilisation du XHTML se limite aujourd'hui à ce qu'on peut tout aussi bien réaliser en HTML.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant à pleurer sur les limites des feuilles de style de Microsoft Explorer, c'est passer à côté du problème. Les butineurs présentés comme super-compliants (en gros : tous sauf MSIE) n'intègrent pas plus qu'Explorer les normes justifiant le passage au XHTML, normes pourtant définies il y a quatre ans. Pour vraiment être clair, faire la promotion de XHTML uniquement autour des CSS, c'est nuire à cette norme, qui ne deviendra réellement intéressante pour les webmestres qu'avec SVG, SMIL et MathML. Nuisible, car on démotive les webmestres avec des considérations pinailleuses, dans le but de leur faire coder « proprement » des pages qui, visuellement, peinent à dépasser ce qui se faisait déjà en 1998 ; nuisible car les développements de navigateurs (Firefox, Opera, Konqueror/Safari...) tardent franchement à implémenter ces normes vieilles de plusieurs années ; nuisible enfin parce que le grand public ne se voit jamais exposer l'intérêt réel de ces normes pour lui (quel magazine de presse informatique grand public a signalé à ses lecteurs que Opera 8 intégrait SVG en standard).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les polices de caractères&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Continuons avec nos lamentations de webmestre malheureux (malheureux puisque, vous l'avez compris, je ne peux pas me résoudre à faire avec Flash ce que je devrais pouvoir faire en HTML depuis belle lurette). L'autre sujet qui fâche dans le HTML (et, encore une fois, dans le XHTML), c'est qu'il n'existe pas de méthode normalisée pour y intégrer des polices de caractères.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, pour un graphiste, le choix de la police de caractères est l'une des premières méthodes pour créer l'ambiance de son site Web.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là aussi, on trouvera des puristes pour assurer que (blah blah blah) le HTML n'est pas fait pour cela. Pour se convaincre du contraire, il suffit de constater que la moitié des exemples du fameux CSS Zen Garden utilisent des images pour réaliser les titres et les intertitres (voici &lt;a href=&quot;http://csszengarden.com/?cssfile=/162/162.css&amp;page=0&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;un exemple parmi tant d'autres&lt;/a&gt;. L'utilisation d'un style CSS un peu particulier permet de ne pas afficher un &lt;span class='spip_code' dir='ltr'&gt;&lt;tt&gt;&lt;img src=...&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/span&gt; dans le code source, mais ce sont bien des fichiers graphiques qui sont utilisés pour effectuer le rendu typographique si particulier (rien à voir, en tout cas, avec une « beauté » intrinsèque aux CSS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au rayon HTML/XHTML, on ne trouvera aucune norme ni recommandation. Il n'existe, côté « fontes embarquées », que des méthodes tordues à peu près inutilisables et totalement propriétaires. SVG, format vectoriel, permettra-t-il de contourner l'obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en tout cas encore un de ces aspects étonnants des développements du Web, axé sur des considérations techniques qui échappent au commun des mortels, au détriment des besoins simples des webmestres et des graphistes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;VRML, RIP&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dernière mise à jour de la page du W3C consacrée au &lt;a href=&quot;http://www.w3.org/MarkUp/VRML/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;VRML, Virtual Reality Modeling Language&lt;/a&gt; semble remonter à... avril 1995. Voilà un langage purement et simplement enterré.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela est très paradoxal : le VRML a été très à la mode à une époque où les ordinateurs n'étaient pas capables d'afficher avec souplesse et élégance des modèles 3D en temps réel (c'était au siècle dernier) et où, surtout, les modems ne permettaient pas de télécharger rapidement le moindre fichier VRML (une centaine de kilo-octets, c'était déjà rédhibitoire). Aujourd'hui les machines se débrouillent parfaitement avec des modèles 3D de folaïe et le haut débit rend le téléchargement des méga-octets une partie de plaisir, pourtant la réalité virtuelle ne figure pas du rayon des normalisations prioritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre les modèles 3D complexes, il existe un besoin plus « automatisable » : les interfaces graphiques. On trouve ainsi, souvent, des animations Flash en fausse 3D (les possibilités 3D de Shockwave ont, en revanche, fait long feu) ; et on simule souvent un effet de relief (3D) pour présenter une information 2D. Techniques utilisables sur un site Web sans investir dans le développement d'un concurrent à Doom 3...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dispose d'une norme XML, donc à priori promise à être utilisable en XHTML : &lt;a href=&quot;http://www.web3d.org/x3d/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;X3D&lt;/a&gt;. Quant à l'implémentation en standard dans un navigateur grand public, à vue de nez vous pouvez attendre la dernière trilogie Star Wars (épisodes 7 à 9) pour plus tôt.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Flash versus XHTML&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme je l'ai signalé en introduction, Flash est omniprésent dans les sélections de sites « beaux », et les graphistes y recourent dès qu'ils veulent réaliser une ergonomie un tantinet originale. Et la stagnation du HTML depuis quelques années, l'attente interminable de techniques qui n'arrivent toujours pas, devraient encore plus inquiéter de l'avenir d'une norme ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, même en ne se reposant pas sur la promesse de techniques promises mais pas encore exploitables, certains points sauvent le HTML du naufrage. Comprenez bien : le but du présent article n'est pas de comparer le XHTML et Flash (si vous êtes arrivé jusqu'ici, vous avez constaté qu'il n'est pas du tout consacré aux caractéristiques de Flash) mais, avant de conclure, de se demander pourquoi Flash n'a pas encore &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;totalement&lt;/i&gt; supplanté un HTML qui peine à évoluer depuis plusieurs années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est important d'éviter, coûte que coûte, le basculement complet vers Flash. Flash, en effet, n'est pas à même d'assurer une évolution du Web vers des habitudes « saines » : les pages sont « fermées » (les visiteurs ne peuvent pas apprendre en consultant le fonctionnement intrinsèque des autres sites, comme on le fait en consultant le code source du HTML), Flash n'est pas du tout accessible aux mal-voyants et aux non-voyants, Flash est très difficile à interfacer avec des logiciels libres, Flash ne promeut pas les échanges entre les sites, un site réalisé comme une grosse animation Flash n'est pas indexable et ne propose pas de « portes d'entrées » permettant de linker de l'extérieur des articles spécifiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce ne sont pas ces considérations qui, dans la pratique, limitent le développement de Flash (ce genre d'arguments n'a d'impact que sur un nombre limité de webmestres à l'éthique janséniste sévère !). Plus prosaïquement :
&lt;br /&gt;&#8212; HTML reste infiniment plus simple que Flash pour publier vite et bien des documents textuels ; et cela, même, avec un contrôle typographique plutôt puissant grâce aux feuilles de style ; une chose aussi simple que mettre son CV en ligne, avec Flash, est long (pour une entreprise : cher) ; &lt;br /&gt;&#8212; il est beaucoup plus simple de créer un site HTML avec des outils de gestion de sites qu'un site Flash ; interfacer Flash à une base de données n'est pas à la portée de la première bourse venue ; &lt;br /&gt;&#8212; si cela peut paraître paradoxal, de part ses limitations, HTML tolère, visuellement, beaucoup mieux les petites approximations graphiques (images mal traitées, petites erreurs typographiques, placements pas toujours élégants des images...) qu'une page Flash où la « perfection » graphique qu'autorise le format rend les mêmes défauts graphiques impardonnables ; dit autrement : l'exigence visuelle que l'on a d'une page Flash fait que l'intégralité du site doit, quasiment, être réalisée par un professionnel, là où le HTML réalisé par des amateurs pourra tout à fait sembler « professionnel ». Cette exigence graphique allourdit encore les coûts d'un site en Flash ;
&lt;br /&gt;&#8212; un site en Flash repose toujours sur du HTML, du XHTML et/ou du XML pour s'interfacer avec une base de données, fournir un feed RSS, etc. ; de fait, alors qu'on peut parfaitement réaliser un site très pointu avec le HTML sans développer la moindre compétence en Flash ; à l'inverse, un site très pointu en Flash impose d'excellentes compétences dans les autres formats. Dans tous les cas, l'apprentissage passe par les formats « texte » ; &lt;br /&gt;&#8212; tout de même, l'accessibilité est un point important pour nombre de webmestres hérétiques, ne serait-ce que pour les associations, les administrations et les services publics, qui représentent un volume important des publications en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux autres éléments ont beaucoup joué, également, pour continuer à promouvoir un HTML devenu assez plan-plan :
&lt;br /&gt;&#8212; la généralisation de PHP sur les hébergements grand public ; une bonne partie de ce que les normes ne font pas (ou pas encore) du côté des navigateurs, est réalisé grâce à PHP du côté du serveur ; des choses anodines comme le redimensionnement et le placement des images, la création d'images typographiques, enrichissent considérablement les mises en page (permettant d'automatiser ce qu'on faisait « à la main » précédemment, et qui était peu viable sur un site aux mises à jour régulières) ; le contrôle des logiciels clients permettent d'affiner ce qui est envoyé au visiteur ; citons aussi les feuilles de style modifiées avec PHP, pour palier les manques des CSS (changer automatique toutes les couleurs dans une feuille de style, inverser « right » et « left » pour faire fonctionner une même feuille de style en affichage « Droite à gauche » comme en arabe...) ;
&lt;br /&gt;&#8212; le développement des CMS libres a mis à disposition du grand public ces automatismes, permettant le développement de « gros » sites, entièrement basées sur le HTML (et non sur Flash, le développeur d'un logiciel libre n'allant pas, par définition, privilégier un format propriétaire).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour beaucoup d'entre nous, c'est de ce côté que se sont déroulées les évolutions « rigolotes » et excitantes, que l'on peut attendre d'un média jeune comme l'internet, alors que le HTML, lui, n'a pas évolué dans le même temps. Il serait temps que le plaisir de « faire » de l'internet passe aussi par le HTML, comme ce fut si longtemps le cas.&lt;/p&gt;</description>
		<author>ARNO*</author>
		<dc:date>2005-05-23T00:01:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ARNO*</dc:creator>
		
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		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Nos concitoyens sur internet</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2134.html</link>
		<date>2005-04-15 10:27:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Je n'ose y croire et pourtant. On assiste sans doute à une première, en France : oui, on peut supposer que le débat qui n'a pas eu lieu sur la Constitution Européenne dans l'arène habituelle de l'écran cathodique, opposant autrefois deux mastodontes censés représenter deux courants de pensée, oui, ce débat a lieu ailleurs, et sous une forme particulièrement originale. Figurez-vous que le citoyen connecté à haut-débit se permet d'envoyer à son beau-frère et par la poste, les arguments glanés ça et là sur le net. Le beau-frère en question n'a pas d'ordinateur, mais un photocopieur au bureau (ou à la ferme ?) qui lui permet d'en faire autant, non pas de renvoyer la chose au même beau-frère mais, imaginons un peu, à son cousin, à sa tante. On me l'a dit, j'y crois. Et d'ailleurs, à mon immense surprise, je le vois tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; Le débat existe, dans la France d'en bas...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ailleurs, la richesse est telle sur le web, l'échange si intense, et la demande grandissante que si l'économie nationale avait la même dynamique, les Chinois pourraient aller se rhabiller, malgré les prix du textile et la directive de leur espion infiltré des Pays-Bas, le fumeux Bolkenstein.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment en est-on arrivé là ? Le web est devenu, assez soudainement, le meilleur moyen d'échange de points de vue sur un objet politique extrêmement compliqué et dont on a voulu nous simplifier la compréhension à travers une absence de débat aussi binaire que la techno : oui - non. Dire que l'on prend le citoyen pour un con, c'est manquer de vocabulaire face à un Jack Lang qui croit encore que trois chanteurs aphones et deux acteurs feront l'affaire face au petit peuple de crétins qui dit non, comme la poupée de Polnareff. C'est un peu fort. Le pire, c'est que les médias, qui n'ont toujours rien compris, vont chercher ailleurs que dans ce débat quotidien et les lectures terriblement ennuyeuses que l'on se voit obligé de faire, la raison du non.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il paraîtrait en effet que l'on dit non pour dire non à Chirac et Raffarrin. Oui, bien sûr. Il paraîtrait que l'on dit non pour dire non à la Turquie. La belle affaire. On dit non pour dire non à la Chine. (je viens d'acheter 10 paires de chaussettes made in France, les dernières....). On dit non parce que l'on n'a pas compris, oui je le répète : parce qu'on est un peu con. Et pourtant, cette constitution est limpide : n'y voyez-vous pas le bonheur poindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ben vraiment, vous êtes des imbéciles !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un prof de droit marseillais vient d'avoir un succès extraordinaire : en quelques pages, il nous explique pourquoi le non. C'est limpide, c'est riche, ça &quot;fait sens&quot;. Qu'on nous prive de débat sur un média de masse, et l'on ira ailleurs le chercher. La diffusion &quot;virale&quot; qui plaisait tant aux ingurgiteurs du marketing sert dorénavant à ceux qui, loin d'être une minorité, refusent d'être embrigadés dans un combat douteux, où l'issue serait trop certaine. Ceux qui doutent fouillent ici encore, les partisans du oui affutent d'autres arguments que la menace du déluge, et ceux du non, enfin, vous savez bien...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut parier que la réponse du grand show médiatique chiraquien va intensifier le débat ailleurs, et que les politiques n'ont pas bien compris que c'est le média-web qui permet, de pair à pair ou d'expert à néophyte, de donner des réponses à des questions que l'on se pose vraiment. Que l'on continue à croire qu'il est nécessaire de rabaisser le niveau du débat à celui de la télé-poubelle, et le niveau montera ailleurs, sur le web. (le web, c'est aussi du papier, qu'on se le dise...).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De quoi garder espoir pour la suite des événements...&lt;/p&gt;</description>
		<author>Grosse Fatigue</author>
		<dc:date>2005-04-15T08:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Le portail des copains</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2105.html</link>
		<date>2004-11-19 00:00:00</date>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
J'imagine que les tripatouilleurs des potards oxydés des tables de mixages analogiques des années quatre-vingts et des radios-pirates se la coulent douce dans les Caraïbes aujourd'hui même en novembre, en regardant leurs portefeuilles boursiers gonfler comme la douce brise qui pousse leurs cata(pas)marans le soir, de retour au lagon. Ces types-là sont arrivés au bon moment, avec toujours ce discours que l'on a tous les vingt ans et qui permet, en vendant un peu de révolution, un peu de rêve, un peu de technologie ou juste la liberté d'expression, de faire fortune. Et l'économie fait le reste, concentration, cession d'actions, participations croisées, disparition des pas rentables et vogue la galère.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai imaginé il y a quatre ou cinq ans que les premiers à l'ouvrir sur le web auraient un jour leur nom en haut de l'affiche, et que, moi aussi hypocrite, je vivrais avec trois femmes qui n'en sauraient rien, de la vente de mon site, ou d'un autre, peu importe. J'imaginais la gloire, après tout, à la vision de ce qu'avaient fait d'autres imbéciles à 20 années d'écart, et en mesurant la faiblesse de leurs technologie par rapport à la nôtre ; le WEB (putain, le WEB !) ; il était évident que l'on allait refaire le monde, et qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne savais pas encore qu'effectivement, on me lirait dans le monde entier, et pas seulement moi, mais des types que je n'ai - pour la plupart - toujours pas rencontrés mais qui sont, pour certains, des amis. Oui, Lazuly, oui, Guillermito, ah, Troudair, oui, vous êtes des amis. Toi aussi Arno, et ceux qui le voudront aussi. Y'a qu'à faire comme à la télé, on est tous des potes. Les disparus du web sont mes amis, les subsistants aussi, on est une bande, un groupe de copains. Bizarrement, les nouveaux venus et leurs blogs à mourir, la mode qui va avec, la vente d'espace de services pré-digérés et de mise en page précuite me laissent froid.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Rezo caractérisait cette étrange chaleur humaine du net. Quand Laz m'a accueilli le clavier grand ouvert, je vous jure que j'étais très heureux, même si les fenêtres de mon bureau de l'époque donnaient sur une caserne et qu'on avait tout fait pour me mettre là en espérant que je me barre de moi-même disons, sans indemnité. Alors je rêvais d'un succès virtuel, d'un monde de copains qui le referaient comme d'autres dans la radio, d'autres dans la presse. Le portail des copains, c'était ma bouffée d'oxygène, mon opium du peuple, mon Amérique à moi, je sais qu'il est trop bien pour moi, comme dit son cousin Gaspard... ? J'imaginais qu'on en ferait quelque chose. J'imaginais, je l'avoue honteux, qu'on en vivrait.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est con, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et puis là, 4 ans, 5 ans, 20 ans après. Le portail est toujours là. Les sites tournent et les bénévoles pour la plupart font de leur mieux, et le font drôlement bien. Et puis quoi ? Ben, justement : contrairement aux deux générations précédentes sans compter celle de la radio dans les années trente, contrairement à tous les pronostics, on n'a toujours pas de secrétaire, pas de bureau, un logo central, c'est syndiqué mais automatiquement. On n'a pas fait fortune. Je vous avoue que souvent je trouve ça pas si mal. On a perdu la partie. On n'a remplacé personne. Les mégacons sont à la tête des mégatélés, des mégajournaux, du mégapognon. Les mégacons tiennent internet en vendant du téléphone et de la télévision en ligne à haut-débit, (imaginez le non-sens de ça, la télé sur le net....). Et puis au milieu, ou à côté, là, sur le même média, un truc dont on ne voit aucune pub dans le métro, la presse, les abribus, le papier-chiotte, Télérama ou France-Dimanche, non, personne n'en parle et pourtant, c'est le troisième journal de France à être indépendant après Le Canard et Charlie. On n'a pas fait fortune mais ça tient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pas si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PS : vous noterez bien une pointe d'amertume, oui, c'est par nature mais aussi par dépit. Ça mériterait qu'on en parle, ça mériterait de déborder, d'envahir l' &quot;espace public&quot; comme disent les cons. Allez comprendre...&lt;/p&gt;</description>
		<author>Grosse Fatigue</author>
		<dc:date>2004-11-18T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Grosse Fatigue</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Apologie du &lt;i&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2086.html</link>
		<date>2004-07-30 12:34:15</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2086.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;264&quot; height=&quot;165&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;autoproduction&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de gratuité du D.A.E, on met de coté l'aspect rentabilité économique d'une activité pour envisager plutôt de manière critique la circulation du produit de cette activité. Critique parce qu'on remet en question la distribution commerciale et son efficacité en posant comme but l'accès libre de chacun-e à ce qui est distribué.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce qui concerne la musique, cette façon non-conventionnelle de distribuer un disque va de pair avec des procédés d'autoproduction favorisant un coût de prodution plus ou moins égal à zéro :
home studio, gravage de CDR ou copies de K7, pochettes artisanales etc.
Mais cela s'applique également à d'autres domaines comme l'auto-édition de brochures, de films sur K7 vidéos, etc.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;copyright / copyleft&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; n'est pas une marque déposée ou une pratique exclusive de la Fondation Babybrul qui la développe en France.
Le copyright n'a plus lieu d'être dans la mesure où c'est la circulation sans restrictions qui importe, et non l'échange valorisé par l'argent.
Sur ce point et sur la question des droits d'auteur, l'alternative permettant de revendiquer une &#339;uvre tout en n'interdisant pas sa reproduction, son utilisation, sa modification, sa propagation est la license libre, dite &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;copyleft&lt;/i&gt;, qui donne aux utilisateurs les mêmes libertés que celles dont le copyright les privait pour n'en faire bénéficier que l'auteur [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] Voir, sur les licenses libres, Copyright et Copyleft, par Anne-Laure (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette notion adaptée des licenses de logiciels libres est également appliquée dans les domaines de la création matérielle, la musique, l'image, la vidéo.
Mais en théorie dans le copyleft il n'est pas exclu de pouvoir distribuer commercialement une &#339;uvre sous cette license.
Et parfois cette « philosophie » du libre peut n'être appliquée qu'en ce qui concerne une circulation immatérielle et prendre fin dès qu'il s'agit d'en faire un support physique, de graver un CD ou de publier sur papier quand l'auteur le spécifie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;pirates interstitiel-le-s&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; il ne s'agit même plus de parler de droits, mais de piratage, un piratage interstitiel. L'interstice ici, c'est l'espace-temps des bacs de disquaires, ou des rayons littéraires quand personne ne les surveille, quand personne n'imagine qu'on peut perdre du temps et de l'argent pour fabriquer des choses gratuites et les déposer là sans le demander à personne.
L'idée du D.A.E est bonne parce qu'elle est interstitielle ; bien que n'étant pas dans l'intérêt du capitalisme puisqu'elle exploite le temps et l'espace marchand d'un commerce sans compensation monétaire, elle n'est pas prévue, elle surprend, et elle peut faire exister ce qui jusque là n'était pas imaginable, simplement en inversant et en dépassant la règle de base qui fait en sorte que les marchandises sont à leur place dans les rayons comme par magie et que personne n'ose les prendre sans s'acquitter d'un droit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;expérimentation et limites&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;, c'est le dépassement du rêve des échanges marchands et de la circulation des marchandises par leur réalisation pirate : voir son objet, un peu de soi, son disque, sa bédé, son texte, son livre dans les rayons des grands magasins accessibles à tous gratuitement comme le dernier des produits convoités.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le sentiment de jouer à quelque chose de nouveau, d'avoir encore un temps d'avance sur l'époque, la Culture et la législation [...], de prendre dans le sytème une place qu'il ne nous a pas donné, sans rien lui devoir en contre-partie, profiter de son développement obscène en montrant les limites de ses propres illusions, les limites de la légalité, les limites de l'hypocrisie démocratique et sa &#8220;libre expression&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Quand je place mon disque dans les bacs de la FNAC c'est comme si je détournais l'histoire dans les manuels scolaires. » [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb2&quot; name=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[2] Extrait de l' Appel à création de centres de Don à l'étalage (...)&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En soi la pratique du D.A.E n'offre pas une alternative absolument efficace à la circulation marchande.
Il y a toujours le risque que des vendeur-euse-s enlèvent les objets déposés. Et puis, à moins d'une organisation collective de grande ampleur, cela reste à une échelle locale. Mais l'intérêt est dans le coté &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Do It Yourself&lt;/i&gt; de la pratique, les petites séries de disques, les pochettes artisanales. L'activité est gérée du début à la fin, chose dont le capitalisme nous a privé en nous ôtant purement et simplement toutes sortes de moyens de productions pour en faire des industries, avec des machines, des savoirs, des conséquences séparées de notre quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour la Fondation Babybrul les différents épisodes concernant les opérations de D.A.E du disque de Fuzzkhan relatés sur &lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/dae.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le site internet&lt;/a&gt; sont aussi à titre d'argumentation d'une critique théorique et pratique des valeurs pourries qui animent les différents corps institutionnels et privés de notre société.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cela il vaut mieux porter et appliquer directement des principes qui ne posent pas les mêmes barrières que le capitalisme, barrières qui sont
&lt;br /&gt;&#8212; la propriété privée, qui réduit les choses (et les êtres) non plus à être utilisés mais à être possédés, (à remplacer par la propriété d'usage qui désigne un-e propriétaire en fonction de l'utilité personnelle qu'il/elle a d'un bien)
&lt;br /&gt;&#8212; le mérite, qui soutient l'idée de l'appropriation pour le seul profit, et le commerce, qui serait le seul véritable lien social qui unit tous les peuples,( annulés par le don gratuit).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est aussi par souci de cohérence et par peur d'être inévitablement récupéré par une Culture qui se donne trop facilement des airs alternatifs, et qui tolère la transgression et la critique seulement si elle est intégrée aux circuits marchands, que la musique de Fuzzkhan reste gratuite.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;ne pas « vivre de son art »&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec le D.A.E, donc, il n'est pas question de vivre de sa musique, de ses images ou de ses écrits, devenus des objets exploités commercialement. Cela apparaît à certain-e-s comme une des limites de cette pratique qui réduit par là une grande partie des « producteurs » à ne jamais espérer gagner une indépendance dans la création en récoltant des fonds ou simplement en revenant sur investissements d'autoproduction même minimes pour évoluer matériellement, tourner en concert, se déplacer pour exposer...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est une revendication assumée par la Fondation Babyrul qui distribue avec cette technique un CD de &lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/music.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Fuzzkhan&lt;/a&gt; (musique électronique - 150 CDR gratuits distribués, par D.A.E, mais aussi de main à main, depuis le début de l'année 2003) et des brochures dont &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fondation-babybrul.org/manifeste_contre_la_culture.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Manifeste contre la Culture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (tiré à 450 exemplaire gratuits pas encore épuisés).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Fuzzkhan le fait de ne pas pouvoir « vivre de son art » n'est pas un problème, mais c'est un choix qui va pour lui avec un mode de vie et une « éthique de pirate », où la musique n'est pas déplacée ou utilisée hors d'un contexte social, sacralisée et/ou marchandisée par le monde de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce mode de vie assumé c'est une précarité consciencieuse qui lui permet de vivre « sur les poubelles de ce monde » :
« J'habite en squat depuis 3 ans, et je ne travaille plus depuis un peu plus longtemps. Comme j'ai besoin de très peu de moyens financiers pour vivre puisque je ne paye pas de loyer et que je peux me nourrir à moindre frais en faisant des récup de marchés et de supermarchés dans les grandes villes où je vis, et bien j'arrive toujours à me débrouiller pour réaliser mes projets comme je l'entends, sans patrons et sans impératifs autres que ceux que je me fixe librement.
Faire des CD gratuits ne me revient pas cher, puisque je vole les CDR et que je fais les pochettes avec du matériel de récup, des boite de cornflakes ou du plastique autocollant orange fluo. Et de toute façon faire les démarches pour trouver un label ou participer à des projets culturels, trouver des subventions et sortir un disque dans le commerce me prendrait plus d'énergie et d'argent que ce que je met à faire les choses moi-même, gratuitement et pour le plaisir. Ca me ferait trop chier maintenant de gagner de l'argent avec ce que je fais, d'avoir la contrainte &#8220;professionnelle&#8221;, et tout ce qui va avec, un-e manageur-euse, des dates dans des salles avec des entrées payantes, etc.
Là je n'ai pas de contraintes particulières qui pourraient faire de ma vie un enfer entre l'usine et les factures et me pousser à chercher un peu d'oxygène et une vie d'artiste. Non, vraiment, sans avoir de parents qui m'aident financièrement ni d'aides de l'État je vis bien, je m'amuse bien, et j'essaie d'en faire profiter gratuitement les autres, voila. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;législation&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'un point de vue légal, il n'y a pas encore de dispositions particulières contre le dépôt d'objets gratuits dans les commerces. Mais voici un avertissement du responsable sécurité de la Fnac de Marseille reçut par Fuzzkhan après des opérations de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt; de son disque le 17 octobre 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Madame, Monsieur, Nous avons retouvé dans notre magasin Fnac de Marseille au centre Bourse, des disques comportant l'adresse à laquelle je vous écrit. Ces disques, gravés pour certains d'entre eux, ne nous appartiennent pas. Ils comportent l'étiquette &#8220;gratuit&#8221; invitant, je suppose, nos clients à emporter ces disques. Vous comprendrez que pour des raisons légales concernant le droit de la consommation et impliquant notre responsabilité, nous ne pouvons en aucune manière accepter cette pratique. Ainsi je vous prie de rappeler aux auteurs de ces dépôts que cette pratique, malgré sa générosité, est interdite.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre serivce de sécurité pourra à l'avenir procéder à l'interpellation des personnes qui s'en rendent coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Salutations, M. X, Responsable Sécurité Fnac Marseille. »&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;l'historique ?&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Déposer des objets parasites dans les espaces strictement marchands n'est pas une idée originale de tel ou tel collectif, cela s'est surement déjà pratiqué auparavant, même si les personnes qui l'ont fait ne l'ont jamais revendiqué ou n'ont jamais communiqué leurs actions.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis juilllet 2000 aux États-Unis le projet &lt;a href=&quot;http://www.droplift.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Droplift&lt;/a&gt; propose sur internet de télécharger un disque du même nom, gratuit et sans copyright, avec sa pochette, et de le déposer chez les disquaires à la lettre « D ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans en avoir connaissance en 2002, Babybrul déposait des fanzines gratuits dans les bacs à publicité dans la rue et dans les kiosques à magazines dans le métro.
Différentes personnes que j'ai rencontrées m'ont parlé d'idées qu'elles avaient eut et/ou réalisées - sans connaitre le D.A.E - de mettre des choses dans les rayons des supermarchés ou autres commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel est que cette idée se répande encore, et que tout le monde puisse se l'approprier, pour que le règne du commercial perde de sa magie (voir avec beaucoup d'acharnement de son efficacité) et surtout qu'on arrête de croire en lui pour donner du sens à tout ce que l'on peut produire/faire/créer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Don à l'étalage&lt;/i&gt;, ou peu importe comment on l'appelera d'ailleurs, peut donner du sens à des pratiques en les faisant circuler autrement et d'une manière directe, qui n'attend pas d'autorisation d'une quelconque autorité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est bien plus excitant comme ça.&lt;/p&gt;</description>
		<author>babybrul</author>
		<dc:date>2004-07-30T10:34:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>babybrul</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>La calculette qui pensait tout haut</title>
		<link>http://www.uzine.net/article2078.html</link>
		<date>2004-06-23 15:05:40</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.uzine.net/IMG/arton2078.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;105&quot; height=&quot;94&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« L'unité ne consiste pas seulement dans celle du gouvernement, mais dans celle de tous les intérêts et de tous les rapports des citoyens. Vous êtes des bêtes féroces, vous qui divisez les habitants d'une République et tracez un mur semblable à celui de la Chine autour de toutes les peuplades. Vous êtes des sauvages, vous qui isolez la société d'elle-même, ou qui excitez des rumeurs pour effaroucher la confiance qui nourrit les citoyens. Bientôt les Français n'auraient plus parlé la même langue. Il s'est fait, depuis quelque temps, peu de mariages éloignés : chaque maison était pour ainsi dire une société à part. Voilà les maux de la patrie. »&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Just, [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb3&quot; name=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[3] Rapport au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale sur la (...)&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Appel d'offre solidaire&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La concurrence devient féroce. Après le &lt;a href=&quot;http://www.wiesenthal.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;centre Simon Wiesenthal&lt;/a&gt;, l'association J'accuse, &lt;a href=&quot;http://www.transfert.net/a6514&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;« non cautionnée » par le MRAP&lt;/a&gt; qui lui-même lance &lt;a href=&quot;http://www.transfert.net/a9136&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;son rapport&lt;/a&gt; et ses &lt;a href=&quot;http://www.mrap.asso.fr/article.php3?id_article=532&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;dossiers&lt;/a&gt; (sur fond de &lt;a href=&quot;http://www.crif.org/index02.php?id=2956&amp;menu=&amp;type=tout&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;coups bas&lt;/a&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb4&quot; name=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[4] « Ceux qui, au sein de la communauté juive, avaient critiqué, voire dénigré le (...)&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] entre associations subventionnées), Renaud Muselier [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb5&quot; name=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[5] Le Monde du 15 juin 2004 : « Non à l'Internet raciste et antisémite ! (...)&quot;&gt;5&lt;/a&gt;], la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) publie une étude statistique portant sur les messages diffusés sur les forums : « &lt;a href=&quot;http://www.communautarisme.net/biblio/racisme-internet.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie sur les groupes de discussion francophones&lt;/a&gt; » (fichier PDF) publiée sur le site Communautarisme.net.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Journal vespéral de référence, après avoir fait insinuer, par l'un de ses rédacteurs, que &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article962.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;les auteurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Face cachée du Monde&lt;/i&gt; étaient antisémites&lt;/a&gt;, fait &lt;a href=&quot;http://www.acrimed.org/article1557.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la promotion d'un ouvrage&lt;/a&gt; expliquant que « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la critique des médias est discrètement antidémocratique et secrètement ou potentiellement antisémite. Et ses auteurs - Halimi, Bourdieu, Bouveresse -, le sont aussi.&lt;/i&gt; », s'empresse de le faire connaître, dans un très sobre : « &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3226,36-369192,0.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les multiples visages de la haine raciste sur Internet&lt;/a&gt; » . On y apprend que l'auteur du rapport est :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Sylvain Tirreau, spécialiste du média Internet, [qui] a choisi d'étudier les groupes de discussion francophones du réseau Usenet.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un quotidien de M. Lagardère (TF1, Canal + et leurs lecteurs), dans un non moins sobre : « &lt;a href=&quot;http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-06-17/2004-06-17-395621&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La haine au bout du clic&lt;/a&gt; » complète le pedigree :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
La première, réalisée par Sylvain Tirreau, du MRAP, porte sur les groupes de discussions francophones « Usenet » [...]
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour un spécialiste, c'est en effet un spécialiste puisque le MRAP nous avait déjà gratifiés d'un de ses &lt;a href=&quot;http://www.mrap.asso.fr/IMG/pdf/doc-91.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;rapports&lt;/a&gt; l'année dernière, à propos des messages racistes sur... fr.soc.politique (« La naissance d'une nouvelle extrême droite sur Internet »). Notons que le MRAP est également membre de la &lt;a href=&quot;http://www.commission-droits-homme.fr/presentationcncdh_fr/CommissionNationale_.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;CNCDH&lt;/a&gt; [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb6&quot; name=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[6] Lorsque nous évoquons en introduction que « la concurrence devient féroce (...)&quot;&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous semble intéressant d'analyser cette « étude » (les guillemets sont volontaires), parce qu'il s'agit d'un cas d'école :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les critères sélectionnés pour définir les propos racistes sont très nettement orientés ; le but étant d'obtenir un maximum de résultats grâce à des définitions très larges, le brave peuple étant censé frémir face au nombre de ce qui est qualifié de « raciste, antisémite ou xénophobe »,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; l'étude est d'une qualité scientifique toute relative,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; la médiatisation de pratiques très marginales appelle à des mesures aussi sinistrement liberticides qu'inefficaces. Tout le monde étant de fait persuadé que, vu ce déferlement de propos intolérables, notre démocratie et ses citoyens jouissent de beaucoup de liberté ; beaucoup trop à vrai dire...&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères d'un bon terreau quantitatif&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude prétend, selon son titre, observer « le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie sur les groupes de discussion francophones ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut déjà poser plusieurs questions :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; pourquoi les newsgroups, support largement moins populaire que le Web ? &lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; pourquoi un site de lutte contre les « communautarismes », répercute-t-il ce biais unique du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, alors que sont exclus du champ des recherches l'homophobie et le communautarisme gay (objet d'un livre d'un des fondateurs du site), le sexisme, le régionalisme, la haine de classe, la haine de soi, l'agoraphobie, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/gif/Danslarue005.gif' width='250' height='188' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(GIF)&quot; /&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Festival d'été en Provence&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Après les « bobos », les « nonos », une nouvelle tribu urbaine sympathique, festive et citoyenne : les « fliks ». Ils s'habillent en bleu et récitent le code pénal pour parvenir au satori.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-être parce qu'il a déjà été rebattu cent fois, et que chacun sait bien que fr.soc.politique est un nid à fafs, et donc qu'on n'aura pas à se fouler des masses pour trouver ce que l'on cherche. Peut-être parce qu'on s'est trouvé là un outil « statistique » à l'utilisation fastoche avec le moteur de recherche Google (qui a repris l'ancien système d'archives des newsgroups DejaNews) et qu'avec ça, vraiment, ça va pas être usant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-être tout simplement parce que c'est un vieux truc du merchandising politique, facile à recycler, que la droite et la gauche s'envoient régulièrement comme des Exocet [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb7&quot; name=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[7] Exocet : l'excellent missile de feu monsieur Lagardère.&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] : la droite est raciste, la gauche est antisémite, tous sont homophobes sauf les Verts, maintenant votez pour moi... Peut-être également, du côté de la reprise par communautarisme.net pour contrecarrer l'image nationaliste ou xénophobe que les médias accolent facilement aux Souverainistes (par exemple, &lt;a href=&quot;http://www.charles-pasqua.com/iframe3.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'ex directeur international des vente de Ricard&lt;/a&gt; n'a pas la même image médiatique que &lt;a href=&quot;http://www.cohn-bendit.com/fr/dany/lebenslauf/index.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'ex rédacteur en chef et éditeur du magazine Pflasterstrand&lt;/a&gt; ; de même approuver les frappes de l'OTAN sur la Serbie vaut comme certificat de non anti-américanisme). Côté MRAP, peut-être pour contrebalancer &lt;a href=&quot;http://www.crif.org/index02.php?id=2218&amp;menu=52&amp;type=Commentaires&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le plan média du CRIF à son encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme à chaque fois, il est également intéressant de savoir à quoi renvoient les termes « racisme », « antisémitisme », « xénophobie ». Non seulement ces termes ont des définitions dans le dictionnaire relativement variables, de plus leurs définitions légales ne correspondent pas forcément à l'idée commune.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jeu de ces nombreux rapports et dénonciations de l'« internet de la haine » repose largement sur ces confusions entre ce qui est moralement condamné par l'ensemble de la population (détester son prochain et faire le projet de l'exterminer, c'est mal), &lt;a href=&quot;http://www.justice.gouv.fr/publicat/antiraca.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la définition juridique&lt;/a&gt; et ses propres critères, souvent &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1134.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;largement orientés politiquement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cas présent, le rapport tente de se donner un lustre beaucoup plus statistique (avec des pourcentages avec deux chiffres après la virgule, car ça ne mégote pas !) que sociologique, aussi est-il nécessaire de trouver des critères simples (« sémantiques », pour faire plus joli).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Recherche par mots-clés&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La première partie se concentre sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une recherche statistique parmi les 1 118 000 000 messages&lt;/i&gt; postés dans les newsgroups francophones depuis 1993 (rien que ça !).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains mots-clés, regroupés par « catégories », permettraient successivement d'identifier :
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des catégories de groupes de populations,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des injures racistes, antisémites et xénophobes,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; des appels au meurtre,
&lt;br /&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les titres principaux de la littérature et les sites racistes et antisémites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nombre de résultats pour chaque mot (puis pour chaque groupe de mots-clés), permettrait d'identifier non le caractère réellement raciste des messages, mais un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;terreau&lt;/i&gt; au travers d'« obsessions » (parler beaucoup des arabes n'étant, en soi, pas directement raciste, mais témoignerait d'une « obsession » servant de « terreau » au racisme anti-arabe).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait très bien que ces recherches par mots-clés n'ont aucun intérêt pour repérer les propos racistes. Rappelons que cela avait déjà été &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article304.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;indiqué par un juge à l'UEJF&lt;/a&gt; : « une recherche effectuée postérieurement à la délivrance de l'assignation démontre que, basée sur les mots les plus courants suggérés par l'UEJF tels : nazi - Hitler - heil - juif , elle débouche sur un répertoire de 12 000 pages environ dont la plus grande majorité est soit d'inspiration historique, soit inspirée par la lutte antiraciste » ; c'est-à-dire qu'une recherche de mots-clés sur ces thèmes renvoie plus de sites antiracistes que de sites racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'importe, pour justifier ce choix aberrant, l'« étude », que n'aurait pas renié cette savante d'exception qu'était Elena Ceaucescu, nous sort un nouvel argument, proprement sidérant :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Par ailleurs, l'enjeu d'une telle étude est également de voir dans quelle mesure les principes universalistes humains sont ou non répandus chez les utilisateurs des groupes de discussion. Partant en effet du principe que les droits de l'homme prônent une égalité entre les hommes, et donc une universalité qui traversent les classifications des hommes en groupes de populations, toute catégorisation hors du champ scientifique (et les groupes de discussion n'ont pas de vocation scientifique) des groupes humains relèvent un échec de ces principes fondamentaux.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle remarque semble donc indiquer qu'il est grand temps d'envoyer par exemple les journalistes, qui utilisent des termes génériques pour désigner les groupes humains, en camp de rééducation. Mais il y a encore matière à s'étonner...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'herméneutique c'est fantastique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'étude commence par la recherche des « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;focalisations religieuses, ethniques et &#8220;raciales&#8221;&lt;/i&gt; ». Des mots-clés qui désigneraient des groupes humains sur des critères religieux, ethniques ou « raciaux » sont recherchés dans les archives des newsgroups francophones, avec mise en exergue des messages de fr.soc.politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces mots-clés sont de plus regroupés pour tenter d'obtenir un semblant de catégories de groupes humains :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) Premier groupe : « Juifs et israéliens » (quel rapport ?), défini par les mots-clés suivants : juif(s), judaïsme, judéisation, sioniste(s), sionisme, israélien(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Second groupe : « Chrétiens et occidentaux », défini par : chrétien(s), christianisme, christianisation, évangélisation, occidental(-taux), européen(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Passons sur les suivants, « Arabo-musulmans », « Africains et maghrébins », « Bouddhistes et asiatiques », « Hindouistes et indiens », du même tonneau nauséabond.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On termine avec les « Américains », carrément rigolo : américain(s), États-Unis, yankee(s), ricain(s).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera une lourdeur des séries de mots-clés, construits selon un critère assez arbitraire qui fabrique à l'aide d'une sociologie sauvage des groupes désignés, la vulgate raciste telle qu'il s'agit de l'établir. Explication :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
...établir une symétrie des mots clés entre les différentes catégories et [...] avoir le même nombre de mots clés dans chaque rubrique.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, il s'agit de valider la méthode comptable : les « totaux » par catégories n'ayant de sens que si chaque « catégorie » est constituée du même nombre de recherches. Nous verrons plus loin que cela n'a rigoureusement aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit, clairement, d'une tentative de définition d'un hypothétique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;champ sémantique&lt;/i&gt; des catégorisations des racistes. Personne (et surtout pas quelqu'un qui se prétend soucieux de la DUDH) n'oserait sinon proposer de telles listes (dont l'aspect illogique, inculte et incohérent saute aux yeux) : on a visiblement tenté de reproduire les « obsessions » des racistes (juif égal sioniste égal israélien, occident chrétien, arabe musulman islamiste...). Le vocabulaire recherché, ainsi « catégorisé », tente de correspondre à une vision raciste des groupes humains.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le présupposé &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;implique&lt;/i&gt; donc, de manière inévitable, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le résultat&lt;/i&gt; puisqu'il le construit à l'avance : ces mots qui sont définis selon les « obsessions » racistes, évidemment nous allons les retrouver car bien évidemment ces mots sont utilisés, et dans une variété d'utilisations aussi vaste que la multiplicité de leurs propres champs sémantiques. Ainsi la conclusion ne pourra témoigner que de la présence de ces « obsessions » racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Formalisons afin d'éclairer la manipulation : j'affirme que « X » est une expression raciste, que les locuteurs qui utilisent « X » sont des racistes ou ont des intentions racistes dans l'usage dévoyé de « X », si « X » a priori n'est pas reconnu comme une expression raciste. Je recherche la fréquence de « X » dans un certain nombre de messages, et j'en déduis que l'ensemble des messages sont à 12% racistes si « X » est présent dans 12% des messages.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait par exemple que les néonazis utilisent le chiffre « 88 » comme équivalent pour l'expression « Heil Hitler ! » (H étant dans l'ordre alphabétique la huitième lettre). Ne reste plus qu'à chercher grâce à Googlenews le nombre de messages où figurent ce fameux chiffre, et déclarer que &lt;a href=&quot;http://groups.google.fr/groups?q=88&amp;ie=UTF-8&amp;hl=fr&amp;btnG=Recherche+Google&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;3,120,000&lt;/a&gt; des messages sont néonazis, ou afin d'éviter une réfutation trop directe (« Mémé vient de fêter ses 88 ans, bisous à tous » est un message néonazi ?!), traduisent des « obsessions néonazies » ou « une focalisation du terreau obsessionnelle xénophobe » (Mais pourquoi poster sur Usenet que sa grand-mère vient d'avoir 88 ans, si ce n'est pour faire la promotion du néonazisme, hein d'abord ?). Après on s'intitule spécialiste et la presse d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;investigation&lt;/i&gt; reprend le chiffre en gras &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; plus de 3,120,000 messages néonazis&lt;/strong&gt; sur Internet : il faut faire quelque chose !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Question de méthode&lt;/i&gt; toujours : vous avez remarqué dans l'étude, certaines catégories n'apparaissent pas ! En effet, il manque tout ce qui n'est, en gros, pas à la mode, pas de chez nous, pas cité comme victime de ségrégation par nos ministres. Tiens, rigolo, y'a pas « palestinien » alors qu'il y a « israélien ». Va savoir, Charles...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dès lors, plus aucun résultat n'a de sens, ni pour trouver des racismes selon des mots-clés, ni un « terreau » pour les discriminations.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dit autrement : on pourrait rechercher les mots-clés « aide » (488 000 occurrences), « aider » (450 000), « merci pour votre aide » (66 500), « m'aider » (225 000), « conseil » (374 000), et ainsi obtenir des résultats remarquablement supérieurs à toutes les catégories supposées racistes du rapport, et conclure que les newsgroups sont avant tout un monde d'entraide et de d'échanges humains chaleureux. Mais ça serait un peu con, n'est-ce pas...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Usual suspect&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un second point discutable, et qui entache l'ensemble de l'étude, consiste à faire ressortir la présence des expressions racistes (ou de leur « terreau ») dans le newsgroup fr.soc.politique (fsp). En effet, une très grosse partie de l'étude, par les chiffres et les commentaires, porte sur la proportion de leur présence dans ce forum spécifique ; groupe appartenant à l'ensemble des 334 newsgroups francophones recensés par l'étude. A ceci, peut-être une raison pratique : l'auteur de l'étude a lui-même fréquenté régulièrement le dit forum (le temps passé a donc été investi). Or l'étude est titrée, rappelons-le, « Le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;sur les&lt;/strong&gt; groupes de discussion francophones ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours la même cheville rhétorique qui permet d'étendre la représentativité de ce que l'on dénonce afin de frapper l'imagination (fr.soc.politique / Usenet). Ce procédé est celui de l'hyperbole journalistique, qui consiste à gonfler l'importance d'un phénomène quelconque par un titre exagéré ; ainsi en février 2003, pour le Canard enchaîné qui effectuait la pré-vente médiatique du rapport du MRAP à propos de messages racistes postés sur... fr.soc.politque, c'était carrément &lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1937.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Internet qui était inondé&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, la synecdoque comme figure de style (prendre la partie pour le tout) n'est pas fausse, et on peut d'ailleurs plaider que fr.soc.politique appartient bien à la hiérarchie .fr, donc que l'étude dit vrai dans son intitulé. Cependant l'effet produit n'est pas identique à la mention d'un fait (en soi peu surprenant) : sur un forum consacré à la politique, il arrive que des extrémistes postent des messages de haine. Dans ce cas, le lecteur ne se dit pas que la haine submerge Usenet.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit donc d'un maquillage des lacunes méthodologique en une découverte tonitruante, qui exprime la motivation véritable de l'auteur de l'étude (faire du chiffre, au sens littéral) et une restriction factuelle (peu de messages racistes sur fr. rec.philatelie).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut donc déjà deviner que l'étude va courageusement redécouvrir l'eau tiède :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; la présence de termes désignant des groupes humains, même de manière inadaptée, n'a rien d'étonnant dans le principal forum traitant des sujets politiques : l'actualité étant tout de même presque exclusivement présentée dans les médias selon des oppositions de groupes religieux ou ethniques (plutôt que sous l'angle de la lutte des classes, du néocolonialisme et de l'appropriation des richesses naturelles [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb8&quot; name=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[8] Sauf bien entendu quand le pays où sont produites les informations ne (...)&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]...) ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; le simple énoncé des grands groupes de la hiérarchie « fr.* » des newsgroups permet déjà de deviner qu'on aura très peu de chances d'y parler de juifs, d'arabes et de sikhs en dehors de fr.soc.politique : fr.bienvenue.*, fr.bio.*, fr.comp.* (informatique), fr.doc.*, fr.education.*, fr.emplois.*, fr.lettres.*, fr.misc.* (actualité, assurances, automoto, bavardages, cryptologie, dépannage...), fr.petites-annonces.*, fr.rec.* (animaux, anime, apiculture, aquariophilie, arts, automobile, aviation, bateaux...), fr.reseaux.*, fr.sci.* (science), fr.test.*, fr.usenet.*... Et dans fr.soc.* (société), même constat : pourquoi parler de « juifs » et d'« arabes » sur alcoolisme, culture, drogues, économie, environnement, féminisme, homosexualité, internet, rural, sectes et travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img class='spip_puce' src='http://www.uzine.net/puce.gif' alt='-' /&gt; les propos racistes sur fr.soc.politique, ce n'est pas nouveau : le forum est connu depuis belle lurette pour être le lieu de reproduction des trolls fachos, c'est pourquoi des associations positionnées dans l'antiracisme viennent en flairer l'humus afin de pondre des rapports à intervalles réguliers. On peut certes faire semblant de le redécouvrir scientifiquement tous les six mois (« &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;80 % des injures racistes et antisémites sont diffusées sur ce forum&lt;/i&gt; » p.2, et « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A noter que 67,51% des injures sont diffusées sur le forum fr.soc.politique&lt;/i&gt; », p.5), mais ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick. En revanche, cette dénonciation factice sert à asseoir le thème d'une impunité à faire disparaître (un scandale subsiste !) et légitime ainsi le programme pratique déjà dans les cartons : la censure, appelée dans leur patois à eux la régulation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La sémantique nauséabonde d'un autre forum&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que les idées soient bien claires, nous avons effectué les recherches de cette étude sur un autre forum. Nous obtenons les résultats suivants, absolument terrifiants :&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Total du groupe : 320000&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;% du total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;% des messages&lt;br /&gt; sélectionnés&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Juifs &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 18500 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,78% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 7,26% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Juif &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9190 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,87% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 3,61% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Judaïsme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4760 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,49% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,87% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Judéisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,00% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,00% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Sionistes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 740 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,23% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,29% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sioniste &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 800 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,25% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,31% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Sionisme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 433 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,14% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,17% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Israéliens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1940 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,61% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,76% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Israléien &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1020 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,32% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,40% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;37383&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;11,68%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;14,67%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Chrétien &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 26800 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,38% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 10,51% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Chrétiens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 28900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9,03% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 11,34% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Christianisme &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 20900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 6,53% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,20% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Christianisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 144 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,05% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,06% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Évangélisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1440 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,45% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,56% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Occidentaux &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2600 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,81% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,02% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Européens &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2500 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,78% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,98% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Européen &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2020 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,63% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,79% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;85304&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;26,66%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;33,46%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Musulman &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 13100 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4,09% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,14% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Musulmans &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 23000 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 7,19% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 9,02% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Islam &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 34900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 10,91% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 13,69% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamisation &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 351 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,11% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,14% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamiste &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2650 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,83% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,04% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Islamistes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2960 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 0,93% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,16% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Arabe &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5900 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,84% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,31% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; Arabes &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5370 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,68% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,11% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sous-total&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;88231&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;27,57%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;34,61%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (africains à kabyle) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 3268 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,02% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,28% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (bouddhistes à tibétains) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 14801 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 4,63% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5,81% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (hindouistes à indien) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 5394 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 1,69% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 2,12% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; Sous-total (américains à USA) &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 20525 &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 6,41% &lt;/td&gt;&lt;td&gt; 8,05% &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_even&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;row_odd&quot;&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Total&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;254906&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;79,66%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;td&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;100,00%&lt;/strong&gt; &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/xls/tableau.xls'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/xls-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;Excel - 16 ko&quot; title=&quot;Excel - 16 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Le tableau complet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous constatons alors que, sur les 320 000 messages de ce forum, 79,66% contiennent des « focalisations religieuses, ethniques et &#8220;raciales&#8221; » ! Bien plus que les dixièmes de pourcents obtenus sur les newsgroups francophones dans leur ensemble, et bien plus que les quelques pourcents de fr.soc.politique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il y a un bien un newsgroup qui représente, selon les critères de cette étude, un dangereux terreau de discours raciste et de thèses non-universalistes, c'est celui-là.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le seul problème, c'est que ce forum est fr.soc.religion...&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le tableau suivant exposera, finalement, l'absurdité totale des concepts, des présupposés et des méthodes « statistiques » de cette étude :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;a href='http://www.uzine.net/IMG/xls/tableaumrap.xls'&gt;&lt;img src='http://www.uzine.net/IMG/icones/xls-dist.png' style='border-width: 0px;' height='52' width='48' alt=&quot;Excel - 16.5 ko&quot; title=&quot;Excel - 16.5 ko&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;div class='spip_doc_titre'&gt;&lt;strong&gt;Les mêmes critères appliqués au site du MRAP&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_doc_descriptif'&gt;Le terreau dépasse 100% des articles !&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La sémantique c'est magique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vient ensuite une étude selon des catégories dites « sémantiques ». Le « champ sémantique de la religion » est du même tonneau que précédemment : aucun intérêt.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis une classification selon un « champ sémantique culturel et ethnique ». Même principe farfelu. On notera que dans « culturel et ethnique », on est censé accepter « israélien » et « sioniste » (qui relèvent pour le premier de la nationalité et le second de l'opinion politique), « européen » (champ sémantique tout de même un peu plus vaste, ne serait-ce qu'en tant qu'adhésion politique à une communauté définie autour d'un contrat social et d'accords entre nations souveraines), « tibétain » (habitant du Tibet), « chinois », « japonais » (nationalités), « Inde » (nation souveraine), « indien(s) », etc.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, il s'agit d'un présupposé : des termes qui relèvent ordinairement de la citoyenneté (appartenance à une nation souveraine) devraient être considérés selon un angle purement raciste et xénophobe. Selon quoi, évidemment, la présence de ces mots permet de conclure à l'existence d'un « terreau » raciste et xénophobe que l'on « quantifie » par leur nombre d'occurrences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Signalons ici un présupposé systématiquement présent dans cette étude, concernant le « sionisme ». Cela serait justifié ainsi :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Si le terme « sionisme » peut être classé dans un champ sémantique strictement politique, la politique étant le
sujet initial du forum fr.soc.politique, on remarquera a contrario que le terme « maghrébins » ne s'inscrit pas
exclusivement dans un tel champ, ce qui n'enlève rien à la focalisation excessive sur l'idéal politique qui a donné naissance à l'Etat d'Israël...
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« Focalisation excessive », hum hum... [&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/#nb9&quot; name=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[9] Signalons au MRAP que, de ce côté, la pente est extrêmement glissante. Alors (...)&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette « focalisation » dans l'étude elle-même se retrouve dans une mise en exergue (page 16) qui ne porte que sur cette « catégorie » (les autres « catégories », aussi fumeuses soient-elles dans cette étude, ne font pas l'objet de ce commentaire). Malgré le constat (plutôt mollement convaincu) que le terme « juif(s) » regroupe un ensemble très vaste de considérations absolument pas antisémites (précisons : religieuses - elles-mêmes d'une grande diversité ; culturelles - là-encore d'une grande richesse ; historiques - là encore sous un nombre impressionnant d'aspects ; intellectuelles...), on nous apprend :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, la focalisation très importante sur la catégorie « juifs » relève une « obsession » manifeste et incontestable envers ce groupe de personnes.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit encore d'un présupposé : la conclusion (manifeste et incontestable) est énoncée avant que l'étude ne soit réalisée (à ce stade, l'étude prétend étudier des « terreaux » en recherchant des mots-clés).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut aussi se demander pourquoi, dans ce rapport, le terme « sionisme » est systématiquement accolé à « juif(s) », « judaïsme » et « israélien(s) », comme étant un élément dont la répétition témoignerait d'un climat contraire aux valeurs universalistes de la République, alors même que le sionisme, pour le moins, désigne une opinion politique (la fondation d'une nation sur un critère religieux) qui n'est &lt;a href=&quot;http://www.us-israel.org/jsource/UN/unga3379.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ni républicaine, ni universaliste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De l'explicite, enfin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les injures racistes, antisémites et xénophobes&lt;/i&gt;, puis les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;appels au meurtre&lt;/i&gt; sont ensuite abordées. Là, on admettra à la rigueur (sans une étude linguistique) que l'utilisation des termes « youpins » (déformation argotique de l'arabe algérien yaoudi), « bougnoules » (mot wolof qui signifie « noir) », et « mort aux juifs » relève assez souvent de l'expression raciste, et non de sa réfutation. On aurait plus de mal à caractériser l'homophobie par le mot « pédé » utilisé systématiquement par les associations gays, par une revendication du qualificatif qui vise à subvertir ce qui était initialement uniquement une injure. D'autre part « pédé » est une insulte générique, tout comme « sale con » qui n'est pas spécialement utilisé dans une visée misogyne ou « pauvre bite » dans une visée misandre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là, ce sont les résultats et leur présentation qui sont farfelus, ce que nous verrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, l'étude quantitative recense la présence de références à la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;littérature raciste, antisémite et xénophobe&lt;/i&gt;. Les termes « Faurisson » et « protocoles des sages de Sion » relèveraient donc, encore une fois, systématiquement d'un « terreau » nauséabond. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Même lorsqu'il s'agit de réfutations.&lt;/i&gt; Pour justifier cet amalgame :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Enfin, l'objectif de cet état des lieux a été avant tout de dénombrer les articles qui sont porteurs d'écrits racistes, antisémites, et xénophobes. C'est ainsi que des articles reprenant des écrits racistes, antisémites, ou xénophobes, mais qui ne sont pas en eux-mêmes des articles de cette nature, ont été comptabilisés dans cette étude. En effet, même si certains articles contestent ou approuvent un écrit raciste, antisémite, ou xénophobes, sans avoir l'un de ces caractères, ils n'en véhiculent pas moins un tel discours qui est autant de répétition de ce discours ; c'est autant d'affiches publicitaires d'un discours qui n'est en France pas une opinion, mais un délit. &lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Vidal-Naquet et tous ceux qui ont démonté les méthodes négationnistes n'ont qu'à se le tenir pour dit : ils entrent dans ces petits critères simplistes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères « qualitatifs »&lt;/h3&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt; La seconde partie de ce rapport &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;scientifique&lt;/i&gt; est une étude « qualitative ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les critères permettant d'identifier les propos racistes changent. Manière de reconnaître, d'ailleurs, que les mots-clés précédents n'avaient rigoureusement aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais encore une fois, le critère pour définir ces propos pourra étonner (p.25) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Les messages qui ont été considérés comme racistes, antisémites ou xénophobes s'appuient sur le principe que toute généralisation d'un fait particulier [...] à un groupe d'individus [...] est du racisme, de l'antisémitisme, et de la xénophobie. Cette étude s'est basée sur ce seul critère.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là où ce type de généralisation relève habituellement de la bonne grosse connerie ou du raccourci pratique (les journalistes les adorent : « Les Français battent les Marocains 3-0 », « Les Américains ont libéré la France », « Les Américains bombardent Bagdad », « Les Irakiens détiennent des armes de destruction massive »...), il faut donc accepter ici que ce soit un critère (le seul) pour qualifier un propos comme étant raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le critère, parfaitement généraliste et imprécis, n'échappe évidemment pas aux interprétations arbitraires. Parmi les exemples cités, on trouvera par exemple :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
De la même façon, un intervenant qui répond à un proisraélien
qui reposte ses articles plusieurs fois : « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Comptez sur moi, dès que des Tsahalopards crèveront, pour vous les poster plusieurs fois.&lt;/i&gt; », l'insulte « salopards » attribuée à tous les soldats de
l'armée israélienne fait de cet article un message porteur de xénophobie à l'endroit des israéliens. [...] Pareillement, affirmer que « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le génocide [des indiens d'Amérique] a duré 4 siècles, de 1500 à 1900, soit 15 générations de colons&lt;/i&gt; » est une marque de xénophobie à l'endroit des américains, notamment par l'accusation de génocide portée sur des générations entières d'américains.
&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette définition (la généralisation d'un événement à tout un groupe) est la seule qu'on trouvera. Pourtant, l'étude « qualitative » proposera des nombres d'occurrences réparties entre « racisme anti-arabe et anti-musulman », « xénophobie », « racisme anti-chrétien », « xénophobie (français) ». Aucune de ces catégorisations ne sera jamais justifiée ou définie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, il serait intéressant de savoir selon quel critère un message est à classer (par exemple) dans « anti-immigrés » (xénophobie), dans « anti-arabe » (racisme), ou dans « anti-musulman » (anti-autre-chose) ; on sait que dans la vulgate raciste, l'un est utilisé pour l'autre selon les modes et les tolérances médiatiques, et que ces usages sont fluctuants (par exemple le discours de rejet s'exprime désormais de manière plus répandue par la dénonciation de l'islam - « islamisation de le France » - que des immigrés - « culture impossible à assimiler » -, elle-même mieux acceptée que la haine raciste - « les noirs courent plus vite »).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut constater leur aspect extrêmement subjectif lorsqu'on découvre le groupe « antisémite et antisioniste », dont l'évidence ne peut reposer que sur un présupposé idéologique qu'il serait bon de justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce besoin d'une définition claire des différentes obsessions haineuses est vital. Sinon il est impossible d'étudier (et de lutter contre) les différentes composantes contradictoires qui forment ces discours. À l'inverse, l'amalgame ici est extrêmement pratique pour obtenir des reprises médiatiques à base de généralisations sur l'« extrême-droite de l'internet ». On perd alors tout sens (et toute possibilité de contrer efficacement ce « terreau »), puisqu'on ne présente qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une image fantasmée d'une « extrême-droite »&lt;/i&gt; à la fois constituée d'antisémites et d'extrémistes sionistes, de racistes français anti-arabes réclamant la création d'un « embryon » d'État palestien, de dénonciations de l'impérialisme néo-colonial américain par un parti largement fondé historiquement sur le refus de la décolonisation du Maghreb, d'anti-islamistes alliés à des théoriciens islamistes, de militants anticommunautaires alliés à des identitaires, de nationalistes français pratiquant la xénophobie anti-française, etc. [&lt;a href=&quot;http://www.u